Cf. Infra p
De même certaines industries travaillant pour le compte
des précédentes sont étroitement liées à leur sort, par
exemple les établissements de chaudronneries spécialisés
dans l'installation des distilleries de betteraves. A Tlest plus difficile de faire admettre cette idée lorsque Île
caractère saisonnier tient. à la psychologie de la clientèle. C’est le cas des industries du vêtement, des industries du
“froid, ete. L'expérience prouve pourtant que le client est pratiquement incapable d’un effort de prévoyance et qu’il
attend toujours que le besoin s’en fasse sentir pour me ses commandes.
Des essais de réduction de prix en ho des clients
commandaient en morte-saison sont restés sans Succès. D'autre part, il est rigoureusement impossible de stocker,
puisque rien n’est fabriqué en série. :
Le cas des industries irrégulières est moins bien connu bien qu’il soit peut-être plus fréquent. Presque toutes les entreprises non saisonnières qui travaillent à la commande rentrent dans cette catégorie. Or, elles sont beaucoup plus nombreuses qu’on ne le croit généralement. L'introduction du travail en grande série dans l’automobile en particulier s’est faite avec une publicité qui à frappé les imaginations mais faussé les idées. Les conséquences économiques et sociales de ce mode de production ont retenu Pattention au point de faire oublier qu’il n’était encore que ee application tout à fait partielle.
Les petites entreprises sont particulièrement sensibles aux fluctuations de la demande. Elles ne peuvent pas comme les grandes faire des compensations entre diffé-
rentes fabrications ou répartir dans le temps le travail à.
exécuter par ordre d'urgence. Elles n’ont la plupart du temps qu’un tout petit nombre d’affaires en carnet et il
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suffit d’une de plus pour faire apparaître une pointe sensible dans le graphique de leur activité.
Plus que tous les autres, les sous-traitants sont astreints à exécuter le travail au fur et à mesure qu'il arrive sans pouvoir établir à l’avance un emploi du temps méthodique. Ils ont souvent à exécuter une opération sur un produit qui ne leur est confié que pour un délai très court par le fabricant.
Même situation pour les spécialistes de la réparation et de l'entretien. Le client ne peut pas attendre, il a un besoin urgent des pièces livrées ou du matériel avarié et on ne saurait lui opposer sous peine'de le perdre qu’il y à d’autres commandes à finir avant la sienne. |
Ce ne sont pas là des cas d'espèces ; la plupart des industries enregistrent des variations d’au moins 20 p. 100 entre le minimum et le maximum d’une même année, comme le prouve le tableau ci-contre qui donne l’indice d'activité de dix entreprises types de la mécanique en 1937. Il est à noter que ces chiffres ne représentent pas dans toute leur ampleur les fluctuations du besoin de travail, mais qu’ils reflètent les heures effectivement faites dans le cadre rigide de k loi de quarante heures. Ils ne correspondent donc pas à une marche idéale et il faut retenir que des retards ont pu se produire dans les livraisons en dépit de l’irrégularité déjà considérable des indices.
29 Conséquences de cette irrégularité. — Cet état de choses pose au patronat des problèmes fort délicats dans l’ordre économique et social.
Du point de vue social, il faut considérer que le patron même le plus anonyme, garde pour « ses » ouvriers une certaine prédilection en dépit des difficultés qui peuvent surgir
à certaines époques. Il lui est toujours assez pénible de débaucher en période creuse une partie de son personnel s’il n’a pas la possibilité de lui faire rattraper le temps pèrdu, d'autant plus que la grande majorité des intéressés n’accepte pas de gaîté de cœur d’être mise à pied. Pour les ouvriers des industries irrégulières ou saisonnières la réduetion du temps de travail est plus sévère puisqu'elle abaisse leur moyenne hebdomadaire au-dessous du chiffre des autres. La tendance générale se porte donc vers un personnel plus restreint mais utilisé plus complètement.
Du point de vue économique, le patron préfère recourir le moins possible à lembauchage d’un personnel d'occasion. En effet c’est toujours une perte de temps plus ou moins longue. Il faut faire appel aux bureaux de placement, faire un premier tri dans les sujets qui se présentent, faire effectuer un essai professionnel. S’ils ne remplissent pas les conditions, il faut recommencer l’appel. En outre, mêlés aux chômeurs involontaires, se trouvent des habitués, qui au bout d’une demi-journée du travail le plus simple demandent qu’on veuille bien reconnaître leur inaptitude. Tout cela est incompatible avec l’idée d’un surcroît de travail passager auquel il faut faire face rapidement.
Enfin il est souvent totalement impossible de faire face aux besoins de main-d'œuvre momentanés en raison de l'insuffisance des marchés locaux.
39 Insuffisance des marchés locaux. — Le problème serait assez vite résolu si on pouvait concevoir un bureau de placement unique possédant la fiche de chaque chômeur et capable de fournir instantanément un ouvrier de la profession désirée.
Il ne s’agit pas ici des ouvriers hautement qualifiés dont
il sera parlé un. peu plus loin, mais simplement de gens susceptibles de tenir, du jour au lendemain, un emploi précis, même assez simple.
Ne faudrait-il qu’une semaine pour apprendre à un ouvrier à se servir de telle ou telle machine dont il n’a pas Phabitude ou pour faire une opération peu compliquée mais à une vitesse suffisante, c’est déjà beaucoup trop lorsqu'il ne s’agit que d’un embauchage provisoire.
Or, chaque maison à des procédés de fabrication, ‘une organisation, voire des routines qu'il faut connaître. Ce
n’est rien de mettre au courant un homme nouveau quand il doit rester ensuite à pe mais c’est impossible pour 4 simple « coup de main ». | |
De la sorte la plupart des chômeurs ne sont directement utilisables qu’à titre de manœuvres, même s’ils ont su faire autre chose. Le nombre des inscrits, en particulier dans les bureaux de province, n’est pas suffisant, si inquiétant qu'il soit déjà, pour faire face à tout moment à la variété in finie des demandes possibles.
40 Les remèdes apportés. — En fait dans l’expérience française on à dû reconnaître, à la suite de l’enquête sur la production, Pimpossibilité dé parer aux suppléments de travail imprévisibles ou saisonniers uniquement par appel à la main-d'œuvre d'appoint. Et sans rejeter le principe des quarante heures, on a admis ‘ des dérogations d’une étendue strictement limitée, sous réserve que les branches d’industries bénéficiaires apporteraient au ministre du Travail la preuve de la légitimité de leur demande, et que les patrons soumettraient au contrôle de l’inspection du travail l'usage qu'ils feraient des heures supplémentaires. A