LA PERPÉTUITÉ DE LA FOI
« monde, et ne donnent droit à personne de renouvef 1er une calomnie si détestable, i
M. l'abbé Renaudoi ayant eu occasion de parler de la mèmecaloinnie, ne la réfuta pasavec moins de force. Il observa en particulier (juc la réponse de M. Ainanld (([ue nous venons d'mdiqiicr) à une calomnie aussi noire et aussi indigne était telle, que jamais M . Claude n'y a pu répliquer rien de raisonnable, et ^w.» jamais personne ne le fera.
M.ClauJe fut en effet confondu par la réponse de M. Arnauld. Il n'eut pas néanmoins le courage d'avouer pleinement son tort. Il prélendit qu'on avait pris ses paroles trop au criminel; avouant toutefois (pie MM. de r. R. s'étaient assez déclarés contre les calvinistes, poiir ne laisser plus lieu désormais de les soupçonner de collusion (1). M. Arnanbl lui donna acte do cette espèce de rétractation dans sa Réponse générale, etc. (Livre 11, chapitre 1).
Le ministre Jurieu, infiniment plus injuste et plus passionné que son confrère, revint à lacharge quelques années après, dans sa Politique du clergé de France, etdans l'infâme libelle intitulé: L'EspnV de Jîi. /InjflM/rf. Mais il le fit avec une telle déraison, que ce docteur n'eut autre chose à faire, pour lui f.rnier la bouche, que de rapporter ce qu'il avait déjà répondu sur ce sujet, dans le premier volume de la Perpétuité de lu foi, et dans sa Réponse générale (2).
Les protestants avaient emprunté cette calomnia des Jésuites. Dès le temps de la publication du livre de la fréquente Communion, ils avaient fabriqué nou lettre d'un prétendu ministre calviniste à M. Arnauld, qui supposait nue intelligence secrète entre le milîislre et ce docteur, pour ruiner le mystère de TEucbaristie. Le faussaire fut confondu de la manière la plus honteuse ; mais tous les Jésuites qui avaient des princii)es de morale pour canoniser, ou pour excuser la calomnie lors(]u'elle leur était utile, ne cessèrent point de renouveler celle dont il s'agit, quelque extravagante qu'elle fût. Le père Brisacier le fit en 1651, dans son Jansénisme confondu, etc., condamné pai' M. l'archevêque de Paris le 29 décembre de cette même ai-.néc, comme injurieux , calomnieux, et contenant plusieurs mensonges et impostures , contre les religieuses de Port-Royal et contre leurs directeurs. Le père Bernard Meynier alla encore plus loin que son confrère, dans le libelle intitulé : Le Port-Royal et Genève d'intelligence contre le saint Sacrement de l'autel. M. Pascal, dans sa seizième provinciale, et M. Arnauld dans sa seconde lettre à nu duc et pair, relevèrent l'impudence de ce Jésuite de la manière qu'il convenait. Cela n'empêcha pas le père Annat, qui avait insinué la même calonmie dans la première édition de
intitulé : Le Port-Royal d'intelligence avec Genève, le père Maindiourg dans sa répon>e à la Requête da Port-Royal de 1668, et une lettre imprimée contre le discours (de M. Arnauld) contenant plusieurs réflexions sur la philosophie de Descartes.
(1) Préfjice de la troisième Réponse de M. Clau(5e, ^2) Apologie pour les catholiques, tome 2, cha* pitre 6.
PREFACE ÎIISÏORIOUE ET CRITIQUE
M Réponse à quelques demandes, etc., de la confirmer dans I:i dcuxiciiic édilioii , avec une effronlericetune mauvaise foi sans cxemjile. 11 y accusa M. Arnauld lie n'avoir pas seulement louché la difficulté , d'avoir bi.isé , d'avoir dit antre chose que ce qu'il fallait dire, et d'avoir par-là augmenté lesûupç.on. LcP. Mainibonrg la renouvela avec encore plus de fureur, en 16G7, dans SCS Sermons conlre le Nouveau-Teslament de Mons. Un auteur, qui n'csi pas susi)ccl de parlialité pourMM. de Port Uoyal, api es avoir rapporté en détail ces calomnies du P. Maimbourg, ne put s'empêcher d'ajouter celle réflexion : « L'événement a fait voir qu'il « (le P. Maimbourg) avait le plus grand tort du monde; f puisipie , dans l'accommodement de ces démêlés « (deux ans après) on a reconnu que le Port-Royal i était catbolliiue, et décharge de toute note d'béré- € sic : ce qui, ajoutait- il, devrait couvrir de honte t tout le parti des Jésuites, el réduire le P. Maim- « bourg nommément à n'oser plus se montrer. Car • on ne saurait concevoir de plus grande mortificat lion, pour un homme qui doit se piquer de conscience « et de prudence, que do voir recontiailre publique- « mi?nl pour orUiodoxcs des personnes, on des livres « (ju'il a mille fois décriés comme hérétiques, qu'il a I assuré eu chaire, avec des serments exécrables, t être héréli(|ues, et pour la h^clure desquels, il a dé- « chiré les gens excommuniés, el en état de dam- I ii:Ui()ii (I). I
M. révoque de Tulle, dans son appri)bation du tome 1 de la Perpétuité de la foi, publié au conimen- «•ement de iGGO, peu de temps après la conclusion de 'a paix de Clément IX, après avoir relevé la téuiérilé do M. Claude, ([ui avait trailé M. Arnauld d'auteur désavoué par son éijlise, ne put s'empêcher de gémir d'inic injustice encore plus déplorable : C'est, dit-il, que même des théologiens catholiquea aient entrepris de
dessein de ruiner l'autorité du Saint Siège, d'inspirer le dernier mépris de l'Eglise romaine, et de jeter des semences de rébellion contre les légitimes pasteurs. (M. Bossuet en jugea bien différemment, puisqu'il déclara, dans son approbation de la Perpétuité, que ce qui l'avait le plus touché dans tout l'ouvrage, c'est que l'auteur y avait répandu et appuyé partout les saintes et inébranlables maximes qui attachent les enfants de Dieu à l'autorité sacrée de l'Église.) Le P. de la Chaize n'a pas eu honte d'adopter ces calomnies, en son propre nom, dans sa lettre à Santeuil, du 18 décembre 1093. Il y reproche à ce poète d'avoir qualifié de défenseur de la vérité [Defensor veri), dans soa épigramme en l'honneur de M. Arnauld, un homme, ditil, dont l'Église a blâmé et condamné la doctrine de fausseté et d'hérésie, dont le livre de la Perpétuité n'est pas tout-à-fait exempt (1).
Enfin nous avons vu de nos jours les Jésuites cher cher à donner du crédit à ces vieilles impostures, en les faisant adopter par des évêques qui leur étaient servilement livrés. RI. de Beisunce, évêque de Marseille, leur ancien confrère, est le premier qui se soit chargé de celle ignominie, dans son instruction pastorale, datée du jeudi saint 1727, contre le livre du P. le Courayer, sur les ordinatioiis anglaises. M. Col bert, évèque de Montpellier, en fut si révtdié qïi'il dénonça ce prélat au roi, sur ce sujeî, dans sa îellre du 29 août de la même année, en demandant à ce nioiiarque la permission de poursuivre en justice réglée ces horribles calomnies (2). M. de Beisunce fut imité par M. de Sainl-Albin, arclicvê(|ue de Cambrai, et par M. de Beauvilliors de Sainl-Agnan , évêque de Bcauvais, dans leurs Mandements conlre le môme P. le Courayer, du 15 septembre el du 8 décembre de la même année. Mais tout le monde sail l'intérêt qu'avaient ces prélats de distraire le public de leur coa-
dijjamer l'auteur de la Perpétuité, en supposant qu'il est duite personnelle par de pareils écarts. séparé de l'Église, dans le sein de laquelle il a toujours 0'^ publia à ce sujet, au mois de janvier suivant,
vécu. un mémoire de vingt-trois pages in-4°, intitulé : La
M. Mallet, l'écho des Jésuites, n'en renouvela pas calomnie portée au dernier excès, etc. L'auteur y réunit
jnoins ces anciennes calomnies dans ses écrits conlre celle suite d'exemples frappants de ropiniâlreté des
le Nouveau-Testament de Mons. On peut voir (2) les Jésuites, à renouveler cojitreM. Arnauld, la calomnie
réflexions que fit M. Arnauld à ce sujet, dans la nou- en quesli(m, quoiqu'absurde [-ar elle-même, et cent
veile Défense du Nouveaii-Testament de Mons. Un iiiilre écrivain, collègue de M. Mallet, et livré comme lu) aux Jésuites, ressuscita (.5) la même imposture peu de temps après, dans l'Examen de quelques passages du premier livre {de la nouvelle Défense, etc.). Je ne voudrais point être garant, dit cet auteur, que celui qui a composé la Perpétuité n'ait eu l'intention de s'acquérir du crédit, pour insinuer ensuite, el plus facilement.
fois réfulée. Il y relève en particulier la preuve singulière qu'en avait alléguée M. de Marseille. Si le mi' nistre Jurieu, disait ce prélat, avait accusé un de leurs principaux chefs (M. Arnauld) de n'avoir pas cru la réalité, ils s'étaient contentés de garder sur cela un silence qui peut être regardé comme un aveu, etc.
Quand M. Arnauld n'aurait pas répondu au minis Ire Jurieu , sur une calonniie aussi grossière et si
se» erreurs; ce livre ayant été fait principalement à noloirement démentie par les faits, quelle déraison
de prendre son silence pour un aveu ! C'est le cas
où l'on peut dire au contraire avec un grand poète :
La vertu s'avilit à se justifier.
(1) Crihque générale de l'Histoire du Calvinisme «lu pore Maimbourg, par Bayle, tome 1, pag. 6.) ot 64 do la sec(mde édition.
^2) Tome 7 de la Collection, page 405 et suiv., 440 cl suiv., et chapitre 8. in fine.
(3) Le pèro Baizé, bibliolliécaire de S.-Charles à Taris, allribuail cet écrit à M. Godde, grand-vicaire (W Rouen, cmme ayant prêté sa pluîuc aux Jésuilos.
Mais combien plus l'accusaiion de M. de Beisunce
(1) Ilisioire du différend de Sanieuil avec ies Jésuites, page 12.
(2) Œuvres de Colbort, etc., touie 2, nage 385.
m SIR LES DEU\ OUVRAGES DE
élailelle Injuste, s'il élail notoire, comme l'nileur Je rouvrage cité l'observe, que M. Arnauld, après avoir plusieurs fois confondu les Jésuites sur celle calomnie, l'avait expressément désavouée, en répondant à Jtirieu, dans son Apolome pour les calliolhiues, etc. (cliap. 5el6)?
Nous domaiulonsgrâceà nos lerienrs sur celte longue suite de calonmies de la part des Jésuites et de leurs partisans, conire le livre et l'auleurde la Perpjttiilé de la Foi. Nous avons réuni ce qu'ils ont dit contre la pftile et contre la grande Perpétuilé, afin de n'y plus revenir. C'est un exemple que nous avons cru nécessaire de mettre sous leurs yeux, une fois pour toutes, afin de prouver que l'acharnement des adversaires de M. Arnauld clnit tel, que rien n'était capable de les arrêter. S'il y avait en elîet quelque J)roduction de ce docteur, qui dût ôire à l'abri de leurs calomnies, c'était assurément celle de la Perpéinilé de ta foi. La nature de cet ouvrage , le succès qu'il avait eu, les éloges dont il avait été comblé par tant de papes, de cardinaux, d'évêqucs, et de personnages illustres de tous les états, l'avaient mis sous la protection de l'Église universelle, et 0!i ne pouvait l'attaquer, sans attaquer, pour ainsi dire, loiile l'Église qui y avait applaudi. Qnand on a opposé à leurs calomnies contre la personne de M. Arnauld ces augustes témoignages, ils ont prétendu qu'ils ne tounbaient que sur le livre de la Perpétuité de la foi; et ensuite, par une conlradiclion manifeste, ils ont attaqué ce môme livre, comme n'étant point exempt d'hérésie.
§ 2. De la {^ranàe) Perpétuité de la foi catholique touchant l'Eucharistie, dé fendue contre le livre du sieur Claude, ministre deCharenton.
Cet ouvrage, le plus considérable fit le plus étendu do tous ceux qui ont paru sur celte matière., forme trois gros volumes in-quarto. Le premier fut publié en 4609. L'auteur rend compte d:ins la préface de l'occasion et des motifs qui l'engagèrent à l'entreprendre. La réponse que M. Glande avait opposée à la petite Perpétuilé avait fait, dit-il, un si grand éclat, ([ue plusieurs personnes regardaient comme important d'y répliquer au plus lot. Il avoue néanmoins avec sinq)licité (ju'il ne fut pas d'abord de cet avis. Je tiij trouvtii rien du /oî(<, dit-il, de nonveau,ni d'extraordinaire pour les choses. Je ny vis que les passages et les raisons comwuues d'Aubertin , entassés assez confusément et
iii\'c peu d'ordre et peu de lumière El cette netteté
d'expression, cette vivacité d'imagination, qui a attiré le plus d'applaudissement à cet ouvrage, est ce qui m'en a le moins plu. L'auteur persévéra longtemps dans cette pensée ; il l;ii semblait (jue ce que le ministre Claude avait ajouté aux écrits de ses confrères, ne consistant qu'en déclamations en l'air, il n'y avait nulle raison de lui répondre; et que, s'il était à souhaiter qu'on réfutât les autres ministres, comme Aubertin et Daillé, «1 u était ! a-^ l'iiis ens^c*^ ^ ^c irr.vail que les nuires