‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 59 sur 335 · J47 PERPÉTUITÉ DE L\ FOI T · texte numérisé non relu

J47 PERPÉTUITÉ DE L\ FOI T

obligé; car l'esprii de celte mélliode csl d-édaircir loiilos'lesdifficullés parliculièrcs. M:tis si c'e.t un irailc de prescription , non seulement il ne Ta pas dû faire, mais il ne Taurait pu entreprendre sans en ruiner le fruii, et sans témoigner qu'il n'entendait pas la nature el l'avantage de la méthode qu'il suivait, qui consiste dans l'abrègement, dans la clarté , cl dans la proportion avec toutes sortes d'esprits.

Ces règles étant supposées, je pense qu'il n'y a personne qui ne prévienne ce qu'on doit répondre au reproche de M. Claude , et qui ne voie d'abord que le traitédela Perpétuité e^t un traité de prescription dans la matière de l'Eucbarislie ; puisque , sans s'arrêter aux discussions particulières, on prétend y établir tout d'un coup le sentiment de toute la tradition, en faisant voir que toute l'Église s'étant trouvée du temps de 15ércnger dans la créance de la présence réelle , et n'étant point venue à cette opinion par changement et par innovation , il faut que toute l'ancienne Église ail été du même sentiment, et qu'ainsi cette doctrine ail toujours été la doctrine perpétuelle et universelle do l'Église.

Il est visible que cette voie conduit tout d'un coup à une conclusion, que Ton ne peut obtenir par la voie de discussion sans beaucoup de longueur et d'embarras ; el qu'ainsi c'est une voie et une méthode de prescription. El comme le principal avantage de celte méthode consiste dans la facilité, la netteté el l'abrégemcnt, il est clair que c'aurait éié se priver de ces avantages, que de l'avoir embrouillée en rapportant au long les passages dont les catholiques se servent pour établir leur doctrine, et les réponses qu'ils font aux conséquences que les calvinistes tirent de ceux qu'ils produisent. Ces discussions peuvent ê'.re utiles ailleurs ; mais elles obscurcissent les écrits dans lesquels on suit la méthode de prescription. Il faut donc par nécessité les séparer; puisquencore qu'elles tendent à la même lin, c'est néanmoins par des voies très différentes.

Si M. Claude eût été plus équitable, il nous aurait épargné la peine de lui éclaircir toutes ces choses; f t s'il avait eu plus d'exactitude et de bonne foi , il nous aurait encore exempté de la peine de faire remarquer au monde , qu'il rcprc3cnle d'une manière peu sincère, ce que l'on a dit contre l'amas des difficultés qu'il insère au milieu de sa réponse. Car il semble, à l'en entendre parler, que l'auteur de la Perpétuité n'ait pas trouvé bon qu'il tâchât de prouver par des passages , que ce changement, que l'on prétend impossible , est réel el efleclif : el c'est à <!Ui)i cet auteur n'a jamais pensé. Que M. Claude travesiisse le livre d'Aubertin en toutes les fornies qu'il voudra ; qu'il distribue ses passages en divers ordres et eu diverses classes, conujie il a fait dans sa proi::iérc et sa seconde réponse ; on ne lui fera jamais aucun reproche précisément pour ce sujet.

I/aulcur de la Perpétuité a trop de plaintes justes à faire contre lui , pour en chercher des prétextes vains ci iuiagjmiircs comme celui-là. Aussi ne l'a-t-il

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jamais fait. Il se plaint, non que M. Claude ail recours à celle méthode de discussion , mais de ce qu'il en abuse, et n'en suit pas les lois el les règles : el c'est de (pioi il est bien aisé de le convaincre. Car c'est un principe comnmn à loule sorte de méthodes, parce qu'il est fondé sur la raison el sur l'équhé , que l'on est obligé de proposer les choses d'une manière qui soit capable de persuader les personnes sages el judicieuses, et que l'on ne doit faire aucun état d'un discours, dont il n'y a que des ignorants et des personnes imprudenl^es qui puissent être éblouies. Or il est certain que quand on ne propose ainsi que des passages tronqués et détachés de leur suile, el que l'on dissimule tous ceux que l'on y peut opposer et qui les peuvent éclaircir, l'unique jugement qu'un, homme sage en peut porter, est que ce serait élre imprudent el téméraire, que de juger d'une question importante sur des passages proposés de celte sorte. Et par conséquent l'auteur de la Perpéluiié a eu raison de juger de cet amas comme toutes les persoiines sages en doivent juger, et de reprocher à M. Claude qu'il suivait ime voie d'illusion ; puisqu'ayanl pouB but sans doute de persuader ceux qui liront cet amas, il se trouve néanmoins qu'on n'en peut être persuadé sans illusion et sans imprudence.

Pour réduire donc toute cette dispute à des tcimes raisonnables, et pour faire voir à M. Claude que, grâces à Dieu , on n'est nullement injuste à sou égard, on lui déclare premièrement que, pourvu qu'il propose ses passages et ses difficultés dans une f ustô étendue, et qui soit suffisante afin qu'une personne sage puisse former son jugement sans témérité et sans imprudence , on l'accusera bien de n'entendre paa ces passages, mais on ne se plaindra point qu'il ne satisfait pas aux lois de la mélhode qu'il embrasse.

Secondement, on lui soutient que ces passages nQ contenant qu'une réponse indirecte à l'argument de la Perpétuité , il est juste d'examiner d'abord tout ce qu'il y répond direclemenX ; c'est-à-dire , tout cft qu'il allègue pour rendre probable ce changenient que l'on prétend être impossible , et de réserver tous ces passages pour les examiner en particulier : sauf à lui de demander ensuite la comparaison de ses preuves et de ses réponses avec les nôtres. Et c'est pourquoi nous nous trouvons obligés de suivre encore le mémo ordre dans celte réponse. Et réservant à un seconcl volume l'examen de ses preuves de fait , que nous comparerons avec celles des catholiques , nous nous renfermerons dans celui ci dans ce qui regarde en particulier l'argument de la Perpétuité , afin qu'il demeure conslanl d'aboid que, bien loin que M. Claude en ail diminué la force par ses réponses , il n'a fail au contraire que monlrer parfaitement qu'il n'était pas possible d'y en faire de solides.

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