‹ Pertes par le feu au Canada [microforme]Chapitre 12 sur 87 · FE · texte numérisé non relu

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*Années du recensement.

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TABLEAU No 1—Syite Population Perte des Perte moyenne | Perte moyenne approximative d'assurance par année per capita men 5,371,315° 86,774,956 ,000 4,152,289 5,673,000 5,870,716 5,825,000 14,099,534 65,992,000 6,000,519 87,379,803 81.20 6,171,000 6,584,291 6,302,000 8,445,041 6,491,000 10,279,455 6,695,000 ,646,826 6,917,000 10,292,393 8,849,601 1.35 936, 12,119,581 14,003,759 15,347 14,030,298 13,287,572 1.73

*Années du recensement.

On voit par cette table, dont les moyennes sont calculées par décades que, vers 1870, les pertes couvertes Par assurance étaient d'environ $2,700,000 Par année; que vers 1880 elles s'élevaient à environ 3 milliors; que vers 1890 elles étaient d'environ 5 millions: de 1900 à 1910 d'environ 8 millions; et de 1910 à nos jours de 13 millions. La ville de St. John, N.B. fut incendiée vers 1870; de 1900 à 1910 on compte au moins dix-sept conflagrations; parmi les plus désastreuses furent celles de Hull, Ottawa, Montréal, St. Hyacinthe, Toronto, Trois-Rivières, Campbellton et Fernie. De 1910 à 1915 on n'a signalé qu'un grand incendie, celui du nord de l'Ontario, en 1911. Cependant, les pertes quinquennales, à l'expiration de 1915, excédaient celles de tou.e autre période.

Il va de soi que les chiffres susmentionnés ne représentent pas la totalité des pertes, car ils ne comprennent pas celles des propriétés non assurées, ni celles indemnisées par les compagnies d’assurance qui ne sont pas licenciées par le gouvernement fédéral. Il est douteux aussi que la perte comparée au nombre de la population soit un bon index de l'état des choses, bien que de tels chiffres nous montrent le rapide accroissement de la destruction causée par le feu. Il ne faut pas oublier qu'avec l'accroissement de la population, il y a eu encore une plus grande quantité de valeur en danger. La carte No. 1 montre que la valeur des propriétés assurées per capita, en 1870, n'était que de $64, tandis qu'elle

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GRAPHIQUE No 1-—AUGMENTATION PER CAPITA DE LA PROPRIÉTÉ ASSURÉE AU CANADA, 1870-1915

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s'élevait à $441 en 1915, soit une hausse d'environ 590 pour cent.

Depuis 1870, et surtout pendant les vingt dernières années, le Canada a beaucoup progressé en développement économique, Il y a cinquante ans, le Commerce et l'industrie se concentraient en quelques villes éparses à l'est des Grands lacs. L'Ouest, doté d'une énorme productivité de valeurs assurables, n'était pas encore colonisé. Depuis cette époque, le Canada s'est tellement développé que la valeur des propriétés assurées per capita est la plus élevée du monde. Il faut tenir compte de cette rapidité de développement, quand on étudie la question de l'accroissement des pertes causées par le feu, car on ne peut sparer le montant de propriété détruite par le feu d'avec celui des immeubles menacés.

Portée Les dommages causés par le feu, bien que locaux, ge es à l'origine, sont en fin de compte des pertes natiopar le feu nales. Leur véritable signification se révèle par

leurs effets sur:

(1) Les ressources naturelles, par la destruction des matériaux de construction.

(2) le crédit commercial, par l'abaissement de la sécurité:

(3) le progrès industriel, par l'obstacle à la production:

(4) le peuple, qui, en dernier lieu paye les frais.

(1) LEURS EFFETS SUR LES RESSOURCES NATURELLES.—Les matériaux, la main-d'œuvre et le temps, éléments fondamentaux de toute valeur créée, sont irrévocablement perdus dans la destruction de la propriété par le feu. L'énorme taxe d'assurance imposée sur le peuple, pour indemniser et remplacer la propriété, ne saurait récupérer les inatériaux détruits. Un tel fait est d'une grande portée sur la prospérité future du pays.

Parmi les ressources matérielles, les forêts sont les plus menacées par le feu. Le bois debout en certaines parties du Canada est sur le point d'être épuisé. L'Hon. sénateur W. C. Edwards, parlant à la huitième assemblée annuelle de la Commission de la Conservation, attira l'attention sur le fait que l'importance du Canada, comme pays forestier et producteur de bois, a été grandement exagérée. Lorsqu'il fit mention de l'est du Canada, en particulier, il déclara que, dans l'espace de quelques années, l'exploitation du bois sera tellement réduite qu'elle sera presque insignifiante, On

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fit remarquer à ce sujet que le feu a toujours été le plus grand ennemi de la foréi. On pourrait dire la même chose des feux autres que ceux de forêts. Cet élément a détruit au moins 20,700 édifices en bois au cours des quatre dernières années; la perte totale s'est élevée à plus de $14,000,000. Une quantité de bois, d'une valeur d'environ $8,000,000, a été brûlée en des édifices autres que ceux en bois. Le feu a également détruit « bois ouvré dans les cours des scieries, au montant de 86,500,006, pendant cet intervalle, et consumé $3,725,000 de produits forestiers dans les ateliers. Ces chiffres représentent simplement des valeurs dont la perte est facile à trouver, mais ils sont certainement incomplets. Il nous font comprendre cependant que le feu est la cause de l'épuisement de notre bois, même en dehors des incendies qui dévastent les forêts.

Puisque les ressources forestières et leurs produits se réduisent de plus en plus, il s'ensuit que le Canada devra recourir à d'autres matériaux de construction. La pierre, le sable, le ciment et la chaux sont pour ainsi dire inépuisables en ce pays. Quoique l'emploi de ces matériaux ait été restreint jusqu'à présent, par suite de la concurrence avec d'autres moins coûteux et plus facilement fabriqués, les méthodes améliorées appliquées à leur preparation et des marchés plus nombreux diminuent rapidement les frais de fabrication. Une étude attentive, par l'ordre du gouvernement, des propriétés des matériaux de construction pour en déterminer la nature r'1s résistante, aurait pour effet d'en généraliser l'usage et de conserver notre bois qui diminue. Une telle action immédiate serait amplement justifiée. S'il est du devoir de l'Etat de promouvoir la prospérité publique, en empêchant la destruction des forêts, la plus large application du principe devrait s'étendre à la protection des richesses créées. En définitive, la destruction par le feu: d'une maison d'habitation est une plus grande perte que celle du bois des domaines publics. Les habitations et le bois sont une partie de la richesse nationale; jeur destruction est donc une perte. Nul système de taxe ne peut les restaurer, que cette taxe soit perçue par les autorités, constituées en vertu de la loi, ou par les intérêts privés, sous forme de prime de polices d'assurance. Le reboisement des forêts coûte de l'argent, qu'il faudra se procurer par la perception d'une forme d'impôts quelconques. Remplacer des maisons détruites par le feu demande de l'argent, dont une grande partie, par voie d'assurance, est prélevée sur la propriété qui n'a pas été atteinte par le feu. En l'un et l'autre -:5, les

dépenses sont imposées au peuple du Canada. C'est donc une question qui intéresse tout le public.*

(2) Leurs &rrers sur Le CRÉDIT COMMERCIAL.—La richesse

de crédit élaborés. L'énorme commerce domestique et étranger du Canada s'effondrait irrévocablement, s'il fallait faire les diverses transactions argent comptant. Nous avons excédé le montant de notre argent sonnant, et nous ne Pouvous pas restreindre nos achats et nos ventes à la quantité de notre réserve d'or. Le commerce moderne dépend beaucoup de notre système de crédit. Si l'on exigeait de l'argent comptant pour toutes obligations, on serait bientôt réduit à la banqueroute,

Puisque l'expansion de notre commerce dépasse la valeur de notre richesse monétaire, il s'ensuit que la stabilité de notre crédit repose sur la solidité de notre système commercial. Toute forme de monnaie donnée ou reçue, au cours des échanges qui s'opèrent, représente une valeur actuelle, soit en immeuble, soit en effets marchands.

Si cette propriété est détruite, la grande organisation du crédit est amoindrie en proportion du montant de la perte. Sous de telles conditions, l'assurance contre le feu devient une garantie obligatoire, 11 faut que l'on sache que toutes les sources essentielles de sécurité sont sauvegardées contre les dangers de destruction par les éléments. On n'accorde pas de crédit à un marchand, ni à un manufacturier, ni à un homme d'affaires, à moins, que l'on ne sache que leurs effets, marchandises en transit ou matériaux en voie de fabrication, sont protéss par des assurances. On ne peut pas non plus emprunter sur immeubles, si tous les bâtiments ne sont pas assurés. Les affaires d'assurance sont donc inséparables de toutes les activités commerciales et financières du pays.t

*“La grande destruction de valeur en capital placé et l'absorption de capital flottant pour réparer les dommages, doivent nécessairement influer sur les finances Klobales; mais le fait que ces pertes et ces valeurs se répartissent sur une grande partie de la richesse monétaire en amortit le contre-coup. Les intérêts matériels sont si étroitement unis et si généraux que le fardeau de la perte et de la tâche de restaurer, qui écraserait sous son poids la communauté directement atteinte, est partagé par ces mêmes intérêts, qui sont plus ou moins solidaires dans le grand réseau de l'industrie et du commerce modernes. Il faut pour cela une large communauté d'intérêts et une + de conduite que produit nécessairement une complication d'intérêts Personnels particuliers. ”"— Journal of Commerce and Commercial Bulletin, New York, 1906.

t“Considérée sous tous les ints de vue, l'assurance contre le feu semble plus interétat que tout autre genre de commerce. Elle repose sur des moyennes ou sur la distribution, et, si nous tenons compte des grandes confla rations, il est impossible d'appliquer, d'une manière intelligente, les moyennes et la distribution dans les

rnes d'un état en particulier.” — De l'Uinois Fire Insurance Investigating Com. millee, 1911,

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Bien que les pertes provenant du feu puissent être indemnifiées par l'assurance, leur répétition exerce une influence adverse sur l'extension de crédit. Les cercles commerciaux perdent confiance en celui don’ les propriétés sont fréquemment la proie du feu. Une vile souvent ravagée par l'incendie éprouve des difficultés financières. Les courtiers ne tiennent pas à vendre les obligations d'une ville dont les propriétés imposables disparaissent continuellement en fumée.tf Une municipalité bien administrée, qui ne permet pas à ses citcynes de risquer leurs propriétés ou celles de leurs concitoyens, gayne la confiance des prêteurs. Lorsque les ressources créées, qui maintiennent toutes les relations du crédit, sont vainement sacrifiées par le feu d'année en année, le fondement même de l'édifice commercial du pays est ébranlé.f

(3) LEURS EFFETS SUR LE PROGRÈS INDUSTRIEL.—Le coût de la production d'articles manufacturés au Canada est grandement accru par les ravages du feu. Cette destruction est un obstacle à la concurrence avec les pays étrangers de plusieurs manières. On a calculé que les primes d'assurance contre le feu, sont cinq fois plus élevées au Canada que celles des pays d'Europe. Cette différence a pour cause les dommages excessifs du feu; elle fait imposer une charge fixe sur le prix de vente de chaque objet de commerce. Les sommes prélevées pour le maintien du service des pompiers municipaux augmentent aussi les frais de manufacture dans toutes les villes protégées du Canada. On peut dire que cette taxe est six fois plus élevée en ce pays qu'en Europe. Une telle comparaison n'est pas cependant très exacte, car en quelquesuns de ces pays les services des pompiers sont des institutions gouvernementales et sont, conséquemment, maintenus aux frais de l'Etat.

Le tableau suivant, qui établit une comparaison entre les taxes anglaises et canadiennes, dont sont frappées certaines industries spécifiques, montre clairement la surchage imposée

t'" Suicide commercial’ serait une expression appropriée pour qualifier le refus d'un individu ou d'une corporation, ou d’une municipalité d'adopter de raisonnables recommandations destinees à l'amélioration des dangers qui sont la cause des pertes par le feu.” —De l'Insurance Engineering, 1912.

t'Nulle communauté, qui a de l'amour-propre, ne peut se consoler en sachant que le monde déplore les funestes conséquences qu'elle subit, pour avoir négligé de prendre les précautions ordinaires contre la destruction de son avoir par le feu."— Du New York Sun, 1906.

au manufacturier canadien, par suite du coût excessif de \ssurance.

Taux en Angle

TauxauCanada

terre Per £100 Par $100 Par $100

annuellement! annuellement annuellement a [2 ment] annuellement ee ee

Manufacture de biscuits. ............ 7/6 80:37 cents $1:80 anufacture de chaussures... : °°°" 9/6 0:47 2-05 CABRETIER nn a a A 2/- 0:10 ‘ 0-90 Manufacture de vêtement!!!" 3/6 0-17 ‘ 0:87 MHNOTETE EN RE Een l1/- 0:53 ‘ 2-75 Manufacture de vêtements en fourrure 9/- 0-45 ‘ 1:45 anufacture de harnais. ...,........ 3/6 0-17 ‘ 1:45 Chapellerie (feutre)... 8/6 0-42 « 1:50 hapellerie (paille)... .....::777777"" 7/6 0:37 1:63 telier de construction de machines... 3/- 0:15 ‘ 1:00 Manufacture de planeuses.. ....... |! 25/- 1:25 ‘ 3*18 ÉD ST MA 7/6 0-37 ‘ 1:52 Manufacture de tissus blancs. PRE 3/- 0-15 ‘ 0:85 Manufacture de boîtes... .. sa 31/6 1:57 ‘ 3-10 Manufacture de laine... 11:77" 18/6 0-92 3-25 a — —

Prenons pour exemple une manufacture de chaussures. Sur chaque assurance de $250,000, un manufacturier de Québec verse une prime de 85,125, au lieu qu'un manufacturier de Leicester, Angleterre, ne paie que $1,150. Il faut que cette différence soit recouvrée sur le prix de vente des produits de la manufacture. Le marchand de gros sera donc tenu de payer non seulement la différence des frais d'assurance mais aussi les frais d'entreposage des peaux dans les tanneries et ceux des effets en transit, qui ont tous été comptés dans le prix de vente des matières brutes au manufacturier. En Supposant que le coût des matériaux et celui de la production soient les mêmes dans les deux cas, le manufacturier de Québec devra vendre 83,975 de plus la même quantité d'effets manufacturés, ou perdre ces 83,975 sur les profits de son commerce. Si la concurrence ne permet pas ce surcroît, et si les profits ne peuvent être réduits, alors, si la paire de chaussure, est de $3, et le profit 333 pour cent, la quantité de production de la manufacture de Québec devra être d'environ 4,000 paires de plus par année que celle de la manufacture de Leicester.

Il ne faut pas oublier non plus que tous les excédents de production, pour remplacer les dommages causés par le feu, représentent la perte de pouvoir productif d'autant de capital. Mais, comme une grande partie de la taxe imposée pour protection contre le feu est qualifiée d'extra, les manufacturiers passent outre. Cependant il faudra payer ces extra, directement ou indirectement. Voilà un problème que l'on devra résoudre, si l'on veut que le Canada puisse concourir sur les marchés du monde.

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(4) LEURS EFFETS SUR LA POPULATION—La destruction par le feu d'une propriété quelconque assurée est l'imposition d’une taxe sur chacun des assurés, et, en définitive, sur chaque habitant du Canada. L'assurance contre l'incendie n'est pas autre chose qu'une agence de distribution des pertes, et les compagnies constituent une agence de fidéis-commissaires d'un fonds commun. Les taux d'assurance ne sont pas autre chose qu'une évaluation nationale du coût des dommages causés par l'incendie. La moitié des primes perçues est remboursée en payement des pertes encourues. Les compagnies d'assurance retiennent l'autre moitié pour dépenses d'opération et profit. Si le nombre des feux est excessif, ou s’il survient des conflagrations, comme celle de Toronto en 1904, où les compagnies d'assurance ont dû débourser à la ville $10,000,000 on peut dire que tout le pays a contribué à rebâtir Toronto. C'est cette solidarité, sous forme d'assurance contre le feu, qui aide les incendiés à se relever de leurs pertes.

Chaque personne du Canada est tenue de contribuer directement ou indirectement sa part de la perte. La plupart des assurés sont sous l'impression que les frais d'assurance contre le feu ne sont autre chose que le montant de la prime qu'ils doivent payer pour les polices qui leur ont été données. On ignore, généralement que le prix de chaque article, nécessaire à l'existence, est grevé d'une partie des sommes payées pour l'assurance contre le feu. C'est un impôt indirect dont la proportion est difficile à déterminer. Le consommateur le paie inconsciemment, et volontiers. Le prix d’un pain, act 7 le marchand détailleur, porte le coût de l’assurance sur le, ‘s et les effets du détailleur, du boulanger, de l’entrepôt de : ..e, de la minoterie et des entrepôts à grain. De cette manière chacun contribue sa quote-part pour défrayer le coût de l'assurance. Une part du travail et de l'industrie représente donc l'effort improductif qui contribue à restaurer des valeurs détruites par négligence. La destruction par le feu, chaque année, de millions de dollars de valeur créée accroît le coût de l'existence; c'est donc une question d’une importance primordiale pour toute la population.

Pertes par le SHC e pouvait éviter les pertes par le feu au feu en pays Canada, il serait inutile de parler de réforme. étrangers

Mais si l'on jette un coup d'œil sur les pertes subies par les autres pays, on reconnaîtra qu'il est possible d'améliorer la situation. Des rapports spéciaux, recueillis par le National Board of Fire Underwriters des Etats-Unis, montrent que la moyenne des pertes per capita, en quatorze pays d'Europe, pendant la période de 1912-1915, était de $0.71, et, aux Etats-Unis, de $2.26. Pendant

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les mêmes années, la perte moyenne per capita en cinquante six villes canadiennes, s'est élevée à 92.96 per capita. Le tableau No. 2 indique les rapports respectifs de chaque pays.

TABLEAU No. 2.—PERTES PER CAPITA PAR LE FEU EN DIFFÉRENTS PAYS

Nombre de villes :

Pays ayant fait rapport Pertes par le feu per capita 1919! 1913 | 1914 | 1915 | 1912 1914 | 1915 | Moyenne CANADA... 56 | 56 KE 56 |2.7413.22| 3.38/2.40| s2.06 300 | 298 11333 |2-55/2-25|2.32|1.94| 2.26 1 1 1|——1|4.4111.28|1. 2.23 3 1, 310-4910-3615.35|1.62| 1.95 1 1|——12.3010-1513.13| 1.86 2 | |17|— | 17 11 —| —10.6911:38|—!|- | 1.02 2 1 1 10-8410-8911-19/0-95| 0-97 5! 3] 310.84/0-4910.6311.02| 0.74 1, | —|—10.69 ——|-| 0.69 li 9! 810:5410-33/0.6711.03| 0.64 1 1 110-6910-3210-:4310.72| 0.55 5 5| 310.0910-25/0.3:10.62| 0.53 31 10! —|-|0.5910.44|—| 0.51 21 21] 210.57|0.28|0.39|0.55| 0.45 1 —| 1|——10.30 —1|0.58| 0.44 1 1 110-1310-7410.54|.29| O.42 4 1] —10-3010.2510:42/———| 0.32 8| 4] 210:2010-2810:1710.49| 0.28 + 1 1] —]0:04/0:1510-.19/——| 0.13 ; 1 1 110-1210-1110:0710-14| 0:11 RE PE LR AE Perte annuelle moyenne per capita:

Etats-L. DÉBATS nec nee ee ne en 82.61 LES DT See CHEN D en ee en den RUN EUR 0.71 AE OUR OR AUÈTES DAYS Re ne en LRU Cu on 13

Suivant ces données les pertes moyennes au Canada sont presque quatre fois plus lourdes que celles d'Europe, Mais, comme la comparaison ne mentionne que les plus grandes villes, les chiffres fournis ne représenteraient pas exactement la situation générale.

Des statistiques recueillies sur un certain nombre de villes d'Europe et du Canada, avec population inférieure à 4,000, montrent que, de 1910 à 1914, les pertes du Canada étaient seize fois plus élevées. Cette énorme différence s'explique en grande partie par la nature des matériaux de construction, et par le fait que le Canada possède per capita une plus grande valeur en propriété exposée au feu Plusieurs industries importantes .ont situées dans les petites villes du Canada. Elles sont souvent la seule raison de l'existence d’une ville, et, advenant leur destruction par le feu, la perte per capita de cette ville s'élève extraordinairement au-dessus de toute moyenne normale du pays. Une qualification quelque peu semblable devrait accompagner toute tentative de comparer

les données des pertes canadiennes à celles des pays étrangers. Le fait que les valeurs exposées sont approximativement quatre fois plus élevées au Canada qu'en Europe nous porte évidemment à conclure que les mêmes causes d'incendie produiront, suivant toute probabilité, des pertes quatre fois plus fortes. Mais ce n'est pas une raison pour excuser les pertes que nous éprouvons par le feu; seulement, c'est un fait que l’on est exposé à passer facilement sous silence, quand on établit des comparaisons.

La véritable différence, qui existe entre les pertes subies par le Canada et les pays étrangers, se dégage mie‘x en comparant la fréquence et l'étendue des dommages du feu. Les statistiques que l'on possède montrent qu'au Canada on compte un feu par 600 habitants et en Europe un seul par 3,000 personnes. C'est-à-dire que ce pays serait cinq fois plus exposé au feu que les pays d'Europe. Il est difficile d'obtenir des chiffres exacts sur le nombre des feux qui éclatent dans les pays étrangers; mais le tableau No. 3 mentionne le nombre d'appels et les pertes per capita par mille personnes dans les plus grandes villes du monde.

TABLEAU No. 3.—APPELS PAR MILLE DE POPULATION ET PERTES PER CAPITA DANS LES LUS GRANDES VILLES DU MONDE

: |Appels| Per.

| Population, No. Perte |‘'PPe Ville | Pays Op RENE 10,000! per | estimative | d'appels | totale pop capita |

New York®*.....|Etats-Unis.... -| 5,333,537 | 16,245 |88,217,811 30 |S$1:44 Londresf ...... Angleterre..... | 4,522,961 6,125 | 2,750,000 14 0-60 Pants France. sos. 2,888,110 4,366 | 1,730,943 15 0-61 Chicago........ Etats-Unis ..…..| 2,303,425 | 14,077 | 6,018,589 | 63 2-46 FOR. se Japon... | 2,186,079 | 521 | ‘684,346 | 2 | 0.34 Petrograd...... Russie . sors 1,907,708 2,884 | 1,194,570 15 0-62 Philadelphie... .|Etats-Unis .. . | 1,657,810 5,061 | 2,791,130 | 30 1-68 Moscou........ Russie. ....... 1,468,563 1,228 | 1,926,525 8 1:19 Om Japon... ...... 1,226,590 203 | 373,623 | 2 | 0-28 Hambourg... Allemagne .....| 932,080 2,300 | 207,730 | 25 0-21 SES LOUE Etats-Unis ....| 734,667 4,674 | 2,900,522 64 3-42 Boston......... Etats-Unis ....| 733,802 5,679 | 3,044,627 | 77 4-06 Manet PORN 670,000 988 320,104 15 0-48 Montréal...... Canada....... 650,000 | 3,574 | 1,800,000 5 2-76 Cleveland. ..... Etats-Unis.....| 639,431 3,096 | 1,756,863 | 48 2-66 Baltimore. ..... Etats-Unis.....| 579,590 2,360 704,138 | 40 1:17 Madrid........ Espagne....... 571,539 820 ,000 14 0:15 Pittsburg....... Etats-Unis. ....| 564,878 2,160 | 1,750,437 39 3-10 Marseilles...... PERACE 050 550,619 500 433,528 9 0-79 Et. Etats-Unis.....| 537,650 | 3,602 | 1,675,261 | 67 2-99 Birmingham... .| Angleterre .....| 525,960 1,042 | 1,051,580 | 19 1-25 DUR: rance. ....... 523,796 258 | 933,170 | 5 | 1-78 Toronto....... serre ere | 470,144 | 2,137 | 1,457,479 | 47 3-10

ES ES + Plus grand New York. + Périmètre du service d'incendie Metropolitain seulement.

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TABLEAU No. 3.—Suite

à Appels| Perte A Population! No. Perte Ville Pays estimative| d'appels! totale — D er a Sheffield... ..... Angleterre ....| 454,653 382 | $110,950 | 3 | $0-23 Buffalo... ...... Etats-Unis ... | 454,112 | 2,279 | 1,167.096 | 60 | 2.54 San Francisco. .|[Etats-Unis ....| 448’ 2,645 | 1,037,486 | 59 | 2.30 ORRRREr Angleterre 445,568 298 377,089 7 0-84 Kyoto. ........ apon......... 444,462 110 | 293,740| 3 | 0.58 Los Angeles. ...|Etats-Unis ....| 438014 2,573 850,635 | 58 2-43 Milwaukee. .... Etats-Unis . .…. 417,054 ,206 834,649 | 54 2-11 Frankfort...... Allemagne 414,598 334 71,189 | 8 0-16 Cincinnati. . .... Etats-Unis 402,175 | 2,217 | 699,473 | 55 1:74 ewark........ Etats-Unis 389,106 1,913 | 1,280,110 | 41 3-20 Yokohama. .... apon......... 388, 116 252, 3 0-65 Belfast......... rlande........ 385,492 164 181,385 4 0-46 N RS réses apon......... 378,231 104 345,182 3 0:77 Kobe.......... apon......... 378,197 156 165,037 4 | 0:37 New Orieans....|Etats-Unis ....| 361,221 889 935,614 | 25 2-60 Washington. ...|Etats-Unis .... 353,378 1,374 779,792 | 39 2-21 Minneapolis. .. .|Etats-Unis .. . | 343,466 2,474 | 1,086,225 | 73 3:10 Edinburgh... ... Ecosse. ....... 820,315 522 127,120 | 16 0:40 Seattle......... Etats-Unis 313,029 | 2,081 896,688 | 67 2-96 Dublin......... Irlande... ..... 309,272 251 78,250 8 0-22 La Haye....... Pays-Bas .. ... 303,430 634 21,240 | 21 0-07 Hanovre....... Allemagne 302,384 404 112,408 | 13 0-37 ersey City.....|Etats-Unis ....| 293,921 1,045 372,327 | 36 1-24 tuttgart....... Allemagne ....| 285,589 188 29,533 | 7 0:10 Kansas City....|Etats-Unis ....| 281911 780 | 169,414 | 28 1:78 Bordeaux....... France ........| 261,678 391 158,958 | 15 0-61 Portland....... Etats-Unis 260,601 | 1,855 | 1,762,493 | 71 6-78 Indianapolis... Etats-Unis 259,413 2,132 | 1,004,523 | 82 3-86 Christiania. .... Norvège ...... 243,801 388 121,386 16 0-48 Rochester...... Etats-Unis 241,518 1,158 | 306,832 | 48 1:23 Florence....... oh 232, 193 40,132 8 0:17 Trieste......... Autriche ...... 229,475 457 220,839 | 19 0-92 Manille........ Isles Phillipines | 219,928 134 | 299,618 6 1-28 Lemberg....... Autriche... .... 206,574 455 31,015 | 21 0:15 Columbus...... Etats-Unis.....| 204,567 912 162,700 | 46 0-80 Winnipeg. .... Canada ...... 3,253 | 1,328 | 662,549 | 66 3-26 Cardiff......... Pays de Galles.| 182,280 1 99,770 9 0:55 Bolton......... Angleterre ....| 180,885 175,745 3 0-93 Atlanta........ Etats-Unis ....| 179,292 1,571 661,128 | 87 3-73 Nagasaki.......| Japon. ORALE 176,480 6 13,058 | — 0-08 Gambi. Belgique ......| 166,445 174 114,365 | 11 0-69 Birmingham. ...|Etats-Unis.....| 166,154 2,338 | 1,252,842 | 146 7-37 berdeen....... con 163,084 169 110,055 | 10 0-67 Worcester ...... Etats-Unis .... 157,732 1,466 ,720 | 91 3-66 POS... Allemagne . ....| 156,696 370 28,432 | 22 0-17 Gratz. ......... Autriche ...... 155,668 120 6,576 8 0-04 Syracuse. ...... Etats-Unis ....! 149,353 609 296,587 | 40 1:85 Memphis SE Etats-Unis ....| 143,231 1,429 822,938 | 100 5-67 1 EE Suisse. .....,..| 131,914 91 27,993 7 0-19 Birkenhead. . [Angleterre ... 130,83: 148 155,250 | 11 1-13 essine..,..... MR res 126,172 142 40,936 | 11 0-32 Fall River...... Etats-Unis ....| 125,443 530 | 321,699 | 44 2-57 Grand Rapids.. .|[Etats-Unis.. ... 123,227 571 157,848 | 47 1-26 Roubaix........ rance ....... 122,723 75 96,000 6 0-78 Nancy......... France ....... 119,949 90 97,615 7 0-81 Southampton Angleterre 119,039 72 94,720 6 0-77 Utrecht........ Pays-Bas ..... 119,006 99 7,892 8 0-06 Vancouver.....(Canada....... 115,000 642 | 677,771 | 53 5-89

TABLEAU No. 3.—Suite

| . | ls] Perte : Se Population| No Perte

Ville Pays estimative| d'appels| totale ps sois Nashwville.......|Etats-Unis ... 114,899 663 380,972 | 60 3:31 TPM CE Etats-Unis ... 111,986 764 546,301 69 4.87 Middlesborough Angleterre ....| 104,787 56 102,540 5 0-97 COM... Etats-Unis... 103,448 1,110 368,133 | 110 3-61 Albany......... [Etats-Unis | 102,961 | 1,003 | 600,788 | 98 | 5.46 Hamilton... .Canada....... 101,808 433 | 314,314 | 42 3-08 Ottawa........ Canada...... À 101,795 522 342,792 | 51 3-36 Springfield... ... Etats-Unis . 100,37€ 996 325,104 | 99 3-19 Hukuoka FRS ADO. 5. 100,210 16 9,045 — 0-09 Calgary....... Canada....... 84,000 417 142,536 | 49 1-69 Brescia......... PRAIRIE 83,323 134 21,146 | 16 0-25 As PRET ee Angleterre 82,277 35 6,740 4 0-08 Quebec........ RÉRCRE 80,000 662 290,361 | 82 3-63 Edmonton Canada....... 72,516 550 159,643 | 76 2-20 Ravenna....... tale is 71,690 22 7,980 3 0-24 Flensburg...... Allemagne 60,931 99 12,663 | 16 0:19 London ....... Mr 55,026 264 200,457 | 48 3-64 Halifaz........ Canada....... 55,000 251 88,304 | 45 1-60 Lancaster...... Angleterre .... 41,414 12 1,490 3 0-04 Torquay....... Angleterre .... 38,772 16 23,695 4 0-62 Saskatoon.....|Canada....... 25,000 182 | 301,719 | 73 | 12-06

Au Canada, le nombre des feux, pris dans l'ensemble, s'est accru plus rapidement que celui de la population. Ainsi, la ville de Toronto comptait 385 tocsins en 1890, 746 en 1900, 1,267 en 1910 et 2,080 en 1916, soit une augmentation de 440 pour cent pendant ces vingt-six années. Toronto, sous ce rapport, représente approximat':ement chaque autre municipalité du Dominion. Les feux sont devenus plus fréquents aussi depuis quelques années à Londres, Berlin et Paris; il faut sans doute attribuer la cause de cette fréquence aux complexités de 1: vie moderne; cependant le nombre est resté pour ainsi dire stationnaire dans les petites villes européennes.

La vraie signification de la comparaison repose dans le fait que, bien que la perte de propriété par tocsin ait augmenté anormalement en proportion de l'accroissement et de l'expansion des villes, les pertes par feux individuels ont diminué en Europe. Ce fait s'explique par l'appréciation des valeurs au Canada et le nombre croissant des feux qui ont endommagé les propriétés avoisinant celles où le feu a pris naissance. Nous ne possédons pas les chifires exacts des rertes subies par ces dernières; mais on peut dire qu’au moins 14 pour cent de la perte totale, éprouvée par la propriété au Canada, sont causées par la destruction des constructions voisines de celles où les feux ont pris naissance. Par contre, dans les villes européennes, telles que Leeds, Sheffield, Bristol,

ARRRSEEE MP 2 APE PES ou «

Anvers, Bruxelles, Milan, Rouen et Le Havre, les feux ont été circonscrits à l'édifice où ils ont éclaté. A Vienne, Florence, Dresde, Budapest et Moscow, en 1914, chaque feu a été éteint dans la pièce où il avait commencé. A Hambourg, en Allemagne, nul feu depuis 1842, n'a franchi les murs de la maison où il avait éclaté On ne connaît aucun cas de feu à Vienne qui ait détruit plus d'u. édifice, à la fois; et depuis sept ans on ne connaît que sept cas de dommages en plus d'un étage d'une maison en cette ville.

De tels chiffres forment un frappant contraste avec ceux du Canada, qui portent à 1,378 le nombre des feux qui ont éclaté de 1912 à 1915, et qui ont endommagé 6,786 édifices voisins de ceux où ils ont commencé. Et cependant nous avons en ce pays les appareils les plus modernes pour combattre les incendies. Bourn, consul général des Etats-Unis à Rome, dit qu'en cette ville, les feux ne s'étendent guère en dehors de la pièce où ils prennent naissance.

“Des seaux et des extincteurs sont presque les seuls appareils employés pour éteindre les feux. Lorsqu'ils ne suffisent pas, on se sert de boyaux d'un pouce et quart de diamètre. Mais la pression est généralement faible, quoique la provision d'eau soit très abondante. Lorsque la pression aux hydrautes (bouches d'incendie) est insuffisante, on a recours à des pompes portatives. S'il survient une conflagration, on fait appel à un vapeur; mais comme ses services sont si rarement nécessaires, il est loin d'être en bon état. La dernière fois qu'on s'en est servi, il a fallu attendre deux heures avant qu'il pût fonctionner."

A l'exception de Londres, Paris et Berlin, les villes européennes ne sont guère pourvues d'appareils perfectionnées pour combattre les feux. On a préféré dépenser de l'argent à surveille : la construction et l'entretien des édifices. Le Canada, par contre, s'est muni de ce qu'il y a de plus perfectionné et de plus effectif sous ce rapport. Les équipes de pompiers, les pompes et les accessoires des Etats- Unis sont incomparablement supérieurs à ceux des autres pays. La mentalité canadienne diffère essentiellement de celle des peuples d'Europe. Le public canadien ne conçoit pas que prévenir vaut mieux qu'éteindre. Il s'ensuit que le maintien annuel du service des pompiers coûte, en moyenne, $1.18 per capita, les pertes causées par le feu atteignent le chiffre de $2.96 per capita et les primes d'assurance $1.18, dépenses qui ne sont respectivement que de 21 cents, 71 cents et 26 cents, dans les pays d'Europe.

Causes des pertes Les causes des feux peuvent être attribuées à trois Pecq facteurs: dangers physiques, dangers moraux et au Canada état d'esprit. Par dangers physiques on entend les caractéristiques inhérentes aux matières combustibles et à leur

usage, par exemple consiruction défectueuse, chauffage, éclairage force motrice et occupations. Les dangers moraux peuvent provenir de motifs de revanche, d'aliénation mentale ou de désirs illégitimes de se procurer du bénéfice par la destruction de la propriété assurée. Les dangers provenant de l'état d'esprit sont l'insouciance et l'indéférence à l'égard des dommages causés par le feu.

Les contrastes frappants qui existent entre les pertes, la fréquence et la proportion des feux dans les pays d'Europe, comparés à celles du Canada, sont dus aux différences dans le règlement et le contrôle des trois premiers facteurs, causes des dommages provenant des feux. Les effets immédiats de ce contrôle se manifestent très aistinctement dans

(1) le caractère général des constructions.

(2) les lois régissant la conduite des citoyens. (3) le point de vue et la responsabili de l'individu.

(1) LE CARACTÈRE DES CONSTRUCTIONs—Les principales conditions structurales qui contribuent à prévenir les lourdes pertes par le feu en Europe sont: l'usage général de matériaux de construction ignifuges, le peu de hauteur et les dimensions des habitations dans les villes, et la rigidité des codes de construction. Si l'on excepte la Norvège, la Suède et la Russie, où les constructions en bois prédominent, il faut dire que presque tour les pays d'Europe interdisent l'érection de maisons en bois dans toutes les municipalités. Il n'existe qu'un très petit nombre de maisons en bois dans les campagnes, et l'on n'y trouve pas, comme au Canada, des villages entiers où toutes les habitations sont en bois. 11 faut en attribuer la raison au prix élevé du bois en Europe et à l'influence intangible d'une civilisation plus ancienne, qui vise à la permanence. Les autorités ont compris la nécessité de bonnes constructions, de sorte que, dans l'ensemble les édifices sont beaucoup moins inflammables qu'au Canada. Quelque paradoxale que puisse paraître 1. chose, on peut dire que, plus tous les édifices sont inflammables, moins il est nécessaire qu’une construction en particulier soit à l'épreuve du feu. Les constructions modernes que l'on suppose ignifuges, sont loin d'être nombreuses en Europe. Peu sont comparables à celles faites d'acier et de béton, depuis quelques années au Canada. On n'en a pas reconnu le besoin, parce que les feux originant à l'intérieur sont rares, et que les dangers extérieurs sont négligeables. Les feux sont moins fréquents dans une ville où les maisons, sans être absolument ignifuges, sont comparativement incombustibles, que dans celle dot les habitations sont généralement faites de matières inflammables et où il n'existe que peu de constructions ignifuges, ou à l'épreuve du feu.

Au Canada, les incerdies les plus désastreux ont éclaté dans les localités où les maisons étaient construites de matériaux inflammables. On calcule qu'en ce pays il y aurait à peine une maison sur 1,200 qui puisse résister plus ou moins efficacement à l'action du feu, et que 69 pour cent de toutes les habitations sont construites en buis. En dépit de la hausse du prix du bois, depuis quelques années, 47 pour cent de toutes les raisons bâties de 1912 à 1915, sont en bois. Rien ne saurait justifier un tel état de choses. Les premiers hameaux sont devenus des villages et ceux-ci des villes en peu d'années. Il y avait donc besoin urgent de maisons, et il s'est produit un développement sans prévision ni plan arrêté, Dans toutes les villes canadiennes, les besoins des habitants, créés par l'expansion industrielle, ont forcé à un moment donné, la transformation des rues résidentielles en artères commerciales. Nulle garantie de permanence, rien qui fût de nature À prévoir les futurs développements. Il en est résulté que les particuliers, par mesure d'économie, ont bâti des habitations peu coûteuses et temporaires, quitte à les voir devenir la proie du feu et à les reconstruire.

Actuellement on ne saurait appliquer aucun remède aux conditions des constructions en ce pays. La situation s'améliorera, à mesure que le prix du bois de charpente s'élèvera, et que les habitations actuelles seront détruit ; ou remplacées par de meilleures Les lois :’z:ssant la construction dans la plupart des vil'es canadiennes 14 impuissantes à y remédier. On défend généralement la construction des maisons en bois dans les quartiers commercieux d'une ville, mais on permet de construire des cabanes dans les environs. À mesure que la ville se développe, ces quartiers suburbains sont à leur tour encombrés et constituent une barrière infranchissable au progrès. Pour produire quelque réforme et marcher à la suite des pays d'Europe, il n'y a qu'un moyen: l'introduction en chaque province ‘d'une législation pour régir toutes les constructions conformément à des modèles reconnus plus ou moins ignifuges.

(2) Lois RÉGISSANT LA CONDUITE DES CITOYENS—Bien qu'il faille tenir compte de la meilleure qualité des constructions et des conditions climatériques en Europe, comparativement à celles du Canada, ou devra reconnaître un autre puissant motif dans les lois qui régissent la conduite de la popula:ion. Les lois européennes punissent l'insouciance, protègent la communauté contre ses résultats, rendent obligatoire une inspection rigoureuse de la cause des feux et impose de fortes peines à la négligence et à la criminalité. Elles rendent pratiquement impossible tout profit pour quiconque détruit sa propriété par le feu.

En France, des règlements gouvernementaux régissent tous les commerces dangereux et les occupations hasardeuses. L'inobservarice ou la violation de toute mesure de précaution, exigée par les autorités, peut «mener de graves conséquences aux coupables, car elle les rend responsables de toute perte causée par le feu s'il y a négligence de leur part. Un locataire est tenu responsable de tout dommage causé par un feu qui survient dans son logement, à moins qu'il ne prouve qu'il n'y a pas eu négligence. Si le feu est dû à une défectuosité de l'habitation, le propriétaire est tenu de dédommager le locataire de toute perte; le propriétaire, à son tour, est autorisé de poursuivre l'architecte, les constructeurs ou autres à qui on peut attribuer la défectuosité. ‘Ils sont passibles aussi des peines prévues par les lois et règlements qui ont été violés. La loi impose une peine capitale pour le crime d'incendie des maisons inhabitées. En d'autres cas, la punition pour crime d'incendie peut être une servitude pénale. Une enquête de toute cause et circonstances se rapportant à un feu est obligatoire, à moins que les dommages ne soient insighifiants. A Paris et dans les autres grandes villes, cette enquête est effectuée par les commissaires de police, assistés d'officiers du service des incendies; elle porte surtout sur la situation financière de la personne chez qui le feu a pris naissance. On tient même compte de ce point, quand des feux ont éclaté en des appartements particuliers. Dans les villages et les hameaux, l'enquête incombe au maire, à l'agent de police ou à d'autres représentants de la loi. S'il y a lieu de supposer que le feu est l'œuvre d'un incendiaire, ou si les circonstances portent au souyçon, il est fait rapport de l'enquête aux autorités judiciaires, qui intentent des poursuites contre le coupable.

En Allemagne, les municipalités exercent une surveillance rigide sur tous les travaux de construction. Des règlements très sévères régissent le chauffage, l'éclairage et l'entretien des maisons. Tous les théâtres doivent être construits de matériaux ignifuges, éclairés seulement à l'électricité, et pourvus de rideaux métalliques pouvant résister à une très haute température. Il faut que les cheminées de toutes les habitations soient construites suivant les règlements, nettoyées et examinées périodiquement par un inspecteur officiel. L'entreposage de marchandises inflammables et le commerce d'effets dangereux sont sujets aux lois municipales qui varient, quant au détail, en diverses localités, mais partout de telles conditions sont sujettes à surveillance. Les contrats de location de maisons d'habitation interdisent de faire usage de lumière nue dans les greniers et les caves. Une telle défense est une loi impériale que mettent en vigueur les autorités locales.

Dans les manutuctures et les ateliers, toutes les matières combustibles, papier, rognures rtc., sont mises en lieu sûr, à la fin de chaque journée de travail. Des règlements sévères régissent l'usage des produits inflammables du pétrole; les machines à pétrole, et autres, à combustion interne, sont sujettes aux plus minutieuses investigations. On ne permet pas d'empiler du bois dans les cours, et si parfois on y entasse du combustible, il faut qu'il soit disposé de façon à ne pas être un danger pour les habitations, advenant un feu. Le code civil allemand rend Chaque individu responsable des dommages causés, Par ses actes ou sa négligence, à la personne ou à la propriété de ses semblables. On suppose qu'il y a toujours eu malintention ou négligence, et, faute d'autres règlements, les dispositions 827 et 828 du code impérial sont obligatoires. On définit la négligence un manque de précaution: la non présomption d'intention est interdite. Un homme est responsable de l'infraction de son représentant légal et des personnes à qui il délègue l'accomplissement de ses obligations, comme s'il s'agissait de ses Propres actes. Lorsque plusieurs personnes s'associent pour commettre des actes repréhensibles, chacun est personnellement responsable du dommage qui en résulte. La même règle s'applique, si l'on ne peut savoir lequel des participants en est l'auteur. Les instigateurs et leur complices sont considérés de pair avec les auteurs. Le code criminel pourvoit une punition sévère, sous forme d'emprisonnement, avec travaux forcés, pour crime d'incendie, qui varie selon le degré de culpabilité, non seulement pour l'auteur lui-même mais aussi Pour ses complices. En certains cas, la négligence est même punie d'emprisonnement, et, s'il y à eu perte de vie, d'un emprisonnement dont la longueur de temps n'excède pas trois ans.

Telles sont les lois et coutumes en France et en Allemagne: ces mêmes mesures générales de régir la conduite des citoyens sont suivies par la plupart des pays d'Europe. Les habitants n'y voient rien d’anormal, au contraire, ils les reconnaissent naturelles et nécessaires aux intérêts de l'individu et de la population. Ils ne peuvent pas comprendre que l’on permette À quelqu'un de détruire la propriété par sa négligence et de mettre en danger la vie et les foyers de ses voisins. En parlant de la question des pertes causées par le feu aux Etats-Unis, le commissaire des assurances du Michigan disait récemment:

“Les autres nations ont vu l'inscription sur le mur et compris sa signification; il est grand temps que nous suivions leur exemple, Depuis nombre d'années elles ont cherché à réduire les pertes dues

aux feux, par la mise en vigueur des lois sévères touchant le nettoyage des corridors, sous-sols et greniers, et en rendant responsables

des dommages encourus non seulement la personne qui a violé quelqu'un de ces décrets, mais aussi les personnes qui auraient dû connaître l'origine de l'élément destructeur, Un Américain trouve la chose dure; il y voit peut-être une teinte de paternalisme, Mais ceux qui ont fait une étude raisonnée des mesures préventives contre le feu, reconnaissent que ces règles sont sages, et ils concluent naturellement que la nécessité exige des lois criminelles plus rigouruses et plus compréhensives.”

Toutes les lois européennes ne sont pas adaptables au Canada, mais le principe général, c'est-à-dire la responsabilité légale et criminelle pour cause d'incendie devrait être imposée à la personne responsable et subie par elle. Les compagnies de voies ferrées sont tenues d'indemniser les dommages causés par les étincelles qui s'échappent des cheminées de leurs locomotives en dehors de l'emplacement de leurs réseaux. Le même principe de justice ne devrait-il pas être étendu au propriétaire d'un immeuble si une étincelle échappée de sa cheminée négligée détruit où endommage la propriété de son voisin? On rend un patron responsable de blessures causées à ses employés ou au public par sa négligence. Pourquoi donc alors l'injustice due au feu, à l'exemple de celle causée par des machines, ne serait-elle pas indemnisée, quand il y a manque de précautions ? Les théâtres, les manufactures et les lieux de réunions publiques sont sauvegardés par des règlements statutaires ou autres, et l'on reconnaît qu'une telle protection est d'utilité publique. C'est aussi essentiel, pour l'intérêt du public, de légiférer pour suavegarder la vie contre tout feu qui prend naissance dans les maisons habitées. Des lois raisonnables, qui appliqueraient aux feux les mêmes principes que l'on met en vigueur contre les autres violations des droits des autres, réduiraient grandement la néglig ce, et auraient sans doute pour effet de diminuer considérablement les dommages causés par le feu au Canada.

(3) LE POINT DE VUE DE LA RESPONSABILITÉ DE L'INDIVIDU— La loi du voisinage prévaut dans toutes les parties de l'Europe qui suivent le Code Napoléon, et l'individu est reconnu aussi coupable par omission que par action. Un des effets du principe amène l'individu à tenir compte de sa solidarité à l'égard de ses voisins. On ne saurait trouver un meilleur exemple de cette solidarité qu'en mentionnant la coutume suivie par l'assurance en Europe. En France, pour remplir les obligations créées par la loi, les compagnies d'assurance ont adopté un système par lequel une personne se protège elle-même, non seulement contre sa propre perte mais contre les dommages que peuvent subir les voisins. Ce mode d'assurance compte quatre risques distincts: (1) le risque de la propriété individuelle; (2) le risque locatif, qui sauvegarde la

responsibilité du locataire à l'égard du propriétaire; (3) le risque des voisins, qui concerne le danger de détruire ou d'endommager par le feu la propriété du voisin, et (4) le risque des locataires, ou le droit que possède le locataire de réclamer indemnité au propriétaire pour défectuosités de construction et d'entretien, ou négligence de la part des ouvriers.

L'endossement par les compagnies d'assurance de la responsabilité de l'individu envers ses concitoyens, a eu pour effet d'établir la reconnaissance de la solidarité qui doit exister entre les citoyens et l'individu. Les règlements protègent l'individu de toute manière afin que le propriétaire, qui améliore sa propriété par la construction d'édifices permanents, ne soit pas sans cesse exposé à subir des pertes par la négligence des voisins. L'Hon. Robert Stone, de la législature du Kansas a défini de la manière suivante la différence entre la mentalité américaine et la mentalité européenne:

“Nous, Américains, sommes des faiseurs d'argent, les Européens en sont des ménageurs: nous sommes prodigues, ils sont économes. Nous nous imaginons que ce qu'il y a de plus important c'est de faire un dollar, et eux-croient qu’en épargner un en vaut tout autant. Notre façon d'agir se manifeste dans la construction à l'épouvante d'édifices inflammables, la leur se révèle dans la maçonnerie lente mais solide: nous sommes prêts à payer une forte prime d'assurance et à entreprendre le risque, eux préfèrent une légère prime et une grande vigilance; nous visons à des appareils perfectionnés pour éteindre le feu, eux s'appliquent à le prévenir. Nous considérons un incendie comme malchance et compatissons au sort de celui qui a été victime du feu, eux en font un crime, en recherchent la cause et punissent le coupable. Nous jugeons différemment aussi une police d'assurance. La destruction d’une propriété pour nous n'est pas regardée comme une perte, si elle est assurée—nous considérons les dommages comme supportés par les autres; L'assurance est pour eux une taxe à laquelle chacun contribue. Pour nous, c'est un jeu; pour eux, c'est un moyen de réduire la perte à une certitude par l'aide de chaque individu. Nous supposons que la compagnie d'assurance restaure la perte, eux qu'elle indemnise le propriétaire pour une propriété qui ne saurait être restaurée. Nous nous figurons qu'un feu est un échange de propriété pour de l'argent comptant; eux que c’est une perte irrémédiable de travail et de ressources naturelles. Nous faisons du feu une malchance, eux un crime. Nous nous efforçons de l'éteindre, eux de le prévenir.”

Le contrôle L'examen des différences fondamentales entre les et nie dommages, causés par le feu au Canada et dans le feu les pays étrangers, nous fait conclure que nous

ne pourrons pas, du vivant de cette génération, atteindre les mêmes résultats qu'en Europe. Les trois obstacles principaux sont: la

masse des constructions en bois, les conditions climatériques, et le caractère nomade de la population, non compris l'incendiarisme et la négligence. Cependant, il est possible, de réduire grandement le taux de la perte en préconisant les mesures préventives.

Par mesures préventives prises dans un sens large, on entend les moyens destinés à maîtriser les trois grandes sources de tous les feux: physiques, occupationnelles, personnelles. On cherche à rendre obligatoire la bonne construction des édifices et à sauvegarder les matières inflammables contenues à l'intérieur; à corriger la négligence personnelle et à faire disparaître l'incendiarisme, par un minutieux examen des causes de tous les feux. Quoiqu'il ne soit point probable que des lois, semblables à celles que l'on suit en Europe, . puissent être jamais adaptées au Canada, on cherche néanmoins à remédier aux maux publics par l'intervention des lois. Dans la complexité des besoins de la vie moderne, une bonne législation et sa mise en vigueur ont été reconnues essentielles pour produire une véritable emprise sur les choses à éliminer en vue de l'intérêt commun. Le Canada ne s'est jamais montré aussi retardataire dans l'avancement de tout sujet qui se rattache au bien commun que dans l'application des mesures préventives contre l'incendie. Les Canadiens possèdent tant de ressources naturelles; ils croient si obstinément à la liberté individuelle qu'ils n'ont pas senti le besoin d'économiser, ni jamais cherché à restreindre les libertés personnelles. Mais les pertes causées par le feu sont devenues un tel fardeau économique que même les plus riches pays ne pourront plus supporter longtemps. Il est donc inutile de discuter sur le droit et le devoir du gouvernement de contrôler tout ce qui se rattache aux pertes que subit le pays par le feu. La forme de cette législation ne présente aucune difficulté légale ou administrative. Chaque province, par l'intermédiaire de son pouvoir policier, est le moyen logique d'y réussir. L'autorité déléguée aux municipalités a prouvé sa futilité à produire aucune réduction de ces pertes, même sur de faibles étendues. Les règlements locaux sont malheureusement sujets aux infiuences locales, qui détruisent l'uniformité entre les différentes municipalités et finissent par obstruer tout avancement. Il faut un contrôle légal très étendu par l'imposition continue et universelle de ce qui est nécessaire pour arriver à la solution de tous les problèmes. Point n’est besoin de nouvelles lois. Une législation raisonnable, moderne, intelligente, uniforme et effective devrait remplacer les lois insuffsantes et ineffectives maintenant appliquées par les différents départements administratifs des gouvernements provinciaux et municipaux.

Toutes les lois préventives devraient s'appliquer à chaque partie des provinces, et autoriser les villes et les villages à accroître localement les exigences en cas de nécessité. Les avantages d'un tel système reposent dans son élasticité, qui tranche si avantageusement sur le rigide contrôle pc'icier des pays d'Europe. D'un autre côté, en fournissant à chaque province des modèles définis et invariables, il contribue à l'éducation continue des propriétaires d'immeubles, laquelle doit créer un appui public et rendre les lois plus effectives. En dernier ressort, le véritable problème des mesures préventives contre les feux consiste à obtenir l'intérêt et la coopération du propriétaire d'immeubles individuels.* C'est lui qui détermine en grande partie la construction, la nature du contenu, l'étendue de la protection, les réparations, l'administration des cents détails qui entrent dans les dangers auxquels sont exposés les édifices. Le fait qu'il faut l’aide de chaque individu montre qu'il n'y a pas de voie royale pour maîtriser les dommages causés par le feu au Canada.

“Notre plus grande tâche consiste à faire comprendre au peuple que le feu est le plus grand des ennemis. Les principes sont les mêmes. La plupart des citoyens admettent que les pertes dues aux incendies sont un déshonneur national. La difficulté consiste à leur enseigner qu'un remède est nécessaire. Il semble ridicule qu'un peuple, qui se montre si actif et si désireux de rechercher et de détruire les ennemis mystérieux et cachés de l'humanité, soit si lent et si mou quand il faut combattre un ennemi si visible et si facile à vaincre. Nous avons devancé le monde dans les recherches et l'enlèvement des causes des épidémies. Nous formons l’avantgarde dans la lutte contre la tuberculose, la fièvre typhoïde et les autres maladies malignes. Cependant nous restons en arrière et nous nous laissons devancer par les nations plus anciennes dans l'attaque contre un ennemi beaucoup plus facile à conquérir.

“Pour débarrasser le peuple du fardeau inutile qu’il porte maintenant, nous devrons lui enseigner l'importance et la signification de ce même fardeau et lui faire comprendre la nécessité de se défendre contre l'ennemi commun. Que le peuple réalise une fois qu'il est négligent et il aura bientôt trouvé un remède.” —L'Hon. Walter L. Fisher, secrétaire du débartement de l'Intérieur des E. U.

*“Quand on parle d'une perte de $300,000,000 par le feu, on n'y porte pas d'attention. Un tel fléau créerait une profonde impression sur un Français, un Anglais et un Allemand. Pour nous, c'est différent. Allez à Chicago ou à New- York et dites à un homme: ‘Le feu nous a causé une perte annuelle de $300,000,000.’ Que répondra:t-il? ‘Je suis occupé, cela ne me regarde pas.” On semble croire que c'est tout naturel qu'il survienne des pertes.”—L'Hon. Wm. C. Redfield, secrétaire du département du Commerce des Etats- Unis.”

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