‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 76 sur 335 · LIV. H. CROYANCE UNIVERSELLE DE LA PRÉSENCE RÉELLE · texte numérisé non relu

LIV. H. CROYANCE UNIVERSELLE DE LA PRÉSENCE RÉELLE

c lous les jours parmi eux des exemples de celle invoca- « tioH horrible et pleine d'idolâtrie, non seuleineiil dans I leurs églises, mais aussi dans les prières qu'ils l'ont I à loulcs les heures ; qu'ils honorent avec une su- « perslilion étrange les im:iges dos saints; que la « doctrine de la jiistifica'.ion par la seule loi est ob-

préénnnence honoraire dès le concile de Nicée, à cause de l'honneur que l'on portait à la vilie sainte. Après que les Latins eurent éié cli;<sscs de Jérusalem, le sultan d'Egypte permit à l'empcrenr grec d'y établir un patriarche de sa coinnmnion, cl depuis ce temps-là il y en a toujours eu un de communion

I scurcie parmi eux, cl iju'ils ne sont pas éloignés des grecque, qui est un des qu;itre patriarches par les-

f opinions de la théi»logie scholasiique, comme il pa- € rail, en ce qu'ils lisent avec un extrême soin, et avec « admiration, les livres de S. Thomas , et parlicuUère- I ment sa Somme traduite en grec, i Je rapporte toutes ces marques extérieures de zèle qui se voient encore dans cette église pour montrer que la religion n'y est nullement indiiréreutc , et que la grande oppression qu'elle souffre sous la tyrannie des Turcs n'y a pas éteint l'amour et le zèle pour la foi , puisqu'il parait au contraire qu'elle est toujours fort attachée à sa religion et à son ancienne discipline- Ce que j'ai dit des Grecs soumis au patriarche de Ccnslantinople se peut dire de môme de ceux qui sont soumis aux [lalriarclies d'Alexandrie et d'Antioclie. Celui d'Alexandrie réside maintenant au grand Caire, selon Cotovic et Chytrcus; celui d'Aniioche réside à D.inias, et il exerce sa juridiction sur ces grandes provinces qui composaient autrefois ce qu'on appelait comitatus Orientis, à l'exception des trois Palestines , qui furent attribuées au patriarche de Jérusalem par le concile de Chalcédoine. Il est vrai que les schismes et les hérésies des Nestoriens , des Arméniens et des Jacobiies , ont soustrait à ce patriarche un grand nombre de provinces , et que dans celles mômes qui le reconnaissent il y a quantité' d'autres sociétés chrétiennes qui ont leurs évoques et leurs patriarches à part. 11 y en a qui donnent proprement le nom de Mclchites , c'est-à-dire de Royaux , à ces Grecs du palriarchat d'Antioclie , parce qu'ils suivent la foi établie par les empereurs de Constantinople, ensuite des conciles d'Ephèse et de Chalcédoine. Mais d'autres, comme Cotovic, connnuni(iuent aussi le nom de Mclchites aux Grecs du palriarchat de Jérusalem. Et il y en a môme qui comprennent aussi sous ce nom ceux du palriarchat d'Alexandrie, qui sont liés de communion avec l'église grecque. Les Melchiles du palriarchat d'Antioche sont les mômes, selon lirerewod, que ceux que Jacques de Vitry appelle Syriens , à qui il attribue les mêmes erreurs qu'aux Grecs. Néanmoins les dernières relations d'Orient , par le niot de chrétiens Syriens , entendent les Jacobiies de Syrie; et c'est le nom que les papes mômes donnent au patriarche ou évoque des Jacobiies qui est à Alep, comme je l'ai vu dans les bulles qui lui sont adressées. D'autres enfin, comme Cotovic , veulent que les Syriens aient leur patriarche à part, et qu'il demeure dans une ville appelée Mélique.

Ce ne l'ut qu'au concile de Chalcédoine quel'évêque de Jérusalem obtint la juridiction sur les trois Palestii'.cs, qu'il avait commencé de s'aliribiicr après le

quels se gouverne présentement l'église grecque.

ftkiis outre ces quatre palriarchcs(pn composent proprement l'église grecque, qui sont liés entre eux de communion, el qui suivent la môme doctrine et les mômes erreurs, il y a encore dans l'Egypte, dans Jérusalem, dans Ciuislantinople, dans la Syrie, d'autres évoques qui prennent le titre de patriarches. Le patriarche des Jacol)iles el celui des Maronites prennent tons deux le titre de patriarche d'Antioche. Le patriarche des Cophles s'appelle aussi patriarche d'Alexandrie. Outre le patriarche grec qui est dans Jérusalem, les autres nations, comme les Arméniens el les Cophles, y ont aussi leius évoques. Il y a dans Constantinople un patriarche arménien, comme le témoigne Crusius.

C'est par la distinction de ces divers |)atriarches de diverses sectes, qui habilent souvent en une même ville, qu'Allalins répond à ceux qui ont voulu faire croire que ce Gabriel qui envoya une légation à Clément Vlll, au nom des Égyptiens el des Éthiopiens, pour reconnaître la primauté de l'Église romaine, dont le cardinal Baronius a inséré la relation à la fin du sixième tome de ses Annales, était un patriarche imaginaire. Car cet auteur fait voir que quoique Mclétius, qui était alors le patriarche d'Alexandrie de la communion grecque , ait désavoué cette légation , il ne s'ensuit pas que Gabriel ne fût un véritable patriarche des Cophtes, comme il le prouve par les lettres d'un aulre patriarche des Cophtes , nomme Matihieu , écrites au pape Urbain YllI, dans lesquelles il est fait mention de ce patriarche Gabriel. C'est pourquoi, encore qu'il ne soit pas étrange que (luelques-uns aient cru celle légation supposée, comme entre autres M. de Thou , el le père Thomas-de-Jésus, carme déchaussé , qui n'avaient pas vu cet éclair cissement d'Allatius, et qui ne connaissaient qu'un seul patriarche d'Alexandrie, qu'ils confondaient avec le patriarche des Cophles, comme font aussi Chytrcus, Cotovic, Brerewod, el plusieurs autres, il est néanmoins assez surprenant que Hoornbek , ministre d'Ulrccht, qui a vu ce livre d'Allalius, et qui le cite, traite encore de fable celle légation, sans iireiidre la peine de faire mention de ce qu'Allaiius allègue pour la soutenir.

Quoi qu'il en soit , il est certain que le patriarche des Cophles n'est pas le môme que celui d'Alexandrie, et que c'est de ce patriarche des Cophtes que dépend celui des Abyssins, qu'ils appellent Ahuna, qui a sous sa juridiction loute l'Ethiopie, dont la plui)art des peuples sont chrétiens. Chylreusdit qu'elle comprend jusqu'à quarante royaumes ; el l'on peut juger de-là concile d'Ephèse. Avant ce temps-là il éiait soumis à quelle est la mullilude des chrétiens ayj. composent l'arciievêque de Césarée, quoiqu'il eût déjà quelque celle église.

Outre ces palriarchals , il y a encore dans l'Orient plusieurs autres églises et plusieurs sectes très-nombreuses et qui occupent plusieurs provinces. Les Géorgiens, qui habilenl les pays qu'on appelait autrefois Ibcrie ou Albanie , suivent la discipline et la foi des Grecs, quoiqu'ils aient un archevêque indépendant, qui a sous soi dix-huit évèques, selon Chytreus. Les clnéliens Maronites occupent particulièrement le Mont-Liban ; mais il s'en trouve aussi, quoiqu'en petit nombre, dans l'ile de Chypre , qui se réunirent avec l'Église romaine après le concile de Florence l'an 1445. Il y en a dans Alep , dans Damas , et en divers autres endroits de la Syrie. Ceux du Mont- Liban et de Syrie rentrèrent dans l'union avec l'Église romaine sous Aimeric, troisième patriarche latin d'Antioche, l'an 1182, en abjurant les erreurs des Monoibéliies, comme le rapportent Jacques de Vitry, et Guillaume de Tyr. Mais étant depuis retombés dans les opinions et dans le schisme des Grecs , ils ne se sont réconciliés avec l'Église romaine que sous Léon X, et depuis plus solemnellemenl sous Grégoire XUI et Clément Ylil. Depuis ce temps-là ils sont demeurés fermes dans la communion et dans la doctrine de l'Église catboliiiue. Ils suivent en quelque point la discipline de l'Église latine , comme dans celui de sacrifier avec du pain azyme ; mais ils gardent pres<!ue dans tout le reste la discipline de l'église grecque, avec permission du pape ; comme de donner la communion aux petits enfants, de communier sous les deux espèces, de ne jeûner point le samedi. Ce que l'on voit dans la vie de M. de Chasteuil, qui s'éiait retiré parmi eux, de l'ordre qui s'observe dans l'église des Maronites , et de leur manière de vie , donne une assez grande idée de la piété de ce peuple.

Les Jacobites, ainsi nommés d'un certain Jacques, sectateur d'Eulychès, ont un grand nombre d'églises dans l'Asie, l'Assyrie, le Diarbeck, la Mésopotamie, la Nubie , l'Egypte , l'Ethiopie. Leur patriarche , qui demeurait autrefois dans le monastère de Safran, s'est établi maintenant dans la ville de Caramit. 11 prend le titre de patriarche d'Antioche, et a sous soi grand nombre de métropolitains ou archevêques , comme celui de Jérusalem, de Mosul, de Danias, d'Édesse, de Chypre et autres. Il est aussi reconnu par un très-grand nombre de religieux qui ne sont différents des religieux grecs que dans la doctrine.

Nous rapporterons en son lieu diverses choses toucliant ceux que l'on appelle Nestoriens etChaldéens. Il sulfit de dire ici que leur nombre est si grand dans l'Orient, que l'on en compte jusqu'à trois cent mille familles; qu'ils demeurent particulièrement dans la Syrie , l'Assyrie , la Mésopotamie , la Chaldée , la Perse ; qu'il y en a même en divers lieux de la Tartarie et des Indes, Les chrétiens qui se sont trouvés dans les pays dos Malabares, qu'on appelle ordinaircmentles chrétiens de S. -Thomas, étaient dépendants du patriarche des Nestoriens, avant qu'ils se fussent réunis avec l'Église romaine Ce patriarche s'attribue

l'autorité et la succession de l'archevêque de l'an • cienne Séleucie, qui souscrivait dans les conciles après les quatre patriarches d'Orient ; la ville de Musai , qui est son siég-e , étant selon quelques-uns la même que celte ville de Séleucie, qui a succédé à la dignité de l'ancienne Babylone dont il ne reste que les ruines.

Les Arméniens schismatiques, qui suivent l'erreur des euiychiens, ou plutôt des demi-eulychiens, avec quelques autres qui les séparent des Jacobites, outre les deux Arménies qu'ils occupent, sont encore répandus en très-grand nombre par tout l'Orient, dans la Mésopotamie, la Perse , la Caramanie. Ils ont deux patriarches universels, qu'ils appellent catholiques.

Le siège du premier est Arard, ville d'Arménie; mais il réside ordinairement dans un monastère nommé Erméazim. L'autre demeure à Cis, ville de Caramanie. Otho de Frisingue dit que le patriarche d'Erméazim a sous sa juridiction plus de mille évèques ; il a été suivi en cela par plusieurs auteurs nouveaux qui examinent peu les choses ; mais il est clair que cela n'est point, et n'a jamais pu être , par le compte qu'il est aisé de faire des évêques de l'Arménie , et de toutes les villes épiscopales où il y a des Arméniens. D'autres, au contraire , comme Brerewod, restreignent trop ce nombre. Je pense que l'on peut s'arrêter à ce qui en a été écrit par un évêque d'Arménie , que j'ai fait consulter sur ce point, qui est , que le patriarche d'Arménie résidant à Erméazim, a sous soi environ deux cents évèques ; et celui qui réside à Cis, environ cinquante ; que l'évêque ou patriarche arménien résidant à Conslantino|)le , est sujet au patriarche d'Erméazim, et ceux de Jérusalem et d'Alep au patriarche de Cis.

Les anciens auteurs, comme Jacques de Vitry, et même quelques nouveaux, disent aussi , touchant les Arméniens, qu'ils ne sont austères dans les jeûnes du carême que dans la qualité des viandes, s'abstenant généralement d'huile et de poisson aussi bien que de chair, d'œufs et de laitage; mais qu'ils rompent le jeûne à l'heure qu'il leur plaît, et qu'ils peuvent même manger plusieurs lois le jour. Néanmoins cet évêque arménien dont j'ai parlé a assuré celui qui l'interrogeait que cela était faux, et que la seule différence des Arméniens et des Grecs à l'égard du jeûne , est que les Arméniens mangent à midi, au lieu que les Grecs ne mangent que le soir. Ainsi il faut que ces auteurs aient pris l'abus de quelques Arméniens pour la pratique générale de la nation.

Ceux que l'on nomme Franc-Arméniens, sont des Arméniens convertis depuis longtemps à la foi de l'Église catholique par le père Barthélemi , natif de Boulogne , de l'ordre de S. Dominique, qui sont demeurés fermes dans l'union avec l'Église romaine , ont toujours un patriarche tiré de cet ordre , qui demeure à Naixeran , et qui suit même dans les cérémonies les coutumes de l'Église romaine.

Toutes ces sectes sont pour la plupart mêlées en semble , non seulement par le commerce , mais aussi

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