‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 57 sur 335 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Réfntaiion du second reproche qu'on a opposé des raisonnements imaginaires aux preuves de fait du sieur Auberlin.

Si M. Claude fondait ce reproche sur ce que les raisonnements de l'auteur de la Perpétuité sont imagmaires , el que les preuves d'Auberlin sont fortes et solides comme il le prétend ; on lui accorderait qu'en effel il n'est nullement juste d'opposer à des preuves claires et solides , des raisonnements frivoles : mais on le prierait de se souvenir qu'il n'a pas droit da supposer ce qui esl en question , et qu'il ii'csl pas juste qu'il semelle d'abord en possession d'une chose, à la preuve de laquelle on verra qu'il emploie assez inutilement tout le reste de son livre.

Ce n'est donc pas là ce qu'il nous veut faire enter.dre. Ce n'est qu'une manière de s'exprimer que sa rhétorique lui fournil; el il veut dire simplement par là que les preuves d'Auberlin étant des preuves de fait, et les preuves de la Perpétuité étant des preuves de raisonnement, il n'est pas juste d'oppaser les unes aux autres. Ainsi ce reproche est fondé sur ce principe, qu'il est contre la raison de vouloir détruire par des preuves tirées du raisonnement , ce qu'un autre autetir prétend avoir établi par des passages et par des preuves de fait. C'est de la nauire même de ce"? preuves que M. Claude lire sa maxime. Il prétend qu'une preuve de raisonnement comme raisonnement est indigne d'èlre comparée avec des preuves de fait. Voilà la source de ses reproches el de ses déclamalions, el l'unique fondement de ses belles antithèses. // s'agit de savoir, dil-il , si fauteur a pu renverser les preuves de M. Auberlin, qui montrent un changement réel et effectif, par des impossibilités conjecturales ; ou si fai eu droit de renverser ses impossibilités conjectU' raies var les preuves réelles cl effectives de M. Auberttn.

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Il s'agit de savoir s'il a pu nier l'existence actuelle d'une prouves de raisonnement, telles qu'elles soient? Ces! chose quon lui fait voir, parce qu'elle lui semble impos- sans doute ce que M. Claude s'est imaginé ; et c'est de sible; ou si, au contraire, je dois nier l'impossibilité ap- là qu'il conclut , en supposant que les preuves de (ait parente d'une chose qu'on voit , parce que son existence d'Aubertin sont solides, que l'on a eu tort d'y opposer est actuelle. Il s'açjit de savoir si les preuves de M. Au- des preuves de raisonnement. Il me pardonnera néan-

lertin demeurant bonnes et fermes en elles-mêmes, l'auteur a pu en détourner le coup par des raisonnements philosophiques sur l'impossibilité du changement, ou si j'ai eu droit d'opposer nos preuves à ses discours.

Il veut dire que l'un est permis, et que l'autre ne Test pas; qu'il est juste de détruire ces impossibilités apparonles par ces preuves qu'il appelle réelles, parce «qu'elles sont tirées de passages ; mais qu'il n'est pas juste d'opposer des raisonnements à ces preuves effectives. El c'est pourquoi, en suivant la chaleur qu'il a conçue par ce mouvement violent, il ajoute un peu après avec le même enthousiasme : Quand je dirai que le premier Traité de l'auteur tend à éluder les témoignages, en portant la question de fait dans un champ vague de conjectures et de vraisemblances , je ne dirai rien qui ne paraisse dans la chose même. Q/iand je dirai que ces impossibilités conjecturales ne sont qu'un détour pour faire perdre une importante vérité sur le point qu'elle se présente aux y eux, je ne dirai rien que tout ne le monde puisse voir. Quand je dirai que sa méthode est plus sujette aux égarements que la mienne, je ne dirai rien que l'expérience ne vérifie.

On voit que toutes ces figures roulent toujours sur un même principe , qu'il ne faut pas opposer des raiionnements aux preuves de faits; et M.Claude, voyant qu'il était si commode à mettre en antithèses, n'a pas pris la peine d'examiner s'il était vrai. Mais pour moi qui le considère de saiig-froid, et sans cet éblouissement que celle éloquence de ligures cause à ceux qu'elle iransporie, non seulement il ne me paraît pas véritable, mais il me paraît même ridicule. Car il me semble que dans ce genre de preuves que M. Claude appelle réelles et effectives, il y en a de bonnes et de mauvaises, de solides et de vaines; et que tout cela s'appelle néanmoins preuves de fait , parce que ce sont des preuves que l'on tire de passages ; et il me semble de même que dans le genre des preuves dô raisonnement, il y en a qui sont solides, concluantes, décisives, convaincantes ; et qu'il y en a aussi qui sont faibles, légères, frivoles, fausses.

Or il est également certain, et qu'il n'est pas permis d'opposer de vains raisonnements à des preuves de fait qui sont fortes cl solides , et qu'il est permis d'opposer des raisonnemeuts solides et convaincants à des preuves de fait vaines et frivoles.

Ainsi, comme dans le premier chapitre M. Claude n'a aucun droit de supposer, ni que les preuves d'Aubertin soient fortes el solides, ni que les raisonnements de l'auteur de Ja Perpétuité soient vains el im.iginaires, il ne conclura jamais qu'on n'ait pas eu droit de traiter par raisonnement une question qu'Aubertiii a traitée en alléguant des passages.

Mais si les preuves de lait avaient quelque force et quelque apparence, serait-il défendu d'y opposer des

moins si je lui soutiens encore qu'il se trompe, el qu'il se laisse éblouir par une vaine apparence. Ces termes de preuves réelles, preuves positives, preuves effectives, forment dans son esprit l'idée d'une preuve solide, subsianlielle, matérielle; el au contraire les mois (le preuves de raisonnemenl ne lui donnent l'idée que de certaines preuves subtiles el déliées , qui s'évaporent d'elles-mêmes, et qui échappent à l'esprit comme l'air échappe à nos mains. Ainsi, comparant ces deux sortes d'idées, il en conclut sans autre examen que ce dernier genre de preuves est indigne d'êlre comparé avec le premier.

Mais celle manière de concevoir les choses est si Causse et si imparfaite, qu'on ne saurait mieux faire voir que l'on n'y pénètre pas trop avant, qu'en formant ses opinions sur des idées si trompeuses. Car si l'on considère au contraire les choses exactement, on trouvera que non seulement on délruit souvent de prétendues preuves de fait par des preuves de raisonnement, mais que les preuves de fait se réduisent touîcs en quelque sorte à des preuves de raisonnement, et même qu'elles sont toutes fondées sur des raisonnemeuts semblables à celui de l'auteur de la Perpétuité, c'est-à-dire, sur l'impossibilité de certains événemcpls; et que c'est de ce raisonnement qu'elles empruntent ce qu'elles ont de solidité.

D'où vient , par exemple, que nous déférons absolunieiît, en certaines renconlres, aux lémoignogos de quelques historiens? C'est que nous supposons que ce n'est pas un événement possible que dans ces circonsUnces ils aient été trompés, ou qu'ils aient eu dessein de tromper les autres ; de sorle qu'à mesure que cet événement sera plus possible, la pieuve de fait tirée de leur témoignage sera moins forle et moins concluante.

Ainsi, parce qu'il est possible qu'un seul homme te trompe ou veuille tromper dans un fait caché, et qui n'csl pas exposé aux yeux des hommes, la preuve de fait fondée sur le lémoignage d'un seul homme dans ces cireonsianccs est assez faible.

Et au contraire , parce qu'il est impossible qu'un grand nombre de personnes se trompent dans des choses sensibles, le rapport que plusieurs historiens font de ces sortes de choses est tout-à-fait certain. C'est ainsi que nous sommes assurés qu'd s'est donné des batailles à Cannes, à Pharsale, à Piiilippes, à Actium ; que César el Pompée ne sont pas des personnages de roman ; el des autres choses semblables. Tout cola n'est fondé que sur l'impossibilité, ou de la tromperie involontaire, ou du dessein de tromper dans ceux qui en ont parlé.

Je suis assuré qu'il y a une ville qui s'appelle Cons tanlinople; mais pourquoi? Parce que c'est un év(<nemciil impossible, que cent mille personnes de di-

r-n pi:iU'ÉunÉ i;K la foi

Tcrs sièfics mont conspiré à inventer une fable de crée sorte, cl à supp -scr fausscmenl une ville, des euii)ereurs qui y aient tenu le siège de leur empire, et une suite d'cvcncnicnts semblables, sans que personne nous ail avertis de celle insigne fourberie. Qu'on suppose cet événemcnl possible, la preuve de fait tombe par terre. Ainsi l'on doute de certaines villes, de certains royaumes, de certaines bisioires, lorsque c'est un événement possible que l'bislorien qui les rapporte ait eu la hardiesse de mentir, ou qu'il aité;é grossièrement abusé.

Non seulement toute la certitude des faits liisloriques est fondée sur des raisonnements tirés de l'impossibilité morale de certains événements : mais on peui dire même que c'est de ces mêmes raisonnements que se tirent les principales des preuves humaines dont Dieu a voulu que les vérités de la foi fussent appuyées, afin que l'Église, qui les propose avec une autorité souveraine et infaillible à ses enfants, en pût convaincre les infidèles.

Nous croyons par ia foi que les miracles de Moïse sont véritables , puisque l'Écrilure nous en assure, mais nous en avons :iussi une assurance humaine , qui sert à la défendre contre les impies et les libertins par un raisonnement indubitable , tiré de Timpossibililé de l'événement qu'il faudrait supposer pour les accuser de fausseté.

Ces miracles sont contenus dans un livre ; et ce livre fait seul la religion d'un grand peujile qui l'a tonservé avec un soin prodigieux et un zèle incomp:>rable. U coniienl mil'.e reproches contre ce peuple ; il le charge d'imprécations ; il découvre partout ses infidélités et ses crimes ; il lui prescrit des lois trèspénibles , et il ordonne de grandes peines contre ceux qui les violeraient en la moindre chose.

Mais en même temps ce peuple y est pris à témoin 'les plus grands « l des |>lus visibles miracles que les hommes puissent concevoir; ces miracles y sont rapportés comme faits en présence de tous les Israélites ; «le sorte qu'aucun d'eux ne pouvait ignorer si ce qui était écrit dans ce livre n'était point un conte fait à plaisir. Il n'était pas possible d'ignorer en ce temps là si ce que Moï^e raconte des plaies de l'Egypte, du passage de la mer Rouge , des miracles du désert , ciail vrai ou faux : el tout cela supposé , je dis que c'e^i un événement impossible , que six cent mille hommes aient conspiré à élablir leur religion sur un livre tel que celui-là, (pi'ils auraient su êire plein de faussetés; el qu'ils se soient soumis volonlaireuient à tant d'ordonnances très dures et Irès-fàcheuses contenues dans ce livre, dans la connaissance certaine qu'ils auraient eue que ce n'était que l'ouvrage d'un imposteur.

Ils ont donc cru les miracles de Moïse véritables , cl ils ne s'y pouvaient pas tromper. Ils le sont donc cTcfiivenient. Que si les miracles de Moïse sont véri • labiés , on doit croire qu'il était prophète ; et ainsi l'on doit ajouter foi à tout ce qu'il rapporte du passé, et à tout ce qu'il prédit pour l'avenir. Voilà ce (jui sert » prouver contre les im;iies la vérité du Peutatcuquc.

TOICHANT L'EUCHARISTIE. 250

qui renferme celle de tous les nulres livres de l'Ancien-Testament, qui sont tous fondés sur celui-là.

La résurrection de Jésus-Christ est le fondement de la loi nouvelle ; et nous en sommes assurés par le témoignage des ajiôlres et des disciples qui l'ont vw ressus. iié.Mais les apologistes de la religion chrétienne, qui ont voulu la prouver aux infidèles , ont confirmé la sincérité des apôtres et de ces disciples , par un raisonnement tiré de l'impossibilité de cet événement, qu'ils aient été ou trompeurs ou trompés ( Euseb. , de Dcmonst. evangcl., 1. 5, c. 7).

Qu'on suive l'une ou l'autre de ces hypothèses , et l'on verra qu'elles sont également impossibles. Us ne peuvent avoir été trompés ; parce qu'ils ne l'ont pas vu une seule fois , mais plusieurs ; qu'ils n'étaient pas en petit nombre, mais qu'ils étaient une fois jusqu'à cinq cents personnes; qu'ils ne l'ont pas vu en x\n seul lieu, mais en divers lieux; qu'ils ne l'ont pas vu seulement , mais qu'ils l'ont entendu parler ; qu'ils l'ont touché ; qu'il a fait des miracles en leur présence , et qu'ils ont eu toutes les assurances humaines qu'on peut avoir que c'était lui-même.

Il n'est pas moins impossible qu'ils aient été trompeurs. Il faudrait pour cela qu'ils eussent cop.certé ensemble de tromper le monde. Or il est égalemeni incroyable , ou qu'ils aient fait ce dessein , ou qu'ils aient pu l'exécuter. C'était une multitude de pauvres gens simples et sans lettres , dont loutes les actions el lotîtes les paroles ont un caractère inimitable de sincérité. Il n'y avait rien à gagneï pour eux dans cette entreprise que des travaux , des persécutions el des supplices. La doctrine qu'ils enseignaient ne leur apportait aucun av:intage considérable. Ils n'avaient aucun succès humain à espérer de leur entreprise , puisqu'elle était contraire à toutes les règles de la prudence des hommes. Le moyen donc de s'imaginer que celle multitude de gens simples el grossiers aient formé le dessein de tromper toute la terre avec si peu d'apparence de succès ; et (|u'ils se soient tous résolus de mourir pour soutenir un mensonge ? Mais le moyeu de s'imaginerquayanlpris une résolution si désespérée,, ils l'aient tous exécutée , sans qu'aucun d'eux se soit démenti , sans que les fatigues, la pauvreté , les misères , les tourments en aient porté aucun à abandonner une si folle entreprise , et à découvrir aux hommes tout ce mystère? Et enfin le moyen de croire qu'ils aient tous voulu mourir pour soutenir une fausseté connue ?

S'ils étaient prudents , comment ont ils pu former t!n dessein si ridicule et si hors d'apparence ? S'ils ctiiienl imprudents , comntent ont-ils pu l'exécuter! Quel motif les aurait pu obliger à donner leur vie pour rendre témoignage à \me imposture si horrible et si inutile pour eux ? Il n'est donc pas possible de supposer que les apôtres et les premiers disciples aient été ni trompés ni trompeurs. Or, s'ils n'ont été ni l'un ni l'autre, il s'ensuit que Jésus-Christ est véritablement ressuscité. Si Jésus-Christ est ressuscité, il but croire ses paroles et sa religion est véritable.

U[ LIV. I". JUSTIFICATION DE LA MÉTIIODîi DU LIVRE DE LA PERPÉTUITÉ.

Ainsi cet encliaînemcnl admirable qui peiil prouve .a foi de tous les mystères à ceux qui ne l'ont jias encore, a pour fondeincut humain rimpossii)ilité d'un certain événement; c'est à-dire, un raisonnement eemblable à celui de la Perpéiuité.

J'en pourrais alléguer un grand nom!)re d'aulrrs exemples ; mais ceux que j'ai rapportés siifliscnl pour juonlrcr que ces sortes de raisonnements peuvent non seulement être comparés avec les preuves de fait, mais qu'ils en sont le fondement. Et il faut que M. Claude lui-même en revienne là malgré qu'il en ait, et qu'il avoue que les preuves d'Aubertin n'ont de force qu'autant qu'elles en tirent d'im raisonnement semblable à celui du livre qu'il combat. Car sans ce'a je l'arrêterai tout d'un coup avec toutes ses preuves et tous ses passages, par une hypothèse fantastique, qui est que tous ces passages sont faux, et ont été ajoutés par l'imposture des disciples de Jean Scot, qui, s'éiant répandus dans toutes les provinces de l'Europe, ont trouvé moyen d'insérer dans les manuscrits des Pères tous les passages dont les minisires se vantent, et sur lesquels ils s'appuient, comme

cesl par la qualité de la preuve, et non par le genre de la preuve qu'il en faut juger.

On ne prétend nullement, comme il le suppose, lui inierdire de se servir de ces preuves de fait s'il en a, pourvu (|u'il en fasse un usage légilime, et qu'il suive les règles de la raison en s'en servant. Il peut conclure tant qu'il voudra que le changement dont il s'agil est possible, en faisant voir, s'il peut, qu'il est effectivement arrivé. Il peut nier l'impossibilité d'une chose, en prouvant son existence actuelle. Tout cela cl permis, et l'on n'est pas si déraisonnable que de lii vouloir ôtcr ces sortes de preuves. C'est une injustice qu'il fait à l'auteur de la Perpétuité que de lui attribuer cette pensée. Cet auteur lui a reproché d'avoir mal Usé de celte voie, et non d'en avoir usé; et je lui ferai voir qu'il a eu raison de lui faire ce reproche, îlais qu'il ne prétende pas aussi qu'il soit défendu de iraiter par raisonnement la question de ce changement, et de faire voir par des preuves claire.* et sensibles qu'il est entièrement impossible. L'une et l'autre méthode est bonne de soi, pourvu (|ne l'on y suive les règles de la raison. Et ce que l'on rc-

Anastase Sinaïte rapporte (c. 10 tract. Èhyà';) qu'un proche à M. Claude est de ne les avoir pas suivies.

préfet d'Alexandrie de la secte des sévériens avait dessein de faire en faveur de son hérésie, par le moyen de quatorze copistes qu'il avait gagnés.

Si cet événement était possible ou probable, toutes les preuves de fait d'Aubertin et de M. Claudiî seraient ruinées. Elles ne lui peuvent donc servir de rien qu'en tant qu'il peut faire voir par raisonnement l'impossibilité de celte hypothèse, et d'un grand nombre d'autres qu'on peut inventer : et ainsi, c'est sur ce raisonnement qu'elles sont fondées.

Il dira sans doute que ces suppositions étant ridicules, elles ne sont pas bien dil'hciles à détruire. Je l'avoue, et je les propose comme telles. Mais toutes ridicules qu'elles sont, je lui soutiens qu'elles le sont beaucoup moins que celle du changement qu'il prétend être arrivé dans la créance de tous les peuples; et qu'il est infiniment plus possible qu'un homme corrompe par ses disciples tous les manuscrits de l'Europe sans que l'on s'en aperçoive, puisque c'est une chose qui peut être faile en secret, q-ie non pas (ju'il change la foi de toute la terre, et qu'il imroduise dans toutes les nations du monde la créance de la présence réelle, sans qu'elle soit regardée en aucun lieu comme nouvelle, et qu'elle y evcite aucune révol !e et aucun soulèvemenl ; puisqu'il faut pour C( la {jue tout le mon !e soit averti de ce dessein, et qu'il est impossible qu'en étant averti il n'y en ait qui s'y opposent.

Que M. Claude reconnaisse donc qu'une preuve jrcst point méprisable, parce qu'on l'appelle une preuve de raisonnement ; qu'elle n'est point aussi estimable, p:irce qu'on l'appelle une preuve de fait : mais que les unes et les autres sont, ou méprisables ou csiimables, selon qu'elles sont obscures ou évidentes, fausses ou vraies, vaincs ou solides; et (jne

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