‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 72 sur 335 · LIV. II. CROYANCE UNIVERSELLE DE LA PRÉSENCE RÉELLE · texte numérisé non relu

LIV. II. CROYANCE UNIVERSELLE DE LA PRÉSENCE RÉELLE

oU

Secondement , dans ces autres prétendus changcineiils, la doctrine que les ministres supposent s'èlrc établie de nouveau, n'a rien d'elle-même de choquant ni de surprenant; au contraire, on trouve dans sa raison de quoi s'y porter. On est naturellement porté à croire que le gouvernement d'un seul est plus propre à éviter les schismes que celui de plusieurs ; on sent une inclination à rendre aux morts des offices ie piélé. On conclut aisément que s'il est permis de prier les vivants , on peut bien aussi prier les morts qui sont vivants devant Dieu, et l'on se porte facilement à commander une chose qui se pratique volonlairenicnt par les fidèles. Le passage n'est point dur, ni choquant dans tous ces cliangemenls. Mais c'est un étrange renversement d'esprit, d'idées, de pensées, quand, au lieu qu'on ne considérait le pain consacré que connue l'imyge de Jésus-Christ, on vient à le considérer comme Jésus-Christ même ; et la surprise

n'aurait pas dû être moindre que si un homme , croyant n'avoir dans sa chambre qive le tableau du roi, venait à être averti que le roi même y est effectivement.

Cependant, comme nous avons montré, les quatre changements supposés par les ministres dans l'épiscopat, dans la prière pour les morts, dans l'invocation des saints et dans l'absiinence des viandes , ne laissent pas d'être moralement impossibles, et d'enfermer des difficultés qui les doivent rendre incroyables ; et par conséquent , le changement de créance sur l'Euciiarislie l'étant infiniment davantage , la preuve que l'on en lire est beaucoup plus claire et plus convaincante , et M. Claude a grand tort de blâmer cette méthode sans sujet, puisqu'elle n'a pas seulement une évidence commune, mais qu'elle en a une toute singulière et toute extraordinaire.

Page 1