CHAPITRE PREMIER
Réfutation du reproche que M. Claude fait à fauteur de In Perpituité, de n'avoir pas satisfait aux preuves de fait du sieur Aubertin.
Comme il peut y avoir d:\ns les écrits des défauts
généraux et des défauts particuliers, et que l'on peni s'y égarer, ou en clioisissant d'abord une voie fausse et trompeuse, ou en abusant d'une voie qui est d'ellemême légitime; il n'est pas inutile, dans l'examen qu'on CM fait, deconsidéicr d'abord si la mélliode en
n'y a ii
j^,j PERPÉTl^iTi'. DE LA FOI TOUCHANT L'EUCHARISTIE. 232
csl raisoiirihlc et propre à trouver la vérité , o.i s'il nos différends avec beaucoup moins de peine. Il n'aa iiou d'en altendie qu'un égarement perpétuel. vait qu'à supposer loul d'un coup qu'd a raison et que Et c'est pourquoi on n'a pas sujet de se plaindre de les catholiques ont tort, et par-là toutes les questions M Claude d'avoir voulu commencer par-là celte seraient finies. Il pouvait même se contenter de celte pompeuse réponse qu'il a faite au livre de la Perpé- demi-page pour toute réponse, car elle décide tout luité, et d'avoir tiré des défauts qu'il prétend remar- Supposé que le livre d'Aubertin ait remporté une belli aucr'dans la méthode qu'on y a suivie, les premières victoire sur l'école de Rome ; qu'il ait fait voir à touti accusations qu'il a formées contre cet ouvrage. Il est juste de l'écouter favorablement sur ce point, el de ne s'ofl'enser pos même de la dureté de ses termes, pourvu qu'il en établisse bien la vérité et la justice.
Qu'il dise donc à la bonne heure ( p. 50-55) , que son adversaire oublie le commencement et la fin de la dispute ; qu'il attaque le livre qu'il combat d'une manière oblique el indirecte ; qu'il commence son ouvrage par un tissu d'injustices et d'obliquités ; qu'il fait paraître un esprit de surprise el de déguisement, un esprit qui ne regarde que la victoire sa7is songer à la vérité, et qui n'établit son espérance que sur la simplicité des hommes; on ne lui répondra rien à tout cela , sinon qu'on est prêt de le satisfaire s'il a raison ; mais que n'étant pas juste de l'en croire à sa parole , il doit trouver bon qu'on ne suive pas la chaleur qu'il fait paraître dans ce commencement de son livre, el que l'on examine avec un peu plus de tranquillité et de froideur qu'il n'en témoigne, les raisons de ses reproches.
\oici de quelle manière il les propose ( page 50 ) : Le premier sujet de celte conlcstalion , dit-il, est un livre que feu M. Aubcrlin nous a laissé sur le S. Sacrement de l'Eucharistie, dans lequel, après avoir traité à fond toutes les questions par l' Ecriture-Sainte et par le raisonnement, et avoir emporté une belle victoire sur toutes les subtilités de l'école romaine, il examine fort au long tous les passages des SS. Pères , qui ont été jusqu'ici produits sur celle matière de part et d'autre , faisant voir par ce motjen à toute la terre le changement que l'église Romaine a fait , en faisant lui-même une verpétuelle comparaison de la créance ancienne et de la nouvelle : à quoi il ajoute l'histoire de la naissance et des progrès de la transsubstantiation et de la présence réelle. C'est le livre que l'auteur a attaqué dans son premier traité, mais qu'il a attaqué d'une manière si oblique, si indirecte, el si peu conforme à l'estime qu'il a acquise d'ailleurs entre les honnêtes gens, qu'il ne faut pas trouver étrange s'il lâche d'empêcher qu'on ne s'en souvienne. Car au lieu de satisfaire aux preuves de fait dont ce livre est rempli , et qui étant claires, fortes el en grand nombre, rendent sensible le changement que nous prétendons être arrivé ; .out son ejfurt ne consiste qu'en quelques riisontemenis, ou en quelques conjectures imaginaires , qui aboutissent à persuader aux peuples qu'il n'est pas possible que ce changement se soit fait.
Il est certain que pourvu que Ton veuille accorder à M. Claude le privilège dont il se met d'abord en possession , d'inventer et de supposer tout ce qui lui plaît , il prend une voie fort sûre pour conclure tout
ce qu'il voudra. Je m'étonne seulement que croyant reproches aux auteurs, de proposer simplement ses
avoir ce droit si commode, il s'amuse encore à faire pensées et ses jugements ; et qu'il faut au moins que
^dcs hvrcs ; car il poinn.ii icrminer absolument tous ces jugements soient ou clairs de soi-même, ou con-