SUR LES DEUX OUVRAGES DE I
qu'il n'en fui pas seul chargé (1). L'auteur de la Vie de M. Nicole u'iiésile pas à le lui allribuer. M. Nicole s'en dit lui-même l'auteur d'une manière assez précise dans plusieurs de ses lettres, et surtout dans la LXXXV; il s'attribue encore plus ouverleiuent, au moins le premier volume, dans son Apologie. Je comentis, dit-il, page 40, d'être cliargé de ce travail (de ré|>oi;die au livre du ministre Claude); je m'y occupai tout entier, 3t. Arnauld ajoutant ses vues cl son discernenienl à tout ce que je faisais. Il ajoute <:iue c'est ainsi que fut fait le premier volume de la Perpé ■ tuùé, dont la composition, la revue et l'impression, m'occuplrcnt, dit-il, deux ans entiers. Il s'explique moins claii'eu>eut à l'égard des deux derniers volumes; et semble dire, qu'il ne logea avec M. Arnauld pour y travailler qu autant de temps qu'il fut occupé à leur correction.
Cet aveu, et ce que l'on sait d'ailleurs, suffit pour prouver, que si le livre de la Perpétuité a été composé par M. Nicole, ce n'est que de concert avec M. Arnauld; que ce docteur en a conçu le premier plan ; qu'il en a donné l'esquisse et le germe dans la préface deTOIlice du Sainl-Sacrcmeut; que M. Nicole n'y a travaillé que dans la vue que son travail serait adopté par M. Arnauld , que ce dernier l'a dirigé dans sa composition; qu'il lui a communiqué ses vues tant pour le fonds que pour la forme, et qu'enfin, il en a coit^posé plusieurs morceaux, où l'on reconnaît sensiblement le caractère de sa plimie.
M. du Fossé, qui était logé dans le voisinage de la maison où MM. Arnauld et Nicole ont travaillé ensemble à une bonne partie de cet ouvrage, et (pii les voyait souvent, en fait envisager M. Arnauld comme le principal Auteur, et se borne à dire que M. Nicole le secondait puissamment (2).
Quoi qu'il en soit du plus ou moins de part que peut avoir eue M. Arnauld à la composition du livre de la Perpétuité, l'adoption qu'en a faite ce docteur, est cause ([u'on le lui a universellement attribué, et ([u'on l'eu a rendu responsable. Ce fut à Cliàliilou-sur- Seine, village près de Paris, dans la maison de M. Varct, grand-vicaire de Seu?, que l'ouvrage fut commencé. 11 fut continué chez M. le Roy, dans son abbaye de Haute-Fontaine, où M. Arnauld et M. Nicole se retirèrent après l'emprisonnement de M. de Sacy. Ils vinrent ensuite demeurer ensendde à l'aris, dans la rue des Postes, pour continuer ce travail; et il fut fini à l'Hôtel de Longuevillc, où ils étaient loges l'un et l'autre, sous la protection de l'auguste princesse de ce nom.
jk II y a une portion du livre de la Perpétuité qui ' est le fait particulier du zèle de l\l. Arnauld. C'est celle qui comprend les attestations et les témoignages des églises orientales. L'auicur de la Vie de M. Nicole ne le diSbimule pas. « Afin d'accélérer le
(1) Il déclare dans l'Épître dédicaloire qu'il était le (''vit de son travail et de celui de ses anus. (-2) Mémoires sur Port-Royal, pag. 523.