‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 38 sur 335 · RÉFUTATION DE LA RÉ · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE LA RÉ

«ne doclrine coiiiiaire à celle de la présence réelle , mais par un passage de S. AugdSlin; il en demande réclaircisscmeiit à Pascliase , comme à un des plus savanis liomnics de son temps; il lui propose celle «lifficullc, non par manière de dispulc, cl comme soutenant une opinion contraire à la sienne , mais pour recevoir ses instruclioiis cl se soumellre à ses lumières; et enfin il ne conclul pas de ce passage de S. Augustin qui le Iroublail qu'il voulût changer de créance, mais seulement qu'il ne savait en quel sens prendre ce passage de S. Augustin, ni comment raccorder ;tvec la doctrine de TÉglise de son temps, nescio qtialiler iltud sumcre debeam. Et de là Aubertin conclut (|!ie Frudegarde contredit directement Pascliase, et <|u'il le faut ajouter au nombre de ses adversaires ; de sorte que, selon celte manière de raisonner, il faudra dire que les professeurs en théologie oni autant d'adversaires qu'ils ont d'écoliers , parce qu'il n'y en a voinl qui ne leur demande instruction sur quelques .lil'licultés. En vérité, je suis fâcbé que l'auteur ait suivi ces bassesses d'Aubcrtin : le commencement de son écrit semblait promettre quelque chose de plus naisonnable et de plu:^ judicieux.

Y eut-il aussi jamais rien de plus étrange, que de v=>us dier, conmie fait l'auteur après Aubertin, qu'il faut compter Renii d'Auxerre entre les adversaires de Pascliase, c'esl-à-dire entre les ennemis de la présence réelle? lui qui paile ainsi dans les passages inèiner, qu'Auberlin en cite de l'exposition qu'il a faite du canon : Ce sacrement est mangé et bu tous les jours dans la vérité , et néanmoins il demeure vivant et srins corruption ; parce que c'est im mystère dans lequel on voit une chose , et on en comprend une autre. Ce qui se voit a Capparence de corps, ce qui se conçoit produit un fruit spirituel. Mais puisqti'un mystère est ce qui siyni/ie une autre chose , s'il est vrai que ccst le corps de Jéms-Chrisl dans la vérité , pourquoi Cappelle-l-on mystère? Cest qu'après la consécraiion il parait une autre chose : car il paraît du pain et du vin ; mais c'est dans la vérité le corps et le sancj de Jésus-Christ. Car Dieu s'acconvmodant à notre infirmité , voyant que nous n'avons pas accoutumé de manger de la chair crue et de boire du sang, a voulu que les dons demeurassent dans leur première forme, quoiqu'ils soient dans la vérité le corps cl le sang de Jésus-Christ. Et dans le commentaire de la première Épîlrc aux Corintliieiis, sur ces paroles : Le pain que nous rompons à l'autel, n'est-ce pas la participation du corps du Seigneur? Le pain, dit- il, est fremicrement consacré et béni par les prêtres et par le S. -Esprit , et ensuite il est rompu. Et quoiqu' alors il paraisse pain , néanmoins c'est dans la vérité le corps de Jésus -Christ; et quiconque mange de ce pain, mange le corps de Jésus Christ ; parce que nous ne sommes tons qu'un mém3 pain de Jésus-Christ, et un même corps , nous qui mangeons ce pain selon la parole de CApôtre. La chair que le Verbe a prise ^ans le ventre de la Vierge en l'unité de sa personne, tt le vain qui est consacré dans l'Eglise, ne sont qu'un même fo'-px de Jésus-Christ. Car comme cette chair

PONSE D'UN MiNlSTUE. 116

est le corps de Christ , de même ce pain passe au corps de Christ; et ce ne sont pas deux corps, mais un même corps. Ce qu'il exprime encore plus fortement dans Texprtsilion du canon. Comme la divinité du Verbe est une, quoiqu'elle remplisse tout le monde; de même quoique ce corps soit consacré en plusieurs lieux , et en une infinité de jours différents, ce ne sont pas néanmoins plusieurs corps de Christ, m plusieurs aangs ; mais un même corps , et un même sang que celui qu'il a pris dans le ventre de la Vierge, et qu'il a donné à ses apôtres... C'est pourquoi il faut remarquer que, soit qu'on en prenne plus , soit qu'on en prenne moins , tous reçoivent également le corps de Jésus-Christ tout entier, OMNES tamen corpus Christi integerrimè sumunt.

Tout le fondement d'Auberiin pour détruire la clarté de ces passages est que cet auteur use de ces termes en expliquant la manière dont le pain est fait le corps de Jésus-Christ : Divinitas enim replet illud, quod et conjungit : et facit ut sicul ipsa una est, ita conjungatur corp.ori Christi, et unum ejus corpus sit in veritute. D'où il conclut que cet auteur ne veut pas que le pain devienne le corps de Jésus-Christ par changemcnl, mais seulement par Thabitation de la divinité.

Mais 1° c'est attribuer sans fondement à un auteur judicieux une imagination ridicule. Car l'habitaliou de la divinité dans le pain , quand même elle serait liypostalique , peu' bien rendre la matière du sacrement le pain et le vin de Dieu ; mais elle ne peut le rendre le corps et le sang de Jésus Christ que par un véritable changement , comme l'habitation de la divinité dans le corps de Jésns-Chrisl, ne le rend pas l'âme de Jésus Ciirist, et ne fait pas que cette proposition soit véritable : Le corps de Jésus-Christ esjl L'âme de Jésus-Clirist.

\\° lierai nous assurç que par la consécration le pain est lellen>enl fait le corps de Jésus-Christ, que ce ne sont pas deux corps, mais un même corps. 0;* cette union de la divinité avec le pain ne peut faire cet effet. Car comme l'union de la divinité avec chacun des bras du corps de Jésus-Christ, ou avec chacun des pieds de Jésus-Christ, ne faisait pas que ces deux bras ne lussent qu'un bras, et ces deux pieds ne fussent qu'un pied ; de même l'union de. la divinité avec deux corps différents ne ferait pas que ces deux corps ne lussent qu'un corps.

lir Elle ne suflirait pas même pour faire que le pain fut réellenicnl uni au corps de Jésus-Christ. Car l'union de la divinité avec le corps et l'àme de Jésus-Clirist dans les trois jours du sépulcre , ne faisait pas que l'àme fût unie au corps durant ces trois jours.

IV Ail lieu que Rémi assure (ju'il n'y a |)oinl plusieurs corps de Jésus-Christ, ni plusieurs calices. Licet multis locis, et innumerabilibus diebus illud corpus consecretur , non sunt tamen multa corpora Christi, ncque multi calices; il s'ensuivrait de cette union chimérique «lue Dieu aurait autant de corps, qu'il sera^l uni à de pains différents, puisque chaque pain demeurcrail en «a propre nature.

117 PAKT. 111. CIIAP. m. EXAMEN DE

Y Au lieu qu'il dil que Ions les chrétiens prcnii.nt le corps de Jésus-Chrisl loul enlier, quelque pelilc que soit la partie de l'Eucliaristie qu'ils reçoivent. Sive plus sive minus qui inde pcrcipiat, oivnes a'qnditer corpus Clirisli inlcgcrrimè sumiiut; il s'ensuivrait :ui contraire que nul ne prendrait le corps de Jésus-Christ tout entier , et qu'on en prendrait da- \niila8e plus on prendrait de la matièie du sacrcuionl. Car conmie cliaque partie du corps nalurrl de Jésus Christ n'est pa^ tout son corps, y ayant encore d'aulrcs parties qui sont animées p:;r son î\me, cl unies à sa divii;ilé , ainsi cliaquc pain uni à la divinité ne serait pas tout le corps de Dieu, qui comprendrait en ce cas, outre le corps naturel do Jésus-Chiist, l'assemblage de tous ces pains différents auxquels la divinité serait unie, comme le corps naturel comprend î'assend)lage de tous les memlM'cs auxquels l'àuie e.4 unie ; de sorte que qui prendrait plus de pain consacîé, prendrait une plus grande partie du corps de Jésiis-Chri.-t.

Cette union de la divinité avec le pain n'est donc digue que de l'imagination d'Auberlin, qui aime mieux dire au hasard tout ce qui lui vient Cii l'esprit (jue do reconnaître qu'aucun ancien auteur enseigne la prései:ce réelle. Et certainement ces paroles de Rémi siu' lesquelles il se fonde ne le portaient point aune jtensce si peu vraisemblable. Car cet auteur dit bien que la divinilé remplit ce pain, et qu'elle le joint au corps de Jésus Christ ; mais il ne dit pas qu'elle l'y joiu;ne en le laissant subsister en la nature de pain, 11 r.iaïque au contraire que c'est en le changeant et en faisant qu'il ne soit plus pain, mais le corps véritable et naliirel de Jésus C'jrist./s/e pauis, dit-il, transit in corpus Clirisi. Vidclnr quidem panis et vinum, sed hj vcrilata corpus est CItrisli. La divinilé reiuplit donc le jiaii!, selon cet auteur; mais elle le rcmj)lil d'une mai>icrc ef..cace ; elle le change en le remplissant; elle le fait passer à la nature du corps de Jésus-Clirist ; clic fait qu'il cesse d'être pain, quoi(iu'il le paraisse; elle Iç leiid corps de Jésus-Christ dans la vérité. C'est ainsi (ju'elle l'unit au corps, eu faisant qu'il n'y ait plus de pain, quoique l'apparence en demeure, e( que ce qui csl conçu sous cette apparence, soit vérilablemcnt le corps même de Jésus-Christ. Vidctur quidem paids et

vinum, sed in verilate corpus Christi est et sanguis

Facil ut pristinâ remaneant forma illa duo nihuera, etsi in veriuile corpus Chnsli el sungais siuil.

CIIAPITRE ill.

Kxu)nen de ce que dit rauleur de la réponse sur te sujet de Jean Scol.

Enfin pour nu dernier exemple du peu de justesse des riisonnemcnts de l'auteur en celte HT partie, il S!ous pernieltra de rapporter encore ce qu'il dit de Jean Scol, appelé Érigène, dont il parle ainsi : Vau- Liir du traité dit que Jean Érigène était un brouillon, un ignorant, un homme rempli d'erreurs, dont le livre fui brûlé dans un ;oncile tenu près de deux cents ans oyrcs lui.... M. lis nous pouvons savoir en quelle estime

LA RÉPONSE SUR JEAN SCOT. i\S

il fut durant sa vie, et après sa mort par beaucoup de. choses : premièrement Hionneur qu'il eut d'être précepteur de Charles-le-Chauve marque qu'il était en réputation d'homme savant. Secondement il écrivit de l'Eucharistie, par le commandement de Charles, aussi bien que Bertram. De plus ia réputation de son savoir le fit appeler par Alfride, roi d'Angleterre. Enfin tous tes historiens lui rendent témoignage d'avoir été personnage, de grand espiit et de grande éloquence, docteur consommé en toute littérature, prêtre et moine très saint, abbé d'un monastère de fondation royale. Us disent même que l'on vit une lumitre miraculeuse sur le lieu oii il avait été tué. Ce qui obligea les moines de le transporter dans la grande église, et de lui faire un honorable tombeau auprès de l'autel avec celte épitaphe : Ci gît Jean, le saint philosophe, qui en sa vie fut enrichi d'une merveilleuse doctrine, et qui enfin eut l'honneur de monter par le martyre au royaume de Christ. Voilà ce brouillon, cet ignorant, et cet homme rempli d'erreurs. Il semble ca entendant ce discours que ce soit l'auieur du traité qui ait donné ces épilhèles à ce Jean Scol. Mais on sera bien étonné quand on prendra la peine de le lit c, el que l'on verra que ce n'est pas lui qui les lui donne, mais la plus savante Église de France qui était alors celle de Lyon, laquelle il cite expressément, et qui parle ainsi d'Amalarius et de Jean Scot : Multiim molesté et doienter accipimus, ul ecclesiastici et prudentes^ viri Amalarium defidei ratione consulerent, quiet verbis el libris, suis mendaciis, et erroribus, et phantaslicis atque hœreticis disputationibus plenis, omnes penè apud Franciam Ecclesias, et nonnullas etiam aliarum regienum, quantiim in se fuit, infecit atque corrupit ; ut non tant ipse de fide interrogari, quàm omnia scripta ejus saltem post mortem debuerint igné consumi. El quod majoris est ignomi7iiœ atque opprobrii, Scotum illum ad scribendum compellerent, qui sicut ex ejus scriplis t)o rissiniè comperimus, nec ipsaverba Scripturarum adhuc habet cognila, el ila quibusdam phantaslicis adinvent'wnibus et erroribus plenus est, ul non solùm de fidei verilate nullatcniis sit consulendus, sed etiam cum ipsis cnmi irrisione dignis scriptis suis, nisi corrigere et emendare festinet, vel sicut démens sit miserandus, vel sicut hœreticus sit anathematizandus.

Flore, savant diacre de la même église, ne le traite pas plus favorablement, et il l'appelle dès le commencement de son écrit un causeur et un étourdi : Venerunt ad nos cujnSdam vaniloqui et garruli hominis scripia. Et il le convainc dans tout son ouvrage d'ignorance el d'erreurs, aussi bien que Prudence, évêque de Troyes,qui a réfuté au long ses dix-neuf chapitres que le concile de Valence condamna en ces termes ; Sed et alia novemdecim syllogismis ineplissimè conclusa, et licèt jacletur, nullâ seculari Utteraturà nitenlia; in quibiis conimeutum diaboli potiùs quam argumentuni aiiquod fidei deprehendilur, à pio auditu fidelium penitùs explodimus... Ineptasautem quœstimiculas, et anilespenè fabulas, Scotorumque pultes, puritali fidei nausearn.. inferentes quai periculosissimis et gravissimis temportbus, ad cumulum labcrum noslrorum, usqne ad scissionem^

RÉFUTATION DE LA RÉPONSE D'UN MINISTRE

dtaihutis mit'Mihiliter et iacnmwbUiter succreverunly ne mentes cltrMtianœ unie conumpuntur, et cxcidaiU à t,i,npliiiia!e fidà quœ est in CItrislo Jesii, penhiis rcspuivius, et ut fralcma chantas, cuvendo à tcdibus, auditum cusligel, Christi amore monemiis. On voit la mémo censure dans le concile de Langres, c. i. Enfin le pape Nicolas I, en parlant do la tradwtlion qu'il avait laite lies livres de S. Denis, déclare expressément que ce Scttl était un homme suspect d'erreurs.

Voilà ce qu'on avait en vue en pariant de Jean Scot rommcon a fait. El la sincérité obligeait l'auleur de la réponse de ne le pas dissimuler. Cela devait suffire

ger du caracière de cet esprit, et de la justice des louanges que les ministres lui donnent.

Le premier cliapiire de son livre porte ce litre î Quadnmo rcgulanim tot'ms pinlosopliiœ, quatuor omnem quccstionem solvi. C'est-à-dire que toute question se doit résoudre par le quaternaire des quatre règles de la philosophie.

Il le commence par l'étahlissement de ce principe, que la philosophie et la religion sont la même chose, et que la philosopiiic ayant quatre parties, la divisive, la définitive, la démonstrative, la résolutive, dont il rapporte les mots grecs et les définitions , c'est par là \)o\ir lui faire juger à lui-même combien on doit avoir qu'il entreprend de trouver la vérilé du mystère de la peu d'égard à Teslimc que Charlcs-le-Cliauve et un prédestination. On peut juger ce que l'on devait alroi d'Angieiene ont pu faire de Jean Érigène, et aux tendre de ce ridicule commencement, et l'on n'y est louatigcs que quelques historiens lui ont données. pas trompé. Ce ne sont qu'arguments en forme, que Car si elles étaient suffisantes pour le justifier des cr- dilemmes, que syllogismes conjonclifs, qui ne sont rcurs qu'on lui impute touchant l'Eucharistie, elles le ordinairement (lue de fausses subtilités, ou de véritajus>lilier;iient aussi de celles qu'on lui impute louchant blés erreiu-s. Enfin il conclut son ouvrage par une la grâce. Que si l'auteur reconnaît sans doute que c'est avec grande raison que l'Église de Lyon, le concile de \alcnce, et celui de Langres ont condamné ses erreurs touchant la grâce, qu'il reconnaisse aussi par cei exemple que les rois peuvent estimer, et que les historiens peuvent louer des hommes remplis d'erreurs.

Qui ne sait que la plupart du monde, et principalement les grands ne jugent des hommes que par l'extérieur et par le dehors? et que, pourvu qu'une perbonne ail quelque facilité de parler ; qu'elle fasse paraître une science mêlée, comme était celle de Jean Erigène, qui avait beaucoup voyagé, qui savait diverses langues, el qui était philosophe, qualité rare en Cl' leinps-là, elle ne manque jamais d'allirer l'estime de l»Iiir,ieurs personnes? Mjîs ce n'est pas sur celle réputation populaire qu'il faut fonder le jugement qu'on doit porter de la doctrine d'un auteur. El un homme judicieux s'arrêtera toujours beaucoup davantage a:t lémoignage d'une savante Église et de deux conciles «'omposés des plus grands évoques de ce siècle, qu'à J'estmie de quelques grands, à la crédulité de quel- «pies religieux et au rapport de quelques hisloriens d'.Augleterre, qui ne connaissent pas ce Scot, comme iiu le connaissait en France.

Enfin c'est en vain que l'on prétend que nous devons nous en rapporter à des historiens étrangers, jiuisque nous en pouvons juger par nous-mêmes, et par la lecture des livres que nous avons encore de lui. Or il n'y a personne qui ne soit obligé de reconnaître eu les lisant (jue c'était un homme qui suivait plus ses raisonnements, que la lumière de la tradition de l'Église, et qui, faisant profession d'expliquer la théologie par la philosophie, était aussi mauvais pliildsoplie qu'ignorant théologien ; de sorte que c'est avec raison (jue le concile de Langres lui Ole l'une et l'autre de ces qualités.

Il n'en faut point d'autre preuve que le commen- «cmenl et la fin de son livre, el je crois qu'il est bon

spéculation qui contient tout le X1X° chapitre, et qui mérite bien d'être sue.

Cet homme était si plein de la philosophie d'Aristote et de la doctrine des quatre élén'.euls, que pour la consacrer en quelque sorte, il en a voulu bâtir l'enfer et le paradis. Il dit donc que les démons avant leur péché éi;uit dans l'élément du feu, ils eu avaient été chassés à cause de leur péché, et qu'on leur avait lait un corps d'air malgré qu'ils en eussent, afin qu'ils y souffrissent le supplice de leur orgueil. Qu'ainsi l'élément du feu est le lieu des bienheureux, soit anges, soit hommes; et que l'air qui est proche du fey sera celui des diables et des damnés. Que les élus en résuscitanl auront des corps de feu, afin de vivre dans le feu, cl que les damnés auront des corps d'air afin de pouvoir être tourmentés par le feu qui est au-dessus d'eux. Que la joie de ces natures qui seront en l'élément du feu consiste en ce que cet élément domine et presse ce qui est au dessous, el le veut attirer à soi; au lieu que le supplice de ceux qui seront au-dessous sera d'être dominés, pressés, el briilés par l'élément supérieur. Que néanmoins les corps el des damnés el des élus seront éclatants pour l'ornement de l'univers, ita videlicet qubd idem ille ignis oni' nibus corporibus fiai gloria, quod daninandis animabus extrinsecùs cumulabilur pœna.

Voilà ce grand personnage el cet homme consommé en toute sorte de littérature, comme l'appelle l'auteur de la réponse. Voilà quel était le caracière de ce précurseur des sacramenlaires. Que l'on juge après cela s'ils ont beaucoup de snjel de s'en glorifier, et s'il y eut jamais un homme plus propre pour atiaquer le myslèredelafoi,coramerappellerÉglise,queceluiqui, faisant profession de ne s'appuyer que sur la philosophie humaine, laisaitun si mauvais usage de sa raison.

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