‹ Personnalité et Discipline dans l'Organisation des ProfessionsChapitre 3 sur 77 · II. — LE LIBÉRALISME · texte numérisé non relu

II. — LE LIBÉRALISME

19 Son ressort fondamental, l'intérêt personnel. — Les libéraux avaient cru voir un parallélisme naturel entre l'intérêt particulier et l'intérêt général, ou plutôt ils envisageaient ce dernier comme réalisé par un équilibre des intérêts particuliers constamment détruit et constamment ‘rétabli.

Pour détruire l’équilibre à son profit, chacun tentait de développer son utilité économique et recevait en contrepartie de son effort le produit de celui des autres. De telle sorte que, devenant toujours plus riche par rapport à luimême, il restait à égalité avec ses semblables. Le producteur constamment tendu vers l’idée de produire plus et mieux pour gagner davantage, bénéficiait en tant que consommateur de l’amélioration de la technique et de la baisse des prix qui résultait de la concurrence. Adam Smith qui devait mettre particulièrement en lumière le rôle de ce facteur, écrivait à ce sujet ces lignes qui sont devenues classiques :

« Chaque individu met sans cesse tous ses efforts à cher- « cher, pour tout le capital dont il peut disposer, l'emploi le « plus avantageux : il est bien vrai que c’est son propre « bénéfice qu’il à en vue et non celui de la Société ; mais, « les soins qu’il se donne pour trouver un avantage per- « sonnel le conduisent naturellement ou plutôt nécessaire- « ment, à préférer précisément ce genre d'emploi même qui « se trouve être le plus avantageux à la Société ‘. »

Si l’on peut aujourd’hui considérer comme bien optimistes les résultats qu'Adam Smith escomptait de son

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