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pensée, autre que la sienne propre. Il est, pour lui« même, pour tout ce qui est en lui et hors de lui^ le principe exclusif, absolu de l'existence. Ce principe iaef«> £able se personnifie^ de toute éternité et sans fin, dans la première personne en Dieu, le Père. Il se donne à lui-même, avec la vie essentielle, interminaUei les infinies perfections qui constituent sa divine nature. Mais ces infinies perfections, en se les donnant, il les connaît) il les pénètre, il se les révèle à lui^-méme, et cette infinie puissance d'intuition de lui'^fnéme, de pro*^ pre révélation, d'illumination de son être divin, ce principe de toute intelligence^ principe non mc»ns essentiel, non moins éternel, non moins infini, non moins tout-puissant que son principe d'existence et d'iater*minable vie, se personnifie en lui, par une opération ineffable, que la révélation appelle engendrememJt, dans la seconde personne de l'essence diviue, le Fils unique du Père, le Yerbe, principe et organe tout^puissant^ éternel, infini de cette révélation que rÉteruel se fait de lui-même à lui-même. Et telle est la gloire que par cet incompréhensible engendrement le Père se donne à lui-même, que, depuis qu'il a daigné nous donner son Fils, sans lequel ces sublimes et mystérieuses vérités nous seraient restées éternellement inconnues, il n'a pas voulu que les enfants de son adoption Vin^
une fois (jui constituerait de toute nécessité un commencement^ il y ftUi'ait eux un espace infini, une éternité avant ce commencement, n en est de même des deux autres ineffables opérations de la nature divine, l'engendrement de la seconde et la procession de la troisième personne en Dieu. Toutes sont actuelles, conti^ tiUès et interminables parce ^'elles sont éternelles.
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yoquassent sous un autre nom que celui du Père, con« trairement à la pratique du peuple d'Abraham, dont les adorations s'adressaient à Jékovad^ à ÂdotMïj etc.; noms sacrés et dignes de l'Eternel, mais qui ne don«« naient à ses adorateurs que l'idée du maître et du seigneur.
Cette parfaite intuition de l'abîme de ses gran^ deurs, cet engendrement du Verbe, serait à jamais stérile et inféconde si elle ne produisait en Dieu essentieUement) et en vertu d'une nécessité de justice qui est en lui, l'admiration, f amour éternel^ infini, touL puissant qu'il se porte à lui-mémci dans la par&ite ressemblance qu'il admire, qu'il aime en son Fils, principe de sa gloire y et que le Fils porte à son Père, l'in* compréhensible auteur de son être. Et le principe intarissable de ce mutuel amour se personnifie en Dieu par l'opération non moins incompréhensible que l'E* criture appelle la procession de l'Esprit saint. Il est dit, par excellence, Esprit^ parce qu'il est, comme l'âmei la vertu vivifiante de la divine essence ^ . Il est appelé saint par excellence, parce qu'il est, en Dieu, le principe de toute, sainteté, c'est-à-dire de toute justice} car si Dieu ne s'aimait pas d'un amour éternel, infini, tout-puissant, il ne se rendrait pas la justice qu'il se doit, eu égard à ses perfections infinies ; il ne pourrait jouir de l'ineffable béatitude que lui donne cet amour. Ce tout-puissant, cet éternel amour est en mèma temps cause et principe de bonté et de rigueurs envers toutes ses créatures. Principe de bonté, puisqu'il appelle à l'éternelle société de Dieu ceux qui consentent
1 Suivant cette parole du gjcand éyangéS^te : Dieu 0si aamar^
à lui demeurer fidèles; principe de rigueurs, puisqu'autant l'Esprit saint aime les perfections divines et tout ce qui leur est conforme, autant inexprimable est la haine qu'il porte à tout ce qui leur est contraire; par où se comprennent l'effroyable rigueur et Tinfinie durée des supplices de l'enfer, puisque cette haine divine est comme le souffle de l'Esprit saint qui en attire les feux.
Or, le Père s'admirant et s'aimant dans le Fils, sa gloire et son image, et le Fils aimant son Père et s'aimant lui-même de l'amour propre à la Divinité, c'est-^ à-dire d'un amour infini, il est de toute évidence que l'infinie puissance de laquelle procède ce mutuel amour est, dans toute sa plénitude et sans partage, la possession commune et indivisible des personnes divines ; et l'acte ineffable de cette procession, acte que la théologie chrétienne appelle spiration active^ est nécessairement l'œuvre indivise du Père et du Fils, du Fils et du Père,
Il nous serait difficile de nous prononcer sur la question de savoir si la théologie moderne des Orientaux en général, et des Russes en particulier, s'est jamais élevée à des considérations aussi positives sur le mystère de la Trinité; considérations conformes aux doctrines apostoliques comme à l'enseignement séculaire de la sainte Eglise. Ce qui nous parait d'une irréfragable conséquence, ces incontestables prémisses étant admises, c'est que la doctrine catholique s'y trouve définie et justifiée d'une manière si lucide, que l'impiété arienne pourrait seule refuser d'y adhérer. Car dire que le Saint-Esprit procède du Père seul^ c'est dire que le Père ne communique pas à son Fils
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bien-aimé la puissance infinie de la spiration active ; ce serait donc dire que le Fils est dans l'impuissance de rendre à son Père l'amour infini qu'il reçoit de lui ; que^ par conséquent, il ne saurait rendre à la première personne de l'auguste Trinité ce qui lui est dû : ce serait donc constituer le Fils dans un état infiniment inférieur en puissance à son Père ^ ; car il ne peut exister de terme moyen entre Tessence divine et toute autre nature; point de milieu entre l'infini et le fini. Et quelque haut que vous prétendiez placer le Fils de Dieu, si vous ne lui accordez l'essence infinie, égale en toute-puissance à celle de Dieu son Père dans toute sa plénitude, il restera toujours entre le Fils et le Père l'incommensurable abime qui sépare l'infini du fini. Dès lors plus de consubstantialité, et par conséquent plus de Trinité. L'essence divine, telle qu'elle nous est révélée, n'a plus d'existence réelle; le monde est sans Dieu ! Telles seraient les conséquences évidentes d'une doctrine qui prétendrait enlever au Fils de Dieu la puissance infinie de la spiration active ; de l'égal amour du Fils pour le Père, comme du Père pour le Fils ; mutuel amour qui constitue la procession de l'Esprit
saint : c'est le blasphème arien dans son infernale horreur!
^ Af&eux blasphème, d'avance condamné par le Fils de Dieu, lorsqu'il se déclare une m^me chose at^ec son Père^ et lorsqu'il lui adresse ces sacrées paroles : Tout ce qui est à moi est à vouf, et tout ce qui est à vous est à moi. Ce qui ne peut avoir d'autre signification que l'unité de nature et de possession ; car tout ce que Dieu possède est renfermé dans cette sublime et incompréhensible nature; et hors d'elle Dieu n'a ni ne possède aucune chose, parce que rien n'existe ni ne peut exister indépendamment de l'existence, ou de la nature divine.
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Mail, s'il en est ainsi, dira peut-être quelque théolo* gîen greC) si réellement la négation de la procession du Sainte-Esprit des deux personnes divines est équiya*lente à Fimpiété d'Arius, pourquoi le grand concile de Nicëe n'y a-t-il pas pourvu au moyen de Taddition introduite si longtemps après dans son symbole par l'Eglise latine ? Et pourquoi celle-ci permettait-elle aux Grecs-unis de réciter ce symbole sans cette addition?*-^ La réponse à ces deux objections sera aussi simple que facile.
Quant à la première, nous ferons observer d'abord que les conciles oecuméniques s'assemblent pour juger et condamner des erreurs de doctriw actuelles et non pas futures; qu'à cet égard, l'Homme^-Dieu, en lui assurant l'assistance perpétuelle de l'Esprit saint, qui devait /mduire en toute vérité^ n'a pas communiqué à son Église, avec le don de l'infailiibilité y celm delà prescience divins, pour prévoir les hérésies avenir, ni les mille i(ubterfuges derrière lesquels l'hérésie cherche à se soustraire à l'anathème prononcé contre elle^^ de sorte que le grand concile de Nicée, en employant le texte évangèlique : le Paraelet^ l'Esprit de vérité qui procéda du Père, n'a rien fait que de très-régulier, ne pouvant prévoir que, malgré tout ce qu'il avait inséré en son symbole, pour établir la parfaite égalité du Fils avec son Père,
l'bérésiç ariçnoe trouverait dçins la procession du Saint- Esprit du Père un dernier fisile pour s y réfugier, et
' GVst ce metif qui rend si complètement insensée la théorie gréeo-ruMe qui prétend borner au nombre mystique de sept les conciles oecuméniques, privant ainsi PÉglîse universelle de ses droits d'enseignement, de jugement et de condamnation pour tous les siècles postérieurs au huitième.
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maintenir, au moins sur ce point, l'infériorité du Fils à l'égard du Père*. Le temps seul développe le venin de toutes les erreurs; les hérésiarques se sont, en tou3 temps, montrés d'une grande iiabileté pour extraire ce venin, tantôt des textes mêmes de TÉcriture, tantôt de son silence, et ils n*en ont pas autrement agi quant aux définitions les plus claires des conciles.
Quant à la seconde question, nous avons vu comment au second concile de Lyon (1274) , et dans celui de Florence (1439), la question de la procession du Saint-Esprit fut débattue et unanimement résolue en feveur de la doctrine de l'Eglise romaine; comment cette doctrine y fut reconnue être celle dea apôtres et de toute l'antiquité. Le synode de Brest, tenu en 1604, reprenant les choses où elles en étaient restées au concile de Florence, reconnut en ternjes exprès et formels la pure orthodoxie de Faddition du FtVioytie, et cette déclaration suffisait pour consommer, sur ee point, sa réunion avec l'Eglise catholique romaine. Car, nous l'avons déjà feit remarquer, il n'y a aucune erreur à énoncer la procession du Saint-Esprit du Père, conformément au texte évangéliquc ; Terreur consiste à en inférer qu'il ne procède qv^ du Père, contrairement à d'autres textes, et à la notion même an dogme de la sainte Trinité, comme nous l'avons ftJt voir. Au reste, l'Église grecque-unie de Pologne ne 86 montra nullement jalouse de la concession qui lui avait été faite à cet égard, et nous pouvons certifier <]ue toujours, à toutes les messes de ce rit auxquelles Q0U8 ayons 9ssi»té, nous avoas entendu chanter le
symbole de Nicée,avec l'addition du Filioque^ ce qui a également lieu dans les nombreuses Eglises du rit grec-uni^ répandues dans les royaumes de Hongrie et de Galicie.
L'accusation de tendance évidente à un retour vers l'arianisme, que nous portons contre l'auteur du schisme grec, nous l'épargnons volontiers au synode de Russie ; car dans son manifeste, ainsi que dans son acte synodal et dans son épitre aux évéques du synode de Folotsk, nous ne trouvons pas la moindre trace d'une rétractation demandée aux évéques grecs-unis sur l'addition du Filioque * lii sur le dogme qu'elle exprime. Nous voyons seulement dans la lettre que les évéques unis adressent à l'empereur, et non pas au synode, un passage qui parait y avoir été comme subrepticement glissé^ et où se trouve exprimé le vœu : « Que l'Eglise uniate puisse, d'une voix unanime et « d'un cœur unique^ confesser avec tout le peuple « russe un Dieu en trois personnes, suivant l'antique « définition apostolique , conformément aux canons a des saints conciles œcuméniques, et à la tradition des c< grands pontifes et docteurs de l'Église orthodoxe « catholique, etc. » Si c'est là une déclaration dogmatique qui doive s'appliquer à la procession du Saint- Esprit, nous observerons d'abord qu'elle n'est pas ici à sa place, et qu'elle aurait du être insérée dans le texte même de l'acte synodal ; et puis que dans Fé-
^ n e$t vrai que l'on avait préalablement pourvu à la suppression de cette addition au moyen de la délivrance des missels schismatiques faite aux apostats en 1834. Mais une suppression ne peut être, en matière de foi, équivalente à une abjuration !
BB L*BlfnRB BB BUflflIB. ttt
mission de ce vœu, exprimé en paroles si vagues^ s'il se trouve une rétractation, elle y est si habilement dissimulée, qu'il n'y a aucun membre de l'Eglise or« tbodoxe catholique, qui est la nàtre, qui ne fut prêt à la signer ; car les deux conciles de Lyon et de Florence ont reconnu le dogme de la procession du Saint- Esprit, exprimé par le Filioquey conforme, en tous points^ à l'antique définition apostolique, aux canons des saints conciles oecuméniques, et à la tradition écrite et orale des grands pontifes et docteurs^ dont la parole et les œuvres ont jeté tant d'éclat sur la théologie des premiers siècles de l'Église.
Le synode de Russie, dans la décision qu'il prononce sur l'union qui lui est demandée, invoque les canons et règles de l'Eglise Universelle et les exemples des saints Pères. Or, nous lui demanderons si, lorsqu'il est arrivé qu'une Église particulière se mit en état de dissidence dogmatique avec l'Église universelle, la réunion a jamais été, ou pu être opérée sans être précédée d'une abjuration complète, explicite et solennelle de la doctrine opposée à celle de l'Eglise ? Comme donc le synode réduit à la seule condition de se soumettre à son autorité, ses exigences envers l'Église uniate, et qu'après cette promesse il déclare en termes formels qu'il na plue rien à lui demander^ l'on devrait en conclure qu'à ses yeux l'addition du Filioque et la doctrine qu'elle exprime ont perdu leur caractère primitif d'hétérodoxie.
En effet, lorsque l'on traite cette question avec des théologiens éclairés et sincères, comme cela nous est plusieurs fois arrivé, ils renoncent volontiers à toute controverse sur le dogme de la procession du Saint*
SM DB LA BRUATmil BBUaiHSE
Esprit, du Père et du Fils, et alors ils se retranolient dans une autre accusation contre FÉglise romaine; lui imputant seulement de la témérité d'avoir, de son autorité privée, osé altérer Tœuvre des premiers con* ciles. Mais quand cette témérité serait réelle; quand ^lle n'aurait pas les graves motifs que l'on oonnaft ; quand il serait vrai que l'Eglise apostolique de Rome, la chaire impérissable du chef des apôtres, put n'exer» cer gu'u%e autorité privée, cette témérité, même sup-» posée réelle, devait-elle fournir un motif suffisant pour un schisme; qui, en brisant le lien d'obéissance, a si déplorablement rompu celui de la paix et de la oharité?
Pré9entait*>elle un de ces cas si douloureux, où la sainte Église de Jésus -Christ se voit forcée d'arracher, en quelque sorte, à ses vivifiantes entrailles des en-* fonts morts à la foi, de peur que la mortelle contagion qui les a fait périr ne vienne attaquer wux dont la vie spirituelle lui est si pi'écieuse? Obi certes, avant d'en venir a une extrémité si cruelle pour là mère des vivants, il eût fellu au moins le jugement d'un concile, et la condamnation formelle, non pas de l'addi^ tion du Filio^^ mais du dogme qu'il exprime. Mais nous oubliona qu'au onzième siècle il y avait, suivant le synode de Russie, plus de tfois cente une que l'are des conciles cecuméniques était close; c'est^rà^-dire que l'Eglise universelle n'avait plus aucun moyen de juger et de condamner les hérésies; de sorte qu'il ne restait à Gérulaire qu'a agir par voi$ de /ai/, faute d*un recours possible à un tribunal suprême. Resterait seu* temonl à savoir à quelle source il avait puisé Tauto-* riftô judiciaire souveraine en matière de foi, et de
DB L'BMPllB SB BVSilB. 18S
quel droit il en faisait usage, lui le plus moderne des patriarches de la chrétienté, conlre TÉglise à laquelle la sienne était, depuis mille ans, soumise? La théorie de la prééminence du pouvoir impérial viendra, sans doute, en aide au synode de Aussie , pour répondre à ces questions ! *
D'autres théologiens russes vous diront qu'il serait plus exaot de dire que le Saint-Esprit procède du Père par k FiU ^ . Cette variante serait d'autant moins satisfeisante pour l'esprit, qu'elle prêterait à une équivoque qu'il est toujours très-important d'éviter en matière de dogmes. Car Texpression par pourrait^ assez raisonnablement, s'interpréter par un commen*taire qui représenterait le Fils de Dieu comme l'objet de l'aipour du Père» sans réciprocité de sa part ; comme roccmonj en quelque aorte, de la ipir^iom 9ctm^ et non pas comme puissance, comme personne active et coagissante dans cette opération divine } et ce serait là une proposition captieuse, équivalente i la négatioi) de la parfaite égalité des deux premières personnes de l'essence divine ; oe serait aoua une autre forme le blasphème arien.
Pour se dégager de ces variantes qui ne font qu'éga* rer le jugement et porter une plus grande obscurité
* Cette expression avait été, dit-en, admise par k second concile de Nicée; ce qui prouverait, ea première ligne, le pouvoir de l'Église d'ajouter au symbole arrêté par un concile précédent- Cette e^pressioq, dans ce ca$, aur^t été jugée équivalente à la nôtre \ car l'on n'imaginera pas appareifunent qu'elle ait du représenter le Fils comme un simple intermédiaire passif, à peu prêt comme le verre ardent donnant ^passage au rayon solaire, pour porter ailleurs le foyer de chaleur dcmt 3 est la source.
tSI DB LA SITUATION EEUGISCSB
dans la question, mieux vaut s'en rapporter à ce qui
nous parait seul authentique dans renseignement de l'Église de Russie sur ce point ; car en réalité tout se réduit à la solution de ces deux questions., dont l'une est catholique et l'autre arienne. Le Fils de Dieu est-il, comme son Père, pHneipey puissance coactive de la spiration divine, ou n'en est-il que l'objet, en quelque sorte l'occasion passive ? En d'autres termes, possèdet-il l'infinie puissance de rendre à son Père amour pour amour^ dans la même infinité quMl le reçoit de lui ? Cette question renferme évidemment la vie et la mort, l'orthodoxie ou l'hérésie. Comment la résout l'Église de Russie?
La Somme théologique qui s'enseigne dans les seimnaires russes, et qui a pour auteur le célèbre Théophane Prokopovitch^ métropolite de Novgorod, sous le règne de Pierre F', attaque avec autant de vivacité l'addition du Filioque que le dogme dont elle est l'expression. Comme ce volumineuouvrage a ser vi à l'éducation cléricale de tousles membres du synode, nous devons supposer que, sur tout ce qui regarde le dogme de la procession du Saint-Esprit, il n'a pas une autre foi que celle qui lui a été enseignée, et que par conséquent il condamne et déteste la doctrine de l'Eglise romaine sur ce point. Dès lors il y aurait lieu d'être surpris de la condescendance qu'il apporte à la réconciliation de son Église avec les Grecs-unis, au moyen d'un entier silence de cet article, qui cependant était et est encore la pierre angulaire du schisme d'Orient. Il y aurait lieu de s'en étonner, si l'on ne voyait, par tous les actes relatifs à cette union, et jusqu'à la plus grande évidence, que le synode avec son
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décret n'est qu'une espèce de bors-d'œuvre dans toute Taffeire; qu'il n'était qu'un agent intermédiaire pour 1 accomplissenient d'une vue, en partie réactive, quant au passé, et en partie préventive, quant à l'avenir ; vue qui appartenait au maitre, et dont le véritable objet était une fusion plus entière des neuf provinces démembrées de la Pologne avec l'empire. C'est à ce motif, tout politique, et pris en debors des questions théologiques, qu'il faut attribuer le silence complet du synode sur tout ce qui aurait pu susciter quelque controverse ou discussion théologique quelconque. Mais de cesilenceil suit avec évidence de deux choses l'une : ou le synode n'a reconnu, à la question de la procession du Saint-Esprit, aucune importance dogmatique, ce qui, sur ce premier article, détruirait toute imputation raisonnable d'hérésie adressée à l'Eglise latine , ou dans une question de haute importance, et en matière de foi, il s'est laissé imposer un silence prévaricateur e t sacrilège ; ce qui montre, mieux que toute sorte de raisonnement, combien la prééminence impériale peut, en certains cas, entraver renseignement orthodoxe et les définitions doctrinales de TËglise. U n'entre pas, au reste, dans notre objet d'examiner i«8 conséquences éventuelles de ce mode d'identification de deux peuples, entre lesquels il existe des souvenirs si irritants; nous n'avons qu'à déplorer le choix ^u moyen auquel on s'est arrêté pour atteindre un ^ût dont le désir n'avait, par lui-même, rien de reli- S^^usement réprébensible.
Quoi qu'il en puisse être de Fissue finale de l'entreprise, nous prenons acte^ au nom de l'Eglise calhotiquef du silence observé par U synode de Russie sur l'hérésie préten^
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due, aUaekée à C^tdâUsùom dm Fitia^m ; héiésie qui avait été ostensîbleineiit professée ^«ar l'Eglise grecque-unie pendant deux sièdes et demi) et à la rétractation de laquelle on n a pas jugé néoessaire de la soumettre. Uomission de œtte rétractation milite en faveur de FËglise romaine, et équivaut à l'aveu que, surcé point au moins ^ elle a été très -injustement inculpée et condamnée. Nous allons voir si d'autres prétextes du schisme soutiendront mieux ud sérieux examen.