DISPOSITION ALTERNE DES CHÉNOPODIACÉES
présente une section carrée assez caractéristique, chaque faisceau libérien ayant toutefois sa face externe un peu arrondie. Cet aspect se maintient dans l’hvpocotyle jusqu’au voisinage îles cotylédons.
Les deux faisceaux ligneux primaires de la radicule sont relativement moins développés que les faisceaux libériens; ils sont seulement représentés encore par quelques vaisseaux disposés en file radiale. Ces faisceaux ligneux se continuent de la radicule dans toute la hauteur de l’hypocotyle, puis ils s’infléchissent en dehors pour pénétrer dans les cotylédons, en même
Fig. 7. — Atriplex hastata. Section transversale de la base d'un cotylédon. État jeune.
temps que les deux faisceaux libériens qui leur correspondent. Ces deux faisceaux ligneux ne se dédoublent pas et ne subissent pas de mouvement de rotation.
A la base du cotylédon, on peut voir ce faisceau ligneux (B, fig. 7) représenté par trois vaisseaux situés sur la ligne médiane, alterne par conséquent, avec les faisceaux libériens
latéraux (L, fig. 7).
Ainsi à ce moment, dans toute la hauteur de l’hypocotyle, on ne trouve que ces deux faisceaux ligneux alternes avec ces fluatre faisceaux libériens. Ces deux sortes de faisceaux sont entièrement destinés aux cotylédons et constituent, par conséfluent, les faisceaux cotylédonaires. On ne trouve encore aucune trace de faisceaux caulinaires.
L accélération basifuge du développement est encore plus accusée dans cette plante que dans la Betterave. Cela est de
380 SÉANCE DU 2'i MAI 1906.
toute évidence en ce qui concerne les faisceaux libériens qui, au voisinage de la base de l’hypocotyle, sont remplacés chacun par deux faisceaux libériens nouveaux. Cela se constate aisément aussi pour les faisceaux ligneux, car les premiers vaisseaux sont nettement différenciés dans les cotylédons, alors qu’on peut à peine les distinguer dans l’hypocotyle. Il est vrai qu’avant l’énoncé de cette loi de l’accélération basifuge, ce dernier fait aurait été interprété tout autrement. On en aurait conclu que la marche du développement s’accomplit de haut en bas, ce qui eut été une confirmation de la théorie généralement admise. Mais, ce faisant, on aurait en même temps conclu que les vaisseaux superposés sont antérieurs aux vaisseaux alternes, ce qui suffit à prouver l’inanité de cette interprétation.
C’est d’après la marche ordinaire que se poursuit le développement de l’appareil conducteur dans VA. haslata ; des vaisseaux intermédiaires se différencient de part et d’autre des vaisseaux alternes, puis de nouveaux vaisseaux se différencient à leur suite et se trouvent nettement superposés au liber, enfin apparaissent les formations secondaires.
Pendant que ces derniers éléments libériens et ligneux prennent ainsi naissance, les éléments primitivement différenciés entrent en voie de régression. En particulier, les premiers vaisseaux disparaissent bientôt dans la région supérieure de l’hypocotyle et dans la base des cotylédons. Si on examine des plantules plus âgées, on ne retrouve plus trace du faisceau ligneux primitif alterne à partir d’un certain niveau de l’hypocotyle; les vaisseaux intermédiaires et superposés qui subsistent peuvent alors être pris pour des faisceaux ligneux réunis par leur extrémité interne, selon l’expression de Gérard.
En résumé, dans l’Arroche comme dans la Betterave, le développement de l’appareil conducteur subit les mêmes phases. Seulement, dans l’Arroche, l’accélération basifuge est plus grande que dans la Betterave, puisque la phase primitive est moins bien représentée à la base des cotylédons et que les faisceaux libériens sont dédoublés dès la base de l’hypocotyle. Dans 1 une et l’autre plante, les faisceaux cotylédonaires conservent, jusque dans les cotylédons, la disposition alterne primitive, et
G. CHAUVEAUD.