PRRES PAR ERREUR AU CANADA
(4) Le manque de coupe-feu, tels que murs de brique pleins et pare-fenêtres. Les gaz et l'air surchauffé ne peuvent pas être retenus à l’intérieur d’une maison en feu et, par suite de certaines conditions, des jets de flammes, qui sortent par les fenêtres et les portes, reuvent ignifier des constructions situées à une grande distan: :
(5) Les systèmes de servi. d’eau insuffisants ou le manque de pareil: services. {'intticacité de ces systèmes a eu souvent pour care ‘a faiblesse les pompes, les ruptures des conduits principa :». les hvdrartes gelés, ou la vidange des réservoirs pour cause de uv:tnyage, pendant la saison de la sécheresse, sans que les autorités en charge eussent au préalable pris les mesures nécessaires pour y suppléer.
(6) Le retard apporté à sonner les premiers tocsins.
(7) L'’insuffisance de l'organisation et de l'outillage des services d'incendie. Il est arrivé souvent que le service des pompiers a été sérieusement embarrasé, par les accidents survenus aux appareils, au commencement du travail d’extinction, ou par la diminution du ombre des pompiers obligés de combattre en même temps deux ou trois incendies à différents endroits.
Conditions des Vu les éléments contributeurs de la propagation du conflagrations feu que l’on vient de définir, une étude des conditions
D pc particulières, qui existent au Canada, montre
qu'aucune cité ou ville n’est à l'abri des dangers d'incendie. Ces dangers, malgré l'amélioration récente apportée à quelques-unes, sont à craindre partout. Le chef des pompiers de chaque cité craint le jour qu'il devra vaincre lui-même les difficultés, qui ont défié les efforts coujoints des brigades de Montréal, Toronto, Ottawa et autres villes. On peut dire que les grandes cités et villes d'Ottawa renferment des quartiers où les établissements de commerce, construits en brique ou en pierre, sont entourés d’autres constructions presque toutes en bois. Les maisons de commerce et d'habitation des petites villes et villages sont généralement en bois.
Dans les quartiers d’affaires encombrés des grandes villes, les plus récents établissements sont ordinairement bien construits, mais généralement trop hauts pour être avantageusement protégés par les services d’eau, quand survient une conflagration. Les anciens édifices sont mal protégés contre le feu, car tous sont en planche ou madrier. Plusieurs ont une grande surface de planchers, ce qui favorise la marche du feu. On trouve çà et 1 parmi les bonnes et les pauvres constructions des masures impossibles à réparer, qui sont un danger constant pour les habitations voisines. Les planchers de la plupart des édifices sont percés de nombreuses ouvertures non protégées, escaliers, ascenseurs, claires-voies. On permet de percer des fenêtres d’une maison en face de semblables ouvertures d'une
maison voisine sans protection, pour diminuer le danger. A l'extérieur de plusieurs maisons, on ajoute de grandes corniches en bois couvertes de métal, des dômes inutiles, des toits en mansarde et d'autres ornements combustibles, qui détruisent entièrement la valeur protectrice des murs de brique ou de pierre.
On trouve invariablement une zone de pauvres constructions en dehors des quartiers d'affaires. Les bornes m :; cipales sont reculées de temps à autre: il s'ensuit que de misérables constructions se trouvent ainsi dans l'enceinte des villes, et sont plus tard un danger pour les édifices érigés à proximité. Cette zone extérieure renferme généralement les maisons d'habitation qui sont souvent bâties à proximité les unes des autres et la plupart du temps en bois ou revêtues de brique. Les matériaux sont de qualité très inférieure. car de telles constructions sont ordinairement destinées à être revendues pour fins de spéculation.
Plus loin encore il existe des centaines d'emplacements suburbains couverts de maisons, entièrement en bois. Chaque constructeur n'a suivi d'autre loi que la sienne. Les agents d'immeubles, ne cherchant que leurs profits, ont subdivisé chaque acre en autant de parcelles que possible, de là encombrement. Ces subdivisions manquent totalement de ce qui est de nature à retarder la propagation du feu, et ne reçoivent que peu ou point de protection des pompiers. Elles constituent une sorte d'indépendance par ellesmêmes et un danger pour les villes adjacentes. Un feu qui éclate en pareilles localités, activé par un grand vent, est difficile à maitriser. Il s'ensuit que de tels feux ne s'arrêtent que lorsqu'ils ont détruit tout ce qui était combustible, à moins d'être paralysés par un obstacle naturel, rivière, parc, terrain vacant. L'expérience d'un grand nombre de petits centres d'habitation justifie et demande une législation, qui aura pour but de réglementer toutes les formes de construction en dehors des quartiers municipaux protégés par le service des pompiers. Une telle mesure ne serait pas seulement salutaire pour le centre de population lui-même, mais concernerait essentiellement l'extension de la cité ou de la ville à laquelle un tel centre est adjacent.
Bien que la portée d’un exposé général, tel que celui qui précède, soit plus ou moins apparente, on ne se rendra compte de la situation actuelle que par un examen des conditions telles qu'elles existent dans les cités et les villes canadiennes.
Pour montrer plus clairement l'effet restreint des Cités typiques lois de construction sur la situation actuelle, on a fait une description abrégée des dangers latents de conflagration, tels qu'ils existent dans trois grandes villes
typiques du Canada, chacune pourvue d'une ordonnance moderne réglementant la construction. Comme cette situation est loin d'être flatteuse pour ces villes, les noms ont été omis.
La ville À possède un quartier d'affaires central, où 85 pour cent des édifices sont en brique, les autres, des maisons d'habitation, d'une hauteur de deux étages et demi, sont en bois. Quatrevingt-dix pour cent des édifices sont en brique avec charpente en madriers, les fenêtres ne sont pas protégées et les ouvertures pratiquées dans les planchers, ainsi que les nombreux espaces et cours donnant accès à la lumière, sont en matières combustibles. Les édifices de quatre et cinq étages prédominent. On ne trouve de bons appareils de protection centre le feu que dans 5 pour cent seulement des établissements extérieurs de commerce et de fabrication. Les quartiers de commerce extérieurs se composent approximativement de 38 pour cent de maisons de brique et de 62 pour cent de constructions en bois, la hauteur varie de 23 à 4 étages. La plupart des édifices, sur tout le long du quai et dans les quartiers des manufactures, sont revêtus d'une enveloppe métallique et couverts de toits brevetés. Presque toutes les habitations de ce quartier sont en bois avec toiture en bardeaux.
Le quartier principal des résidences, qui couvre un grand espace, renferme des maisons de 2 à 24 étages en bois avec toits en bardeaux, à proximité les unes des autres en longues rangées. Les nombreuses maisons de rapport de ce quartier comptent de 3 à 7 étages d': ‘sur. Toute la localité est entourée de dangers cours à bois, « ments de jeux en bois, réservoirs à pétrole pour les chemin : er.
Plusieurs petits quartiers habités sont à proximité de scieries et de piles de planche. Tous ces endroits sont exposés à devenir la proie des flammes, car les habitations sont toutes en bois, y compris la toiture, et se suivent en rangées ininterrompues.
Les dangers d'incendie de cette ville sont moins prononcés en certains quartiers, en d’autres très graves. Ils sont moins à craindre dans le principal centre des affaires, plus prononcés dans les quartiers des ven‘ :n gros et les quartiers extérieurs, graves le long des quais et 1es piaces manufacturières, accentués dans le principal quartier des résidences et très graves des les nombreux quartiers de constructions en bois, menacés par les sections industrielles.
Dans la ville B, le quartier des affaires couvre environ 50 carrés; il est divisé en trois sections par deux grandes rues. La section de l'est se compose de magasins de ventes au détail, d'hôtels de peu de valeur, d'entrepôts et d'un certain nombre
d'édifices à bureaux. La plupart des maisons sont à charpente de madriers entourés de brique; quelques-unes sont en matériaux à ‘combustion lente’ et d’autres à matériaux ‘ignifuges.” Les dangers d'incendie sont accentués; les maisons de brique sont mal bâties et celles en bois avec toiture en bardeaux, sont distribuées dans tout cet endroit. La section de l'ouest se compose de magasins de marchands détailleu:-s, et de théâtres de vues animées, d’hôtels de peu de valeur, de magasins de vente en gros et d'édifices à bureaux; plusieurs de ceux-ci sont de très bonnes constructions. Dans la partie nord de cette ville, les dangers d'incendie sont graves, par suite de la défectuosité des constructions, du manque de protection des fenêtres et du nombre des maisons en bois. Les maisons sont petites et les dangers de propagation du feu ne seraient pas à craindre, si des constructions en bois avec toiture en bardeaux n'étaient pas distribuées un peu partout. Dans la section des entrepôts les édifices sont presque tous en brique. Mais comme les ouvertures ne sont pas protégées, tout un carré peut devenir la proie des flammes. La partie sud est composée d'édifices à hureaux et les dangers d'incendie sont négligeables.
Les constructions en bois sont nombreuses dans les quartiers commerciaux de moindre importance, mais elles sont généralement de petites dimensions; elles seraient une proie facile pour les flammes, »n cas d'incendie.
La ,lupart des maisons sont en bois et recouvertes de bardeaux. En certains quartiers, où elles sont très rapprochées, le danger est très grave. Des maisons à logements, construites en brique, sont répandues un peu partout dans les quartiers des résidences, mais faute de protection pour les fenêtres, elles n'offriraient qu'une faible résistance à un feu activé par le vent.
Les dangers de conflagration dans la ville varient de “faibles” à ‘‘très graves’”’ dans le principal quartier commercial.
Dans la ville C, le quartier central du commerce est compost de magasins détailleurs, de bureaux, d'hôtels et de magasins en gros. Le quartier compte 29 carrés de maisons; les rues occupent 31 pour cent du terrain et les édifices 84 pour cent. Les carrés sont petits, mais on ne peut avoir accès à l’intérieur de 45 pour cent d’entre eux. Les rues sont étroites, ler. 1argeur varie de 40 à 60 pieds et il n’y a pas grand espace libre autour du quartier. Dans la partie sous constructions, 63.6 pour cent sont couvertes de maisons à madriers entourés de brique, 32.7 pour cent en bois et 3.7 pour cent à l'épreuve du feu. Des constructions en bois existent dans 83 pour cent des carrés Les espaces occupés par les constructions individuelles sont ordinairement de faibles dimensions, mais
un seul hôtel de quatre étages de hauteur à toiture en bardeaux couvre une superficie de 12,200 pieds carrés, et communique par des ouvertures non protégées avec deux autres sections de maisons à charpente en madriers recouverts de brique, ce qui forme une superficie de 19,700 pieds carrés. Si un feu se déclarait en ce quartier, il se propagerait rapidement et, pendant un vent impétueux, pourrait détruire toute une section.
Le quartier des entrepôts renferme de nombreux établissements mercantiles, qui sont des constructions en bois, la plupart à trois étages. Quelques maisons sont revêtues de brique. Les constructions sur le bord de l'eau sont toutes en bois, et quelquefois il Via sur le quai des effets de valeur en transit. Dans le reste du quartier, la plupart des édifices ont quatre étages en hauteur, ils sont en bois et couverts en bardeaux. Les dépôts de bois de service et de charbon, les entrepôts de poisson sont situés à l'extrémité nord du quartier. Le danger d'incendie est grand, vu que toutes ces constructions sont en bois.
Le quartier situé en dehors de la partie commerciale se compose de petits magasins avec logements dans les étages supérieurs. Ces constructions sont en bois avec toiture en bardeaux, très rapprochées et sans coupe-feu. Un feu, poussé par le vent, fer iit ici de grands dommages.
Le quartier des résidences renferme des maisons en bois avec toits en bardeaux; mais !a plupart des maisons sont détachées, quelques-unes cependant forment des rangées de logements contigus; le feu y causerait de grands ravages, car les toits sont en bardeaux.
En général, on peut dire que cette ville est très exposée au feu. Le quartier des affaires compte plusieurs maisons en bois, dont quelques-unes sont revêtues de brique; les rues sont étroites: à l'intérieur des carrés il y a peu d'espaces libres; les dangers d'incendie sont donc très accentués. Dans le quartier où sont situés les entrepôts et le quai, le manque de protection et le nombre de constructions en bois rendent le danger d'incendie très grave. Les maisons du quartier des petits magasins n'offrent aucune L-otection contre le feu. Le quartier des résidences, qui se compose de maisons en bois avec toit en bardeaux est très exposé au danger.
Etat de la La construction des maisons et édifices laisse beauconstruction coup à désirer par tout le Dominion, sans mention
eu rassur . . . .
° Me d'aucune province en particulier; les chiffres re-
cueillis pour la fin de la présente investigation en sont la preuve. On a prié les autorités locales de chaque cité, ville et village du Canada d'énumérer les type particuliers des constructions
renfermées dans leurs circonscriptions. Les réponses montrent que les maisons en bois et les toits en bardeaux sont très répandus dans les quartiers encombrés des grandes villes, prédominent dans les quartiers extérieurs, et presque toutes en bois dans les petites villes et villages. Le tableau suivant donne les pourcentages de chaque type de construction:
Tagceau No. 16.—SOMMAIRE DES DIVERS GENRES DE CONSTRUCTIONS AU CANADA (Places classifiées suivant la population)
Cités Villes de | Villes de | Villages de
au- 5,000 1,000 audessus à à dessous
Type de construction 10,000 10,000 5,000 1,000
Pour cent | Pour cent | Pour cent | Pour cent 53 27 18
(a) Brique ou pierre.............
Revêtement de brique .
(b) Brique ou pierre Revêtement de brique
(a) Dans les quartiers encombrés. (b) Dans les quartiers des residences.
Le danger Un des dangers de la plus haute importance, qui des toits affecte les conditions d'une conflagration, est révélé RE par le tableau ci-dessus. Les chiffres montrent que les bardeaux forment un pourcentage prédominant de l'usage des matériaux à toiture au Canada, bien que leur emploi soit regardé comme la pire cause de propagation des feux. Cependant en étudiant la question, il faudra se garder contre des conclusions trop hâtives, qui demanderaient l'abolition de l’usage de bardeaux pour les toitures dans tout le Dominion. Vu les nombreux aspects du sujet, une telle mesure ne serait pas économique. On continue cependant à s’en servir; parce que de tels matériaux coûtent peu, s'appliquent et se procurent facilement. Ces avantages sont évidents en un pays forestier comme le Canada, malheureusement, leur inflammabilité est un grand désavantage. Pour montrer jusqu’à quel point les bardeaux sont un danger grave, on a recueilli des renseignements sur un certain nombre de conflagrations aux Etats-Unis. Heureusement que le Canada a été exempt jusqu'à présent de ces terribles désastres, malgré l'usage général de bardeaux qui s'y fait.
Les autorités déclarent que la plupart des grands incendies ont été propagés par des pièces de bois enflammées enlevées des toits. Ainsi Mr. Frank Lock, gérant de la ‘Atlanta Insurance Company” de Londres, Angleterre, affirme que:
“Si on lui demandait de nommer la vause qui répand le £ 1s l'incendie, à l'exception de la négligence, il mentionnerait les toits en bardeaux. Ils sont tout à fait dangereux et ne devraient être tolérés dans aucune ville où ils couvrent des édifices situés à peu de distance d'autres. Le grand incendie de Galveston, celui de Jacksonville et celui de Chelsea, sans faire mention de la vaste étendue ravagée par la conflagration de Chicago, doivent leur propagation aux toitures en bardeaux. On peut en dire autant de milliers d’autres feux dont les flammes se sont répandues d'une maison à l’autre."
Toits à bardeaux Pour appuyer cette déclaration, une liste de grands dans les récentes incendies a été compilée par le “National Board of per pe Undervwriters;" elle montre que treize incendies aux Etats-Unis, depuis 1900 ont causé des destructions de propriétés évaluées à $70,000,000, et dont les toits en bardeaux ont été la cause directe de la diffusion.* Les feux et le total des pertes sont les suivants:
1909—Fort Wortu, Texas 800,000 1910— Wallace, Idaho 1,000,000 1911—Bangor, Maine. 3,500,000 1912—Houston, Texas 4,500,000 2,250,000
En consultant les rapports officiels de ces incendies, on voit que le danger spécial des toits en bardeaux n'est pas mitigé sensiblement par la distance, qui sépare les maisons, ni par les espaces inoccupés, ni les barrières intermédiaires sous forme de constructions en brique. Le vent ou le tirage produit par le feu ont emporté au
“Depuis la compilation de cette liste, un incendie qui a éclaté à Atlanta, Georgie, le 21 mai 1917, a totalement détruit le quartier commercial de cette ville, reduisant en cendres des vingtaines de carrés de magnifiques maisons et des centaines d’autres plus communes en bois. On a évalué les pertes à $3,000,000, et l’on a attribué la nature et la propagation du feu à la grande quantité de toits en bardeaux.
loin des bardeaux enflammés qui, à leur tour ont communiqué le feu aux toits sur lesquels ils sont tombés. On lit ce qui suit, dans le rapport sur l'incendie de Salem, Mass., le 25 juin 1914:
‘Ce sont encore les bardeaux qui ont joué un rôle sinistre; s'ils n'avaient pas été projetés dans toutes les directions, le feu n'aurait probablement pas traversé la rue Essex, ni les voies ferrées du Boston and Maine, étant donné que la moitié des services d'incendie de l'Est du Massachussetts était à l’œuvre. Toute personne, placée sur une hauteur pour regarder le progrès du feu, a pu constater que les maisons du sud de Salem s’enflammaient par la chute de tisons enflammés sur leurs toits. Le maître d'un remorqueur fut obligé d'éteindre des tisons en feu qui tombaient sur le pont de son bateau, à cinq miiles du rivage.”
On lit dans le rapport du ‘Tennessee Inspection Bureau” ce qui suit au sujet de l'incendie de Nashville, le 22 mars 1916:
‘“‘Trente-trois maisons, situées à des distances de 100 à 1,000 pieds au sud-est des ateliers à planer, s’enflammérent peu de temps après le commencement de l'incendie; 18 de ces maisons étaient couvertes en bardeaux. Le danger des toits en bardeaux se constate ici mieux que jamais. Les pompiers réussirent vers 12.20 à maîtriser les flammes des 33 maisons situées dans la première zone; mais la vitesse du vent ayant augmenté, des bardeaux enflammés furent emportés au delà d'un espace inoccupé de 1,800 pieds et communiquèrent le feu à d’autres maisons couvertes en bardeaux, sur les rues Main et Howerton, ce qui occasionna un second incendie dans la partie la plus peuplée, où étaient situées les plus riches résidences de la ville. Le feu se répandit ici avec une rapidité sans égale, 42 pieds par minute, et détruisit plus de deux naisons par minute. Ce désastre nous enseigne que si vous voulo:s arrêter à l'avenir la marche afolée du feu, il faudra éliminer ou liminuer ce qui lui sert d’amorce. Des maisons en bois et des toits en bardeaux furent sans doute la cause de la communication du feu à la seconde zone. C'est aux dépositaires de l'autorité qu'il appartient de légiférer pour réduire le nombre des feux dans les cités et les villes, et le sentiment populaire devrait s'élever contre l'usage des bardeaux, en approuver l'abolition, et réclamer la construction des maisons en matériaux ignifuges et durables.”
Le rapport concernant le feu de Paris, Texas, qui éclata le 21 mars 1916, a montré qu'il serait possible d'arrêter les incendies dans les sections renferment des maisons en bois, s’il n’y avait pas de toits en bardeaux. Si les maisons sont couvertes en hardeaux et que le feu est activé par le vent, une douzaine d’embrasements peut survenir dans un rayon de plus d’un mille, pendant que les pompiers sont occupés à éteindre le premier. Le Commissaire de l'incendie du Texas décrit de la manière suivante le feu de Paris:
‘“‘Le feu s'étendit du lieu d'origine vers le nord-nord-est, élargissant son passage à mesure qu'il avançait, et bientôt il atteignit les
quartiers nord et est de la ville, ne laissant çà et là qu'une maison isolée et noircie ou en partie endommagée et recouverte d'une toiture en matériaux ignifuges. Les flammes dévastèrent une superficie de 264 acres dans l'enceinte de la ville, et plusieurs petites maisons, des écuries et des bâtiments en dehors de la ville: 1,440 constructiuns furent détruites, dont 1,051 à toits de matériaux combustibles, c'est-à-dire, 73 Pour cent du nombre total détruit: 1,297 de ces constructions étaient en bois ou revêtues d'une couche de métal, soit 90 pour cent; 117 établissements de commerce en brique, 522 bâtiments extérieurs, tels que granges, étables, garages, etc., 13 églises et 9 édifices publics. Ce feu nous montre pleinement que les toits en birdeaux constituent un danger grave. L'histoire moderne ne contient pas un plus parfait exemple de danger que celui d'une ville où prédominent les toits en bardeaux. Les pompiers ne manquaient pas pour combattre l'incendie de Paris; l'eau ne faisait pas défaut. Le quartier du commer:e nen était pas non plus la cause; il faut en attribuer la propagation aux toits à bardeaux dans le quartier des maisons d'habitation de la ville. Les pompiers furent impuissants à retenir le feu dans la mai:on où il avait commencé, car les tisons emportés par le vent le communiquaient à des constructions situées au delà de quatre, cinq, six et même dix maisons les plus voisines du foyer initial, et c'est presque toujours par le toit qu'il y avait accès. Celles-ci à leur tour propageaient les flammes de la même manière à d'autres maisons couvertes en bardeaux; et finalement toutes les habitations située: au sud et à l'est des quartiers de com1..erce devinrent la proie des flammes, et, bien que les toits des établissements de commerce ne fussent pas responsables de l'ignition, malgré les tisons qui y tombaient en grand nombre, la chaleur intense des flammes poussées par le vent, et les débris en feu qui couvraient les rues, y entrèrent par les fenêtres et les portes. Si les toits des maisons, placées entre le lieu d'origine du feu et les établissements de commerce, avaient été ignifuges, on croit que les pompiers auraient réussi à circonscrire les flammes au moins dans le carré d'origine.”
Comme ce feu avait été publié à profusion, aux Etats-Unis et au Canada, et que l’on s'était fortement élevé contre les règlements qui prohibaient les toits en bardeaux, il semble qu'il vaut la peine de citer les témoignages déposés devant une commission d'état qui fit une enquête à la suite du désastre. Les faits les plus saillants qui en résultèrent étaient que le quartier du Commerce, dont les établissements étaient couverts en matériaux ignifuges, résista au feu jusqu’à ce qu'il en fût entouré de trois côtés; qu’un service ordinaire d'incendie ne peut combattre qu'un seul feu en même temps; et que l'élément destructeur n'atteint les proportions d'une conflagration que parce que les toits en bardeaux prédominent.
Les partisans des toits en bardeaux déclarent que non seulement ces matériaux ne sont pas dangereux, quand ils sont employés
en dehors des quartiers encombrés, mais constituent un excellent préventif s'ils sont humides. Le ‘National Lumber Manufacturers’ Association” dit, dont l'Engineering Bulletin No. 1:
“Les mêmes influences qui ont créé un préjudice contre l'usage du bois et des constructions en bois, dans les quartiers de commerce, ont essayé d'éliminer les toits en bardeaux. La propagande est entièrement basée sur le danger d'incendie; on sait en effet que de bons bardeaux, bien placés et bien cloués, donneront un meilleur service que toute autre forme de matériaux à toiture, et, advenant un feu dans des édifices adjacents, ils peuvent être arrosés et constituent alors un bon préventif . Tout le monde admet qu'un toit en bardeaux secs, surtout quand il est vieux, s'enflamme facilement par le contact de tisons ou de grandes étincelles; d'un autre côté, personne, pas même un exploitant de bois, où un autre intéressé, ne conseillera l'emploi de matériaux autres que ceux qui sont ignifuges, pour la toiture des maisons dans les quartiers encombrés; mais il est également certain que beaucoup d'autres matériaux à toiture sont aussi inflammables que les bardeaux en bois. Quand les édifices sont séparés, comme dans les petites villes et les quartiers d'habitation, les bardeaux possèdent des qualités: beauté, économie, résistance et durée, supérieures à tous tels autres matériaux.”
Cenendant, les feux de voi-inage et les tisons enflammés de feux à distar: ne constituent pas la seule raison qui s'oppose à l'emploi des bari:zux. A l'exception des mois d'hiver, il ne se passe guère un jour, sans que des maisons ne soient endommagées ou détruites par des étincelles, échappées des cheminées, qui tombent sur des toits en bardeaux. En se rapportant au tableau No. 13, page 89, on constate que, pendant les années 1912-1915, on a signalé 1,373 feux causés par des étincelles de cheminées. En plus, 381 feux étaient dus à des étincelles projetées par des locomotives, des bateaux à vapeur, des incinérateurs, etc., et il est probable que plusieurs de ces étincelles ont communiqué le feu à beaucoup de toits en bardeaux.
Si l'on analyse les chiffres, ce danger particulier se révèle encore davantage. Sur le nombre des feux d’étincelles de cheminées, 942, ou p:esque 70 pour cent, se déclarèrent dans les maisons d’habitation, dont 736, ou 78 pour cent, étaient situées en dehors du périmètre des municipalités. Il s'ensuit que le simple fait de l'isolation ne supporte pas la prétention que les bardeaux ne sont pas un danger d'incendie, excepté dans les quartiers encombrés. Cependant, il faut se rappeler que, dans les circonstances ordinaires, un feu de toiture est promptement éteint par les pompiers, tandis que dans les campagnes il entraîne souvent une perte totale.
On a souvent dit que les compagnies d'assurance ne considèrent pas les toits en bardeaux comme un danger grave, et qu'elles
n'imposent pas de ce chef une augmentation spécifique sur la prime. Le ‘National Board of Underwriters,” la meilleure des autorités en la matière, dit ce qui suit en son rapport sur les feux d'habitations en 1916:
“Les toits en bardeaux sur maisons à cheminées, défectueuses ou en bon état, ont peut-être plus de feux à leur crédit que toute autre défectuosité de construction ou d'équipement, Les statistiques prouvent que ces toits sont la cause de plus de 20 pour cent de tous les dommages infligés aux maisons par le feu. On appelle avec raison les bardeaux des ‘sources d'incendies," car l'expérience a démontré qu'un grand nombre des conflagrations se sont propagées par des tisons volants. En conséquence, ce National Board of Underwriters recommande l'élimination des bardeaux, lorsque d'autres substituts sont possibles."
Bien que les taux d'assurance ne soient pas haussés lorsque les maisons sont couvertes en bardeaux, par suite des difficultés qui résulteraient des arrangements individuels qu'il faudrait faire, ou n'en reconnaît pas moins le danger. Si l'on consulte les tableaux des assureurs, on s'aperçoit qu'il en est tenu compte, excepté dans les assurance à taux fixes.
Les commissaires des incendies, les pompiers et les assureurs ont recommandé, depuis quelques années, l'abolition totale de l'usage des bardeaux. Quciqu'il soit douteux que de telles mesures prohibitives puissent être décrétées, quelque bénéfice qui résulterait de leur adoption, il faut cependant y mettre une certaine restriction. Mais, on continuera à construire des maisons en bois avec toits en bardeaux, aussi longtemps qu'il y aura un avantage financier. On a placé sur le marché un grand nombre de substituts sous forme de plaques métalliques ou d'amiante qui sont ignifuges, durables et dont le poids peut être facilement supporté par des chevrons de deux pouces d'épaisseur par quatre de largeur, ou de deux par six. La plupart de ces matériaux coûtent plus cher que les bardeaux, mais leurs qualités additionnelles rendent le coût une considération secondaire, excepté lorsqu'il s'agit de constrctions temporaires. Le coût initial semble être le seul argument logique en faveur des toits en bardeaux. Mais, étant donné que le prix du bois augmente et que la qualité est inférieure à ce qu'elle était, cet avantage sera moindre et le problème des bardeaux se résoudra de lui-même,
: La découverte d'un traitement qui aurait pour Fr. effet de rendre les bardeaux ignifuges, au moins jusqu'à un certain degré, serait d'une importanc
extraordinaire pour les industries qui s'y rattachent. Nul ingrédient ne saurait rendre le bois absolument ininflammable, car rien ne résiste au feu en certaines circonstances. De nombreuses expériences
ont été faites, pour démontrer l'efficacité de divers composés, mais on n'a jamais pu atteindre des conclusions d'une valeur absolue. Bien que les essais entrepris aient prouvé que certains traitements produisaiert de bons résultats sous certaines conditions, les ingrédients dont on s'est servi n'ont pu du même coup assurer la durée des bardeaux ni les rendre résistibles aux intempéries. Un tel ingrédient des ra aussi posséder des propriétés telles que la résistanct l'insolubilité, l'attrait et être peu coûteux. Si l'on découvrait um bonne méthode de traitement, rien ne devrait s'opposer à ce qu les bardeaux ne fussent pas les matériaux à toiture les plus désiral les pour les maisons en dehors des quartiers encombrés. Ils possèdent une adaptabilité et une beauté supérieures à la plupart des autre: matériaux de ce genre, et, jusqu'à présent, ils coûtent moins cher que les autres. Puisque la plupart de nos maisons ne sont que des constructions temporaires, que notre population est plus ou moins nomade, et que le rapide développement de nos villes rend l'usage du bois désirable, il serait imprudent de vouloir faire disparaître actuellement au Canada les toits en bardeaux et les maison: d'habitation en bois.…
Cependant, vu les nombreux témoignages qui démontrent que les bardeaux s'enflamment facilement et qu'ils favorisent la propagation du feu, on devrait réglementer et restreindre leur emploi, lorsqu'ils deviennent un danger latent pour des centres de population. ‘ous les matériaux à toiture combustibles devraient être prohibés dans les quartiers encombrés des cités et des villes. Leur emploi pourrait être toléré dans le quartiers extérieurs, où les maisons sont plus espacées, à condition d'avoir été traités au préalable par un ingrédient de résistance au feu. Entre ces deux zones, il devrait exister une où il serait défendu de couvrir en bardeaux, à moins que ces matériaux ne soient traités de façon à les rendre résistants à l'atteinte du feu. La principale opposition à l'usage des bardeaux sera sans doute la délimitation du périmètre d'une cité ou d'une ville quelconque. On devra entreprendre u! examen systématique, en vue de découvrir, si possible, quel était l'état de l'encombrement, lorsque des feux ont pris naissance par le toit. Le danger relatif dépend directement du voisinage des constructions recouvertes en bardeaux. Si l'on analyse les chiffres des
*Il est possible que l'on découvre un ingrédient quelconque plus résistant à l'action du feu que la créosnte et les teintures de pigment. Un nouveau toit en bardeaux résiste mieux qu'un vieux à l'action du Le car les bardeaux sont plus rapprochés et plus lisses, ce qui empêche les tisons ou les étincelles d'y rester. Mais les vieux bardeaux usés, recroquevillés et dont les bords sont brisés, retiennent plus facilement les bouts de bois enflammés qui y tombent. Donc, tout ingrédient qui préservera les bardeaux, en prolongeant leur existence et maintenant leur surface unie, accroîtra leur résistance à l'attaque du feu.
feux propagés par les propriétés adjacentes, on notera que quelques incendies se sont communiqués d'une distance inférieure à 20 pieds, et que le pourcentage décroit rapidement, à mesure que la distance devient supérieure à celle-là. 11 faut étudier ces faits avec soin, avant de déterminer le degré d'accumulation permissible,et d'arriver à aucune conclusion logique, au sujet des toits en bardeaux non protégés ou de ceux qui ont été rendus plus résistants au feu par un traitement quelconque.