‹ Persecution et souffrances de l'Église catholique en Russie; ouvrage appuyé de documents inéditsChapitre 12 sur 35 · Acte synodal du clergé grec-uni dans sa réunion à Polotsk · texte numérisé non relu

Acte synodal du clergé grec-uni dans sa réunion à Polotsk

a Au nom du Père , et du Fils et du Saint-Esprit.

» Nous, par la grâce de Dieu, évoques et très-vénérable concile de TÉglise grecque-unie de Russie , après plusieurs délibérations , avons reconnu et pris en considération ce qui suit :

» Depuis son origine, notre Eglise était unie avec TEglise sainte, apostolique orthoxo-catholique*, qui, instituée en Orient par Notre-Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ luimême , a répandu sur le monde sa lumière venue deVOrient, et qui ayant jusqu'ici conservé dans toute leur intégrité et leur invariabilité les dogmes divins de la doctrine du Christ, n'y a jamais rien admis provenant de Tesprit de la vaine sagesse des hommes. C'est dans cette longue et bienheureuse union universelle que notre Eglise formait une partie indivisible de TEglise gréco-russe, de même que nos aïeux, tant par leur langue que par leur origine, formaient une partie indivisible^ du

'Ces deroières paroles, bien entendaes, dévoilent la crainte où l'on ^tait qac la réunion ne fût pas aussi bien accueillie par les populations qu'on aurait voulu le faire croire. C'est qu'en effet elles n'avaient pas ^té consultées , mais livrées en bloc parleurs pasteurs. C'est pour cela qu'on leur parle avec une douceur si affectée de leurs souvenirs en fait ^'origine de langue et de religion.

* Voy, note additionnelle 17.

^EUe est dite universelle ^ et cependant elle n'existe, de leur propre *^eu, qu'en Orient; indivisible, et cependant elle en a été séparée pen-

7â DE LA SITUATION RELIGIEUSE

peuple russe. Mais la douloureuse séparation des provinces habitées par nous , de notre mère la Russie, arracha aussi nos ancêtres à la véritable union catholique^ et la force de la conquête étrangère les soumit à TEglise romaine» sous la dénomination d*uniates. Et quoique, en vertu d*actes formels, eUe nous eût garanti la liturgie orientale dans notre langue héréditaire russe, ainsi que les cérémonies et jusqu'aux institutions de TEglise d'Orient; et quoiqu'il eût même été défendu dépasser à la confession romaine (preuve évidente de la pureté et de la droiture des antiques institutions de FOrient'), l'astucieuse politique de la ci-devant république de Pologne, et, d'accord avec elle , l'impulsion donnée par le clergé latin de nos localités , ne pouvant souffrir ni Vesprit de la nationaliU russcy ni les rits antiques de Vorthodoxe Orient^ mirent en œnvre toutes leurs forces pour effacer , s'il eût été possible, jusqu*aux derniers vestiges de l'ancienne origine de notre peuple et de notre Eglise. Par suite de cette violence destructive, nos ancêtres, après avoir accepté l'union , éprouvèrent le sort le plus déplorable. La noblesse, opprimée et lésée dans ses droits, passa à la confession romaine', tandis que les bourgeois et les paysans, ne voulant pas renoncer aux coutumes de leurs ancêtres ^ souffraient la plus dure persécution. Mais bientôt ces coutumes , nos rits et cérémonies sacrées , et jusqu'à notre liturgie , commencèrent à subir des changements essentiels; i^ leur place, l'on en introduisit de latines, entièrement dissemblables et impropres. Le clergé paroissial grec-uni, privé de tous moyens d'instruction , réduit à l'indigence^ à l'avilissement et à une dépendance servile du clergé romain , se voyait en danger d'une suppression totale ou de l'apostasie', si te Très-Haut n'avait mis un terme à ces efforts séculaires en re-

dant des siècles. Ici-bas tout est agglomératioD , et par conséquent di^i'

sibih'lé. L'indivisibilité [n'appartient qu'à ce quiesldiYin.

' Preuve beaucoup plus évidente de la charitable tolérance de l'Égl'^*

romaine , et de son respect pour la sainte antiquité , pourvu que ses i^'

stitutions n'aient pas été altérées par Thérésie.

* On venait de dire que ce passage d'un rit à l'autre avait été défeo^ ' 3 Unis à l'Église romaine, ils n'étaient donc pas apostats, d'où il rés^

que Ton peut être orthodoxe et catholique romain.

DE l'empire de EU8SIE. 73

plaçant sous le sceptre de la Rassie les provinces que nous habitons , ancien domaine héréditaire des Rushs. Se prévalant d'un événement aussi heureux , une grande partie des uniates se réunit dès lors avec FEglise orthodoxo-catholique orientale, et forme actuellement, comme. elle Tétait anciennement, une partie indivisible de TËglise de toutes les Russies; le reste trouva , autant qa'il était possible , sous le bienfaisant gouvernement russe , protection contre la puissance oppressive du clergé romain. C'est à la magnanimité patriotique de notre très-pieux seigneur, l'empereur Nicolas Paulovitch , aujourd'hui glorieusement régnant , que nous devons l'entière indépendance actuelle de notre Eglise ; des moyens abondants pour l'éducation convenable de notre jeunesse cléricale, la réparation et le magnifique embellissement de nos temples sacrés, où se célèbre la liturgie dans la langue de nos aïeux , ainsi que les saintes cérémonies rendues à lear antique pureté. Maintenant se rétablissent graduellement toutes les institutions de notre chère Eglise orientale , de notre chère Eglise russe. Il ne reste plus à désirer que ce que cet ordre antique et chéri de Dieu soit consolidé, pour les temps à venir, en faveur de tout l'établissement nniate en Russie, afin que , au moyen de l'entier rétablissement de son ancienne union avec l'Eglise russe, cette partie de son ancienne famille puisse, aux bras de sa véritable mère, récupérer cette paix et cet avancement spirituels dont elle a été priyée pendant tout le temps qu'elle lui est restée étrangère. Par la grâce du Seigneur , nous aussi , qui avons été éloignés de notre ancienne mère, l'Eglise orlhodoxo-catholîque orientale, et de l'Eglise russe en particulier, l'avons été bien moins d'esprit que par l'effet de notre dépendance de l'étranger et d'événements déplorables ; mais aujourd'hui , par la grâce de Dieu infiniment bon , nous nous sommes de nouveau et tellement rapprochés d'elle, qu'il devient indispensable, non de rétablir, mais de Uianifester notre réunion avec elle.

ce A ces causes, après nous être répandus en prières ardentes, et après avoir invoqué du fond de nos cœurs la grâce de Notre-Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ (qui seul est le véritable chef de son unique et véritable Eglise), et du Saint-

74 DE LA SITUATIOH RBL1GIKU8B

Esprit consommateur de toutes choses» nous Vivons fermement et invariablement résolu et déterminé :

» 1^ De reconnaître de nou?ein Tunité de notre Eglise avec TEglise orthodoxo-catholiqoe orientale , et » en conséquence, de demeurer, à dater de ce jour, avec les ouailles qui nous sont conGées , en unanimité avec les très-saints patriarches orthodoxes d'Orient , et dans Tobédience du très-saint synode dirigeant de toutes les Russies.

» i® De supplier, dans la soumission la plus profonde, le très-pieux seigneur empereur , de recevoir et de placer notre intention présente sous sa très-auguste protection , et de vouloir bien coopérera la paix et au salut des&mes, an moyenib son très-haut assentiment et de sa souveraine voloniê*, de sorte que , sous son sceptre bienfaisant , et d'accord avec tout le peuple russe , nous confessions , d'une voix unanime et d'un cœur unique, Dieu un en trois personnes, suivant l'antique définition apostolique, conformément aux canons des saints conciles œcuméniques , et à la tradition des grands pontifes et docteurs de TÉglise orlhodoxo-cathoUque.

» En foi de quoi, nous tous, évéques et clergé supérieur, confirmons cet acte synodal de nos signatures autographes, et pour plus certaine assurance de l'assentiment commun do reste du clergé grec-uni , nous joignons ici les déclarations signées de la propre main de prêtres et de moines, au nombre de mille trois cent cinq personnes ^

» Fait en la cité de Polotsk , que Dieu garde , l'an de la création du monde sept mil trois cent quarante-sept, et de l'incarnation du Dieu Verbe, Tan mil huit cent trente-neuf, le douzième jour de février , le dimanche de l'orthodoxie.»

L'original est signé ainsi :

L'humble Joseph , évéque de Lithuanien

' Ce très-haut assentiment et la souveraine volonté leur avaient été dO' tifiés d'avance par la bouche du procureur impérial , sans les ordres du^ quel le synode de Polotsk n'eût pu s'assembler.

* Bientôt après ce chiffre monta jusqu'à 1607 , de sorte qu'il n'exista pas actuellement en Russie une seule paroisse grecque-unie qui n'ait paf^ ticipé à cet acte de réunion générale. ( Note du manifeste. )

^ Smirennij , épitbète réservée à la signature des métropolites , de^

DB l'empire de RUSSIE. 75

L'humble Basile , évéque d'Orcha , administrateur du diocèse de la Russie Blanche;

L'humble Antoine , évéque de Brest , vicaire du diocèse de Lithuanic ;

L'assesseur au collège ecclésiastique grec-uni , Tarchiprétre cathédral % Jean Komïchefsky;

L'assesseur au collège ecclésiastique grec-uni , Tarcbiprétre cathédral, Léon Paukofsky ;

Le président do consistoire de Lithuanie, l'archiprétre cathédral, Antoine Foubalsky;

Le président du consistoire de la Russie Blanche, recteur du séminaire, l'archiprétre cathédral, Michel Ghélépine ;

Le vice-président du consistoire de Lithuanie, l'archiprétre cathédral , Michel Goloubavicth ;

L'archiprétre cathédral , faisant fonctions de recteur du séminaire, F. Gomolitsky;

Le vice-président du consistoire de la Russie Blanche , l'archiprétre Constantin Ignatovicth ;

L'igoumen décoré de la croix', membre du consistoire de la Russie Blanche, Joseph Yycbinsky;

L'igoumen , membre du consistoire de la Russie Blanche , Joseph Noviisky ;

L'inspecteur du séminaire de la Russie Blanche , l'archiprétre cathédral , Thomas Malichefsky ;

L'inspecteur du séminaire de Lithuanie , le prétre-moine % décoré de la croix , Ignace Jelasofsky ;

archevêques et des évéques, et qui eiprime à la fois rhumîlîté et la péoitence.

' Celle dignité , qui n'est proprement qu'un grade honorifique , correspond à celle des chanoines de l'Église latine, inconnue , au moins sous ce nom , à l'Église grecque.

^ Croix pectorale de bronze , que le gouvernement accorde à des prêtres, quelquefois aussi à des religieux, qui lui sont recommandés. C'est une distinction qui confère la noblesse.

' Biero-monach , prétre-moine. Dans les monastères de Tordre de ^înt'Basile , le seul que Ton connaisse en Orient , il n'y a que peu de prêtres ; ils sont choisis par le chef du monastère, quelquefois par Tévêque.

Le custos de la cathédrale de Sainte-Sophie de Polotsk ^ S. P. Michel Konelsky ;

L'écoDome du séminaire de la Russie Blanche , Tarchiprêlre calhédral , Jean Ghensnovîtch;

L'archiprôtre cathédral , assesseur au consistoire de Lithuanie, Pkcide Yankofsky;

L'assesseur au consistoire de Russie Blanche , Tarchiprétre Jean Glybofsky ;

L'assesseur au consistoire de Lithuanîe , Grégoire Koutsevitch ;

L'assesseur au consistoire de la Russie Blanche , le prêtre Jean Stshensnovitch ;

L'assesseur au consistoire de la Russie Blanche , Thomas Rolovitch ;

Le prêtre-moine , décoré de la croix , faisant fonctions de secrétaire du révérendissime évêque de Lithuanie, Faoast Mikhnevitch ;

Le prêtre-moine faisant fonctions de secrétaire près le révérendissime Antoine, Pierre Mikhalevitch.

Supplique des Èvéques à VEmpereur»

« Très-auguste Monarque, « Très-gracieux Seigneur,

» Depuis la séparation de la Russie , dans des temps de troubles de ses provinces de l'Ouest , et par suite de leur réunion à la Pologne , qui en devint la conséquence, le peuple orthodoxe russe qui y est établi, fut soumis à de rudes épreuves, à raison de la violence continue avec laquelle, tant le gouvernement polonais que la cour de Rome , s'efforçaient de les séparer de l'Eglise orthodoxo-catholique d'Orient pour l'unir à l'Eglise d'Occident. Les personnes d'une condition élevée, opprimées dans tous leurs droits par toutes les mesures prises à leur égard , embrassèrent la confession romaine qui leur était étrangère , et oublièrent de même jusqu'à leur origine et kur nationalité» Les bourgeois et les paysans furent

BE L^BHPin B« RtMR. 77

enlevés à ranîté de l'Eglise orientale , an moyen de Vunion introduite à la fin du seizième siècle. Depuis lors , ce peuple se trouva séparé de sa mère , la Russie ; par leurs continuels artifices, la politique et le fanatisme s'efforçaient de le rendre complètement étranger à son ancienne patrie, et les uniates éprouvèrent , dans Taccepiion la plus rigoureuse , toute la pesanteur du joug étranger.

La Russie ayant recouvré ses anciens domaines, la grande moitié des uniates s'empressa de se réunir à l'Eglise grécorusse 9 celle de ses aïeux ; et ceux qui restaient trouvèrent protection et appui contre le pouvoir abusif du clergé romain. Et sous le règne béni de Votre Majesté Impériale , sous votre bienfaisant regard , très-gracieux seigneur, furent rétablis, dans leur pureté primitive, les rits et les institutions de l'Eglise greco-orientale; sa jeunesseclérîcale reçoitune éducation qui répond au but de son institution; ils peuvent , dès à pré^ sent, être et s'appeler Russes.

Mais l'Eglise grecque-unie , dans sa situation isolée parmi les autres confessions, ne pourrait jamais atteindre une organisation parfaite, ni cette tranquillité indispensable à sa prospérité, et les nombreux habitants des gouvernements de l* Ouest qui y appartiennent , quoique Russes par leur langage et par leur origine, courraient le danger de conserver une position soumise aux vicissitudes des circonstances, et de se trouver, jusqu'à un certain point, étrangers à leurs frères orthodoxes.

Ces motifs, mais principalement le soin du bonheur éternel du troupeau qui nous est confié, nous engagent, fermement convaincus que nous sommes de la vérité des dogmes de l'Eglise sainte, apostolique, orthodoxo-catholique d'Orient, à nous prosterner aux pieds de Votre Majesté Impériale, et de vous prier, dans la soumission la plus profonde, souverain monarque, d'assurer les destinées futures des uniates, en leur permettant de se réunir à l'Eglise Ae leurs aïeux, l'Eglise orthodoxe de toutes les Russies ; et pour donner l'assurance de notre assentiment général et commun à cette demande , nous ^voDs le bonheur de vous soumettre l'acte synodal délibéré et «•édigé par nous, évêques, et par le clergé supérieur de l'Eglise

grecque-unie , en y joignant les déclarations aat(^raphes de treize cent cinq personnes du clergé grec-uni*.

Signé à l'original :

Joseph , évoque de Lithuanie ;

Basile, évéque d'Orcha, administrateur du diocèse de h Russie Blanche.

Antoine, évoque de Brest, suffragant du diocèse de lithuanie.

Polotsk, le 12 février 18o9.

Ouk€ue au très-saint Synode.

Les évoques de TÉglise grecque-unie de notre empire nous ont présenté, par Torgane du comte Pratassoff , chargé de connaître des affaires ecclésiastiques de cette confession et procureur suprême du très-saint synode, leur supplique aux fins qu'il leur soit permis, en communauté avec les ouailksquikwr sont confiées , de se réunir à l'Église de leurs pères, TÉglise orthodoxe, à laquelle leurs aïeux ont été enlevés, dans les temps de triste mémoire, des conquêtes polonaises dans les provinces russes de Touest. En même temps ils nous ont soumis l'acte synodal décrété par eux et par le reste du clergé supérieur dans la ville de Polotsk, le i2 février, et par lequel ils manifestent leur ferme intention de reconnaître Tunité de leur Église avec l'Église orthodoxo-catholique orientale, etde se placer sous l'obédience du très-saint synode de toutes l6S Russies; et pour preuve de l'assentiment de tout le reste de leur clergé, ils joignent à cet acte les déclarations autographes de mille trois cent cinq prêtres et moines.

Rendant du fond de l'âme des actions de grâces à Dieu tout'

' Cette lettre, datée du même jour que Pacte synodal et les treix^ cent cinq déclarations autographes que Ton y a jointes , prouvent jusqu'^ la dernière évidence que tout avait été préparé et rédigé d'avance à Saint-Pétersbourg ; que Tadhésion des treize cent cinq avait été signée et donnée bien avant la tenue du synode, et que celui-ci n'a été, comme tout le reste , qu'une indigne jonglerie sous forme religieuse.

DE l'eHPIRE BE EU8SIE. 79

puissant, quia disposé lescœnrs' d'une si nombreuse partie du clergé russe à retourner en communauté anee ses ouaUles, au sein de leur véritable mère, l'Eglise orthodoxe, nous avons ordonné au procureur suprême du très-saint synode de porter ledit acte, ainsi que les déclarations au très-saint synode, pour les soumettre à son examen , afin d'arrêter les mesures à prendre sur ce sujet, en conformité avec les canons de l'Église. L'original est signéde la propre mainde Sa Majesté Impériale.

Nicolas.

Saint-Pétersbourg, le 1«' mars 1859.

Décret du Si^node de Ruesie.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, l'an du Seigneur i839, le sixième jour de mars, en vertu de la souveraine volonté du très-pieux seigneur, l'empereur Nicolas Paulovitch, autocrate de toutes les Russies,le très-saint synode dirigeant de toutes les Russies étant assemblé, il y a été porté, Bt lecture a été faite et entendue d'un acte synodal décrété le 12 février dernier par les évéques et par le reste du clergé de ^'Église, jusqu'ici appelée grecque-unie en Russie, par lequel, manifestantleur union ancienne et primitive avecl'Égiise sainte apostolique orthodoxe-catholique en général, et en particulier avec l'Église russe; puis, déclarant Tinvolontaire séparation de leurs aïeux de cette unité , par suite de leur malheureuse ^paraiion de l'empire de Russie, ils ontsolennellement énoncé leur ferme et invariablerésolution de reconnaître de nouveau l*unité de leur Église avec l'Église orthodoxo-catbolique d'O- ^^ieut, et puis de demeurer, à dater de ce jour , et en communiante avec les ouailles qui leur sont confiées , dans l'unanimité ^vec les très-saints patriarches orthodoxes d'Orient , et sous '^obédience du très-saint synode dirigeant de toutes les Rus-

' Qoe ce langage est affreux, tenu par un souTerain qui conaatt les ^o^ens mis en œuvre pour obtenir la défection des pasteurs et la tradi- ^on du troupeau !

80 DE LA SITUATIOn EELIGIBUSS

sies , et cette intention , ils Font placée sous la très-auguste protection du très-pieux seigneur emperear.

Cet acte est signé de tons les évéques grecs-onis en Russie, et du clergé le plus élevé en dignité après eux. Hais pourcotstater Tassentiment unanime du reste du clergé grec-oni » il s été joint les déclarations autographes de mille trois centciaq prêtres et moines,

Après avoir entendu la lecture de ce document, le premier et général mouvement du très-saint synode a été de glorifier par des actions de grâces Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ qui 9 par les inscrutahles voies de sa bienfaisante surveillance', pourvoyant sans cesse à Taccomplissement de son infaillible promesse : que les portes de Tenfer ne prévaudraient pas coih tre sa véritable Église, rend vains aujourd'hui les innombrables, les continuels et même, en apparence, les victorieui efforts des hommes pour enlever à TËglise orthodoxedeRussie une portion considérable d*un peuple d'une même toi et d'aa même sang, a mis au cœur du très-pieux seigneur, t empereur Nicolas Paulovitch, la résolution de soustraire les chefs du dergi grec-uni à Vinfluence étrangère; et qui, depuis lors, par m invisible opération, a excité les cœurs qui s'étaient éloignés,! retournera la véritable unité orthodoxo-catholique , et ceb avec une libre unanimité telie^ qu'elle doit devenird'unexenple bien remarquable dans les annales de l'Église.

Après cela, se livrant à un examen plus approfondi de l'objet qui lui était soumi$% le très-saint synode a pris en considération ce qui suit :

La séparation de ceux que l'on appelle Grecs-unis , de l'É* glise orthodoxe d'Orient, a été réellement amenée par ^inte^ ruption de leur communion hiérarchique, de manière oepeftdant quHls ont conservé Fancien rit oriental de la liturgie atfM> que les cérémonies sacrées^, qui , pénétrés de l'esprit des iofr

' Affreuses expressions dans la bouche d'une assemblée qui connaH s» bien les menées ténébreuses qui ont tenu lieu des inscrutables voies àt la Providence.

* il n'avait rien à soumettre à son examen. Tout était fait et ridi9^ d'avance dans la chancellerie de son procureur.

^ L'acte synodal des évéques prévaricateurs dit qu'on les avait priv^

DE l'empire DE RUSSIE. 81

nés et des traditions orthodoxes, ODt résisté, par leur paislance intrinsèque , à la destruction totale de Fancienne unité » |uoique, à l'extérieur , elle fût rompue parleur soumission à une domination étrangère.

Quoique par la suite des temps ce rit ait commencé à s'al- ;érer par Teffet de Tinfluence étrangère , et que par là les invenlions humaines y aient acquis une force plus grande, cependant k peine des barrières eurent été mises à la violence étrangère , ]ue les chefs de TÉgiise grecque-unie s'empressèrent de s'occuper de son entier rétablissement dans son antique pureté. C'est ce que le très-saint synode a plus particulièrement remarqué en Tannée i834, lorsque tous les évéques grecs-unis résolurent, à l'unanimité, d'emprunter au très-saint synode les principaux livres liturgiques , en quoi il fut alors satisfait à leur désir.

La solennelle confession, exprimée aujourd'hui dans leur acte synodal : que le Seigneur Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ est seul le véritable chef de runique véritable Eglise, et la promessede demeurer dans l'unanimité avec les très-saints patriarches orthodoxes d'Orient et avec le très-saintsynode, ne laisse plus rien à exiger de VEglise grecque-unie pour l'union véritable et essentielle de la foi, et par ce motif il ne reste rien qui J^isse s'opposer à la réunion hiérarchique.

D'après ces considérations, le très-saint synode, en vertu de la grâce , du don et de la puissance qui lui est conférée du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ et du Saint-Esprit consommateur de toutes choses, a résolu et décrété :

i° D'admettre les évéques, le clergé et leurs ouailles spirituelles de l'Église jusqu'ici appelée grecque-unie , conformément aux règlements ecclésiastiques et auxexemples des saints Pères, à l'entière et parfaite communion de la sainte orthodoxo-cathoUque Église d'Orient, et comme partie intégrante de l'Église de toutes les Russies ;

2® D'accorder en particulier aux évéques et au clergé la béiiédiction du très-saint synode, comme bénédiction d'un con-

^e ces rits, de la liturgie et des cérémonies orientales. Quelle contradiction dans ces impostures!

82 DE LA SITUATION RBLI6IBUSE

cile, en adressant au suprême pontife de notre confession, Jésus-Christ y la prière de la foi et de la charité, afin qu'en œ jour il les confirme dans la profession qu'ils ont exprimée, et que par sa grâce il dirige leur ministère vers la perfection des saints;

5° Quant au gouvernement des ouailles qui leur sont confiées, ils auront à se conformer aux dispositions de la parole de Dieu, des règlements ecclésiastiques et des lois de Fempife, et à remplir les prescriptions du très-saint synode; ils anroat à confirmer les ouailles qui leur sont confiées dans Tananimité de la foi orthodoxe, et pour ce qui concerne la différence de quelques coutumes locales' qui ne regardent ni les dogmesni les sacrements , ils manifesteront une condescendance apostolique, de manièreà ne les ramènera Tantique uniformité qu'an moyen d'une libre conviction , en toutedouceur et longanimité.

Enfin letrè&'Saint synode a résolu de rendre grâces, au nom et de la part de l'Église de toutes les Russies, au très-piefi Seigneur Empereur et Autocrate de toutes les Russies, poufU zélé qu'il a apporté à cette bienfaisante et salutaire entreprise, et puis de placer l'exécution de la présente résolution synodale sous sa souveraine protection ; et de délivrer aux révérendi»* simes évéques réunis un document servant à les en informer et à leur faire part de la bénédiction synodale.

Ecrit dans la cité que Dieu garde et résidence impériale de Saint-Pierre, l'an de la création du monde sept mil trois ceat quarante-sept, et de l'incarnation de Dieu le Verbe, mil faait cent trente-neuf.

L'original est signé :

L'humble Séraphin , métropolite de Novgorod et Saint-Pétersbourg ; L'humble Philarète , métropolite de Kief et de Galitch ; L'humble Philarète, métropolite de Moscou ; L'humble Jonas, métropolite';

' Quelques restes des inventions humaines ^ qui déplaisent si fort aa synode. En pareil cas roo D'y regarde pas de si près.

* Ce prélat n'a, comine on le Toit, que la dignité sans diocèse, ce qui montre ce que tout le monde sait en Russie , c*est que la prélatare ii'f

DE l'empike de eussie. 85

L'humble Wladimir, archevêque de Kazan ; L'humble Nathanael, archevêque de Pskof; L'archiprétre Nicolas Uouzofsey ; Le prêtre supérieur Basile Kootmevitch'.

En tête de Torigioal il est écrit, de la propre main de Sa Majesté Impériale , ainsi :

Je rends grâces à Dieu et j'accepte.

Nicolas.

Saiot-Pétersbourgy le 35 mars 1839.

Au irès-aMjgusie souverain et grand seigneur, Fempereur et autocrate de toutes les Russies.

Très-humble et très-soumis doklad' du synode.

Par son oukase nominaP du premier jour de ce mois, Vot.re Majesté Impériale a bien voulu ordonner au synode de se livrer, conformément aux règlements ecclésiastiques , à l'examen de l'acte synodal fait et décrété par les évéques et par le reste du clergé de l'Église grecque-unie en Russie , concernant sa réunion avec l'Église de toutes les Russies.

Le synode s'est occupé de cet examen avec une attention

«st qu'un titre donné à Tolonté par le souverain, mais qui ne confère par' Hk-mèroe aucune juridiction.

' Ce titre , purement civil , ne présente aucun sens hiérarchique.

n n'y a même rien de plus choquant que le mot allemand oher précédant

i U mot de siciachsckennik f prêtre en langue rosse. Toutefois eette dignité,

I sans juridiction réelle , est , sous le rapport honorifique, fort importante

I ^n Russie; c'est le bâton de maréchal du clergé séculier. Ordinairement

[ l'empereur y joint les honneurs de la mitre, mais sans l'usage de lacrosèe.

^ n'y a actuellement que deux oberswesichenniki en Russie; tous deux

*ont décorés de plaques et de cordons.

* Boklad , mot qui renferme le double sens d'un rapport et d'une pro- P<»iUon. 11 n'y a que les premiers corps de l'État ou les ministres qui P^Usent faire un doklad à Fempereur.

'Tout, en Russie, se fait au nom et par oukase de l'empereur , jus- <Itt'attx sentences les plus infimes et à la délivrance des passe-ports. Mais ^ qui ressort d'une décision personnelle de l'empereur s'appelle oukaie *^<«al, et doit être exécuté sur-le-champ.

correspondante à Timportance de son objet; et ayant résolo, en conséquence du susdit décret , d'admettre l'Église grecqoeunie de Russie dans Tentière et parfaite commanion de h sainte y orlhodoxo-catholique Église d'Orient et de Taccepier comme partie indivisible de TÉgiise de toutes les Russies,3 propose, dans la soumission la plus profonde, ce qui ressort de cette œuvre synodale, au bienveillant examen de Votre Mijesté, et place son exécution sous sa protection souveraine.

Très-gi*acieux seigneur , à cette occasion , le synode, rempli d'une consolation spirituelle et de gratitude envers Dieu, le bienfaiteur de son Eglise, qui comble de ses bénédictions le règne de VotreMajeslé Impériale, la félicite en toute dévotioii et au nom de toute TÉglise de Russie, sur le pactfique triomphe de la réunion avec elle d'un si grand nombre de ses fils, réunion si favorable à Tunité réelle et civik entre eux tous; il élève vers Votre Majesté Impériale d'unanimes actions de grlces pour l'heureuse et prévoyante organisation par laquelle itâ ouverte pour V Eglise grecque-unie une voie libre et débarrassa de toute espèce de barrières ^ afin de pouvoir accomplir son retour aux bras de sa véritable et antique mère , — l'Eglise de toutes les Russies.

S'étant ensuite occupé de ce qui doit s'ensuivre de cette réanion , le synode pense qu'il conviendrait :

. 1° De laisser dans leur situation actuelle l'administratioi des diocèses réunis ainsi que des écoles ecclésiastiques qui ei dépendent', se réservant l'examen ultérieur des moyens qsi pourront être reconnus les meilleurs et les plus convenable pour conformer cette administration à celle des diocèses anciennement orthodoxes ;

2* De mettre le collège ecclésiastique grec-uni en rapport avec le très saint synode , dans l'ordre hiérarchique, à l'instar de ce qui subsiste pour ses comptoirs" de Moscou et GrusiDO- Imérétiens% et de l'appeler collège ecclésiastique de Russie Blanche et Lithuanie ;

' Preuve qu*elles étaient déjà parfaitement schismatiques. j

-' Comptoir, mol bien impropre pour des subdivisions de l'autorité s^' 1 préme ecclésiastique en Russie. Ce sont , à bien dire, des espèces deco sistoires subordonnés au synode, qui a sa résidence à Saint-Pétersboo^^

^Grousinie, Iniéritic, Kacbétie, Gartalinle, etc., noms primitifs ^

DE L'BMPIRE de RUSSIE. 85

S"" D'établir révéque de^ Lithuanie , Joseph, président da collège ecclésiastique de Russie Blanche et de lïtbuanie» en rélevant à la dignité d'archevêque.

Très-gracieux Seigneur ,

En soumettant ces dispositions à votre très-gracieux examen, le synode vous supplie , dans la soumission la plus profonde , de lui faire parvenir le très-haut oukase de Votre Majesté.

De Votre Majesté Impériale

Les très-soumis sujets.

Signé à Toriginal :

Séraphin, métropolite de Novgorod et Saint-Pétersbourg ;

Philarète , métropolite de Kief ,

Philarètê , métropolite de Moscou ;

JoNAS, métropolite;

Wladimir, archevêque de Kazan;

Nathanael , archevêque de Pskof ;

L'archiprêtre Nicolas Mouzofsky ;

Le prêtre supérieur, Basile Eoutnevitch.

23 mare 1859.

Lettre synodale aux évéques et au clergé de Vandenne Église grecque-unie.

Par la grâce de Dieu,

Le très-saint synode dirigeant de toutes les Russies, aux évéques, Irès-chéris en Dieu, Joseph, de Lilhuanie, Basile d'Orcha^ et Antoine de Brest , à leur clergé et à leurs ouailles spirituelles.

Que la grâce et la paix soient sur vous, de Dieu le Père , de Notre-Seigneur Jésus-Christ et du Saint-Esprit.

Béni est Dieu qui a mis dans vos cœurs de droites, de bonprovinces formant anciennement les petits royaumes tributaires, connus €n Europe sous le nom général de Géorgie. Ils forment aujourd'hui les provinces transcaucasiennes de la Russie , dont Tlflis est la capitale.

nés et de salutaires iotentioas de paix , et qui par là nons donne la consolation de vous adresser des paroles de concorde et de charité.

En effet, autant il nous était douloureux de voir que ceux qui , depuis d^s siècles, nous étaieut unis, de Tunité de naissance, de patrie, de langue, de foi , de culte et de soumission à la même autorité spirituelle, par suite d'une déplorable séparation aient eu à endurer bien des labeurs et beaucoup de misères, et le danger même d'une séparation spirituelle absolue, autant nos vœux sont aujourd'hui comblés en voyant se fortifier de nouveau Tan tique lien rompu entre nous, et se rétablir une parfaite unité.

Notre espérance de voir s'accomplir un événement si ardemment désiré se fondait principalement sur ce que dans vos églises s'était conservé, par la grâce de Dieu , le sacré rit oriental dans la liturgie, imprégné de l'esprit, des dogmes et des traditions orthodoxes'. A mesure qu'en vertu de la protectioo souveraine du seigneur empereur, Nicolas Paulovitch, vous avez été délivrés de la dépendance étrangère, vous avez uni tous vos efforts pour le rétablissement de ce rit sacré dans toute son antique pureté, notre attente grandissait, et enfin, frères chéris en Dieu , vous l'accomplissez en son entier en revenant à l'antique, véritable et sainte unité, avec un clergé si nom-' breux et si unanime, que ce retour présente un exemple digne d'une éternelle mémoire dans les annales de l'Église*.

Nous avons prêté l'oreille à votre promesse générale et solennelle , de reconnaître de nouveau l'unité de votre Église avec l'Église orthodoxe catholique d'Orient, et de demeurer,

' Il est donc faux que le goufernement polonais et le elergé roaiRin y aient porté atteinte. Et comment donc, quatre lignes plus bas, le synode félicite-t-il les évéques d'avoir réuni leurs efforts pour le rétahlissement du rit oriental dans leurs Églises?

' Quoi qu'en dise le synode de l'admirable unanimité du clergé grec-uni dans sa défection de la foi catholique , les treize cent cinq signatures d'adhésion qu'il présente prouvent clairement l'absence d'une multitude de signatures. Car quelle proportion entre deux millions et demi de fidèles et treize cent cinq prêtres, les moines y compris! Ce serait un prétra sur à peu près deux mille âmes.

DE l'bKPIRE BE EU8S1S. 87

à dater de ce jour, ayec les ouailles qui vous sont confiées , en unanimité avec les très-saints patriarches d'Orient , et dans Tobédience au très-saint synode de toutes les Kussies ; et recevant de vous cette promesse , à la face de Dieu , en vertu de la grâce , du don , et de la puissance qui nous sont donnés du Dieu très-grand , et de notre Sauveur Jésus-Christ et du Saint-Esprit^ consommateur de toutes choses , suivant les règlements de l'Eglise et les exemples des saints Pères, nous vous recevons et avec vous votre clergé et vos otMilks spirituelles , dans rentière et parfaite communion de la sainte Eglise orthodoxo-catholique orientale, et comme une partie indivisible de TEglise de toutes les Russies , élevant vers le grand archipasteur qui a pénétré les cieux, Jésus-Christ, le suprême pontife de notre confession, la prière de la foi et de la charité, afin qu'il vous maintienne dans l'observation de la profession exprimée par vous', et qu'il dirige en bien les choses de votre ministère jusqu'à la perfection des saints.

Quant au gouvernement des ouailles confiées à vos soins , il convient, comme vous le jugerez vous-mêmes, que vous suiviez la parole de Dieu , vous conformant aux canons des saints apôtres, des «ep^ saints conciles universels et locaux, et des saints Pères, ainsi qu'aux lois de l'État. Ainsi, frères chéris en Dieu , confirmez les ouailles qui vous sont confiées , dans l'unanimité de la foi. Pour ce qui concerne la divergence de certaines coutumes locales , qui ne concernent ni le dogme ni les sacrements , nous avons résolu de manifester une condescendance apostolique , et de ne les ramener à l'ancienne uniformité, qu'à l'aide d'une libre persuasion, en toute mansuétude et longanimité".

Donné en la cité, que Dieu garde, et résidence impériale de Saint-Pierre , l'an de la création du monde sept mil trois

' Nous verrons comment le gouTemeraent russe pourvoit à ce maintien.

* Ce sont probablement les litanies et les canUques que le peuple grecuni chantait en langue vulgaire. On laisse subsister, pour un temps in- Méfiai , des pratiques que dans son manifeste le synode avait critiquées ^vec une amertume bien peu réfléchie. Il faut bien frotter d'un peu de "^iel les bords d'un vase où l'on veut prendre des mouches.

cent quarante-sept, et de llncarnation de Dieu le Verbe mil huit cent trente-neuf , le trentième jour de mars. Signé à Toriginal :

Lliumble Séraphin, métropolite de Novgorod et Saint- Pétersbourg;

L'humble Pdilarètë, métropolite de Kief et Galitch ;

L'humble Philarète , métropolite de Moscou et Kolomna ;

L*humblc Jonas , métropolite ;

L'humble Wladimir, archevêque de Kazan et Swiaje ;

L'humble Natiianael, archevêque de Pskof et Livonie ;

liO prêtre, archiprêtre, Nicolas Mouzofsky;

Le prêtre supérieur, Basile Koutnevitgh.

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