GLYCINES
Comme j'avais raison d'accomplir ce voyage ! Son âme demeurait encore en ce séjour Et m'attendait au bout de mon pèlerinage.
Il avait embelli ces lieux de tant d'amour ! Lorsque l'on eut rouvert les fenêtres fermées Et que le vent marin, en remontant l'Adour
PHRSHPHOWE
Se glissa jusqu'au cœur de la viaison de Mées, (Le ciel d'Avril faisait sur nos têtes pleuvoir Des abeilles déjà de pollen emhaumces...)
J'ai frissonné soudain, tout ébloui d'avoir
Entrevu, près de moi, la face du poète,
Sous ce ciel devant qui défaillit tant d'espoir !
Car il était de ceux qui vont penchant la tête ; Les glycines, hélas ! ont, pour ces jeunes cœurs. Des parfums que l'esprit maudit, que la chair fête.
Mais fête en maudissant leurs tragiques douceurs. Vers l'ombre de l'enfant qui n'eut ni sœur ni mère J'ai laissé revenir ses véritables sœurs;
Chénier les connut bien qui sanglota : Néère ! Chénier les connut bien qui murmura : Naïs ! Ce pavs-ci leur fut un nouveau baptistère.
2 5 L'OFFRAXDE AUX OMBRES
Porteuses de rosée ou cueilleuses de lis, Voyez-les, sous l'ombrage azuré du platane : Cécile, Lucia, Nanie et Marylis.
Jacqueline en ses mains tient la rose persane ; Les rossignols d'Hafiz semblent chanter encor Aux cœurs émerveillés de Jeanne et de Suzanne ;
Et, cette nuit, le vent qui porte d'Hossegor Son grand baiser salin aux glycines nouvelles Fera trêve, pieux aux sœurs du jeune mort :
Il sait bien, comme nous, qu'elles sont immortelles.