SUITE DU MÊME SUJET. 1I
monde de consulter, c'est se rendre ridicule que de prétendre le réfuter, en disant en l'air qu'il a peutêtre menti. Il ajoute qu'un imprimeur catholique avait fait imprimer Orutmar en la môme sorte avant qu'il cùl été publié par Séoérius luthéiien. Cela peut servir à justifier le luthérien de falsificaîion et d'imposture, mais on ne monlre pas par là que le lieu en soi ne soit pas corrompu , éfant bien plus facile à des copistes de retrancher que d'ajouter, et n'y ayant guère d'apparence qu'on se soil amusé à ajouter des niols dans un auteur aussi peu célèbre que Drulmar.
Quoiqu'il en soit, ce n'est pas agir sincèrement que de rapporter un passage de cette sorte, sur lequel il y a tant de contestation, sans avertir qu'il est conleslé. Et d'ailleurs l'auieur n'en saurait tirer aucun avantage, quand Drulmar l'aurait écrit en la manière qu'il le rapporte, étant certain que le corps de Jésus- Christ n'est pas découvert et visible dans l'Eucharislie, mais qu'il y est en sacrement, c'esi-à-dire, couvert du voile et du signe du sacrement.
Ce que l'auteur ajoute de Drulmar ne contient que les raisons pourquoi Jésus-Christ a choisi le pain et le vin pour en faire la matière de l'Eucharisiie , qui sont le rapport qu'ils ont avec les effets de ce Sacrement : ce qui est si commun dans tous les livres des catholiques , que c'est se moquer du monde de s'en servir pour montrer qu'un auteur n'est pas de leuF sentiment.
C'est à quoi se réduisent toutes les preuves que l'auteur apporte pour remettre ces quatre auieurs au nombre des adversaires de Paschase ; et je pense qu'il demeurera convaincu qu'il n'y eut jamais rien de moins solide. Mais il est néanmoins encore plus inexcusable en ce que pour grossir le nombre des adversaires de Paschase, il dit froidement qu'on doit y joindre encore Frudegarde et Rémi d'Auxerre.
Ce n'est pas qu'il n'emprunte encore cela d'Aubertin, aussi bien que tout le reste; mais une personne judicieuse devait avoir reconnu que ce que dil Aubertin sur le sujet de l'un et de l'autre est si peu raisonnable , qu'il n'était pas de la prudence de donner lieu de l'examiner. Car pour Frudegarde, il n'a point d'autre raison de le compter entre les adversaires de Paschase, sinon qu'il se trouve qu'il avait consulté Paschase sur un passage de S. Augustin , qui avait fait naître dans son esprit quelque doute louchant ce mystère : Dicis te antea credidisse, dil Paschase à Frudegarde ; sed profileris quod in libro de Dcclrinà chri^ slianà beali Augustini legisli quod tijpica sit locutio : qubd si figurata locutio est, et schéma potiiis qiiàm verilas , nescio, inquis, qualiler illud sumere debeam. Voilà tout le fondement d'Auberlin. Un jeune homme écrit à Paschase comme à son maître ; il lui demande lumière sur une difficulté qui le troublait; il lui témoigne qu'il a toujours cru la présence réelle, ce qui marque que c'était la doclrine commune de i'Églisede son temps, et celle que l'on apprenait aux enfants; il lui déclare qu'il a été ému, non par l'instruction de ses pasteurs,, ni p:!r des personnes qui enseignassent publiquement