H. Ford. Le Progrès, p
guerre. qui rend les belligérants tributaires de ceux qui: étaient peut-être leurs clients, c'est une dévaluation. qui favorise momentanément-une exportation, ou c’est simplement un caprice de la mode qui porte les acheteurs vers: un. produit en vogue. :
A.ee moment les anciennes exploitations s’agrandissent, de nouvelles se créent. S'il suffit de multiplier la. maind'œuvre pour produire, l'offre se sera adaptée en quelques semaines, les cours se stabiliseront, et les hésitants renonceront à leurs projets.
Mais si des installations ou des travaux importants sont nécessaires, il faudra parfois plusieurs années avant qu’ils soient prêts à donner leur plein rendement.
On s'aperçoit alors que leur total dépasse de beaucoup les nécessités du marchéet l’on sacrifie à perte les excédents.
Ce phénomène est particulièrement facile à observer sur les marchés qui ne sont pas continus mais périodiques. Un exemple très caractéristique, bien que très restreint, fut celui du cassis.
Le-cassis était une culture accessoire peu étendue qui fut jusque 1927 extrêmement prospère. Voyant les prix qu'il atteignait, de nombreux exploitants eurent l’idée d’en planter. On arracha des vignes entières. Pendant les trois premières années, les plantations nouvelles ne produisant pas, les cours se maiïntinrent sensiblement, puis quand elles commencèrent à donner, les prix baïissèrent : deux ans plus tard ils ne couvraient plus les frais de cueillette.
C’est qu’en effet, si théoriquement tous les produis sont désirables en quantité infinie, l'utilité marginale en décroît très rapidement au delà d’un certain chiffre. Si n’est la quantité normale d’une marchandise achetée. par un
consommateur, il faut lui consentir: une, certaine remise pour lui en faire accepter » + 1 et: cette remise: væ crois sant à chaque: unité nouvelle qu'on lui propose.
Si l’on entend maintenir malgré tout à: un certain niveau le: tarif unitaire, il faut que l'offre reste inférieure: à ce qu'elle pourrait être. Le matériel ne donne plus. som plein rendement. Il n’y à plus surproduction, mais suréquipement.
30: Suréquipement el prix de revient. — C’est généralement ce qui se produit, car en pratique, le: vendeur sollieité fait une proposition de prix calculée d’après som prix de revient, qui décourage parfois l'acheteur. Le cours s’établira donc le plus souvent aux environs du coût de production et non au niveau qui correspondrait à l’écoulement complet des stocks.
De ce fait, le prix de revient setrouveaugmenté. L’amortissement du matériel est une somme fixe à répartir sur les produits livrés ; moins ceux-ci sont nombreux, plus le pourcentage de ces frais généraux est considérable.
On aboutit done à ce résultat, que le produit coûte plus: cher que si l'outillage était moins important et chacun cherchant à vendre davantage, les cours sont cependant moins élevés ; c’est une menace de faillite qui pèse sur toutes les entreprises.
Souvent d’ailleurs en voulant lutter loyalement contre cet état de choses par un abaissement des prix de revient, on ne parvient qu’à l’aggraver. En général les’ procédés techniques visant à ce but consistent non pas à réduire: la dépense globale de l’entreprise, mais à l’augmenter sous réserve d'obtenir une production, accrue dans des proportions, plus fortes, encore. Pour obtenir une diminution de
10 ou 15 p. 100 du prix de revient, on multiplie peut-être | par 2 le chiffre d’affaires à réaliser. Si bien que sur le plan général il en résultera, sile mouvement est suivie un engor- | gement plus dangereux qu'auparavant. Supposons un premier industriel qui fabrique des produits en quantité À, un second qui en fabrique B, etc... La production totale est donc :
A +B + C0... — P vendue à un prix p.
Supposons ensuite que le premier produise à un prix p' légèrement inférieur, une quantité supplémentaire a, la capacité d'absorption du marché se trouve relevée d’un pourcentage æ en raison de la baïisse des cours ; et il est WA Ê i certain temps, la situation est plutôt assainie. Toutefois,
possible que < ne soit pas supérieur à æ donc, pour un
les autres producteurs subissant la concurrence s’efforceront de procéder à des transformations identiques, d’où augmentations individuelles b, c... et une augmentation totale a + b “+ €... at :
Il est extrêmement douteux que
Lire soit inférieur
à æ qui est généralement très faible, plus faible que le
pourcentage de baisse des prix Le a alors qu’on peut adb : À mettre que <> 5: à .… lui sont supérieurs.
Le temps seul peut donc remédier vraiment à la situation créée par le suréquipement en permettant à celui-ci de se résorber lentement ou de s’adapter à des débouchés nouveaux.
40. Suroutillage et sous-production. — Puisque le danger réside moins dans la trop grande abondance des produits que dans celle des moyens de production, il n’est pas paradoxal de parler d’une crise de cette sorte en période de
short time. Surtout si la réduction du temps de travail est imposée, il y à un encouragement supplémentaire au Suroutillage, et les frais généraux s'avèrent de plus en plus difficiles à comprimer.
C’est pourquoi on a cherché une solution d'attente qui consiste à limiter le droit de production individuel.
59 Le contingentement. — Il était légitime que les producteurs victimes des crises de surproduction, essayent
d’en atténuer les inconvénients, et de se grouper pour y pallier.
-Ce qui importe, c’est d’attribuer à chacun un contingent maximum afin qu’il n’agisse pas comme s’il était seul sur le marché. Dans l’ensemble on peut envisager deux systèmes : lun qui fixe à chaque entreprise les limites à ne pas dépasser, en lui laissant la liberté de ses moyens d’action, l’autre qui détermine lenombre et la puissance des moyens de production, en laissant toute latitude quant à l’usage plus ou moins intensif qui en est fait. En somme le premier vise la surproduction et le second le suréquipement.
Tous les deux conduisent pratiquement à une diminution de l’offre et à une restriction de l’initiative, peut-être par là vont-ils à l'encontre du progrès technique et de l’intérêt général, ou au moins de l'intérêt du consommateur.