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RAPPEL DES CONCLUSIONS PARTIELLES

Avant de porter un jugement d’ensemble sur les caractères de lPéconomie nouvelle, il n’est sans doute pas inutule de regrouper les observations de détails qui furent faites à l’occasion des différents chapitres.

19 La politique de limitation. — La politique de limitation des offres s’est révélée particulièrement délicate à bien conduire. Dans son esprit, elle doit tendre, non pas à un malthusianisme condamnable, mais bien à une adaptation exacte aux besoins. Autrement dit le volume de l'offre étant initialement supérieur à celui de la demande, il faudrait parvenir à le rendre sensiblement égal et jamais inférieur.

Quoi qu’on en ait dit, les initiateurs de la loi de quarante heures, comme les fondateurs des ententes, ne se sont probablement jamais proposé d’autre but. Malheureusement les difficultés techniques sont considérables.

Dans la pratique, il n’est guère possible de s’assurer que la demande sera toujours satisfaite sans constituer une réserve disponible à tout moment. Elle se traduit par du chômage ou des excédents de production.

La souplesse ne peut être obtenue que par une multi-

plication des règlements particuliers, d’où M a tn lenteurs et sources de fraude.

La limitation de la production individuelle ou desmoyens de production est la forme la plus sévère de la discipline. Trop poussée, elle prive un pays du plein usage de ses moyens : trop timide, elle est inefficace.

Elle ne peut donc s'appliquer heureusement que dans des secteurs de travail ou de vente bien définis après une étude minutieuse et une introduction très progressive.

20 La politique de répartition. — La politique de répar-

tition, très dangereuse quand elle est rigide, semble par contre susceptible de plus de nuances.

Toute mesure qui peut avoir pour effet d'imposer un producteur à son client ou un employé à ; SON patron ne

mérite guère d’être retenue. Ce serait une source de

défiance dans les transaction et de lutte sociale, une cristallisation du marché, une consécration des positions acquises. d

Mais sans lier les parties, il est opportun de ne obliger à réfléchiravant de se quitter. Les systèmes prévoyant une pénalité supportable à l'encontre de celui qui prend l’initiative de 1a rupture donnent aux affaires une sécurité très souhaitable. Ils allongent la vie des contrats et poussent à leur renouvellement ; par conséquent ils apportent au

marché une stabilité, une sorte de « viscosité » parfaite- .

ment compatible avec les transformations indispensables. Toutefois, si cette idée a pris corps assez rapidement dans les conventions de travail, elle ne s’est pas généralisée dans les relations commerciales où les obstacles matériels à sa réalisation sont assez difficiles à surmonter. I] faut dire aussi que ses effets sont assez limités. Pour

les obtenir on accepte moins volontiers certaines suggestions de contrôle auxquelles on se soumettrait pour essayer des solutions plus prétentieuses qui font figure de panacées. |

39 La politique de valorisation. — Évidemment la politique de soutien des cours, à connu plus de succès, et les hauts salaires ont soulevé des passions autrement ardentes que l'indemnité de licenciement.

Et pourtant, ce sont sans doute les procédés les plus fac-. tices que l’on puisse employer pour sauvegarder le produit du travail ou de la fabrication. Ils perdent d'autant plus leur efficacité qu’ils se généralisent davantage. Dans ce cas, ils modifient numériquement l’échelle des valeurs sans en déformer la structure.

Mais les abus de cette politique ne doivent pas faire méconnaître le parti qu’on peut tirer d’elle.

On à vu qu’elle parvenait rarement à la création de surbénéfices, au moins d’une façon durable. Son rôle salutaire sur la courbe des prix n’est pas de la relever systématiquement, mais de la maintenir légèrement au-dessus de la ligne des prix de revient et surtout de laplanir.

C’est le mouvement oscillant des cours, favorable à la spéculation plus qu’à l'effort qu’il faut essayer d’enrayer. Or il:est souvent dû à l’étroitesse du marché et à l’ignorance où tout le monde se trouve de ses possibilités présentes et surtout futures. Les ventes et les achats se font en champ clos, et subissent beaucoup trop l'influence de contingences assez secondaires. Il faut donc envisager avec faveur tout ce qui peut niveler les prix dans le temps . et dans l’espace.

En définitive d’ailleurs, on pourrait peut-être adopter

un criterium assez simple pour juger de ces disciplines. Les unes ont pour but d'imposer à chacun sa tâche, détendant ainsi tous les ressorts individuels d'initiative et d’action : elles sont à rejeter. Les autres sont bonnes, qui se proposent.simplement d’éclairer chacun sur la meilleurs orientation de ses efforts en lui donnant la connaissance du volume des débouchés, des ressources qu'il vaut le mieux utiliser, des prix les plus raisonnables, des produits les meilleurs. |

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