DE LA SITUATION BEUÇISCSB
ce monstrueux Tibère, qui devait avoir pour succès^ seurs les Nérou, les Caligula, les Dioclétien, impurs et sanguinaires antagonistes de la religion du divin crucifié. Plus tard, cet empire romain, si longtemps gouverné par des monstres dont là mémoire inspire encore de Vborreur, devait, avant de tomber sous la bâche vengeresse des peuples barbares, se diviser en deux grandes moitiés, et chacune d'elles avoir des maîtres différents. Si le pouvoir pastoral avait été délégué à ces princes, le schisme était établi de fait, et même de plein droit dans TEgUse ; car leur jalouse rivalité suffisait pour les engager à imiter Jéroboam et ses successeurs , en établissant dans leurs églises, sinon des cultes et des dogmes différents, au moins deux pontificats rivaux, et bientôt ennemis'. Et chose merveilleuse, chacune des deux Eglises, malgré leur opposition, eût été parfaitement orthodoxe ; car chacune d'elles eût obéi au vicaire de Jésus^Christ, revêtu par lui d'une incontestable autorité, INous réserverons le développement de cette conséquence pour le moment où elle entrera d'elle-même dans notre controverse.
En attendant, quelques propositions intimement
' Nous ne parlons ici que de la division de l'empire romain en deux grandes souverainetés indépendantes. Que serait^il arrivé à l'époque où tant de royaumes devaient sortir et se former des immenses débris du colosse romain ? Le Sauveur avait-il prévu cette transformation du monde romain ; et si, comme on ne peut, sans impiété, le révoquer en doute, ces grands événements ont été, non*seulement connus à l'avance, mais pi'éparés et conduits par sa tou^e-^uissante providence, pouvait'*il exposer son Eglise à subir les mêmes déchirements ?
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liées à notre sujet nous paraissent essentielles à établir. Premièrement^ les souverains temporels sont radi^ Gaiement incapables d'exercer le gouvernement spi* rituel *,
Toute autorité vient de Dieu seul. Lui seul ayant tout créé possède toutes choses, et, par droit de propriété, en dispose en toute souveraineté. D'où il suit que nul autre que lui, ou celui à qui lui-même en a conféré le droit, n'a celui de donner des lois, c'està-dire d'imposer sa volonté à aucune créature rai^ sonnable, douée, comme lui, d'une volonté libre et indépendante. Dans l'ordre temporel, des événements dont Dieu permet les causes et les conséquences, et dont lui seul prévoit et connaît toute la portée, font naître ou périr ces grands établissements politiques que nous nommons des Etats ; ils déterminent la forme extérieure de leur gouvernement, et mettent l'autorité aux mains de tel ou de tel individu, de telle ou de telle famille; car les événements historiques ne sont que les leviers visibles qui servent d'instruments à l'exécution des décrets de sa prescience divine. C'est pour cela que la souveraine Sagesse nous apprend dans les Ecritures que c'est par elle que les rois régnent ^t que les princes décernent leurs lois.
Dans l'ordre spirituel, le plus essentiel et le plus relevé des deux, le gouvernement, qui n'est autre chose que l'empire des esprits et des consciences, appartient bien plus directement encore au législateur suprême, puisque lui seul, pénétrant l'abîme des consciences que l'homme connaît si peu par lui-même et en lui<*mème, a le droit et le pouvoir de leur im-
I Voy» notes additionnelles, 33.
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poser le frein de ses lois : lui seul aussi est capable d'attacher à ces lois la terrible alternative d'un bonheur ou d'un malheur sans bornes et sans terme.
Il est donc arrivé que le maitre souverain des cieux et de la terre a livré au cours des événements dont sa suprême sagesse s'est réservée la secrète direction, l'établissement et la chute des empires et de leurs trônes, sans toutefois que Ton en puisse raisonnablement inférer que le cours de ces événements ait été abandonné à je ne sais quelle espèce de hasard ou d'aveugle nécessité que Ton appelle la force dés choses. Mais pour ce qui regarde l'empire des consciences, il s'en est si exclusivement réservé le droit direct et l'exercice par voie de délégation^ que nous ne découvrirons nulle part la moindre trace de son étahlissemeid légitime et régulier parmi les hommes, au moyen d'institutions publiques dont ils auraient été les auteurs.
L'établissement légitime et régulier de l'empire des consciences, autrement dit du sacerdoce, n'a eu lieu que chez les juifs et chez les chrétiens. Chez ces deux peuples qui, religieusement parlant, n'en font qu'un, puisque les chrétiens sont les véritables fils d'Abraham, Tinstitution du sacerdoce a été l'œuvre de la révélation, c'est-à-dire de l'intervention directe de la Divinité. Partout ailleurs les institutions sacerdotales ayant ^té l'œuvre politique des législateurs humains, leur résultat direct a été la démonolàtrie et son exécrable sacerdoce. Résumant toute notre pensée, nous le répéterons donc, conformément aux enseignements de riiistoire : l'établissement des empires a suivi le cours des événements mibtaires et politiques ; l'institution du sacerdoce divin les a traversés, immuable et in-
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destructible comme la puissance éternelle qui Fa fondé. Et bien que chez le peuple d'élection, le seul à qui il ait plu à Dieu de donner une législation temporelle, lui-même ait désigné ceux à qui il a donné la couronne, nous voyons avec la plus haute évidence qu'il ne leur a pas accordé la moindre puissance sur les choses de sa loi ni de son culte \ Aussi voyonsnous Tinimense différence, en fait de stabililé inhérente à chacune des deux institutions. Après quatre siècles de règne, la race de David est tombée du trône; celle d'Âaron s'est perpétuée dans la possession du sacerdoce suprême jusqu'au jour de l'abolition du culte hébraïque : l'une est tombée sous le fer du roi de Babel, l'autre s'est conservée pendant une longue et périlleuse captivité sur les rives de l'Euphrate.
Comment, à la vue de faits si marquants^ pourrait-on croire, soutenir et enseigner que Dieu ait confié la suprême autorité, dans son royaume terrestre, aux éventualités de l'extinction des races royales ou de la chute des empires * ? La sagesse divine ne se méprend point ainsi sur les chances de la stabilité perpétuelle qu'elle a voulu assurer à son Eglise.
L'efficacité du pouvoir spirituel dépend, d'ailleurs,
* Dans les Uyres saints, nous voyons bien quelques grands prêtres mis à mort par ordre des rois ; mais ce pouvoir de vie et de mort, bien ou mal exercé, n'atteignait que leurs personnes et jamais leur juridiction, Lorsque les rois d'Israël ont voulu instituer un sacerdoce propre à leur pays, il en est résulté aussitôt un culte idolâtrique ; et il n'en a jamais été autrement dans l'Eglise. Aès qu'un souverain a osé isoler son Eglise du pontificat légitime, elle est tombée dans l'hérésie, qui est une autre espèce d'idolâtrie, celle de notre faible raison.
^ foy. note additionnelle 33.
iacsqmé,, ayant poçir un tçmps voilé §« spïwd^urs divines pour prendra la fq^me ei^térieurej du serf, afiu d'ensçigpçr aux ^Quii^es les vérités du salut, n'a pa^ voulu lui-même opérer cette oeuvre iueffehle çiutremeut qu'eu vertu d'uae mission directe de »qu Père. En vingt endroits de son Evangile il atteste à sçs disciples comme à ses adversaires cette mission 4ivine, et il la transmet, dans tQute s^ plénitude, à ses apôtres > comuie indispensable condition du succès de leurs travaux. De même qMç mon Pèrç m'a envoy,éj,je vQus envoie; et cette toute-puissante n^issipn, U ne Vadresse point aux princes de la terre, il l'^dre^se à ses apôtres et à leurs successeur^.
Etes- vous, membres mitres du 3yfto4Q de Russie, pu vous croyezrVQus 9U moinsi légitimes successeurs dçs envoyés 4v Christ ? Vous crqyez-vous les sacrés dépositaires de la^ houlette pastprale» remise par les mains du suprême pasteur à ceç apOtres si dignes de la porter ? Comment, si vous avez foi en ce caractère si auguste, qu'il dépasse de bien loin toutes les splendeurs 4u seeptve impérial -, cqm^eut, dans ce cas^ l^ettez-vpus aux pieds d'up homw ÇQurpJftné les insignes de votre apostolat ' ? Vous l'appelez l'oint du Seigneur, et nous ne lui contestepons point ce prédicat, puisque, bien qu'au pied de vos schismatiques auiels^ l'huile béuite par vous a coulé sur son front.
^^is^ cette puç^ion 4e pure cérémonie, qu'est-elle comparée h ro«6tip9 ç4cr^me|itpUe qn^ s'est répaqdipe s\>r le vôtre, pour y imprimer un caractère tellement au»-
I F'ojr. noteadditioimeUe34.
g^i3tç, qwe les aoget, paMt><^ue, tr^mbl^m^pt f}e 1* recevoir ? Profondément liunûlié^ d^i^s voU*^ m^nU*' t^re, tantôt nou9 vous voyons pro^tewé^ devant un prince arn^é du gUlve deç combats, Qt qui ae réputé le premier des guerriers de son empira; tantôt devant une fen^me «ouillée dv meurtrQ d§ ^on époux, de Tu*^ aurpation de aa couronne, ^t de déportementa qqi font rougir $on se^^e, Couverte, comme d'un mantaau qui cache sea turpitudes, de votre système de la pr^'^i-» nmce impériale^ elle vous gouverne^ et par vous votre Eglise; elle est le pontiFQ suprême que l'auteur de toute pureté et de toute justice vous a donné !
Et cependant c'est à ce système, érigé par vous en docHine* dei premiers concile$j que vous sacrifiez la paix et la charitable coneorde des Eglises; car vosac^ea font foi que vous n'avez rien d'autre, que Paceession à cette prétendue doctrine, à demander à ceux qui, jusqu'ici nos frères, croyaient comme nous, et que voua ont livrés les criminelles séductions du pouvoir séculier! Infidèles pasteurs, qui entrant, d'ailleurs que par la porte, au bercail sacré, n'y venez que pour perdre et donner la mort ! que de voix accusatrices s'élèvent contre vous, dans leâ tortures de leurs consciences, et vous reprocheront i jamais vos coupables ocmnivencesà un pouvoir dont vous devriez être les jugea au lieu d'être ses esclaves 1
Et si vous ne respectez pas assez votre dignité pastorale pour la maintenir à la hauteur où l'élève la consécration que vous avez reçue, que n'avez-vous au moins plus de considération pour les lumières que vous devez avoir tirées de votre éducation cléricale, de vos études théologrques ? Penseriez*vous, en eflfet^
qu'une inspiration directe de TEsprit saint vienne suppléer, chez vos souverains, à l'instruction religieuse qui leur est donnée dans un âge où à peine ils sont capablesdela bien comprendre instruction suffisante, si vous voulez, pour une ouaille soumise aux enseignements de son Eglise, mais bien défectueuse assurément pour un jeune prince, destiné par sa naissance à gouverner Tépiscopat de son empire. Et si la houlette suprême vient à tomber, comme cela est assez souvent arrivé chez vous, aux mains de quelque princesse élevée dans les dogmes de la communion protestante? Nous ne savons ce que vous en pensez, mais il nous semble que cette considération secondaire donne bien de la force à la proposition sur laquelle nous vous invitons à réQéchir : que les souverains temporels sont radicalement incapables de gouverner TEglise.
Nous avons déjà touché ailleurs celle de toutes les conséquences de la suprématie temporelle sur l'Eglise qui nous parait la plus diamétralement contraire aux vues de son divin fondateur, ainsi qu'à son Evangile^ parce qu'elle serait la plus funeste et la plus incompatible de toutes avec l'existence même de l'Eglise, dont le nom signifie communaïUé. Cette conséquence immédiate, nécessaire, inévitable, c'est son fractionnement en Eglises nationales et en schismes subalternes, se divisant à l'infini. S'il est vrai, comme nous l'avons énoncé, que toute société n'a d'existence que par son gouvernement, qui la lie^ la forme et la conserve, il devient évident que le mode de son gouver-^ nement devietU exactement celui de eon existence. Or, comme aucun souverain ne peut étendre l'action de son gou-
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vernement spirituel au delà de la limite de ses Etats, celle-ci devient la circonscription nécessaire de son Eglise. Dès lors plus de comniunautc certaine et assurée de dogmes, de culte, ni même de principes moraux entre deux églises, même les plus voisines de territoire, comme nous le voyons entre la Russie et la Prusse ' ; plus de communication spirituelle, plus d'unité dans le christianisme. Et comme le même droit de souveraineté engendre en tous lieux le même droit de suprématie spirituelle, en faveur du pouvoir politique, quelle que soit sa forme, nous verrions le chef temporaire de la république de Saint-Marin suprême pontife de son Eglise^ de même et au même droit que l'empereur Nicolas delà sienne. Il est vrai que celui-ci exercerait son pouvoir, environné d'un splendide étatmajor d'archevêques et de métropolites, formés en synode; tandis que le suprême magistrat de San-Marino ne trouverait à morigéner que quelques obscurs curés de la ville et de sa montagne. Mais cette circonstance ne fait rien au principe, dont l'application aurait quelque chose de risible, si ses conséquences n'étaient pas si funestes.
Poussons plus loin encore ces conséquences, et poursuivons-les jusqu'à leur résultat final ; car ne nous étant jamais assis sur cette chaire de pestilence que, dans notre malheureuse France, l'on appelle la docti'ine, nous ne sommes pas familiarisés avec cet illogique juste-milieu, dont le système consiste à accepter ♦ suivant l'intérêt du jour, toute espèce de principe imposé par les fieiits, et de se consumer ensuite dans
* Vvf, note additionnelle 35.
j)74 DB LÀ SItUATlON RÏXIâlEtfSB
remploi d'expédients incessants qui, tour à tour, révoltent le cœur, la conscience et l'honneur, pour eu empêcher l'application. Nous détestons cette école de mensonge^ de duplicité, d'escamotage, et aucune considêratioù he éâurait nous empêcher d'an^ivér à démontrer, par l'extravagance ou par la criminalité des conséquenceé, ce qu'ont d'insensé, de criminel, les prémisses.
Nous posons donc au synode et au gouvernement russes ce dilemme : Ou la suprématie impériale sur l'Eglise, établie et maintenue en Russie, est évangélique, ou elle ne l'est pas. Si elle l'est, c'est une institution divine, obligatoire pour le monde entier, et qu^il y a eu de l^impiété à n'avoir pas admise, jusqu'à ce jour, en tout pays chrétien. Mais dans ce cas vous êtes rationnellement contraints à admettre que quicoiique adopte et professe la religion de son souverain se trouve dané les conditions de l'obéissance évangélique au chef légitime de l'Eglise, quelle que soit d'ailleurs la divergence dé doctrines entre la reine d'Angleterre, par exemple, et l'empereur de Russie. Vous ne voudriez pas sans doute avilir votre cause jusqu'à la subordonner à une conséquence aussi absurde. Si elle ne rest pas, c'est une institution hufnaitie^ établie contrairement aux règles de t Evangile. Alors il a été irhpie de la concevoir, de l'admettre en théorie et de l'établir en pratique ; il faut donc l'abjurer et l'abolir aussitôt. Dans ce dernier cas, vous n'avez pas d'autre refuge cjue l'Eglise romaine, avec laquelle vous concordez, quoi que vous vouliez prétendre, en matière de dogmes et de culte. Aimeriez-vous mieux rentrer sous la juridiction du patriarche de Stamboul^ courbé soùs la
tu L'BBiPIBB DB RU^I^IB. àt5
despotique autorité du sultan ? Il n^y a pas d*appàrence ; car àlots vous auriez aggravé la situation dé TOtre Eglise, en Vassérvissant à un souverain mécréant à la place d'uri jprince qui, au nioihs, a l'avantage d'être chrétien ! La raison, d'accord avec l'évidente vérité, ne Vous offre donc aucun milieu. Ou renoncer à la doctrine de la suprématie impériale, qui seule vous isole de la grande communion des chrétiens, et qui, côn)me nous l'avons fait voir, vous conduit à la contradiction la plus absurde et la plus opposée à votre prétention à l'orthodoxie ; ou bien, en continuant à la maintenir, contrairement à l'institution évangélique, légitimer toutes les erreurs que, d'accord avec leurs souverains, professent des nations entières, et par là vous approcher de plus en plus de cette vaste anarchie intellectuelle qui s'appelle protestantisme. Ce sera un acte de franchise que de vous ranger du côté de ce système irréligieux et antireligieux, qui prive de la sanction divine toute la foi chrétieûne en brisant l'Eglise de Jésus-Christ en églises nationales, espèces d'individualités collectives ; en attendant^ ce qui ne tardé pas d'arriver, à la broyer en individualités rigoureusement individuelles. Et, ce qui sera spécialement admirable, c'est que par ce moyen si simple, et qui cependant avait échappé à la perspicacité de celui qui avait préteiidu, comme nous l'avons vu, donner à son Eglise une autre garantie de stabilité, l'orthodoxie, devenue générale, àera le précieux partage de toutes les nations, quelque opposées que l'on puisse concevoir leurs doctrines et leurs pratiques ; c'est ce qu'il noué reste à prouver.
SU eiisté dans l'Église uiie autorité légitimé (fût-
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ce celle des princes temporels), nul doute qu'elle ne soit obligatoire, même sous le rapport de la foi, et que ceux qui s'y attachent avec soumission et fidélité sont orthodoxes. Vous ne sauriez le nier, puisque c'eH tuniqun fondement de l'orthodoxie à laquelle vous avez, dites-vous, rappelé des frères que la séparation politique vous avait enlevés. Après qu'ils se furent placés sous votre obédience, et par elle sous la suprématie spirituelle de votre maître, vous n'avez plus rien à leur demander. Vous leur accordez le prédicat d'orthodoxes, et vous ordonnez à tous et à chacun, dans toute l'étendue de l'empire, de ne leur plus donner d'autre nom. De ce fait décisif, et qui ne fait que mettre en pratique votre principe de la parfaite orthodoxie de ceux qui, en matière spirituelle, reconnaissent l'autorité du prince, découlent quelques conséquences incontestables que nous allons mettre sous vos yeux.
L'obéissance au prince constituant l'orthodoxie des sujets, il suit : ^i^ qu'il n'y a plus de foi intrinsèquemetd orthodoxe^ puisque la légitimité de la foi se trouve dépendante de la volonté variable du souverain et de ses successeurs, auxquels ni l'infaillibilité ni l'assistance quotidienne du Sauveur n'ont été promises. La Prusse et la Suède, vos plus proches voisines, sont également orthodoxes, l'une avec son calvinisme dit réformé, l'autre avec son luthéranisme épiscopal dit évangélique, parce que ces deux religions sont professées par leurs souverains et enseignées par leur autorité. L'Angleterre, avec les trente-neuf articles de son Eglise établie, et sa jeune et royale papesse, est 6n ne peut plus orthodoxe, malgré sa détestation du dogme de la présence réelle, que vous professez, et la détes-
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tation que vous-inêraes devez ressentir pour la doctrine contraire '. L'Autriche, la Bavière, quoique ca: tholiques,sont également orthodoxes, puisque le catholicisme est la religion des souverains de ces pays. Mais le plus éminemment orthodoxe de tous, sera le peuple romain, puisqu'il suit renseignement de celui qui, assis sur le siège de saint Pierre, est encore, et précisément à ce titre, leur souverain territorial.
Il en découle : 2*" que l'orthodoxie des nations varie au gré des événements qui changent leur nationalité. Ainsi les populations des deux grands-duchés de Posen et du Rhin, qui, dans ces derniers temps, se sont montrées bien plus catholiques que ne le croyait leur souverain protestant, étaient parfaitement orthodoxes lorsqu'elles appartenaient, l'une au royaume de Pologne et les autres aux électeurs et aux princes ecclésiastiques de l'ancien Empire, dont elles suivaient et partageaient le catholicisme. Mais elles sont devenues, en conservant la même religion, le même culte, la même hiérarchie religieuse^ très-hétérodoxes, depuis qu'elles sont tombées sous le sceptre calviniste de la maison de Brandebourg. D'après ce même système, les malheureux Irlandais auraient conservé leur ancienne ortho*
* L'on se souvient qu'avant de recevoir l'hommage de sa pairie, la reine "Victoire fut obligée de déclarer, sur son honneur virginal y ne pas croire à la transsubstantiation. Ce fait, tout au moins complètement ridicule en lui-même, avait quelque chose de passablement contradictoire avec la papauté nationale de la jeune reine. Mais il faut observer, qu'à l'inverse de ce qui existe en Russie, sous le nom du souverain doit toujours être entendu le parlement, tandis que sous le nom du synode, il faut entendre l'empereur.
S78 M ta OTUAtlOÉr lliBLlGlÈÙSB
doxie, si les Stuarts eussent conservé leur couronûe, et les void de malheureux hétérodoxes, parce qu6 leur Sceptre a passé dans la maison de Brunswick, aujourd'hui remplacée par une dynastie saxonne. Noué ne savons trop que dire de la situation des nouveaui^ royaumes de la Belgique et de la Grèce, dont lés souverains professent une religion différente de celle dé leurs sujets, mais qui se sont engagés à leur laisser uhé dynastie élevée dans la religion dotniiiante. Ces peuples sont peut-être affligés d'uhe hétérodoxie profit" êoircj que la mort de leurs souverains transformera, après un temps plus oii moins loiig, en orthodoxie réelle, ce qui, si Torthodoxie efet un bien, doit les engager à prier le Seigneur d'abréger cette période pendant laquelle leur salut est en péril.
Et puisque la suprématie spirituelle appartient, dé droit divin, aux souverains temporels, ce n'est pas à euk à embrasser la religion de leurs peuples : c^est aux peuples, au contraire, à embrasser celle de leurs souverains. l)'oùil résulte, en troisième lieu : -i® que dans le cas où un empereur de Russie viendrait à embrasser quelque jour le catholicisme ou le protestantisme, le synode ne pourrait, sans fouler aux pieds sa doctrine actuelle, ou, ce qui est plus singulier, sans renoncer à son orthodoxie^ refuser d^accepter la nouvelle religion de son pontife ; et 2" que l'orthodoxie des Eglises d'Orient est au moins fort équivoque, ptfitfqtie, obéissant au vicaire du pro^bètè^ elles n'ont p^é adopté «à foi. Pôttrtatit si lé strltèfll, profitant de î*éxcimple et de là thébriéf de la prééMnènce impétialéy professée et si riidémênt pràtiqtiéé ]f>àr son ]^ùiééaût voisin, allait tout à coup se souvenir qu'il est rhéri*
tîér des ànëiens empereurs du Bas-Empîre, en faveut dêèguelà dés conciles avaient décrété la prééminence iiH^ périate; si, pout la mieùi exercer, en vertu de ce droit de succeôsion, il venait à fôrrilet* à Stamboul un ti*éà*sàint synôdé dirigeatit, auqtlél, pour pluâde comhiôdité, il préposerait, en guisë de procureur^, quelque eunuque de ôon harém ; si, poussant plus loiù Teffet de ses bonnes intentions envers l'Église grecque, il se Taisait doTiiier des iiiformatîons très-ptécîàeé oui' les ritô et cérémonieô anciennes ou iiôuvelles de son culte, lui prescrivant de rétablir lés unes et d'abolir lés autres ; sî, daùs son zélé pour la pureté primitive drfôettc Église, il allait jusqu^â Itii fdilrnir gratuitement ses livrer litvtrglques, purgée defe défauts que le laps du tettip^ y avait introduite, ce n'est pals aux Grecs que nous le demanderons, car ceux-là obéiraient avec crainte et ti^emblement ; c'est au synode de Russie que nous adresserons cette question : les Grèce seraient-ils tenus d'obéir ? Car, dans le système Ae la prééminence impériale accordée, suivant lui, par lespreïïiiei^ conciles, aux empereurs dé Byiance, le sultan, èuccésseur |iâr droit dé conquête, dé toiis les Ëtâts dé ces princes, est entré de plain-pied dans tôiis lèiits droite, et la inémé obéîssiancé reste due, à êon égard, àux décrets du concile.
î^ous savons que, si le synode russe daignait entrer ^àns l'examen d'uiiè question qui lui paraîtrait peutélré suscitée comme tme embûche, il dirait que te ^f^fi^ianisme est la première condition exigée pour ^u'un souverain puisse exercer la suprématie spirituelle qui lui est dévolue sur des chrétiens. Nous ne savons si cette restriction a été iilsérée au canoû du concile qui a dé-
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crété la prééminence impériale, et, sans doute, nous demeurerons, à cet égard, dans une incertitude d'une longue et pénible durée, puisque le synode russe ne parait guère disposé à mettre au jour le secret docu* ment dont il est le dépositaire. Ce que nous savons, c'est que cette restriction aurait apporté au décret en question une modification de très-haute importance^et qu'il serait très-bon de connaître. Car, qui sait ? peutêtre allait-elle un peu plus loin que la condition de christianisme f et n'étendait-elle le droit de suprématie spirituelle^ ou, pour parler plus exactement, celui d'être l'évéque extérieur j le protecteur privilégié, le défenseur perpétuel de l'Eglise, qu'aux empereurs soumis à son autorité jk l'exclusion des Constance, des Yalens et des autres princes infectés d'arianisme ou de toute autre impiété, hérésie ou schisme à naître dans la succession des temps. Et si cette hypothèse était une réalité, il faudrait donc que, préalablement à l'exercice de sa suprématie, le souverain justifiât de son droit moyennant une profession authentique, et irrévocable surtout, de sa foi ; car, s'il venait à en changer, quelle puissance supérieure à la sienne viendrait le priver du droit et de l'exercice de son pontificat suprême? Toutes ces possibilités ont dû être prévues, et leurs conséquences déterminées dans les canons qu'allègue, sans les citer, le synode russe. Or, de tout cela il résulterait que l'empereur ne serait que conditionnellement mis en possession de la prééminence impériale, et qu'avant de gouverner l'Eglise il lui faudrait justifier de sa soumission à ses lois, ce qui produirait une assez singulière confusion de droits et de puissance. Il resterait encore à spécifier les moyens que l'Eglise se
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serait réservés pour empêcher un empereur hétérodoxe d*exercer sa prééminence, on pour l'en priver à Tinstant où il aurait prévariqué dans la foi. Les canons qui ont pourvu à toutes ces éventualités doivent être très-explicites sur ces périlleuses complications, et il serait tout à fait généreux au synode russe de renoncer à sa réticence pour l'instruction de la chrétienté, qui a le malheur d'ignorer tant de belles choses!
Sans prétendre faire violence à la discrétion du synode, nous nous bornerons à émettre notre conviction, que rien n'arrive ni ne peut arriver ici-bas sans avoir été, de toute éternité , prévu par le divin fondateur de notre Eglise. Les vicissitudes des empires et les futurs égarements de leurs souverains ne lui étaient donc pas cachés; et, pour en prévenir Teffet dissolvant sur Tintégrité de TEglise et de la foi, deux moyens s'offraient à son choix : le premier, le plus simple et le plus efficace était celui d'une indépendance absolue de son épouse chérie, du pouvoir des souverains ; le second, de fixer exactement les conditions de son asservissement à l'autorité temporelle. Quant au premier point, nous avons vu que, en bâtissant son Eghse sur le roc inébranlable à tous les efforts de l'enfer ; en choisissant, pour être ce roc, un apôtre entre les mains duquel il dépose à toujours les cle& de son royaume, avec le trésor de son infaillibilité, auquel il remet et laisse la sacrée houlette de son pastorat suprême, pour paître agneaux et brebis, le Sauveur a clairement et suffisamment pourvu à la parfaite liberté de son Eglise. Et, quant au second point, c'est à ceux qui l'admettent à nous montrer établie sur documents aulhenti(]uesy non-seulement la doctrine de la dépendance
383 DE LA SITUATKW EUlfiIRPSB
coQditipumçllg de rSgUçÇy î^veç toutes les 4^spo^itî(nis reçtrictiyeç suivant lesquelles elle aurait pi^ devenir appUcuble en pratique, sans amener la dissolution de Tunité de la foi. Ce qu'il faudrait noii^ montrer de plqS} et avant toutes choses peutrêtre, ce sont les moyet^ que le Sauveur* aurait mis à la dispositioa de l'Eglise pour pouvoir, aussitôt que les conditions mises à son obéissance auraient été violées par le &it de quelqi]|e tyrannie bien absolue dans ses volontés, et disposant d'une puissance illimitée^ jeter bas le jouç d'une sQun^ission abusive et se soustraire à son esclavage. — En vérité, nous ne croyons pas qu'il puisse e^^ister, comme conséquences d'un faux principe, une série d'extravagances aussi longues, aussi complètes et aussi palpables que celles que nous avons déduites et que nous pourrions déduire encore du système ndmis et prôné par le synode de Russie.
Le résumé par lequel il nous parait essentiel de clore ce chapitre nous fournira quelques réflexions prppres à terminer notre controverse sur le schisme.
C'est une lamentable vérité qu'il existe dama l'EffHfê un achùme qui déjà compte huit siècles d'existence. Mais un schisme, qu^est-ce autre chose qu'une sépa^ ratiea injuste et violente de la patiie d'qvec gan tant, une révcJte permanente de la province contre l'Etat, révolte illégitime, éternellement nulle en droit, et qui ne peut jamais en acquérir aucun? Or, dans cette se* paration, qudile est la partie ? quel est le tout? qui est la province et qui est l'Etat? Question d'une immen^s importance, que nous sommes obligé de débattre» quoique, aux yeux de la saine raison, elle ne dût pas même en être une.
En droite là q% §st le gouvernement légitime j là e^t l'Elikt' Ce principe, écjui valent à celui qui prononce quQ là QÙ est le propriétaire^ là est le droit de propriété^ n'çst nullement inBrmépardes faits passagers qui sesontmis en opposition avec lui; car ce qui est de justice étey^ nelle ne peut jainais être altéré par les faits. Ce. pri^cipe est bien plus vrai, bien plus incontestuble encorç en matière spirituelle, parce que l'autorité, être intellectuel, ne peut pas être transférée comme 1^ propriété matérielle. Dans l'Eglise cela devient plu9 impossible encore, attendu que l'empire 9pirituel ne feut être exercé que far Diet^ ^et»/, et, par les hommes, seulement en verfu de la délégation divine ; de çorte que toute jiiridictipn spirituelle exercée hors de cette condition est, ip$o facto^ abqsive et nulle en elle-même. Mais, si l'on fait abstrç^clion du droite il ne restera, pour découvrir qui çst l'empire et qù est la province, où est le tout et où est la fraction, que dç rechercher de quel côté se trouve le caractère de / vniversalité; le résultat de cet exameii décidera surabondamment la question.
Et, d'abord, l'Eglise de Byzance oserait-elle bien yédamer l'état de pos&esmn primitive du gouvernement de l'Eglise, elle qui, née dans le iv^ siècle, n'a vu élever son siège à la dignité pçitriarcale que dans le siècle suivant? Où prendrait-elle quelque titre contradictoire à ceux de l'Eglise romaii^e, lorsque l'histoire montre celle-ci éclatante de la gïoi^re du siège apostolique trois siècles avant que la volonté de G3nstantin eût transformé la trçs-obscure Byzance en seconde capitale de l'empire? A défaut de ce droit primitif, qu'elle cite au moins^ en faveur d'une si absurde
384 DE tk SITUATION KELIGIEUSE
prétention, quelque document, quelque témoignage 'émané des traditions de l'antiquité ou des écrits de ses Pères!
Nous avons vu comment, mille ans après l'établissement du siège apostolique à Rome, et lorsqu'elle romjpait avec lui, loin de nier le feit de sa suprématie sur toute FElglise et sur elle-même, elle l'accusait, le condamijait d'hérésie; elle déclarait, à raison de cette prévarication, le pontife romain déchu du gouvernement yniversel, et comment le propriétaire de cette autorité, aîlisi écarté, exclu de l'Eglise, son patriarche s'érigea lui- ^;^r~iïîèi8te en chef unique et nécessaire de l'Eglise, désormais ^ tèduite à l'Orient. Façon d'usurpation qui ne manquait
- v\pas plus de modèle que d'applications futures; c'est / . ^ ^omme si le fils cadet d'une famille, sous prétexte de ^' ^ iîrimes imputés par lui à son père, l'expulsait de la ^' • inaison avec ses enfants respectueux et fidèles, afin d'en yester en possession et d'exercer à son aise la puissance ( paternelle sur ce qui resterait de la famille. Encore >V iriaxique-t-il beaucoup à îa justesse de notre comparaisoai "Caj^-Cfrn^esJ/^'ca p«rofe« «i'tfi^i»éf«i/ que le patriarciïe rebelle^^ut t:onsoiiïïïièr'sa révolte. La chaire de/ Pierre n'en resta pas moins ce qu'elle était : le centre d'unité et d'autorité pour le très-grand nombre des Eglises. Elle le resta et le restera toujours, et sans autre terme que la consommation des siècles, malgré des apparences que schismatiques et protestants saluaient avec une joie frénétique, comme devant amener la chute définitive de la monarchie spirituelle de Rome'.
) Lorsque, après le martyre du vénérable Pie YI et l'élévation
Que si la questioa porte donc sur l'erâleiioe du
gouveraeiiient central et suprême de rËglise, nous.
demanderons si, soit à Conslantinople, soit dans quel-r
qu'un des autres misérables débris de rEçHse d«Orient
( nous parlerons avec moiitô d'irrévérence de l'Eglise
de Russie, dont le puissant chef la défend de son
épée) j nous demanderons, dans quelle cité de TOrient
nous découvrirons, au moins de nos jours, la moindre
trace d'un gouvernement des Églises F Rome, Kom'e
seule offre le magnifique spectacle d'un souverain
pontife, dégagé de tontes les entraves d'une puissance
politique étrangère à la sienne, environne du synoélF'
de ses vénérables électeurs, d'archevêques, d'évéqnes,
de prélats et de docteurs de tous les ordres, tous occupes
de régler les affaires générales de l'Rghse, de définir
la foi^ de gouverner les consdenoes, de pourvoir nwL
besoias de toutes les Eglises, en confirmant kurs pra*
miers pasteurs, ainsi qu'à la propagation incessante de
la lumière évangélique, en envoyant jusqa'auit extré-*
mités de la terre des héraut^ de la parole divine.
sur le pavois consulaire -de Buonaparte, celui- ci jugea convenable à ses intérêts de négocier le concordat qui rétablissait TEgUse de fVance dans son antique dépendance de l'Eglise romaine, le métropolite Platon, dont nbus avons cité la dédaration lpdiat^re au pur^^aloirei dirait en lous lieux que, jusque-là, il avait regardé Buonapalrte comme un grand homiMle ; mais qu'il révoquait sou jugement depuis qu'il le voyait manquant l'occasion d'Oman-' dp» l'Église |;aUicane de la domination romaine^ Il ne nous est pas revenu que le premier consul se soit paontré fort ^mu du jugement prononcé contre sa gloire par l'illustre méu-opotite de Sfoscoui si tant est qùe^Vql&royant arrêt soit arrivé jusqu'à
lui.
>M DB &A KTUATION BBLIftllOSE
. INout MYons iMen qu'on va nom opposer de préteodus déré^ftemeny dans les ministres de cette vaste adminifitration ; mais nous nous croyons très« légitimement dispenisés d'aborder TeiiLAmen d accusations qui ne flétrissent que leurs auteurs ; car la question qui nous occm^pe, et qui seule a trait au caractère Tisible 4u scbi^me^ est de savoir ,s'ai exirie sur U terre ungoun^nemeul (entrai de l'EgHse^ ei oà ce ^wnernement a ion iiéjfe, et non de savoir si ceux qui rexerceiit répandent^ par leur vertus ^ à la sublime élévation dé leur miliis-c tère. Quand TEglise grecque pourra nous offrir une ombre, un fantôme seulementtdie gouvememetit ceu* Irai ' y à opposer à celui de Ronie f nous pourrons chercher à connaître lequel des dc^ux e&i le vér itable, le légitime gotfyernemeat de l'Ëglise universelle j jusque-là, noiw nous bornerons à hiaintenir, conformé* ment à la aaine raison, que celui^l^i setit est légi<Nme, par .cela seol t/n'étant mifue, il p'é ni ne peut aiôir de eompétitenr. ,
Mais si, abandonnant la quetition gouvernementale, l'Eglise d'Orient essayait de la transformer en question statistique, en recherchant laquelle de;» deux Eglises cpippte un troupi^u plus nombreus^^ phis
^ Koua ainoiudéji fiiitmentkni de la dCAifttréM^oti d'ebéie^ànce faite, dat)9 ces deriiiei» temps, par les CIvacs dii Pélefti^pèst! âtt 8ji|ége p^tristrcal d^ Goostantinople^ Ce qui, dan» TJ^lift^ eatho-- ILqme^ aurait occaiiomié les néckmations dn'sai&tHsiég^e et de grand* .troubtesdêiooBflciei»ce parmi une popnlMion càiiioliqiiey sldftt ]»QCQiiifdi m firàce san» séeeuose el même sfita bttàt i tant eit £y&» ieHènqutaÉtâche au dbef jA^fêilda db l'Bglise dtMiait l«$t]^SgUf e| im plus voisiBes, ceUés même dd^t les éréqaes ^taîeiit ses suffragants. /,'.'
W.L'BMPIBB DB> BBS911. . MT
étendu eu i^vtitm*^ se positicm noureUe serait eboK^
plu9 mal assurée. Nous ae fiedsous pas au synode èë
Russie l'injure de h croire aussi mal iostmit.en géo«<
graphie qu'il paraît l'être en histoire eeclésiastiqueéi
en science des canons, et c'est en tonte confiance qu^
nous lui proposons de jeter, aveô nan^ unseul^ uq
fugitif coup d'œil sur la. mappeqionde. IStm» Vçiven»
bien entendu^ dans son manifeste, parler dâ trois pan^
Hes du monde, comme apparteaaqtes au peuple qui
compose son Eglise; mais, d'une part, noÙ9 sauras qoo
se» provinces d'Europe oiKt^ en partie, le malfafeniT de
ne pas appartenir à son orthodoxieyparoe qu'pUi;s«ii|^
des populations catholiques ou pro!t^itapftes';tqi^êIa
plut ra^e étendue db son; Asie a des* htbitfiiits intusul^
noaas ou méqneidolâtr^5 icci qui, peot^tM^ àes-reiff}
encore nooins voisines dé* TorthoâMié, et^qie; cem
qui habitent les: sr(&eiisei^c6 tes ^mèticf^Mpée: Voeitsk
Glacdal ne forment que dd misérable» i^onyptiiirsxlè
marchands de fourrures, bien itieapables^ de< ]^eitplei<
jamais ces tristes comités ^ eDqni ooftipDeM pour hiêii
peu dar^s les matriouks de Totthodoxie russe;' Que «i
nous jetons nos regards sur- l'Orient;' pitoprenfiêttit dît^
e'est-i^ire âur leb VéritablèsT-patriarùâts orïentanx^
nous n'y voyonps que' quelques popnlatiioA^ de villes^
renf^trinèês^ dlitM- <lés murailles démrarft<âlée6y et adië-j
tantv au prix d^avanies et d -exactions de tout getiréj
la pôrmiséion^dé vivre et d^exercer un culte qtièm^
pritse o^ déteslïe la population indîgèbei' Celte mob
heureuse population de rayahs, si l'on en croit les
cptlçMls.statistique? ^^s voyagwrp, ne va pjE|s,4,idix
miîlwwB 4'âm.e» , d^.wrte que,, w y réuiiissinit , jï»
population orthodoxe de la fiAissie, pour naipit'té dess
388 DE LA SlTUATIMf mBLIQflVSB
population totale (défalquant, comme bien s'entend, les communions dissidentes chrétiennes, les juift, les masulmans, les idolâtres et surtout la masse de Roskolnikiy répandus sur toute la surface de Tempire, et dont le gouvernement lui*méme ne connait pas trè^-exactement le nombre) ; Ton trouvera peutêtre quarante à cinquante millions de chrétiens adhérents au schisme grec, et le nombre d'àmes arrachées au bercail du vrai pasteur fera profondément gémir tout cœur chrétien ^ .
Mais détournons notre regard attristé de ces maigres paquis où s'égarent tant de malheureuses brebis, mal guidées par des bergers mercenaires qui , au moyen d'un sacrilège tribut, achètent le droit de régenter une église, et poi*ton&-le . sur les verts pâturages qui nourrissent le vrai troupeau de Jésus-dhrist, sous la conduite de leurs Intimes pasteurs, hbres de tonte autre dépendance que celle du successeur du chef des pasteurs. En partant du midi de TElurope, vous voyez rjtalie, le Portugal, l'empire d'Autriche, la Bavière, la France, la Belgique, Tlrlande, et ce qUi restie du royaume de Pologne, soumis au saint*siége; vous voyez encore un tiers de la population prussienne, un dixième de la population russe, la. moitié dala population suisse, du royaume de Wurtemberg, et jusqu'en Hollande, en Suède même et en Danemark, a|nsi qu'en Saxe, en Angleterre et en Ecosse, des milliers de chrétiens qui obéissent à la voix du suprême pasteur.
' Encore faudrait-il défalquer du nombre des Grecs schisma- ^qoes le grand nombre d'hérétiques nestoriens, monothélites et ttes, qui peuplent d'assm vastes contrées de PAsie chrétieniie.
DB L^BMPlSfi DB KUSSIE* 3M
Près de œnt trente iniliions composent, en Europe seulement, son immense troupeau. Et si nous franchissons les déserts de l'Océan, nous verrons la grande moitié du continent américain, le Brésil, le Paraguay, toutes les républiques aujourd'hui démembrées de la mcmar*chie de Charles-Quint, soumis à Rmne ; la population indigène du Canada et des portions du territoire des États-Unis, mêlés de populations catholiques assez con* sidérables pour que l'on ait jugé nécessaire d'y instituer bon nombre d'évéchés; Cuba, Saint*-Domingae, les Antilles françaises, et bien d'autres points encore du sol américain où fleurit le véritable arbre évangélÎH que. A l'est de l'univers^ des églises nouvdlemeot arrosées du sang de leurs pontifes et de leurs prêti^; dans la Chine, au Tonking, aux royaumes de Sîam et de Pégou ; dans les Indes et jusque dans cette vaste Océanie, que TEurope commence à peine à connaîure ; partout, au Sénégal, en Algérie, et sur vingt pornts des côtes de l'Afrique ; partout flotte le légitime éten-* dard de la foi que les successeurs du pécheur de Galilée y ont fait planter, afin qu'en tous les heux qu'éclaire le soleil la pure hostie sait offerte au Seigneur, parce que son nom doit, être grand parmi les nations * !
En regard d'une pareille étendue de juridiction pastorale, qu'elle est {)etite, qu'eUe est stérile cette Eglise orthodoxe orientale que la Russie représente aux confins de l'Europe ! £t que serai^ce si ces Eglises^
1 Ne faut-il pas qye le charme et la puissance du latinisme soient bien grands pour qu'il fasse toujours et partout de si vastes conquêtes ? Ni V hellénisme oriental, ni Yeslaçonisme russe n'en tenteront même de pareilles. Pourquoi ? Le synode de Russie voudra &ans doute, s-il le peut, répondre 4 cette simpk qu^tion.
QM) DB LA fiRUATK» BBUGIMISB
qtii sont forcées de se voir elles-mêmes mêlées à des catholiques, à des nestoriens, à des cophtes, à des monotfaéliteS) à des chrétiens dits de Saint-Thomas, tristes débris des aiiciennes hérésies produites par Vorthoihsce Orieht, et pressées par eux, n'opposaient pas tout ce qu'elles ont encore de force au légitime prosélytisme de l'Ëglise catholique ! Gouvernements hétérodoxes, sectaires protestants de toute dénomination, laisser è la Téritable Église la liberté de renseignement évapg^îque' i Luttez avec die, si vous le pouvez, de zkAef de vertus, d'esprit de sacrifice dans la prédication apostolique, et vous verrez bientôt de quel côté retrouvera la mission divine et l'efficacité de sa parole!
Soit donc que l'on considère lés deux Églises sous leur rapport gourernetoental ou sous celui de retendue de leur juridiction spirituelle, la cause est jugée : çdle^à' est une Église particulière qui prétend rester -étrangônei au gouvernement central de l'Église, et dont l'existence est circonscrite dans quelques provinces d'Europe et d'Asie ; celle-là est l'Église catholique, dont le gouvernement s'étend aux cinq parties du mohde, et qui y exerce une juridiction universelle. L'état de schisme appartient' donc à la première, Fordtodoxie est le priviléigeeïcluiifde la seconde. . Mais fe sehtêtneedpdr tui-même êouverûinementcrimmei, H, à, l'égard de fÉgHse d'Orient, qui ta étahH, cùmtM à l'égard de l'Eglise de Russie, qui le maintient, il l'est d'au- 'tant plus, qu'il n'a point de cause religieuse, et que «on véritable motif est purement d'ambition politiquef^ JNous ^ ç^pypps. ayoir solidement étaUi la dernière pArtie de notre pirppMitilpi^ imut pajr i'wpojsitioa Ustwiifua de
M L'BMPIU! bb avssiB. SOI
rorigioe du scldsiUQ à Gonstântinople;, que par Payea fi>rinel qw résulte cbs actes du synode de Samt^Péter§* bourg,^ relatifs à la réintégration des GreçsrunisdawBa communion. Quant à la partie premièk^e, bien que nous VayoM appiiyçe sur le» p^role^ da Jé^u^i-Cbrist. Uûmême, lorsqu'il deinjande à «on Pèi» une inviolable unité pour se$ disciplçs^ et qu'il ^rige ettk maté en preutkf d^ 9^ mifi$içn Mi^incj, nous y joindrons encore quelques autres preuves, égi^dexineut tirées des paroles du Sau^ veur, .
f^.^Uis la vig*e, dit la sagesse divine inêamée, mon
Père ^t k vigneron^ v^n$ éi€9 learanHaws. Si quelqu'un ne
ikmm^^ ^ moi, if $ifa jeté dehar» comme le sarment, il $4^
cher0, U êera mi^ m fmsseauœ, jêti uu feu, et il br^lâ. Ne
pas rester'dans le Sauveur^ qu'est<^ autre chose que de
renoncer à la soumission due à celui qui le représente
et le rempteoe sur terre ? C'est bien se séparer de là
^igue, qui est lui^mème^ mais qui est aussi ^ à raison
d$ /a 9ubHiMion. des penonnea et de l'identité du pou^
voir^ celui qu'il a mis à la tête de son Église ? Le s6rt
que la justice divine réserve à ceux qui s'arraehent
ainsi du cep vivifiant , c'est d^étre fetés^oonmï^ un vil
«irmeBty bors du vignoble de Jésus^hrist, de sécher et
d^é^re déparés par Us flammes. Et pourquoi , en prônon-
çanÉ un si terrible arrêt, le juge suprême change-t-ii
U>ul à coup dé locution, en passant du futur au pré--
sent : Il brulk^ Ah ! c'est qu'il voulait indiquer, sans
doute, que le supplice des auteurs et des adhérents du
aehisoie i^scmimeiice dans le f résent. Dès à présent, une
E^^ise sohimnatiqne porte en elle le terrible stigmate
de la réprobation divine ; déjà actuellement livrée
^ borrettrp des ténèbres «térieiires, elle bréte, elle
391 DE LA SITUATION EELlGlfi0SE
éprouve, quoique sans le ressentir, le supplice des flammes vengeresses , parce que, jetée dehors, elle n'appartient plus au royaume, elle est entrée au domaine de Satan !
Faut-il s'étonner de la vengeance anticipée qui est ainsi prononcée sur le schisme, lorsque, appréciant sa nature, l'on y trouve, outre le crime d'annuler^ autant qu^il est en lui, la miision de Jésus-Christ y base de sa révélation, en lui enlevant ce que le Sauveur lui-même, parlant à Dieu son Père, déclare être le signe auquel le monde doit reconnaître qu'il a étéenvoyé par lui; lorsque^ disonsnous, outre ce crime, l'on y trouve encore la plus sensible injure qui ait pu être feite au coBur du Sauveur. Il n'est pas un seul peuple assez inculte, assez bai^bare pour ne pas porter un inviolable respect aux derniers vœux, aux dernières dispositions, aux dernières volontés d^un mourant, surtout si ce mourant va se dévouer à des tourments cruels pour le salut de tous. Que l'on se transporte, par la pensée, dans ce* céuacle où se passent les derniers instants que le Rédempteur donne tout entiers à son amour, avant de se sépara des fidèles compagnons de sa vie publique. Par l'institution du mystère eucharistique, il venait de ter-^ miner son œuvre terrestre, et il ne lui restait plus qu'à Nconsommer son terrible sacrifice avant de retoarner à son Père. Déjà placé sur le seuil de l'éternité, ilreconimande à ses dii»ciples et à ceux qui les suivront dans la foi, sous la forme d'un précepte nouveau, de s'aimer les un^ Us autres; il leur recomma&de l'ooité, sans laquelle il n'est que discordes et point d'amour. Mettant, pour ainsi dire, à profit les derniers instants pendant lesquels sa vqîx est encore l'objet des inefEib-
BB t'£MPIRB DE R06SIB. SdS
l^les complaisances de l'oreille divine, il conjure son Père de maintenir parmi eux cette fTatcrnelle unité, qui doit être ici*bas l'image de la sublime unité divine, et à laquelle le monde doit reconnaître sa glorieuse mission. Hélas t tandis qu'il adressait à son Père cette tou<^nte prière, déjà son cœur adorable ressentait les atteintes de celte frayeur incompréhensible qui allait feire couler goutte à goutte son sang, notre UBÎque espérance, sur la terre tremblante de Gethséœané ! Alors le Juge inexorable serait sourd à la prière de celui qui s'offrirait à sa justice, couvert de toute l'horreur des crimes de l'univers ! Et c'est le vœu, la demande plusieurs fois réitérée dans cette heure des plus douloureux adieux; c'est ce vœu que foulent aux pieds les téméraires auteurs de la destruction de l'umté i Âh ! ne soyons plus surpris de tout ce que ce barbare m^ris provoque d'anathèmes!
Encore si, semblable aux hérésiarques de tous les
temps, l'Eglise russe pouvait essayer de justiBar, par
des dissidences réelles en matière de ibi, le schisme
auqnd elle s'abandonne ! Ceux«là pourraient au moins
dU^guer qudk]ue cause prise dans Tordre de là foi.
Leur erreur serait toujours très^oupable, puisqu'elle
serait le fruit d'un orgueil qui ks rend sourds aux
m^oacesy et, eafin^ aux anathèn^es de l'Eglise. Mais
encore aerait-ce une erreur, cruel effet de tei orgueil
natal que l'homme, séduit par le prince de la superbe,
apporte sur la terre. Cette excuse même manque à
l'Eglise de Russie, puisqu'elle ouvre son ^eiii à d'an-
ciefis dissidents, à k seule condition d'entrer dans son
obéissance, ce qui n'a d'autre signification que de se
déclarer satisfaite d'un simple refus |d'cJ;>éis8ancç au
9M i>£ hA auruATioir «Btt«iBvsE
cUef apostolique de TEg^^e uniteriK^ll^, et» le toat^ pQur se Uvrçi: aux chaînes du pouvoir politique que lui offre le syuode.
£Ji quoil le long supplice infligé par la justice divine à. cette Eglise byzantine que vous appeleE votre nxèr^; cç rigoureux ^^bâtiment qu'elle porte depuis quatri$ siècles n'a rien qui vous édaire l En vain le propriété vou^ crie s Peceatum peecavii. . . ffopterea inêta^ bilis fapta «»^ Depuis quatre siècles ses mains eaohat-* pée^ ^'élèvent vers un ciel courroucé et sourd à ses pleurs# l!He y^reï'-vous donc jamais pe schisme té&é^ breux qui sUnterposd entre le Seigneur et elle de peur q\i€i sa p{ièr0 ne parvienne jusqu'à Im ^i C'est que^ loii^ de craindre ^ne di^stinéa semblable à la sienne, v^u^ vous appuyez sur votre suprême jpointife, qui lui* l^ème s'appuie siir ses nombreuses légions. Mais qu'est toutQ puissance terrestre comparée à une seule pensée dv Tottt-^Puissantî Beaucoup d'entre vous ont vu une iûen plqs formidable puissance tomber, moins sous r^fi^OI't de yoa armes que sous le souf&e des aquilons que. le divin <!Ourraux avait dèchainés contre elle.C'est qne çett^ puissance atissi s'était attaquée au suprême p^siieur} elle avait attenté à sa légitime autorité, à sa vénérable p^jr^Q^ne» au patriizi<?dne de son Eglise. Les empires 4'^îllei;i^s» qoelque puissants qu'ils paraiiBant Au^ yeuf^ de$ bonmlea, portent tous* en eux^'mémes les geFOM» di^ leur caducité. J^ ndain .du Seigiieu]? ai<rète pu pi^fiipitei le développement de ces germes d'^iœ ii^^ab^litié commune à tout ce qui. est de la terr»; mais lorsque l'beure de Icn vengeance a conpé, tout un em<-
« Opposuistînubemtibî;nétrànseatoratiol Threii»,iii. Sam.,2.
pire s'écroule sur lui-même sans que Ton puisse même apprécier la cause qui Ta fait tomber. L'œil édatré de la foi lui seul voit cette cause ; il l'apprend de la bouche du Prophète^ qui lui dit : Le péché de la fille de mon peuple est devefiv\phi$ '§rand :quf /| fJ€h4 ifi Sodome^ qui fut renversée en un instant sans qu aucun ennemi ait fait ta main sur ses dépouilles ^ .
Jusqu'ici nous avons montré ce qu'a entrepris le schisme gréco-russe sur une fraction de l'Eglisç çathplique attachée au rit grec : . npq? allons maintenant mettre sous les yeux de l'Europe des documents qui feront connaître la persécution Julienne que le gouvernement importai fait peser sur TEglise catholique du rit romain, et cet exposé terminera le <àb1eau de h situation religieuse de l'empire que nous avons entre-
* Et major ettBObÊLÊaitmtpûÊBê popnli mfifMealii Sodpqnffipni, Tl^r^l^f ly. Van.
396 DE jUA OTTCATION RELIGIEU6K