‹ Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistieChapitre 79 sur 335 · LIV. II. CnOÏANCE UNIVERSELLE DE LA PRÉSENCE RÉIXLE · texte numérisé non relu

LIV. II. CnOÏANCE UNIVERSELLE DE LA PRÉSENCE RÉIXLE

considérables de celles qui favorisent lanl soil peu les calvinistes, qui n'omet p;is mèmecelles qui sont indifférentes ; qu'il n'y a point, dis-je, de dilférence, enlie ne parler poinlde la transsnbstanliation, et reconnaître positivement que les Grecs sont d'accord avec les Laiins sur la transsubstantiation. Car de nous dire, comme fait M. Claude, que Bicrewod s'est conlenté de mar-

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Il y a it'avitres protcsianls qui se démêlent d'une autre manière de ce mauvais pas. Ils ne sont pas assez, sincères pour avouer expressément que les Grecs croient la iranssubsianlialion ; ils n'ont pas été assez téméraires pour le désavouer expressément, et dans cet embarras, quoique le sujet et le dessein de leurs ouvrages les obligeât de dire qucl(|ue cliose de ce point, ils ont mieux aimé prendre le parti de n'en qucr les différences les plus communes des religions, ce point parler du tout que de favoriser les catholiques que les peuples embrassent, ou ce qu'ils rejettent positipar un aveu exprès de cette vérité, ou de trahir leur vemcnt et formellement, sans aller jusquaux choses conscience par un mensonge évident. qu'ils ne croient point par voie de négation, comme

David Chytreus, luthérien, dans le discours qu'il a n'en avant pas ouï parler, c'est montrer que, pourvu fait de l'élat où étaient de son temps les églises de qu'il parle, il ne se met pas en peine de parler rai- Grèce, d'Asie et d'Afrique, pratique cette mélliodc, sonnablcmcnt. Car il est difficile d'inventer une abde se délivrer par le silence de cet aveu incommode, surdité plus étrange que celle de dire que les GrecSj Allatiiis lait voir clairement qu'il impule aux Grecs qui depuis six cents ans sont mêlés continuellement

<iu;inli!é de choses fausses. 11 dit, par exemple, que les Grecs ne disent jamais de messes sans communiants. Et Allatius fait voir qu'il est rare au conl'ûire que l'on communie aux messes qui se disent aux jours ordinaires. Il dit que les Grecs n'onl point d'images taillées , mais seulement en peinture. Et Allatius fait voir qu'il n'y a rien de plus commun dans les églises des Grecs que des figures de basrelief; et que, quoique les statues y soient plus rares, i! n'est pourtant pas absolument vrai qu'il n'y en ail p (iiit. Il chicane sur le mot lïantilijpe, dont S. Da- !-ile se sert dans sa Liturgie après les paroles de 1.1 consécration ; mais avec tout cela il n'ose tirer la conséquence ni dire nettement que les Grecs ne croient point la transsubstantiation. Biércwod , professeur ije Londres, a tenu la même conduite dans un livre exprès qu'il a fait des religions; car, ayant pour but de marquer en quoi les sectes d'Orient sont diflercntes de la créance de l'Église latine, il est bien clair qu'il ne peut avoir omis , comme il a fait, de marquer que les Grecs sont contraires aux Latins sur le sujet de la Iranssubslantialion, que parce qu'il ne fa pu dire avec vérité; puis(jue ce point étant celui qui occupe le plus l'esprit des ministres, et celui dans Iccpiel ils voudraient le plus (rouver que les autres sociétés

avec les Latins, et qui n'iiabilent presque en aucun lieu où il n'y ail des églises de la communion romaine, qui lisent S. Thomas, comme Chytreus le reconnaît, n'aient pas encore ouï parler de la transsubstantiation, ni de la présence réelle. C'est ce que nous détruirons dans la suite par tant de preuves qu'il est difficile que M. Claude n'ait quelque confusion d'avoir avancé une chose si fausse et si téméraire.

Hornbec , professeur calviniste à Ulrccht , qui a fait un livre intitulé : Summa cotïlroversiaruni religionis cum infidelibus, hœreticis, schismalicis ; c'est-àdire, comme il s'explique ensuite, avec les païens, Juifs, Maliomélants, papistes, anabaptistes, entliusiastes, libertins, sociniens, remontrants, tuthérims, brunistes. Grecs, traite dans la dernière controverse des différends que l'Église romaine a avec les Grecs, et il en f;>it une assez longue histoire, reprenant la chose depuis le concile de Nicée. Il parle des contestations touchant le jeûne du samedi, les azymes, les viandes sufibquées , la procession du Saint-Esprit, le purgatoire; mais pour la transsubstantiation, il se trouve court. Il n'allègue aucun auteur qui sépare en ce point les Grecs des Latins ; et c'est pourquoi il se donne bien de garde de s'avancer, comme M. Claude, jus- •ju'à soutenir qu'ils ne la croient pas. Ainsi on le peut

sont différentes de l'Église romaine, c'est celui aussi encore alléguer comme un de ces témoins muets, qu

qu'ils examinent le premier. Ce n'est jamais par hasard qu'ils se taisent sur ce sujet, et leur silence est aussi décisif que leur affirmation.

C'est pourquoi M. Claude fait bien voir qu'il se connaît mal en preuves, lorsciu'il nous dit, avec son dédain ordinaire , que c'est être bien dénué de preuves^ que d'avoir recours au silence d'un homme qui n'a fuit que marquer en passant les di/férences les plus communes des religions; se contentant de dire ce que les peuples embrassent, ou ce qu'ils rejettent positivement, sa)!s aller iusquaux choses qu'ils ne croient point par voie de négation, COMME n'en ayant POINT ENTENDU PARLEU. dr

je lui soutiens, au contraire, et j'en prends pour juges toutes les personnes judicieuses, qu'il n'y a [oint de difTércnce à un ministre calviniste, qui écrit expressément des différences des religions orientales it'avec l'Église romaine, qui marque jusqu'aux moijîs

déposent clairement par leur silence forcé que les Grecs sont d'accord avec les Latins sur le sujet de l'Eucharistie; et ce silence n'affaiblissant point la force de leur témoignage montre seulement que cette vérité est pénible aux calvinistes.

Si ces écrivains n'ont pas été aussi sincères qu'il serait à désirer, on peut dire néanmoins qu'ils ont eu quehine sorte de retenue. Us ont été assez instruits de la vériié, pour reconnaître qu'il était ridicule d'attribuer aux Grecs une opinion différente de celle des Laiins sur la présence réelle et la transsubstantiation; et ils n'ont pas eu assez de hardiesse pour démentir leur conscience. Mais il s'en est trouvé d'autres qui ne sont pas demeurés dans les mêmes bornes ; les uns par une ignorance grossière, les autres par un certain emportement, qui leur a fait croire qu'ils devaieiït soutenir tout ce qui parait utile à leur cause.

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C'est une if'norance grossière qui a fait avancer à rEiicharislie, emprunte aussi de Kemnitius ccito Kemniliiis, lutliérien, dans son Examen du concile de niênie lausselé : Kemnilius, dit-il, prouve fort bien Trente que les Grecs avaient soutenu au concile de nue la doctrine de la transsubstantiation, telle que vous Florence, contre les Lalins, que le pain n'était point renseignez, n'est pas fort ancienne; et il montre que

transsubslantié au corps de Jésus-Christ; car il faut n'avoir jamais vu les actes de ce concile pour être entré dans ce sentiment. Aussi est-il maintenant abandonné de tout le monde, et nous en ferons voir l'extravagance en traitant du concile de Florence.

Néanmoins c'est une cliose étonnante de voir que cette honteuse fausseté n'aii pas laissé d'être suivie par plusieurs des plus considérables protestants et sacramentaircs, qui ont assez fait voir par là qu'ils se copient souvent les uns les autres sans prendre la peine d'examiner ce qu'ils avancent sur la foi d'autrui.

Henri Boxhurnius, qui,de licencié de Louvain,se fit apostat, Cl qui témoigne assez par son style emporté et furieux le dérèglement de son esprit, dans un livre qu'il a fait sous le titre de Commentaire de riiarmonie évangéliqne contre la transsubstantinlion du pape, et la folle idolâtrie de la messe, on parle de celte sorte : Jamais l'église grecque n'a cru la transsubstantiation ; et il paraît au contraire par les carions des conciles et par les liturgies dont elle se sert, que son sentiment a toujours été que les dons consacrés demeurent en la substance du pain et du vin.... Et même dans le concile de Florence, entre les articles dont l'église grecque est en différend avec la romaine, on met en quatrième Heu l'article de la transsubstantiation. Et lorsqu'il fut question de faire les lettres de l'union, on excepta expressément et formellement, même avec le consentement du pape, l'article du changement du vin et du pain dans l'Eucharistie. C'est donc faussement que les papistes se glorifient du consentement universel de tous les siècles, et des églises de toutes les nations dans le dogme de la transsubstantiation. Voilà un fait aussi exprés et aussi particularisé qu'on en puisse désirer. 11 dit que l'article de la transsubstantiation a été excepté formellement par les Grecs avec le consentement du papo. Qui pourrait douter après cela du sentiment de l'église grecque? Mais la solution en est facile. C'est que cet homme se lron)pe visiblement, puisque jamais ni le pape ni les Grecs n'ont songé à faire cette excej lion; que l'on n'a jamais disputé au concile de Florence sur l'Eucharifctie, que touchant les azymes ou les paroles de la consécration, et non de reffelde ces paroles, comme tout le monde l'avoue, et que les Giecs et les Latins, ceux qui ont accepté l'union et ceux qui l'ont rompue, n'ont jamais eu la moindre dispute sur lu présence réelle et sur la transsubslanLialioii. On trouve aussi la même imposture dans Ilospinien, et presqu'autanl circonstanciée. Mais cette extravagance ne doit pas surprendre dans un homme qui a la hardiesse de prétendre qu'Adelman, le premier adversaire de Béreuger, avait la même doctrine que lui, et de mettre S. Bernard entre ceux qui ont embrassé clairement son opinion. Enfin Episco|iius, l'un des principaux des romonlrauls, qui sont encore plus onneniis que les cuhlnWs de la dv cirine de l'Église romaine sur

l'église grecque ne Cavail pas encore reçue au temps du concile de Florence. Aubertin et M. Claude n'ont pas voulu tout à fait s'engager à défendre un fait si insoutenable , de peur dé se charger du reproche d'ignorance qu'il attire. Mais comme ils ne se mettent pas beaucoup en peine de ne choquer que le sens commun, ils ont jugé qu'ils ne devaient pas laisser de dire que les Grecs ne croient point la transsubstantiation. L'utilité de leur cause, qui forme toujours leurs opinions, les a unis dans celte prétenlion. Ils ont bien vu que ce point était capital et décisif, parce qu'il renversait toute l'innovation prétendue dont ils accusent l'Église latine; et ainsi ils se sont résolus de ne le pas abandonner, quoiqu'il en pût arriver. Mais pour le soutenir ils ont pris deux roules assez différentes, et qui font bien voir qu'ils ne sont pas bien fermes dans leur sentiment.

Aubertin , voyant qu'il y avait certains auteurs parmi les Grecs qui étaient aussi déclarés pour la transsubstantiation que S. Thomas et les scbolastiques, a cru que, pour se défaire de leur autorité, il devait avouer que les Lalins, dans les guerres de la Terre-Sainte, où ils avaient eu grand consmerce avec les Orientaux, avaient aussi semé parmi eux leurs opinions de la présence réelle et de la transsubstantiation ; et qu'ainsi il n'était pas étrange que quelques nouveaux auteurs grecs les eussent enseignées, les ayant apprises d'eux. Mais en même temps il arrête le cours de ses opinions comme il veut , saiis que l'on en voie les raisons ; de sorte que quand il vient à la confession de Jcrémie , patriarche de Constantinople, il ne laisse pas de prétendre qu'elle esl entièrement conforme aux sentiments des calvinistes. Après la guerre de la Terre-Sainte, dit ce ministre, tes Grecs et les La" tins ayant plus de commerce ensemble qu'auparavant , cette erreur des Occidentaux ( il parle de la transsubstantiation) semble s'être communiquée à plusieurs dcx Orientaux. Il met expressément dans la suite Nicélas Choniaie au nombre des novateurs, c'est-à-dire, dans son langage, des défenseurs de la transsubstantiation, cl il avoue qu'il a enseigné celte doctrine, en rapportant riiisloire de la tjuestion qui s'éleva du temps de l'empereur Alexius Angélus louchant la corruptibililé ou l'incorruptibilité du corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. H range aussi cet empereur au même parti. Mais comme ces aveux ne lui étaient pas trop agréables, il en fait le moins et le plus rarement qu'il peut. Il n'a pas jugé qu'il fût de sa prudence de parler de Cabasilas, et il se donne bien de garde de rapporter les passages que le cardinal du Perron en cite. Il éviie le concile de Florence comme un écueil dangereux; il chicane sur un passage de Nicolas, évêque de Méthone, sans citer les lieux de son traité où il enseigne clairement la transsubslautiation ; il prétend tirer à son avantage Jérémie. Enfin il conclut ce

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