‹ Personnalité et Discipline dans l'Organisation des ProfessionsChapitre 39 sur 77 · I. — NÉCESSITÉ DE LUTTER CONTRE LA SURPRODUCTION · texte numérisé non relu

I. — NÉCESSITÉ DE LUTTER CONTRE LA SURPRODUCTION

19° Aspect complexe des problèmes patronaux.— S'il exite un parallélisme remarquable entre les idées directrices qui guident les patrons et les ouvriers dans la recherche de la sécurité de leur gains, les problèmes de la production se posent avec une complexité plus grande que ceux du tra- Vail.

En effet si les prestations fournies par l’ouvrier à son patron sont assez comparables, il n’en est pas de même des services que l’entrepreneur rend à ses clients.

Une discipline commune aux ouvriers à quelques chances d’imposer pour tous les mêmes charges et d’avoir pour tous la même utilité, car tous vivent du prix de leur travail, et dans une même catégorie sont comparables entre eux.

Par contre, pour le producteur le profit est composé dans des proportions très variables de la rémunération de ses propres efforts, d’un pourcentage sur le travail de son personnel, de l'intérêt des capitaux investis des différences faites sur la valeur des stocks.

A l’intérieur d’une même branche de fabrication une entreprise fournit beaucoup d'articles à bon marché, une autre livre des produits chers et très achevés. |

Dans ce domaine toute règle est donc plus injuste et toute unification plus illusoire.

Les disciplines patronales ne prendront pas de ce fait le caractère d’universalité des disciplines ouvrières. Celles-ci généralement demandées par une majorité ne pouvaient, en fait, s'imposer que par voie d'autorité et c’est la seule loi qui permettait de les appliquer à des centaines de milliers d'individus, souvent d’ailleurs par l’intermédiaire des . employeurs.

La discipline entre les producteurs s'établit plutôt sous forme d’ententes libres et spontanées. Même, si la loi intervient pour contraindre les dissidents, elle s’applique à une profession bien délimitée et néanmoins elle a fréquemment des conséquences regrettables en raison de sa rigidité. on | 0

I1 n’est pas rare que le règlement élaboré par les intéressés eux-mêmes, ne s’étende guère qu’à dix ou quinze producteurs. |

En conséquence on ne dut généralement pas réunies au profit de l'offre d’un seul produit les trois garanties d'adaptation, de bonne répartition et de rémunération suffisante, qui protègent l’offre de main-d'œuvre.

On assiste à une série d'expériences où l’un des trois facteurs prédomine, au gré des possibilités techniques et. des contingences économiques.

En outre, des considérations d'utilité publique ont amené à réglementer certaines industries comme les transports ; les nécessités du commerce extérieur ont déterminé la création d’ententes internationales. Il n’en sera parlé ici qu’in-

biens cette étude étant limitée aux entreprises privées et à leurs rapports dans le cadre national.

En dépit de ce caractère fragmentaire et de l’incidence de motifs divers, la première idée qui apparaît est celle qui a conduit les ouvriers à la loi de quarante heures. On pose

en principe qu’à une époque donnée et à un stade donné de la technique, la demande est pratiquement inextensible et l’on en conclut que c’est l’offre qui doit s’adapter.

A Surproduction et prix de vente. — I n’est pas douteux qu’une offre excessive ait pour résultat un effondrement des cours, mais on peut se demander s’il existe vraiment des périodes de surproduction. Certains l’ont nié. Ford déclare en particulier : |

« À toute époque, mais principalement à la fin d’une période de prospérité, les marchés ont des marchandises qui ne se vendent pas. Ce n’est pas parce qu’il y à surproduction, mais parce qu’il n’y a aucune raison de les acheter. La vérité est que ces marchandises sont tellement mal conques et mal faites qu’il serait commercialement plus sage de lés condamner que d'essayer de les vendre.

Nous devons comprendre que la soi-disant surproduction

n’a jamais existé jusqu’à nos jours’. »

Maison peut ne pas partager cette opinion ; il semble même que la tendance naturelle soit de surproduire, et cela tient au décalage inévitable qui existe entre le moment où les cours montent par suite de l'apparition d’un nouveau débouché et celui où les producteurs sont en mesure d’y faire face. Le mécanisme est le suivant :

Un événement se produit qui permet à une industrie de travailler avec des bénéfices exceptionnels : c’est une

Page 1