BACTÉRIOLOGIE
Au point de vue bactériologique, on retrouvera le diplocoque de Neisser, mais il pourra durant cette période de calme revêtir des formes de dégénérescence
que souvent méconnaîtra un œil non prévenu.
SYMPTOMATOLOGIE
Les symptômes sont variables.
Ou bien il s’agira d’un malade qui viendra consulter parce que la période aiguë de sa blennorrhagie dure depuis plus de trois mois, ou bien il s’agira d’un malade dont l’urétrite aura passé à la chronicité.
De ces symptômes, le plus fréquent est la goutte matutinale. Elle a résisté à toutes les thérapeutiques.
Elle aura parfois passé inaperçue au malade, car elle pourra être si minime qu’elle ne consistera qu’en une simple humidité du méat dont elle collera les lèvres.
Elle peut être plus ou moins grise, plus ou moins épaisse suivant son abondance.
On y trouvera des polynucléaires plus ou moins altérés, des cellules épithéliales, des microbes banaux, des gonocoques parfois dégénérés. Le diplocoque de Neisser n’apparaîtra parfois qu'après la première fulguration, au moment où la caverne commencera à se drainer.
Des épreuves de la bière, des réactivations au nitrate d’argent, des massages de la prostate pourront aussi être impuissants à faire réapparaître le gono-
EREUTe
coque. D’où la nécessité de pratiquer des examens mi-
croscopiques après cultures de la goutte.
Ou bien le malade viendra pour une récidive franche, dont il ne pourra expliquer la cause. Il amènera parfois sa partenaire chez qui l’on ne retrouvera pas de gonocoque même quand les examens auront été
pratiqués dans les jours qui suivront les règles.
Il viendra encore pour une complication survenue inopinément : orchite (souvent orchites à répétition, orchites dites sans cause), prostatite, ou pour uné crise de rétention aigué.
Il viendra enfin parce qu’il perd le goût du travail, lé goût à la vie. Il devient neurasthénique, mélancolique. L'idée de son incurabilité et de sa contagiosité possible lé démoralise. On sait que la blennorrhagie produit sur le psychisme un effet d’autant plus déprimant que l'infection devient chronique.
L'examen des urines donnera des résultats variables, qui ne peuvent suffire à eux seuls à faire poser le diagnostic. Le premier verre est trouble ou clair, mais contient des filaments. Le dernier plus où moins clair, avec des filaments, contiendra parfois des grumeaux.
On pratiquera l'exploration de la prostate par le toucher rectal. Îl permettra d'apprécier autour de ces
cavernes une zone de sclérose qui leur fait une coque.
EE
Cependant cet examen pourra rester négatif, même à un doigt averti. À ce propos notre Maître, M. le Professeur Chevassu, déclare :
« Ce mois-ci chez un rétentionnaire chronique jeune, en rétention complète depuis trois mois, chez lequel au toucher la prostate paraissait normale, et qui était le type du prostatique sans prostate, l’urétrographie a décelé deux petites cavernes intra-prostatiques... »
M. le D Tourtou :
«J'ai vu, depuis la dernière réunion à Nice, un malade qui avait tous les signes d’une prostatite gonococcique. Sa prostate ne présentait absolument rien d’anormal au toucher rectal mais la pression faisait sourdre du pus au méat, présence de gonocoques. Je lui ai fait, pensant au cas que vous nous avez montré à Nice, une urétrographie et j'ai vu une image qui peut être calquée sur votre deuxième radiographie (caverne donnant l’image d’une plume d'oiseau avec sa nervure axale et ses barbules »). A l’urétroscopie que j'ai pu faire, j'ai vu deux petits orifices, entourés d’une zone d’œdème. »
M. le D’ Bonnet, communiquant une observation sur un cas de blennorrhagie persistante par diverti-