SUR LES DEUX OUVRAGES DE
fu "'cur, grand socbiien, et dont la jeunesse, qiiil a passée dans cette ville, où il a fait ses études, a été diffamée de beaucoup de tours de fdou et d'escroc ; desquels on a fait plusieurs contes, qui montrent la dépravation de ses mœurs. Je n'ai, api es vous avoir informé de ces choses, qu'à vous supplier, monseigneur, de me faire la grâce de répondre à celte lettre.
L'écrit du ministre Claude, dont par]e M. de Monlaiiban, avait pour litre : Réponse aux deux traités intitulés : La Per])éluilé de la foi de l'Église catholique touchant l'Eucharistie, etc.
Cette réponse avait paru im[)riniée in-i" et in-12, sur la fu) de i'aii lG(i5; et il s'en fit sept éditions eu trois aiis de temps (1). Le débit en fut expressément favorisé par les Jésuites. M. Arnauld atteste ce fait dans un de ses écrits, comme le tenant do personnes de qualité de la reliijion prétendue réformée (2). 11 ajoule (|iie la réponse de M. Claude fut distribuée duruit «[uclque temps chez un ami des Jésuites, libraire de M. Pérefixe arclievèque de l*aris ; et qu'on l'y vendait comme un livre fait contre les jansénistes. Ce libraire, quoique catholique, ne cessa de le débiter, au moins publiquement, que lorsqu'on lui en eut fait des reproches dans un écrit public. Depuis ce temps-là même on laissa indiiïéremment l'ouvrage de M. Claude entre les mains de plusieurs personnes peu instruites, ou mal affermies dans la foi, afin de décrier dans leur esprit les aiUeurs de la Perpétuité au hasard de les exposer à la séduction. Ils firent ensuite saisir et supprimer l'ouvrage, de peur, disaient-ils, que, si on continuait à le débiter, les jansénistes ( car c'est ainsi qu'ils qualifiaient les auteurs de la Perpétuité) n'en prissent occasion de le réfuter, cl de remporter une nouvelle victoire sur le ministre, qui ne pouvait qu'augmenter leur gloire. Cependant, comme il ne convenait pas que le livre demeurât sans réponse, on en chargea nn ubbé de cour, dont les hérétiques se moquaient, et qu'ils ue craignaient guère (3).
Les Jésuites portèrent encore plus loin les effets
(1) La septième édition parulen l&iiS, revue et augmentée. Elle se \ondait à Cliarcnton par Antoine Cellier, demeurant à Paris, rue de la Harpe. M. Claude y rend com))te dans lapiéi'ace, de la première réponse (ju'il avait faite à la petite Perpétuité de la foi, qui lui avait été conimuiii(jnée en înanuscrit, sous ce tilre : Traité contenant une maniirs facile de convaincre les ht-rétiques, en montrant qu'il ne s'est fait aucune innovatio)i dans la créance de l'Eglise sur le sujet de l'Eucharistie. 11 avoue (jue cet ouvrage et la réfutation de la réponse qu'il avait faile, avait reçu un si grand applaudissement, qu'il serait difficile, A\\,-\\, d'y rien ajouter. Les épines de l'école n'y paraissent que rarement, et les raisonnements y semblent d'abord assez naturels. Les choses ordinaires y ont un air de nouveauté qui les rend agréables, et les arguments communs qu'on a oui diremille fois, y sont rehaussés de je ne sais quelle forme, par la beauté de l'expression, qui fait qu'on les considère tout autrement. Enfin, si la solidité et la sincérité s'y trouvaient, ce serait une production diane de celui qui l'a mise au jour.
(2) Réponse aux remarques du père Annal, contre le iNouveaii-Tcslanicnt de iMons.
(3) Lelires de M. de Ponlcliàleau à M. de Neer^ ca^sel, lies 9 et i'6 novembre Ibti.^.