‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 6 sur 335 · SECT. I · texte numérisé non relu

SECT. I

les dogmes qu'ils contestent aux cillioliques. Cette [ireiive est si convaincante, que quelque effort que les ministres lassent pour l'affaiblir , en répondant en général qu'il ne faut s'attacher qu'à la parole de Dieu, elle ne laisserait pas d'emporter l'esprit de tous ceux de leur parti, s'ils n'avaient travaillé à l'obscurcir, en contestant à l'Église ce consentement de tous les siècles, dont elle autorise sa créance. Ce serait en vain, par exemple, que Blondel, dans la préface du livre qu'il a intitulé : Éclaircissement sur l'Eucharistie, protesterait que la créance de l'Église ancienne touchant ce mystère n'est qu'une question de fait, à laquelle des esprits raisonnables ne doivent pas permettre qu'on les arrête, parce qu'elle ne leur importe pas, n'y ayant que celle du droit qui oblige leur conscience , et que l'on a tort de s'informer de ce qui a été cru devant sa naissance , parce qu'une opinion véritable doit toujours être crue , encore que personne ne l'ait défendue depuis les apôtres ; et qu'une opinion fausse , quand elle aurait été suivie dès le commencement sans interruption et par la plupart, n'en serait pas plus recevable.

Il y a peu de personnes assez déraisonnables pour pouvoir soutenir les conséquences horribles de la prétention de ce ministre. Car, si le consentement de toute l'Église depuis les apôtres n'était pas une preuve certaine de la vérité , et s'il se pouvait faire qu'elle eût toujours cru la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie , et que néanmoins cette créance fût fausse , il s'ensuit qu'il est possible que l'Église ait toujours été engagée dans une erreur criminelle et dans un culte idolâtre ; puisque si Jésus-Christ n'y était pas vraiment présent, nous serions de vrais idolâtres , comme les ministres nous le reprochent si souvent.

Ainsi tous les martyrs n'auraient rendu témoignage qu'à l'idolâtrie ; les Pères n'auraient été que des docteurs d'idolâtrie; toute l'Église n'aurait été qu'une assemblée d'idolâtres, qui n'auraient ruiné l'idolâtrie païenne que pour en substituer une autre : l'adoration du pain au lieu de l'adoration de l'or, de l'argent, du bois et des pierres. Ce qui ne détruit pas seulement un article de la foi , mais toute la foi; et non seulement la foi, mais l'auteur même et le consommateur de la foi , comme parle S. Paul , c'est-à-dire, Jésus- Christ ; puisque, si l'Église avait été toujours dans Terreur et dans la pratique d'un culte idolâtre , elle aurait été toujours, par conséquent, dans la haine et l'aversion de Dieu. Et ainsi Jésus-Christ , qui n'a pas formé d'autre Église que celle-là, ne serait point le médiateur promis qui devait former un peuple saint et une cité sainte , à laquelle toutes les nations devaient accourir.

Certes il faudrait avoir une indifférence et une insensibililéplus qu'humaine pour oser mettre son salut en un si étrange danger, que l'on ne pourrait avoir aucune espérance d'y parvenir, qu'au cas que tant de martyrs , tant de saints , tant de Pères , et généralement tous ceux qui ont vécu dans l'ancienne Église ,

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