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Métallurgie de la région de Valenciennes

de fait entre « normal » et « minimum ». Cela relève de la même erreur qui à déjà été signalée à propos des quarante heures et qui consistait à prendre comme maximum la durée courante du travail hebdomadaire.

Il y aurait lieu de faire une ventilation entre la part économique et la part sociale du salaire. C’est d’ailleurs une tendance dont on perçoit déjà certaines manifestations. R

Dans l’agriculture, les commissions paritaires du Finistère ont adopté des barèmes de salaires révisables suivant la variation des prix, mais en tenant compte, dans une proportion égale, du prix des produits agricoles d’une part, et du coût de la vie d’autre part.

Dans l’industrie, certains arbitres se sont inspirés des mêmes considérations et ont cherché à distinguer dans la rémunération la part qui doit suivre le coût de la vie et celle qui doit être fonction des conditions économiques des entreprises. La sentence rendue par M. Boris le 5 avril 1938 dans le conflit de la métallurgie du Var, est très caractéristique à cet égard, lorsqu'elle déclare :

MEL La question de majoration des bonis, primes et indemnités diverses de toute nature, y compris celles des apprentis liés par un contrat d’apprentissage, est considérée comme échappant à la compétence du présent surarbitrage et leur relèvement, s’il y à lieu, doit être laissé à la libre initiative des entrepreneurs particuliers intéressés dans chaque cas et suivant l'offre et la demande, dès lors que la considération de la hausse du coût de la vie à reçu dans la détermination du niveau des salaires effectifs proprement dit, toute la place qui leur revient.

1. Cf. Syndicats paysans, du 17 août 1937. « Comment travaillent les commissions paritaires. »

Enfin cette tendance se manifeste d’une manière générale par l’attribution qui est souvent faite, lors des relèvements de salaires contractuels, non plus d’un pourcentage d'augmentation, mais d’une prime de vie chère, qui s’ajoute fortaitairement au gain de l’ouvrier et n’a pas d'incidence sur la partie de son traitement conditionnée par son rendement. Fa | tot

Il serait désirable que cette dernière prenne plus d’importance au regard du minimum garanti. Malheureusement on risque en abaissant le minimum d’assister à une diminution générale des salaires et de voir s’amenuiser, par suite de la concurrence, la surprime apparente, qui résulterait de cette modification. ‘

En somme, ce qu’on peut espérer c’est une évolution lente dans la conception des barèmes, ceux-ci ne fixant plus que des indications, et étant entendu que les cours réellement pratiqués leurs seront supérieurs. Cette transformation ne peut guère se faire que dans une époque de stabilisation, où les syndicats ouvriers n’éprouveront plus le besoin de pouvoir agir rapidement sur les salaires : au gré de la conjoncture économique.

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