LES ENTENTES DE RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
19 Le principe. — L'idée directrice est de supprimer des frais généraux inutiles dans la profession, en étudiant chaque client collectivement et non plus isolément.
La connaissance de ses caractéristiques techniques, de ses procédés commerciaux, de sa solvabilité ont. une
importance considérable et chacun à tout avantage à profiter de l’expérience acquise par les autres.
20 L’intercommunication des offres. — Dans les travaux exécutés sur commandes, en particulier, on ne saurait guère pousser plus loin la discipline professionnelle. La seule chose possible, c’est que tout industriel saisi d’une demande d’un client en avertisse ses collègues. Lorsque plusieurs établissements ont été pressentis, ils se réu-
nissent pour examiner ensemble la conduite à adopter.
II peuvent y avoir intérêt pour trois raisons.
D'abord on peut convenir, à charge de revanche, d’abandonner affaire à celui qui se trouve le mieux situé géo-. graphiquement ou qui est le mieux équipé pour exécuter le travail précis qui est demandé, ou qui à déjà traité avec Vacheteur. De la sorte chaque affaire devient plus rémunératrice pour celui qui la traite, puisqu'elle est exécutée dans les meilleures conditions possibles et que la concurrence $’abstient.
On peut éventuellement se partager l’ensemble quand la commande en vaut la peine.
En second lieu, on évite d’être victime du procédé qui consiste à obtenir des concessions en prétendant avoir reçu des autres maisons des offres beaucoup plus avantageuses. Le fournisseur éventuel qui sait être seul à soumetre des devis peut démentir, le cas échéant, les conditions fantaisistes qu’on attribue à ses concurrents.
On échappe enfin au risque de faire en pure perte des études souvent coûteuses. Il arrive, en effet, que le client, après s’être fait remettre de divers côtés des plans détaillés, les exécute ensuite per ses moyens et ne passe la commande à personne.
Une simple conversation peut suffire à obtenir des renseignements qui se recoupent et l’on arrête l’exécution de ce travail inutile.
Il y à là sans doute une manifestation d’ « économie concertée », maïs en réalité il faut y voir tout simplement la réalisation pratique de ce « marché » théorique sur lequel est sensée jouer la loi de l’offre et de la demande. Celle-ci suppose qu’acheteurs et vendeurs connaissent parfaitement et instantanément les quantités et les prix
des propositions faites et des transactions réalisées, en un mot que la publicité est complète. L’intercommunication des offres tend à donner à un marché extrêmement étroit une partie des avantages d’une bourse organisée.
30 Les services de renseignements sur la solvabilité. = En plus des manœuvres plus ou moins loyales auxquelles il peut se livrer en passant la commande, le client peut après livraison refuser de payer par manque d’argent ou mauvaise volonté.
Or, les mauvais payeurs changent de fournisseur à chaque opération. L'expérience qu’un vendeur fait à ses dépens ne lui resservira donc pas, alors qu’elle serait précieuse à d’autres.
C’est pourquoi certains organismes corporatifs adressent périodiquement à leurs membres la liste des clients à éviter. Par exemple, le C. I. U. N. T. ÉL. (Contentieux intersyndical de l’Union Nationale des Fabricants de tissus élastiques) avait, en 1937, signalé 710 faillites de merciers de détail sur 7201. re
Telles sont les disciplines que se sont imposées des producteurs pour garder un profit à leur capital et à leurs efforts. Elles portaient essentiellement sur les conditions du contrat de vente. Il reste à voir celles que d’autres se sont données dans le même but, mais portant cette fois sur le produit vendu. Il s’agit de la « politique de la qualité ».