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CHAPITRE II Pertes par le Feu, en Général

FE" essayant d'étudier systématiquement les pertes causées par

le feu, il faut se baser sur certains faits, généraux mais incontestables, afin de se rendre approximativement compte de l'importance actuelle de ce sujet pour le Canada. Le feu cause inutilement des pertes de vies, d'emplois, de propriétés créées, de ressources naturelles et de prospérité commerciale. Il impose un fardeau économique sur toute la population, sous forme de frais d'extinction et d'assurance. Cette perte ; atteint des proportions si alarmantes au Canada qu'elle constitue le plus complexe des problèmes, qui se rattachent à la conservation de notre richesse nation ale, et réclame impérieusement l'adoption de mesures effectives pour y mettre un frein.*

Le Canada a subi, depuis la confédération, des pertes directes par le feu qui représentent plus de $350,000,000, non compris les feux de forêts. A cette somme il faut ajouter les dépenses de protection du public et des particuliers, $150,000,000, et la somme pour primes d'assurance, qui excède de $197,000,000 l'indemnité déboursée. Ces chiffres représentent, en leur ensenble, les dépenses directes occasionnées par le feu: ils montrent que, pendant le dernier demi-siècle, les destructions caustes par le feu ont imposé sur la population du Canada une taxe d'environ $700,000,000.f

Les dépenses indirectes comprennent l'interruption des affaires: les pertes des gages des employés, les pertes subies par les propriétaires d'immeubles, par le déménagement des locataires des maisons endommagées par le feu, les pertes éprouvées par les municipalités par la destruction d'effets imposables, et les plus importantes de toutes, les pertes de vies humaines. De telles dépenses, envisagées

*"“Quelque louable que soit la protection des ressources naturelles, je n'hésite pas à dire qu'il importe avant tout de conserver les propriétés du peuple. Nos ressources naturelles attendaient simplement le découvreur. Nos ancêtres avaient à leur portée, bois d'œuvre, minéraux e: forces hydrauliques. Aucune de ces choses ne demandait une once d'énergie, une minute de temps, ni le déboursé d'un sou. La propriété bâtie de notre population est tout autre, Chaque maison de ce pays représente une dépense d'énergie et d'argent. Donc la destruction par le feu de chacune de ces constructions est une perte irréparable pour la communauté.” — L'Hon. Chas. S. Deneen, gouverneur de l'Etat de l'Illinois.

Vu la rareté de renseignements à notre disposition, il nous est impossible de calculer approximativement la quantité des dommages causés aux forêts par le feu. On a souvent publié des estimations, d’après lesquelles la moyenne des pertes annuelles serait de $8,000,000 à $15,000,000; mais de tels chiffres ne sont que des conjectures, qui ne tiennent compte que du bois d'œuvre détruit: ils ignorent ies pertes énormes mais incalculables du bois qui n'a pas encore atteint sa maturité.

seulement au point de vue de leurs effets économiques, ne sauraient être représentées par des chiffres.

Accroissement On admettra que la situation s'aggrave au Canada, . cu quand on saura que les pertes par le feu, en 1890, au Canada s'élevaient approximativement à $85,500,000, qu'en 1914 elles étaient de $21,500,000, soit une hausse de 290 pour cent. Les seuls chiffres dignes de foi qu'on puisse consulter sont ceux fournis par les compagnies d'assurance depuis quelques années. Les pertes de ces compagnies, telles que transmises à la division des assurances du gouvernement fédéral, sont indiquées dans le tableau suivant, ainsi que le chiffre de la population pour chacune

des années, depuis 1870:

TABLEAU No. 1.—ACCROISSEMENT COMPARATIF DE LA POPULATION ET DES PERTES POUR LES ASSUREURS MUNIS D'UNE LICENCE PAR LE GOUVERNEMENT DU DOMINION

Année Population | Perte des Perte moyenne | Perte moyenne approximative d'assurance par année per capita

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