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LES ENTENTES DE PRIX

19 Le principe. — L'application la plus simple en théorie, et peut-être la plus délicate en pratique, est celle qui consiste à imposer aux adhérents leur prix de vente. On ne conçoit guère que ce système puisse être mis en jeu en dehors du cadre d’un cartel de répartition, d’un comptoir vendeur unique. D

- Si les prix sont uniformes, on ne peut nier que cette formule protège abusivement les qualités inférieures.

À première vue on serait tenté de croire qu’il reste encore à chacun une raison très sérieuse de perfectionner sa production : ce serait la possibilité d'augmenter la

marge entre le prix de revient et le prix perçu. En fait, il

n’est pas certain que ce mobile agisse rigoureusement dans le sens voulu.

Généralement, quand un industriel abaisse son prix de revient, l'augmentation de bénéfice unitaire est assez peu appréciable. Ce qu’il envisage surtout, c’est la possibilité de vendre moins cher, donc d'étendre sa clientèle au détriment de ses concurrents et de majorer ainsi son

- profit global sans en modifier le pourcentage par rapport au chifire d’affaires.

S'il n’est pas libre d’abaisser un prix de vente, son meilleur moyen de réaliser des bénéfices peut consister à laisser survivre son matériel amorti au lieu de le remplacer.

D'ailleurs, une fixation aussi rigide se rencontre assez rarement. Un premier assouplissement consiste dans la péréquation des tarifs.

20 Les systèmes de péréquation. —Par la péréquation, on attribue à chacun un prix de vente qui tienne compte de ses conditions particulières d’exploitation et en particulier de la qualité de ses produits. se

Son application ne va pas Sans difficulté, car il manque cet automatisme qui caractérise la fixation des cours sur un marché bien organisé où la loi de Poffre et de la demande joue correctement. Quand arrivent les époques de renouvellement des contrats, il faut déterminer arbitrairement les tarifs individuels et rien ne garantit l’exactitude des évaluations. En économie libérale, le producteur trop, exigeant perd une commande, puis une seconde, jusqu’à ce qu'il concède un tarif acceptable. L'acheteur au contraire doit augmenter progressivement son offre primitive, jusqu’au moment où il trouve un vendeur.

Ici rien de semblable : Padhérent n’a devant lui qu’un seul client, le comptoir, et celui-ci veut en principe éviter toute rupture. Les deux parties se savent à peu près indispensables. l’une à l’autre, et ne sont donc pas obligées de céder ; il faut recourir à l’arbitrage. Cette perspective ne peut que renforcer les prétentions, car on prévoit toujours que l’arbitre se contentera d’une cote mal taillée entre les deux chiffres proposés. L’expert, quelle que soit

sa compétence, ne peut pas « noter » mathématiquement les valeurs des produits alors que, sur le marché libre, il y aurait un chiffre qui s’imposerait, qui résulterait d’une « moyenne » d’appréciations et non d’une appréciation . isolée.

M. Armand Chartier propose une solution à ce sujet, une solution élégante et susceptible d’éviter bien des marchandages. |

« On peut. partir, dit-il, d’un prix égal pour tous, puis au fur et à mesure que se révèlent les avances des uns et les retards des autres, et, sur la base de ces avances et de ces retards, augmenter le prix des adhérents en avance, en leur garantissant dans la péréquation le bénéfice de cette majoration. Par voie de conséquence, on admet que la demande plus ou moins poussée de la clientèle vers tel ou tel produit consacre la qualité de ce produit t. »

Mais ce système paraît en contradiction avec le principe des pénalités pour avance, et il est probablement plus simple de laisser à chacun toute liberté d’action pourvu qu’il ne descende pas au-dessous d’un certain minimum.

39 La fixation d’un simple minimum. — C’est à ce pro- | cédé que se sont ralliées beaucoup de petites ententes, notamment celles qui portent sur des produits ouvrés difficilement comparables d’une maison à l’autre.

Mais le tarif minimum reste difficile à bien fixer.

S'il est trop bas, il ne garantit pas les entreprises qui livrent des produits supérieurs et qui continuent de se concurrencer entre elles. S’il est trop élevé, il ne laisse pas

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