DEVANT UN PORTRAIT DE CHARLES PERROT
Ainsi donc, vous voici comtne au bel été grave Où l'on ne parlait pas de guerre, où nous avions Sur des faces d'enfants le sourire qu'y grave Un univers fait de grands vers et de rayons.
A présent, un mur noir pour un temps nous sépare ; Nous nous retrouverons, je crois, plus tard, ailleurs ; Et nos terrestres jours, dont le sort fut avare, Au jour illimité nous paraîtront meilleurs.
PERSÉPHOXE 26
Nul mieux que moi n'aura compris votre âme grise Qu'un besoin de soleil éclairait en dessous ; Elle faisait songer au porche d'une église Ayant, pour mendiants divins, des Faunes roux.
Car vous possédiez tout, l'ardeur et la prière, Et l'orgueil d'être sage et celui d'être fort, Car vous étiez de ceux qui vont, la vie entière Le gosier plein d'un goût de laurier et de mort.
Je ne suis pas très sûr que mourir vous fut triste. Quand la nuit vous manda son invitation, Vous saviez que, plus haut, notre être vrai persiste Et qu'il vaut mieux, parfois, quitter Tyr pour Sion.
Oui, pendant un instant vous avez su, peut-être. Regretter le rosier qu'on plante en sol français. L'amante à son balcon, l'épouse à la fenêtre, La vie, et sa saveur de bon pain, de vin frais ;