‹ Persistance de la disposition alterne ou primitive dans les cotylédons de la Betterave ( Beta vulgaris ), et de plusieurs autres ChénopodiacéesChapitre 3 sur 9 · DISPOSITION ALTERNE DES CHÉNOPODIACÉES · texte numérisé non relu

DISPOSITION ALTERNE DES CHÉNOPODIACÉES

fois les cloisonnements en série régulière, caractéristiques des formations secondaires, ne se montrent pas encore.

A ce stade, dans toute la hauteur de l’hypocotyle, le système conducteur différencié est représenté exclusivement par les faisceaux alternes que nous venons d’indiquer et il est tout entier destiné aux cotylédons. Il n’y a encore aucune trace de faisceaux caulinaires , aucune indication même de superposition des éléments libériens et ligneux, pouvant permettre de parler de faisceaux libéro-ligneux, comme on peut le constater par l’examen de la figure i. Par conséquent, les faisceaux cotylédo-

Fig. 2. — B. vulqai 'is. — Section transversale menée à la base du cotylédon. Etat très jeune.

Remarque. — Les mêmes lettres ont même signification dans toutes les figures, qui, à l'exception de la première, représentent toutes une section transversale de la base du cotylédon, dont la portion contenant les faisceaux est seule représentée.

naires ne naissent point des faisceaux caulinaires. Ils sont la continuation directe des faisceaux de la radicule et leur origine primitive est manifestée par leur disposition alterne.

C’est dans l’espace laissé libre par l’écartement des deux faisceaux libériens du même côté qu’apparaîtront plus tard les faisceaux caulinaires. Les cellules non différenciées que 1 on v °it dans cet espace (C, fig. I) se diviseront pour leur donner

naissance.

En suivant la marche du développement de l’appareil conducte ur, sur une série de plantules de plus en plus âgées, à partir de la précédente, on constate quelle s’effectue de la manière s un ante : de nouveaux vaisseaux se différencient en dedans des précédents formant avec eux un faisceau ligneux nettement alterne. C est la fin de la première phase.

SÉANCE l)U 25 MAI 1906.

Puis d’autres vaisseaux se différencient, de part etd autre de ces derniers, représentant les vaisseaux intermédiaires qui

correspondent à la seconde phase.

Enfin d’autres vaisseaux se différencient à la suite, en dedans du lil*er; ce sont les vaisseaux superposés. C’est le commencement de la troisième phase.

A partir de ce moment, on distingue aisément, dans les cellules situées entre ces derniers vaisseaux et le liber, les cloisonnements qui donnent naissance aux éléments libériens et lnrneux secondaires.

Accélération hasifuge. — A mesure qu’on s’élève dans le corps de la plantule, à partir de la radicule, on observe dans le développement de l'appareil conducteur une accélération très marquée. Cette accélération que nous signalons avec insistance depuis plusieurs années, en raison de son importance, est évidente pour les éléments criblés qui sont maintenant groupés en quatre faisceaux libériens. Elle se traduit pour les éléments vasculaires, par une réduction progressive des vaisseaux primitifs, par la différenciation plus rapide des vaisseaux intermédiaires et superposés et par l’apparition hâtive des formations secondaires, qui est sa manifestation la plus frappante. Mais tant que cette accélération n’a pas entraîné la suppression complète des premières phases du développement de l’appareil conducteur, on voit ces phases se succéder dans le même ordre, aussi bien dans les cotylédons que dans l’hypocotyle et dans la radicule.

Seconde phase. — Sur une seconde plantule un peu plus âgée que la première, faisons une coupe transversale à la base du cotylédon, nous verrons un faisceau ligneux primitif formé de plusieurs vaisseaux disposés en file sur la ligne médiane (B, fig. 3), puis à droite et à gauche des vaisseaux intermé¬

diaires (B', fig. 3).

7 roisième phase. — Enfin des vaisseaux superposés fig. 4), en dehors desquels commencent à se montrer

ques cloisonnements secondaires, apparaissent un peu plus tard.

On peut constater, en outre, par Fexamen deplantules successives, que les premiers vaisseaux différenciés entrent en voie de

G. CHAUVEAUD.

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régression (B, fig. 4 et 5). Ces vaisseaux vont s’atrophier peu à peu et disparaîtront ensuite complètement.

Sur une coupe transversale menée à la base du cotylédon d’une autre plantule plus âgée que les précédentes, on ne retrouve plus, en effet, que quelques-uns de ces vaisseaux (B, fig 5) à peine reconnaissables. Un peu plus tard, il n'en restera aucun vestige

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G). Dès lors, les deux faisceaux libériens (IV, tiy. G) ne

seront plus séparés l’un de l’autre que par des cellules de con-

ig. A. Section transversale menée à la base du cotylédon. État plus âgé que le précédent. B', vaisseaux intermédiaires, correspondant à la seconde phase du développement.

Fig. 4. — État plus âgé que le précédent. B", vaisseaux superposés correspondant au début de la troisième phase.

jonctif et tous les vaisseaux qui persisteront sont des vaisseaux superposés (B", tig. 6), c’est-à-dire correspondant à la troisième phase du développement.

A mesure qu’on descend des cotylédons vers la radicule, on constate une différenciation des éléments conducteurs de plus en plus tardive, conformément à ce que nous avons déjà dit de

1 accélération basifuge.

Ainsi, dans cette troisième plantule, à la partie supérieure de 1 hypocotyle, les vaisseaux alternes ou primitifs ont disparu comme ceux des cotylédons, et les vaisseaux superposés sont

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uiierenciés. Mais, un peu plus bas, les derniers vaisseaux alternes subsistent encore et les premiers vaisseaux superposés ne S0I1 t pas différenciés. Plus bas encore, presque tous les vais-

seaux alternes subsistent et il y a seulement quelques vaisseaux intermédiaires en voie de différenciation. Enfin, dans la radicule, il n’y a pas encore de vaisseaux intermédiaires différenciés, la

phase primitive est seule représentée.

Par conséquent, si on prenait cette troisième plante comme

point de départ pour l’étude du développement de 1 appaieil

Fig. 3.—État un peu plus âgé mon- Fig. 6. —État de développement à peu trant les vaisseaux primitifs B, près complet où la disposition superen voie de résorption. posée est réalisée, par suite de la dis¬

parition des vaisseaux alternes et intermédiaires qui donne en apparence deux faisceaux libéro-ligneux.

conducteur, tous les éléments disparus échapperaient à l’observation et l'on serait conduit à regarder cette disposition comme primitive.

Tous les vaisseaux existant dans cette plante, à ce moment, seraient dès lors considérés comme primitifs, au môme degré, et suivant l’usage devenu classirjue, on identifierait les vaisseaux intermediaires de l’hypocotyle et les vaisseaux superposés des cotylédons aux vaisseaux alternes de la radicule.

Pour expliquer leur situation différente, on serait d’ailleurs obligé d imaginer un dédoublement du faisceau ligneux de la

G. CHAUVEAUD.

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