LETTRE
l>e transmission du précédent oukase au comte Strogonoffy dirigeant le ministère des affaires de Vintérieur, par le secrétaire d'Etat et du cabinet, Tanaïéfy
Monsieur le comte »
J'ai rbonneur de transmettre ci-joint , à Votre Excellence ^ un oukase concernant les apostats de la foi.
Il plait à Sa Majesté Impériale que les dispositions prescrites dans cet oukase soient introduites conformément au système adopté, en leur lieu , dans le code de législation criminelle' , en faisant observer que la prescription^ en affaires de cette na* ^ure^ ne doit point être admise ni entrer en considération , attendu que l'abandon de Torthodoxie' constitue un crime qui ^*e&i pas celui du moment où l'apostasie a. été commise , mais qui 9 étant continu, dure autant de temps que l'apostat persiste à ne pas retournera l'orthodoxie.
Signé Tanaïéf,
^mnencer leur instruction religieuse dans l'un des nombreux élablissetnents d'éducation que la couronne entretient en Russie.
' Déjà sous le règne précédent il avait été établi une commission législative , dite de la rédaction des lois. Bien des années ont été employées par elle à la compilation de l'ancienne législation russe , ainsi qu'à sa nodificatioD entreprise au moyen des lumières que la commission cherchait dans les codes de notre époque. Il en était résulté un interminable code (car il n^est pas encore entièrement terminé, quoique, comme on Ta TU dans le précédent document, il compte déjà au delà de dix volumes). II parait que Tempercur avait trouvé, dans ces lenteurs, quelque péril pour Torthodoxie russe , quant à la répression de Tapostasie. C'est pour cela qu'il a trouvé bon de couper court aux délibérations de la commission législative sur celte matière, en déGnissant lui-même le crime, fixant le mode de procédure ainsi que la pénalité qu'il a jugé à propos d*y affecter, et ordonnant Tinsertion du tout au code criminel, déjà élaboré par la commission , et publié avec sa sanction souveraine.
* Bien entendu , pour entrer dans TÉglise catholique romaine , c'est la seule apostasie que craigne le gouvernement russe, et qui excite le zèle du monarque.
Les notes au moyen desquelles nous avons fait ressortir le véritable esprit de Toukase impérial nous dispensent d'entrer dans un examen plus approfondi de ce document ; elles ne laissent matière qu'à deux observations d'une certaine importance.
Ordinairement les oukases se rendent sur des rapports des ministres compétents » ou sur un avis motivé du conseil de l'empire» auquel le souverain a déféré l'examen d'une question législative, administrative , et quelquefois de droit public Dans ces cas, comme on a pu le voir en tète du doUad du synode, un simple mot d'approbation apposé de la main de l'empereur donne à ce rapport , à ce doklad , ou ù cette opinion ( mnénié ) du conseil de l'empire, force de loi , en l'élevant à la puissance de Toukase nominal. Ici rien de pareil ne se présente; aucune des grandes autorités de l'empire, pas même le synode, n'a provoqué la loi nouvelle portée contre la défection de la religion de l'État ; aucune n'a été même consultée sur un si grave sujet ; bien au contraire , c'est le secrétaire intime du cabinet impérial qui est chargé de la transmettre directement, delà part du monarque, à son ministre de l'intérieur, et l'expression par laquelle il commence sa lettre de trans^ mission , il plaît à Sa Majesté Impériale , prouve que cet oukase est rendu motu proprio; qu'il est la manifestation officielle d'une combinaison conçue dans la pensée impériale , qui , jugeant après une année sonœuvre de réunion assez avancée , croit devoir la consolider d'une sanction pénale.
Mais ici se présente une première question. Qui sont ceax auxquels s'adressent spécialement les menaces répressives que contient cet oukase? On sait fort bien en Russie, et le gou* vernement lui-même ne l'ignore pas, qu'un certain nombre de personnes ont, depuis un temps plus ou moins long, adopté la foi catholique, non-seulement dans le secret de leurs cœurs, mais même dans son culte extérieur ; et comme ces conversions remontent en partie au règne précédent et en partie au commencement du règne actuel , il semblerait que les dispositions comminatoires de l'oukase auraient dû se présenter depuis longtemps à la pensée impériale. Pourquoi donc a-telle si longtemps perdu de vue ce qu'aujourd'hui elleconsi*-
dère comme Tune de ses plus importantes obligations ? C'est que, à raison des inconvénients qu'auraient pu présenter certaines sévérités légales, appliquées à des personnes d'une haute distinction , l'on préférait fermer les yeux sur ce cryptocatholicisme, se réservant d'en empêcher , autant que possible, Tultérieure propagation, qui ne pouvait, au jugement du gouvernement, avoir des résultats réellement dangereux pour l'Eglise nationale. Les personnes, d'ailleurs, qui avaient ainsi individuellement adopté la foi catholique romaine, n'en demeuraient pas moins Russes de naissance , de langue et d'affection, de sorte que Vintérêt politique du pays ne s'y trouvait que très-imparfaitement engagé. Tout autre était la situation des choses dans les provinces de l'ouest. Là se trouve une population entière , qui , incorporée d'un trait de la plume impériale à Eglise , et par là plus complètement fondue dans le corps politique , ne manifestait pas en général une adhésion bien éclatante à cette incorporation , à celte fusion , secrètement négociée entre ses infidèles pasteurs et les agents de la couronne. Une conception politique d'une importance majeure , et que nous croyons avoir suffisamment établie sur des documents écrits comme sur les faits; conception sortie de la pensée souveraine , et avec laquelle le gouvernement russe s'était en quelque sorte identifié, veut , au moyen de cette agrégation obligée de plus de deux millions d'hommes à son Eglise nationale , consommer la dénationalisation d'une population si nombreuse , en attendant le moment où Ton pourra tenter une mesure analogue sur la partie de cette même population qui ^meure attachée au rit romain. Il fallait donc avant tout élever un mur de redoutables pénalités entre ce reste du catholi- <^me latin et les esprits encore récalcitrants parmi les anciens ttniates. Pour y parvenir il fallait , après les avoir , bon gré "malgré eux, agrégés à la religion de l'Etat, ériger en apostor ^ leur attachement constant à TEglise dans le sein de laquelle ils avaient vécu jusque-là ; il fallait ériger cette apostasie pré- ^Qdoe en crime d'Etat tellement irrémissible , qu'il ne pour- '^tméme être atténué par la prescription que la législation criminelle de Russie admet pour toutes sortes d'autres cri- ^^f il fallait; en laissant au pardon une seule porte ouverte,
celle da retour à la religion de TEtat, étouffer le cri des coù* sciences sous la crainte des réclusions, de la confiscation temporaire du rcTenu des propriétés et de la misère qui devait en être le résultat, et enfin de la dissolution des familles, en foulant aux pieds les droits les plus saints de la paternité.
Des moyens d'une violence si affreuse que , lors même qu'ils seraient employés pour la défense de la vérité, ne pourraient être justifiés ni aux yeux de la politique humaine, ni à ceux de la charité chrétienne , trouveront-ils leur excuse dans le zèle trop ardent du monarque pour TEglise dont il est le chef, et que , dans son erreur , il croit le seul , le véritable bercail du divin Pasteur? Question d^nne hante gravité , dans laquelle il serait téméraire d'entrer, et dont la réponse est déjà écrite au redoutable livre des justices divines.
Assurément, et nul ne peut en douter , Tapostasie constitue un crime véritable contre la foi et contre celui qui en est l'auteur. Mais d'abord la connaissance et la punition de ce crime, qui est d'une nature toute spirituelle^ appartiennent à la puissance spirituelle; et lorsqu'il ne trouble en rien la sârelé ou le bien-être de la société, il n'est point, par lui-même , justiciable de ses lois.
Il est, à ce sujet, une distinction fort importante à établir entre la simple apostasie , c'est-à-dire entre la défection d'un individu , d'une famille même , de la foi de ses aïeux, et les efforts d'un hérésiarque et de ses premiers adhérents pour propager des doctrines nouvelles et erronnées. Celles-ci ne pouvant jamais s'établir dans la société civile sans y occasionner des troubles, des discordes ou même des guerres civiles , il est de l'intérêt de la société de les étouffer dès leur naissance, en sévissant contre leurs auteurs et contre leurs premiers adeptes, afin de leur imposer silence et de mettre un frein aux emportements de leur fausse prédication. Ici l'intervention du glaive de la loi devient nécessaire. Mais pour l'apostasie individuelle , qui ne peut réagir contre le repos social, elle est parfaitement superflue et par conséquent abusive. Selon les vues de Dieu , tout doit être volontaire dans l'obéissance de l'homme, soit dans la soumission de son intelligence à la foi , soit dans la soumission de son cœur aux
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lois morales qu'a posées le souverain Lëgislaleur^ et c'est pour cela même que la puissance sociale n'a pu fixer d'autres lois que celles qui , régissant les actions extérieures de l'individu, lui défendent celles qui peuvent allérer le repos et le bien-être de ses semblables ou de la société' .C'est donc une extension abusive de la puissance matérielle que le droit qu'elle s'arroge d'ériger en crimes , et de punir , en conséquence , des actes parfaitement inoffensifs envers Tordre social , et qui , comme tant d'autres que les lois humaines ne peuvent atteindre , ne sortent point du domaine secret et inviolable de la conscience. C'est donc une prétention inique de la souveraineté temporelle que celle de vouloir subordonner à des combinaisons politiques la conscience de ses sujets, en prescrivant à quelques-uns la religion, qu'il entre dans ces combinaisons de leur faire suivre , et d'ériger en crime d'Ëtat le refus tout passif de l'embrasser. C'est , de plus, une prétention absurde^ en ce que les combinaisons politiques, en apparence les mieux conçues, viennent souvent échouer contre des éventualités qui étonnent la prévoyance humaine, parce qu'elles sont les leviers préparés de toute éternité pour renverser tout édifice que le Seigneur n'a point élevé, ou qui ne Ta pas été pour sa gloire. Ces éventualités existent pour la Russie comme elles se sont manifestées dans la chute d'empires non moins puissants qu'elle; et qui sait si ce qu'elle entreprend dans des vues d'accroissement de sa puissance ne deviendra pas un jour cause de sa ruine? Toujours est-il que rien n'est aussi opposé aux vues de la Providence divine que la confusion de la politique et de la religion , et que rien n'est aussi dégradant pour celte fille du ciel que de la subordonner aux intérêts si caducs de la politique temporelle. Il n'en faut pas davantage que cette considération pour démontrer aux yeux de la raison tout ce
' 11 est bien remarquable que, dans les législations humaines, il n'est pas un seul crime ou délit qui n'ait été condamné ou défendu par la loi divine. Nos codes interdisent certains actes ou paroles nuisibles à la société et en permettent, au moins passivement, beaucoup d'autres que défend la loi divine; mais jusqu'ici ils n'ont pu trouver un seul méfait qui n'ait pas été, au moins implicitement, mais cependant très-clairement interdit par le législateur di?in.
qu'a d'intrinsèquement inique et d'absurde, la réunion de la suprématie spirituelle à la royauté temporelle; réunion de laquelle résulte l'immolation toujours probable , et tout au moins possible , de la conscience des peuples aux intérêts transitoires de la politique des princes'. D'où il résulte , avec la dernière évidence , que toutes les pénalités au moyen desquelles ils prétendent appuyer leur volonté souveraine ne sont, dans ce cas, que des actes illégitimes, d'horribles abus de la puissance qu'ils tiennent de Dieu; des efforts tyranniques qui offensent la Majesté divine et sont justement abhorrés de tons les hommes. C'est au prince à limiter lui-même, conformément aux lois divines, l'exercice de son pouvoir souverain, s'il veut que ses sujets respectent ce pouvoir.
Il n'est , au jugement de l'éternelle vérité, qu^une seule chose nécessaire. Cette chose indispensable à l'homme, c'est l'éternelle félicité pour laquelle il a été créé, et par conséquent aussi la conservation des moyens que Dieu lui a donnés pour y parvenir. Le premier de ces moyens , c'est la rectitude , l'iDtégrité de la foi> sans laquelle, comme l'énoncent les divins oracles, il est impossible de plaire à Dieu , Or , si la sagesse éternelle, prémunissant l'homme contre les cupidités du siè* de, lui a dit : Que sertril à Vhomme de gagner le monde entier, s'il encourt la perte de son âme , et que pourra-t-il donner en échange de son âme? si , instruit par de si vénérables paroles, le chrétien véritable aime mieux renoncer à toutes les grandeurs, à tous les trésors de la terre, que de perdre la religion , qu'il reconnaît pour premier moyen de son salut éternel, comment espérer qu'il s'en détache par la considération, non pas de son bien-être particulier ^ mais d'un intérêt de VEtaty qu'il ne connaît pas même , et qu'en tout cas il ne saurait apprécier? C'est bien parce que l'impossibilité d'un si grand sacrifice à un intérêt si équivoque , et souvent si mal compris , est clairement reconnue , que le bras séculier s'arme des plus redoutables moyens pour réduire l'homme à son obéissance; mais le droit manquant à un pareil usage de l'autorité , celle*
' Nous avons déjà fait observer qu'il n'en est pas de même de la réunioo du pouvoir temporel avec la suprémalie spirituelle.
^^ devient tyrannique; nous dirions volontiers satanique, P^^:aisque non-seulement elle s'emploie dans Tinlérét de Tenfer» '^^^sis qu'elle parait emprunter de lui son odieux caractère.
Mais, dira quelqu'un , si, en effet , l'empereur attache une '^^e politique du premier ordre à la fusion complète de l'an- ^^ienne nationalité polonaise avec la grande nationalité russe, ^^u moyen, de la réunion des anciens Grecs-unis à l'Ëglise doi^inante ; si , au moyen de cette fusion en un seul corps de nation 9 la Russie doit grandir en cohésion intérieure et en puis- ^^Dce à l'extérieur, iifaut bien qu'il puisse se faire obéir , et c^ue pour y parvenir il établisse contre les récalcitrants des sanctions pénales, capables de briser leur résistance?
Nous accorderons volontiers, en thèse générale, le droit du souverain à réduire ses sujets à l'obéissance; droit qui résulte ^e celui de leur commander. Dans un gouvernement non-seulement despotique , mais simplement absolu, le souverain, aidé des informations et des conseils qu'il tire de ses ministres, est seul juge des grands intérêts de l'Ëtat ; seul il est chargé d'en connaître, de les méditer et d'arrêter les combinaisons et les mesures qu'il leur croit favorables. C'est son droit, c'est son devoir, et celui de ses sujets de s'y soumettre pour l'utilité générale.
Mais si, pour atteindre son but, le souverain se laisse aller jusqu'à faire violence à la conscience de ses sujets, en les obligeant à renoncer à leur foi; s'il prétend les réduire à la triste condition de lui déplaire ou d'encourir la colère de Dieu; dirons-nous encore que le souverain demeure dans son droit, et que Texercice de ce droit, illégitime, quant au prince , peut obliger ses sujets? Nous ayons , pour résoudre cette question, l'exemple et la doctrine des apôtres, lorsqu'ils remettaient au jugement du sanhédrin lui-même de décider : s'il était juste de lui obéir plutôt qu'à Dieu y et nous ne craindrons pas d'ajouter que, quelle que soit l'étendue de la puissance que le monarque possède, rhen de ce qu'il entreprend ou ordonne contre les lois du Monarque de la terre et des cieux ne peut être valide ni par conséquent obligatoire pour ses sujets.
L'oukase impérial qualifie la défection de son orthodoxie prétendue de crime contre la foi; et si nous dénions au pou-
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Toir temporel le droit de séTÎr contre Tapostasie , lorsqu'elle est inoSeosive eoTers la société^ nous ne contestons pas cependant 1 enormité du crime qui y est renfermé envers Dieu. Cest une grâce si grande d'être né , préférablement à tant d'autres, dans le sein de la véritable Eglise, que» dansTapostasie , le crime d*ingratitade ne le cède en rien à celui de la trahison.
Mais qu'est-ce que Tapostasie» si ce n'est ^abandon delà tériié commue , pour se rumger du côté de Verreur également eoftr nue? Il s'agirait donc, avant tontes choses, de reconnaître où est la vériië, où est l'erreur? Mais cet examen, auquel nous espérons avoir suffisamment pourvu , n'est pas nécessaire en ce qui concerne les Grecs-unis de Russie; car pour eux il ne peut même être question du tort d'avoir abandonné la vérité connue pour embrasser l'erreur; ces infortunés, an contraire, ne font que résister à l'exigence du gouvernement russe, qui prétend les obliger à renoncer à ce qu'ils ne peuvent s*empécher de regarder comme la vérité , pour s'attacher à ce qui , à leurs yeux, ne peut être qu'erroné ; c'est-àrdire que Ton prétend les obliger à commettre précisément le crime qu'on kurimpute ; et , cela, sans avoir rien fait pour réformer leurs convictions à cet égard, mais simplement en leur imposant une obéissance aveugle et passive à uue volonté qui ne prend pas même la peine d'établir sa compétence en pareille matière. On établit une fiction suivant laquelle ils seraient devenus, sans le vouloir, sans même le savoir , membres d'une autre Eglise, et, partant de cette odieuse supposition, on les accuse d'apostasie , lorsque, au contraire, dès que la véritable apostasie a été connue d'eux, ils s'y sont plus ou moins hautement refusés!
Toutefois, puisque le gouvernement russe arguë, contre les Grecs-unis fidèles à leur foi, du crime d'apostasie, il faut bien, le suivant sur le terrain qu'il ouvre à nos débats, examiner ce que peut avoir de vrai, ou seulement de plausible , cette grave accusation , qui présuppose nécessairement la conviction que son Eglise seule est en possession de la vérité.
L'Eglise greco- russe se décerne, il est vrai, les magnifiques prédicats, d'orthodoxe et de catholique^ atM^^Ptieb elle a-
som de joindre celui d'orientale. Elle ne s'aperçoit pas que celteadditioiifaite àrépitluïie d'universelle rfé^rwti radicalemmi cette universalité^ ce qui détruit égahment^ comme nous allons le xoïr^ son préjugé d'orthodoxie. Car qu'est-ce qu'une unîversaliiécirconscrile dans une partie du monde, et qui, par conséqnenl, ne s'étend point Qu-dela? Et cette prétendue universalité orientale même, si elle pouvait, en saine r:iison, être admise, que serait-elle encore qu'une pitoyable fiction? L'Orient dont on parle se réduit à peu près à quelques provinces de îa Turquie asiatique^ la Syrie et la Palestine, à l'exclusion de l'Arabie t delà Perse , de Tinde, delà Chine, de laTartarie et de rindo-Cbîne, êtc, où l'on trouve Lien quelques églises chrétiennes fondées par des missionnaires de l'Eglise catholique romaine , mais rien qui ressenîble à des églises dites orien* Iles'. Et là m6me où il en existe, n'y sont-elles pas mêlées à des Églises unies à l'Eglise romaine et à desÉgtiscs hérétiques condamnées par elles? Si Ton dél'alquait de celte communion la Russie, qui ne lui donne guère que la moitié de ses habïtanls, et qui » bien qu'elle soit située dans l'est de l'Kurope, ne fait pas pourtant partie de ce que, en langue géographique. Ton appelle TOrient; si Ton en défalquait encore les ca- Uiûliques de l'Asie et les sectaires chrétiens établis dans cette \asle partie du monde, à quoi se réduirait celte Eglise » si improprement dite orientale? Elle serait réduite à quelques sièges patriarcaux et autres, sans connexion entre eux, et dont les peu nombreuses ouailles vivent confondues parmi une population musulmane qui ne s'occupe d'elles que pour les charger de tributs et d'uvauies! Telle est la situation de cette Eglise orientale» qui, à tout prendre, n'a quelque importance que parce que la Russie adhère à son schisme. Nous avons dit que la négation de l'universalité d'une Eglise
' Ce qui rend cette dénominâlioD atissf absurde en géographie qu'en théùrie roligieuse, c'e^^t que ce i[ul est orientât quant k TEurope est au cuQlraire ocddenlaJ quîinl au Japott, h la Cbine, h la Curées h la Cochinchine, etc.» de sorte que cette quaUïîcation d'orientale n*a pas même le foéritc bien commun d'élre Hbsolu^^ m^h qu'elle n'est que rdatif^ , c'M à^dtre ^uremenl hypQlttéiiqu^ et sans valeur r^eUo^
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renferme la négation de son orthodoxie; et si noos pronvonssi cette assertion , nous aurons en même temps prouvé que TE — ^ glise gréco-russe ne peut point être orthodoxe. En effet , et bienr^ que ces deux expressions n'aient pas une valeur identique , ler^ idées qu'elles offrent à Tesprit sont tellement connexes, qu*eile^^ ne peuvent être rationnellement séparées.
Et d'abord , la foi nous renseigne , Dieu est la vérité ; en lij^^ seul vit éternellement rt(^ée conforme à sa divine nature ei celle de tout ce qui existe hors de lui ; ce qui constitue la \ rite. Or cette vérité , innée en Dieu , est , comme lui , éternelU infinie y ne pouvant être retenue par les limites du temps w^i des lieux.
La révélation , base immuable de la religion , n'étant, à notre égard, que la vérité émanée de Dieu, elle participe de la na* ture divine, et ne peut, pas plus que la vérité conçue par VEtemel^ être circonscrite par l'étendue des lieux ni du temps. Elle est donc et doit être essentiellement universellCj catholique, en langage théologique ; et si elle ne l'est pas en apparence, ce n'est que parce que Dieu ne détruit ni n'entrave l'action de la liberté de l'homme, lors même que, par une révolte impie, elle s'élève contre sa sainte volonté, jusqu'au point de vouloir détruire son œuvre. Elle est donc toujours universelle de droit et même de fait; car ce qui est dans la volonté toute-puissante du Très-Haut existe en réalité, quoique nmis ne puissions ou ne voulions pas nous convaincre de cette existence. Croire autrement serait équivalent à la négation de la vérité; ce serait prendre rang parmi les sceptiques.
Les vérités essentielles au salut des âmes ne peuvent donc , suivant la volonté divine , être le partage privilégié d'une partie du monde, d'une nation, d'une famille, d'un individu. Elles sont, par la grâce de Dieu, le patrimoine indivisible du genre humain. Si nous remontons à TËglise de l'Ancien Testament, nous voyons clairement qu'elle-même n'a pas étéétablie par exclusion et au préjudice des autres peuples, puisque les prosélytes étrangers devaient y être accueillis avec amour, et même incorporés au peuple de Dieu ; mais afin de conserver , au moins dans une nation , le dépôt sacré des traditions primitives et l'attente du Messie. Cette incontestable vérité est
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encore bien plus clairement manifestée aux pages du Nouveau f esiamenty et nommément par le précepte divin d'aller endiguer toutes les nations , de les instruire toutes , de les régéi^érer , sans exception , dans les eaux du baptême'. Et , ce qui ^nd les termes de ce précepte encore plus caractéristiques , <2'est qu'ils suivent immédiatement , et sous forme de conséquence^ la révélation que le Sauveur fait à ses apôtres de la ^ute-puissance qui lui a été donnée sur toutes choses ^ au ciel et ^ la t&rre ; de sorte qu'il donne à ses disciples charge et pou* ^oir de fonder ce royaume universel qu'il doit posséder sur 'Oute la terre.Et, afin que leurs travaux acquièrent l'eflBcacité Nécessaire, il assure à leur enseignement son indéfeclibilité» ^^ moyen de sa quotidienne assistance , jusqu'à la consomraa- ^^on des siècles et à la manifestation de son éternelle royauté, ^ la droite de son Père.
Dans ces paroles sacrées, où sont renfermés tous leséléments ^^e la fondation de son Eglise, l'Homme-Dieu montre, avec la ^^Itts haute précision , Vuniversalité de cette Eglise, qui, de ^^ootes les nations de la terre, doit ne faire qu'un seul peuple ^e citoyens du ciel ; universalité étroitement liée à son invio* iahk orthodoxie t au moyen de l'assistance perpétuelle du Fils de Dieu et de son divin Esprit ; de sorte qu'il devient de la dernière évidence que l'Eglise véritable ne peut ôlre universelle sans être orthodoxe^ ni orthodoxe sans être universelle. Dès lors , plus rien de régionnaire ni de national ne peut entrer dans la juste définition de l'Eglise catholique. Et vouloir attacher au catholicisme une modification quelconque
' On sait qu'en tous lieux les recherches des éradils ont trouvé les traditions chrétiennes déGgurées par les commentaires insensés des idolâtres. Ce qui peut-être est moins connu , c'est que des vestiges de la foi chrétienne ont été trouvés jusque dans les lies de la vaste Océanie, et nommément dans celle d'Otalti. Les habitants connaissaient la Trinité, quMls appelaient des noms de père, ûls et l'oiseau ou le vent. Ces deux dernières dénominations se rapportent évidemment, l'une à la manifestation de TEsprit saint sous la forme d'une colombe , l'autre au pneuma des Grecs et au spiritus des Latins , qui tous deux peuvent se traduire par souffle ou par esprîL Ainsi s'est vérifié l'oracle du prophète : Leur voix s'est étendue en toute terre, et leurs paroles ont atteint les limites du globe.
prise dans la délimitation physique oa politique de la terp c'est Tannuler formellement ainsi que l'orthodoxie de i doctrine.
Rien ne sert donc à l'Eglise nationale de Russie d'avoir r"*< nonce à son ancienne dénomination de gréco-russe , pour substituer celle de cai^o/tçue-orîento/e'. L'une de cesdénoncmî nations prise dans le nom générique d'une contrée de la teri*^ l'autre dans le nom réuni de deux peuples, sont égalemexi contraii^es au simple et beau nom de catholique ; l'une oc l'autre condamne l'Eglise russe à n'être ^ en opposition à s^ prétention , qu'une Eglise régionnaire ou nationale. Elles f^ privent du glorieux prédicat qu'elle voudrait se donner, et I^ relèguent parmi le commun des sectes dissidentes , hérétique^ ou schisma tiques.
Comment, d'ailleurs, une Eglise régie par un synode national, soumis lui-même à la suprématie spirituelle de son sou* verain propre, pourrait-elle, avec une apparence déraison, prétendre à la catholicité, lorsque, par la forme même de son gouvernement, il lui devient impossible de s'étendre horsdes limites de Tempire? Pour y parvenir, il faudrait que la conquête remplaçât la prédication évangélique. Mais qui sait si, en con6dence du grand projet de subordonner l'Europe à la future ligue slave, le synode ne voit pas la solution de la question de sa catholicité dans cette prépondérance future du sla-» vonisme en Occident? prépondérance en vertu de laquelle son chef temporel et spirituel deviendrait une sorte de monarque unique, et lui-même se verrait élevé à la haute dignité d'un synode ou concile permanent et universel, devant la gloire duquel s'éclipserait bientôt l'honneur de latiaœ et le prestige de la succession apostolique ! Quand ce rêve sera devenu une
' La catholicité ou TaniTersalité de TÉglise renferme deax élémeots qui, bien que distincts, ne peuvent point ôtre séparés. Ces éléments sont le temps ei les lieux. Ot^ nous demanderons au schisme greco-rasse s'il oserait revendiquer Tuniversalité des temps? Evidemment non, puisqu'il ne date que du onzième siècle de Tère chrétienne , et que jusque-là il n'avait pas l'existence. Prétendra-t-il à celle des lieux? Non certes, puisque, se qualifiant lui-roômc d'oriental, il n'a d'existence avouée quedaqs Tune des cinq grandes divisions physiques de notre univers!
Téalîié, runiversalilé de l'Eglise greco-slavonne pourra être ^^^S^e en question : jusque-là nous ne pourrons que mainte- ^^y 9 en conformité du texte évangélique et de la raison, que l'Eglise gréco-russe, de même que sa mère byzantine, n'offrant ctucHfn caractère d'universalité , ne peuvent être orthodoxes; d'où ^^ suit que ceux qui s'en séparent, soit en sortant, soit en '^^f usant d'y entrer , ne peuvent en aucune sorte être qualifiés ^'apostats.
Li'Eglise russe admet évidemment, et malgré sa protestation :
9Ue JésuS'Christ est Vunique chef de sa véritable Eglise; elle
^dniet, disons-nous, la nécessité d'un gouvernement central
^^ visible dans l'Eglise. Elle l'admet , puisqu'elle se laisse ré-
S*ï* par son synode dirigeant et dirigé lui-même par l'omni-
l^otence de son tzar. Mais, par une incroyable inconséquence,
^^ qu'elle croît nécessaire à son existence parliculière, elle en
*^îe la nécessité pour l'Eglise universelle. Ou plutôt, pour ne
t^î3illier en rien la vérité , elle ne peut , à cet égard , rien aflir-
^^«r, rîen nier. Elle porte le joug qui lui est imposé, mais
^Ile n'oserait examiner de quel droit on le fait peser sur elle.
^st-ce doncd la force matérielle qu'elle obéit ainsi? Qu'elle
Reconnaisse, dans ce cas, qu'elle ne jouit point de la liberté
Ûe réponse , qu'elle est Vcsclate dont la postérité n'aura point de
pari à Vhéritage du Père des croyants. Est-ce à une nécessité in-
^^^^trinsèque , inhérente à la nature même de toute société ? Qu'alors
elle donne son obéissance à celui que lui désigne si clairement
Vauteur même de celte société ! Que si sa soumission illimitée
Àï pouvoir politique était libre de toute contrainte , nous n'y
pourrions voir que le triste effet d'un goût dépravé, d'une
bien aveugle préférence ; car, contrairement à la dignité et
aux intérêts mêmes de son épiscopat, elle aimerait mieux ,
pour exercer le sacré vicariat de Jésus-Christ sur la terre, wn
soldat qu'un prêtre, elle préférerait un imperator à un Pape';
sa profane vénération serait acquise à la couronne impériale
plutôt qu'à la mitre apostolique , au sceptre du despote plutôt
' En ceci , comme en bien d'autres choses , TÉglise russe se montre semblable à la synagogue, lorsque , refusant de reconnaître la royauté spirituelle du Messie, elle s'écriait : Non kabemus regem nisi Cœsarem!
qu'à la crosse da pasteur ! Libre ou obligé , c'est pour elle qq système admis. Qu'elle l'orgaoîse doue suivant son goût, nouj n'aurons qu'une profonde pitié à donnera tant d'aveuglements mais qu'elle n'essaie pas de le faire goûter aux peuples cm tholiques, plus libres et surtout plus avancés qu'elle dans U science de l'histoire , et plus formés à l'emploi du bon sens Qu'elle s'abstienne surtout de l'imposer, par la force , à Aœ millions de consciences catholiques qui, éclairées par la trai. dition des siècles , et imbues dès l'enfance d'autres principe de leur foi et de leur obéissance , savent que ce prêtre est U Pontife du Dieu vivant, le lieutenant universel du divin pasteur, le seul et légitime porteur des clefs du royaume , remis par ce suprême pasteur, non aux Césars ni même aux synodes établis par eux et gouvernant sous leur autorité ^ mais à VApàtre qu'il a élu pour le représenter et pour le remplacer icibas , et à ceux qui , dans les siècles à venir, seraient légitimement appelés à s'asseoir dans sa chaire.
Nous l'avons dit ailleurs, et nous croyons pouvoir résumer tout ce que nous avons mis au jour, dans cette simple déclaration : le despotisme a , par lui-même, quelque chose d'impitM d'éminemment contraire à Tesprit du christianisme , non-sef|||>. ment parce que, dans le dépositaire et l'usufruitier dctM^ pouvoir , il engendre à la fois cette soif et celle ivresse^ da pouvoir qui Tentrainent à s'arroger, autant qu'il est enJLBÎ^ l'exercice delà toute-puissance divine, étant ainsi , mémeimm V ordre temporel y la plus haute expression de V orgueil hummÊm mais aussi parce qu'il est invinciblement entraîné à en pinvi ser l'usage au delà des limites que Dieu lui-même s'est |C9r* scrites envers l'homme. Le despote la méprise , cette 001^0 créature que, suivant l'expression des Ecritures, Dieu fnà^ avec révérence, respectant en elle sa glorieuse image. Il nfit^ connaît aucune de ces limites que le Créateur a si visiblement tracées, lorsqu'il lui a plu de douer l'homme d'une libre intelligence. Il croit de son droit de subjuguer la conscience , de régenter le sacerdoce, de prescrire à ses sujets jusqu'aux conditions de leur foi , pour peu que, dans les lois exorbitantes qu'il juge à propos de promulguer, il croie découvrir quelque chose de favorable à l'accroissement de sa puissance.
^^^^ ÉE L^EUPIEC DE RUSSIE. wÊB
Ne dirait- on pas, à la vue de l'affreux tableau de violences et de cruautés que nous venons de dérouler, que k gouvernement russe a pris à lâcFie Ûa démontrer par k fait tout ce qu'il y a dlntolérable et d'injustifiable dans cette forme de goïivernemenL?
A cette détestable extension du pouvoir monarchique, quelle répression sera possible? Sera-nc la révolte des opprimes cootre cet abus de la volonté souveraine ? Assurément si la révolte, vengeressse des attentats que commet un pouvoir saus limites et sans frein, pouvait êtic légitime ou au moins excusable^ ce serait lorsque le souverain porte une main sacrilège jusqu'au sanctuaire de la conscience de ses sujets! Mais à Dieu ne plaise qu'une pareille pensée entre dans notre esprit! Dieu qui permet ce mal saura lui mettre nu terme; car devant lui le plus absolu pouvoir est moins que la poussîire dont se joue la tempête , et Tbistoire des anciens empires nous prouve qu'il ne faut souvent que Tabus même de la puissance pour la faire périr sous les plus cruels revers'.
Mais, h défaut même de cliatiments terrestres, comment écbapperez-vous à la colère h venir? C'est à vous tous^ moteurs et fauteurs de là persécution que l'épouse de Jésus- Christ soiiifre en Russie , que s'adresse notre demande ! Vous qui laisser en plein repos vos propres scbismatiqnes, vos pro* testants, vos juifs, vous qui couvrei aux yeux de vos musuliiïans le flambeau évangétique; vous qui soulTrez que les populations livrées au scliamanisme rendent au mauvais esprit un culte abhorré, et qui ne connaissez aucun moyen d'en pu- •^iJîer les régions glacées de votre vaste patrie , vous êtes inépuisables en moyens de coercition pour empêcher de raallieureuit catholiques , nés et élevés dans la profession de leur foi, qu'ils considèïxnit comme le plus précieux trésor de leurs âmes et de leur postérité; pour empêcher, disons-nous, ces infortunés de rester fidèles à leur conviction! Vous leur fermess le fianctuaire, vous menacez, vous frapper: les ministres du Dieu de vérité s'ils osent le leur ouvrir î Ceux qui , assistés d'une grtce spéciale, sauront préférer leur foi k tout ce que l'homme
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a de précieux dans l'ordre matériel (et le nombre en est grand encore ) , vous leur retirez la possession de Théritage paternel, vous les arrachez à la douce vie de famille, ?ou$ leur décernez la réclusion, Fexil, et, en tout ceci , vous prétendez , comme la synagogue persécutrice des apôtres , refK/rs service à Dieu! Quelques-uns résisteront jusqu'aux dernières extrémités à vos iniques commandements, et leur victoire sera admirée des cieux! Beaucoup succomberont, elFimpIacable remords sera le compagnon de leur vie; il pèsera sur eux encore au dernier instant de leur déplorable existence! — Qu'importe à cette barbare législation que vous inspire ie criminel mépris de la nature humaine? Une sacrilège conscription a fictivement et furtivement attaché ces infortunés à votre Eglise nationale; leurs fers sont rivés à jamais! Votre impitoyable prévoyance écartera même du lit de mort le légitime ministre de la réconciliation divine; la pénitence^sacramentelle manquera aux angoisses du moment^ qui portera ses remords et sa plainte au tribunal du vengeur!
Et vous pensez qu'un si horrible abus du pouvoir, one si impitoyable rigueur trouveront grâce devant la justice Lorsque luira le dernier des jours, et qu'en face de Ti se manifestant dans le courroux du juge de l'univers, se ront en une commune poussière le diadème» le sceptre et ces vains insignes du pouvoir suprême ; lorsque, dépoi de ces oripeaux de la terrestre grandeur, les rois trei ront à l'égal du plus humble de leurs frères; il vous sert mandé compte de l'éphémère puissance dont vous avez abusé. Lorsqu'à vos côtés paraîtront ceux qu'a opprimés despotique volonté; ceux qui, au prix de tout ce qui, l'ordre matériel, leur avait été cher et précieux, aurooff^ résister à des volontés effrénées ; ceux aussi qui, par en et par faiblesse, auront obéi à vos sacrilèges lois; lorsqt^ vous serez accusés à la fois par la palme de vos vainqueu ^' et par les pleurs des vaincus , confesserez-vous alors ces de?^ seins d'une vaine et caduque politique qui vous ont inspi^^^ vos projets persécuteurs, ou alléguerez- vous votre erreur, vC^ tre prestige d'orthodoxie, prestige qu'eût dissipé un cou^ instant de mûr et sincère examen , un seul coup d'œil impa^
DE l'empire de RUSSIE. 353
il jeté sar le grand astre d'unité qui éclaire le monde? >rsque, partie de Tœil du juste juge, la soudaine illumina- )a de son courroaic mettra à nu vos plus secrètes pensées, » passions les plus intimes, oserez-vous bien encore simuler îtie modération, cette mansuétude , cette longanimité que, jkns votre épître pastorale à vos nouveaux frères , vous ne eur recommandez qu'afin d'en parer aux yeux du monde voie fausse orthodoxie, et que démentent les faits atroces qui nos seront reprochés? Penserez-vous encore à dissimuler cet iptt&tre orgueil qui seul vous a inspiré le mépris de la chaire ifO0loliqiie , et la sacrilège détestation de sa douce et sainte pdssâoce?
ledoutables questions auxquelles nous ne connaissons fihute seule , mais terrible réponse :
EST QUI QUiERAT ET JUDIGET.
Msse, en attendant le céleste anathème, une clameur d'ul^^viABie indignation s'élever de l'Europe entière contre une ption si perfide et si barbare, que Dieu seul est capable ger et de la punir! Quant à nous , en la dévoilantaux ÈLfa monde , nous pensons avoir rempli un devoir presm conscience et de charité envers nos frères , et envers iDersécuteurs eux-mêmes; car, en écrivant ces pages, fions sans cesse entendre la voix divine , nous adresiméme commandement qu'à son prophète :
s, NE CESSEZ POINT DE CRIER; ÉLEVEZ VOTRE VOIX