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rencontre presque jamais d’affections concomitantes pouvant faire penser à une inflammation oculaire intrautérine. De plus la pigmentation de la cristalloïde, se rencontrant chez presque la moitié des individus, on ne peut établir qu'un rapport de coincidence, et non pas une relation de cause à effet.
I s’agit donc bien là, d’un état physiologique et non de persistance de la membrane pupillaire. Il semblerait difficile, d’ailleurs, de donner ce nom à de très minimes points de pigment, ne renfermant aucun élément persistant de la membrane; nous sommes de l'avis de van Duyse (1), de Chauvel et Nimier, qui avaient déjà refusé cette dénomination aux amas pigmentaires, cependant plus volumineux décrits par Franke (>). Par contre, il est indéniable, ainsi que le montre l’observation de colobome irien que nous publions, que la pigmentation de la cristalloïde se rattache à lPadhérence qui existe à l’état fœtal, entre la capsule antérieure et la membrane pupillaire. (Kôlliker, Konigstein.)
DraGNosriG ESSENTIEL ET DIFFÉRENTIEL. — Quels sont les éléments de diagnostic fournis par la pigmentation congénitale de la cristalloïde ? Nous avons vu que, dans certains cas, elle est accompagnée, sur le même œil ou sur son congénère, de tractus capsulo-pupil-
(4) Van Duyse : Contribution à lPétude des membranes pupillaires persistautes. Annales d'oculistique, t. 95, p. 12: (2) Franke : Graefes Archiv. t. XXX, 1886.
laires, ou bien d’une membrane pupillaire persistante. La contemporanéité de ces deux états ayant été démonirée, le diagnostic devient plus aisé. Mais il est délicat quand les points de pigment se trouvent isolés sur la eristalloïde, ce qui est la règle. I convient d’abord d’écarter toute manifestation iritique ; le diagnostic doit donc, en même temps, être différentiel des dépôts pigmentares dus à Piriis.
Dans ce dernier cas, les dépôts sont plus volumineux. Résultant de la condensation de produits exsudaifs, on se lronve en présence à l'éclairage latéral d’une masse irrégulière, fibreuse, couvrant une assez grande étendue de la cristalloïde antérieure colorée en marron seulement par places, par suite du pigment qui s'est détaché de Puvée lors de la rupture de la synéchie.
Le siège de ces dépôts n'est pas non plus le même que celui des points dé pigment congénitaux, qui siègent le plus souvent au centre de la eristalloïde : bien ? que dans Piritis un myosis léger où même serré soit habituel, les amas pigmentaires se trouvent alors le plus souvent à une pélite distance du centre de la capsule.
De plus, ilest rare que Piritis la mieux soignée gnérisse sans laisser de traces sur le bord pupillaire ; sauf peut-être Piritis séreuse qui, ne laissant pas non plus de dépôts de pigment sur la cristalloïde, n’a pas à entrer en ligne de compte, Mais dans les iritis à exsudat fibrineux, On trouve loujours, après la guérison, des traces indélébiles représentées par des déchirures, un aspect
irrégulier de Pourlet uvéen de pigmentum nigrum qui recouvre le bord de la pupille; cette perte de substance s’est produite, par arrachement, lors de la rupture de la synéchie. De sorte qu'après une iritis, les brides fibrineuses étant résorbées, il reste encore, d’une part : des dépôts assez volumineux sur’ la cristalloïde, d'autre part, un aspect irrégulier de Pourlet uvéen pupillaire.
I faut également tenir compte de Panamnèse, liritis étant une affection trop douloureuse, pour qu'elle ait pu passer inaperçue du malade.
Mais il est possible, que pendant l'enfance de préférencé, des affections bénignes du segment antérieur de. Pœæil'et de Pépisclère aient pu retentir légèrement sur liris, et provoquer la désagrégation de points de pigment qui seraient venus se fixer sur la eristalloïde; mais dans ce cas encore, les dépôts pigmentaires ne se trouveront pas au centre de la capsule. À moins que lon admette qu'ils y soient portés par les contractions fibrillaires incessantes de Piris; ou encore entraînés par lPintlux de l'humeur aqueuse, provenant des procès cihaires et passant au iravers de la pupille pour se rendre dans la chambre antérieure. Mais ce ne sont là que des vues tout à fait théoriques.
L’emploi de Patropine montre qu'après une 1ritis, s'ilexiste des synéchies, le bord pupillaire reste fixé à la cristalloïde en cet endroit, et sur le reste de sa eirconférence se dilate d’une façon très irrégulière. Alors que s’il existe un tractus capsulo-pupillaire ou une mem-
branule insérés au petit cercle artériel; le libre jeu de la pupille n’est pas entravé. Mais une fois les synéchies rompues, l'iris, après atropinisation, ne se dilate pas d’une façon aussi régulière qu’un iris normal; la pupille décrit encore une circonférence un peu imparfaite.
D'ailleurs, même quand il n’existe aucune trace d'iritis sur le bord pupillaire, l'aspect seul de la pigmentation congénitale de la cristalloïde peut la différencier nettement des dépôts fibrineux capsulaires d’origine iritique : volumineux, irréguliers, siégeant loin du centre de la pupille, et près de son bord. La pigmentation congénitale présente, au contraire, des points isolés, épars, beaucoup plus petits, d’une forme régulièrement ronde, siégeant le plus souvent au centre de la capsule.
Mais, pourra-t-on dire, si ces points pigmentaires ne proviennent pas d’une iritis postérieure à la naissance, il n’en reste pas moins la possibilité d’une 1ritis intrautérine. Deux cas peuvent se produire : ou bien le processus inflammatoire évolue à une époque relativement précoce de la vie intra-utérine, alors que Piris n'est pas encore développé; et c’est la tunique vasculaire du cristallin dont plus spécialement, la membrane pupillaire, qui réagira. Il s’en suivra une adhérence cicatricielle entre cette membrane et la cristalloïde, qui s’opposera à l'avancement de l'iris en voie de développement ; c’est, à celte origine, qu'est due le colobome irien dont nous rapportons l’observation.
Si, au contraire, l'œil est affecté à la fin de la vie fœ-
tale, nous nous trouvons bien en présence d’une iritis, qui, si elle est bénigne, laissera des synéchies et des dépôts pigmentaires sur la cristalloïde, beaucoup plus volumineux que les points pigmentés physiologiques, et ne siégeant pas Comme eux au centre même de la pupile. Mais à cette époque, liris est rarement seul en jeu, linflammation comprend tout le segment antérieur de l'œil, le cristallin est souvent même cataracté. Soit que cette cataracte congénitale soit due directement à liritis, soit qu'il s'agisse d’une cataracte polaire antérieure consécutive à une perforation de la cornée. D'ailleurs uréthriqne, l'iris intra-utérine est rare. En ce qui concerne liritis hérédo syphilitique, Hutchinson (1) a démontré cliniquement qu'elle évoluait entre les deuxième et sixième mois après la naissance, Île plus souvent entre deux mois et deux mois et demi.
(1) Hutchinson : A clinical memor on certain diseases of the eye aud ear consequent on iuherited syphilis. Trad. fr. p. le D' Hermet. Préface de M. le professeur Fournier.