L'EMPÊCHEMENT DE LA PROPAGATION LES INCENDIES
On recommande généralement quatre moyens pour empêcher la propagation des feux, savoir: les mesures préventives, les mesures restrictives, les constructions à l'épreuve du feu et les services d'incendie. Aucun de ces moyens ne saurait à lui seul empêcher une conflagration, et les données disponibles montrent qu'ils ont été presque toujours impuissants.
Comme on l'a déjà dit, ces mesures ont pour but 1 de réduire la fréquence des feux. La prépondérance
des désastres, provenant de causes triviales et inconnues, semble montrer qu'il sera impossible d'empêcher les conflagrations par des mesures Purement préventives. On a déjà dit que sur 20,000 feux ua seul atteint les proportions d'un désastre. C'est donc ce seul feu qui devient le problème dont il faut trouver la solution. Si les mesures préventives réduisaient à 100 par année le nombre des incendies au Canada, on ne sait pas si ce seul grand incendie ne st ‘it pas de ce nombre. Cela dépend beaucoup du lieu d'origine et du caractère de son voisinage. Quand une petite maison en bois à Hull, Qué., a commencé à brûler, c'était l'origine de l'incendie de Hull et d'Ottawa. Un pareil feu dans une maison de ferme isolée, à la campagne, aurait eu aussi pour effet de la brûler, mais il n'aurait pas détruit une partie des feux cités. Donc, Pour empêcher les conflagrations, les mesures préventives ne doivent pas seulement liminuer la fréquence des feux, mais établir aussi des périmètres pour ceux qui éclatent incidemment.
Une cité ou ville canadienne commence ordinaire- Mesures : re bois 0 restrictives ment par un petit groupe de maisons en bois. n
s aperçoit bientôt que ces matériaux, si faciles à se Procurer et si peu coûteux deviennent trop dangereux. On tâche d'y remédier en établissant des mesures restrictives qui s'appli- 4uent ordinairement à un quartier encombré dans le centre d'une cité ou d'une ville. On interdit dans cet espace la construction des maisons en bois et les toits en bardeaux, et les règlements généraux
de la construction sont indifféremment mis en vigueur. En dehors de la zone centrale il y a peu d'exceptions, et les mesures restrictives ne sont que des lignes arbitraires de délimitation. A mesure que la cité ou la ville se développe, les quartiers d'affaires envahissent les quartiers mal bâtis qui l'entourent et les mesures restrictives sont étendues. Essayer d'empêcher la construction de maisons en bois à présent revient à interdire la création d’un état de choses qui existe déjà. Exiger la construction de maisons de brique dans les quartiers où il y a des habitations en bois, n’est pas en soi une protection contre les conflagrations. Bien que les briques soient des matériaux ininflammables, il s'ensuit que les murs qui restent debout sont aussi inutiles que les cendres d’un mur en bois.
Drodracicss Nos municipalités commencent, mais lentement, à à l'épreuve se rendre compte et à rendre obligatoires les choses du essentielles à la bonne construction, au moins dans les quartiers encombrés. Plusieurs villes revisent à présent leurs règlements de construction ou en formulent des nouveaux. C'est bon signe, car cela montre que les feux récents nous ont donné des leçons utiles. Une cité qui a de bonnes maisons réduit les dépenses d'entretien, assure une plus longue durée, abaisse le coût de ses services d'incendie et le minimum de la prime d'assurance, et assure le maximum de sécurité pour la vie et la propriété de ses habitants. Malheureusement, chaque cité a hérité de constructions défectueuses, résultat de ses années d'imprévoyance. Ces maisons sont des sources d'incendies, et l’on ne saurait résoudre le problème par la mise à exécution des règlements d'édifices ignifuges. Les vieilles maisons constituent une menace pour les neuves qui, en conséquence, exigent une construction superlative pour résister aux feux de voisinage. Le type de construction ‘ignifuge,’ dont les planchers sont incombustibles, y compris les toits et les murs, est aussi incapable de résister à l'atteinte d'une conflagration qu'une maison en brique ordinaire recouverte d'un bon toit. Les flammes d'un incendie sont souvent poussées dans le sens horizontal, et un édifice ‘ignifuge’ sur son passage, comme l'ont prouvé plusieurs grands feux, n'est qu'une grille qui retient le contenu en suspens pour être détruit librement. L'ameublement constitue le gros de la perte, et plusieurs expériences ont démontré que nul édifice ne peut résister à l'intensité de la chaleur produite par la destruction d’une grande quantité d'effets. Avant le grand incendie de Baltimore, on prétendait communément que l'ameublement d’une maison construite avec des matériaux ‘ignifuges’ était en sûreté contre les feux extérieurs. Les compagnies d'assurance elles-mêmes considéraient qu'un certain nombre d'édifices à l'épreuve du feu, dans un quartier
quelconque, le rendaient indemne, grâce à la résistance offerte à la propagation du feu. Baltimore, San F rancisco et d’autres villes ont démontré péremptoirement que ces opinions étaient erronées. Les point faible en tout cela étaient les fenêtres sans protection. Ces ouvertures sont les moyens adoptés depuis des générations, pour introduire de l'air et de la lumière à l'intérieur; il y a lieu de les perfectionner, et la chose est très désirable. Mais, jusqu'à présent, les remplacer ou les rendre inattaquables par l'incendie est un problème irrésolu. Aussi longtemps que l'on n'aura pas découvert un moyen de remédier à cette difficulté, on ne devra pas regarder un édifice ‘ignifuge’ comme une sûreté contre le feu.»
Services Bien que les services d'incendie soient nécessaires mé pour éteindre les petits feux et en prévenir la propagation, ils n'ont jamais réussi à maîtriser un incendie à grandes proportions. Les pompiers sont impuissants, lorsque le rayon d'un incendie est tellement étendu qu'il est en dehors de l'atteinte des jets d’eau. L'eau n'a pas d'effet sur un feu, si elle ne peut être versée sur la source même des flammes. On blîme souvent les pompiers, parce que l'incendie avait pris de grandes proportions après leur arrivée sur les lieux. Si la chose était fondée, les services d'incendie des villes canadiennes auraient énuméré sur 37,000 feux plus de 335 avec dommages evalués à plus de $10,000, pendant les années 1912-1915. Ces chiffres montrent que les pompiers étaient sur les lieux, lorsque les feux venaient de commencer, et qu'ils ont travaillé avec beaucoup de succès. Etant donné les différences de construction et le danger moral, nul Pays au monde n'aurait mieux agi. Lorsque de telles pertes ont eu lieu, il faut attribuer la faute soit au retard de l'appel, soit à l'impossibilité d'approcher du feu à l'arrivée des pompiers. Les conflagrations sont toujours inaccessibles, au point de vue de leur extinction, si l'eau ne peut être versée en quantité suffisante sur le siège même du feu. Ilest donc évident que les services d'incendie ne sont autre chose qu'une aide à la solution du problème de la conflagration.
Tout plan de génie civil, qui aurait pour but d'arrêter immédiatement les conflagrations, s'il embrasse toute une cité, même les quartiers où les constructions ont peu de valeurs, serait irréalisable, vu les énormes dépenses qu'il entraînerait. Un tel plan devrait se
*L'omission flagrante le la protection des ouvertures extérieures contre le feu, a constitué la seule cause directe des dommages et de la destruction de l'intérieur de la plupart des édifices ignifuges. Ce détail est de première importance, en ce Qui regarde la construction actuelle et ne devrait pas être passé sous silence, quand il s'agit de construire de nouveaux édifices. Inutile de prétendre qu'une maison est à l'épreuve du feu, avant que l'on n'ait protégé les ouvertures des murs extérieurs
bar quelques procédés destinés à résister aux flammes.— Rapport sur la conflagration de San Francisco, par A. M. Himmelwright, I.C.
borner à retarder la propagation des incendies qui éclatent dans les quartiers de haute valeur, et à l'empêcher de se répandre à travers ces quartiers, pour qu'il ne puisse pas atteindre les quartiers voisins où les maisons sont d'une faible valeur. Trois méthodes se complétant mutuellement, ont été suggérées à cette fin. Basées sur le principe que la proportion d'un feu dépend de l'espace librement soumis à l’action de cet élément, elles peuvent être exposées sous les titres suivants: contrôle de l'unité; (2) contrôle du local; (3) contrôle du quartier.
x Tous les feux sont de même dimension à l'origine. ei ” Localiser ou restreindre un feu, de façon à l'empêcher de s'étendre en dehors de l'unité où il a éclaté, serait prévenir efficacement une conflagration. Réduire cet espace aux plus petites dimensions possibles en séparant de grands planchers en unités ou pièces effectivement entourées, serait fournir aux services d'incendie l'avantage de toujours maîtriser un feu. La proportion et l'intensité d'un feu et la rapidité avec laquelle il se répand sont beaucoup plus prononcées dans les grands espaces que dans les petits. Les pompiers éprouvent toujours de la difficulté à entourer et à combattre un feu d'une grande proportion. Ils perdent beaucoup de temps à placer les tuyaux d'incendie, et la fumée est quelquefois si épaisse que la place du feu ne peut être découverte, ou atteinte si elle est trouvée. Les pompiers ne résistent pas indéfiniment à la fumée ou à la chaleur, et quand ils sont vaincus de ce côté, l'attaque cesse, il faut se tenir sur la défensive et le feu est maître de la situation. Mr. John B. Laidlaw, en suggérant un remède contre les conflagrations fait ressortir ce point de la manière suivante:
“Le premier moyen destiné à prévenir une conflagration consiste à réduire l'espace de toute pièce librement soumise à un feu. Si l'on dit, par exemple, qu'il ne faut pas exposer à ur feu un espace de plus de 15,000 pieds carrés, et 15 pieds de hauteur, on pourra avoir une construction de 75 :: 100 pieds ou 100 x 150 pieds, si elle est d’un seul étage; mais s’il y a deux étazes de hauteur, le rez-dechaussée devra être réduit à 7,500 pieds; s'il y a trois étages, à 5,000 pieds; s'il y a quatre étages, à 3,750 pieds; s’il y a cinq étages, à 3,000 pieds, et s'il y en a six, à 2,500 pieds.
“Si, cependant un édifice est construit avec planchers absolument intacts, il sera possible d'accorder un rez-de-chaussée plus spacieux que dans le cas d'une construction ordinaire, avec ouvertures pour escaliers et ascenseurs. On admet aisément qu'un édifice de cinq étages avec superficie totale de planchers de 25,000 pieds Carrés, tous en feu en même temps, développera beaucoup plus de chaleur qu'un seul étage de 5,000 pieds carrés. On a constaté maintes fois qu’un édifice d’une grande dimension, même à un seul étage, constitue une source de conflagration.
“On devrait attirer l'attention sur le grand changement qui s'est opéré dans les édifices commerciaux de nos cités. Ces établissements étaient de faibles dimensions, il y a cinquante ans; ils n'avaient ordinairement que trois étages de hauteur. On ne connaissait pas les ascenseurs, et les étages supérieurs étaient généralement occupés par des familles. Aujourd'hui un établissement de commerce à trois étages est bas, la moyenne étant de cinq, et chaque étage est occupé par des effets de marchandise. Pour faciliter l'expédition des affaires, des escaliers et des ascenseurs y ont été aménagés; souvent même on y ajoute des ouvertures à à glissoirs et autres pour passer des objets d'un étage à l’autre. Tout cela contribue à répandre le feu d’un bout à l’autre de l'édifice.
“PF, :° ‘ements municipaux ont prescrit la construction de murs ‘in ur séparer chaque édifice de ses voisins. Voilà une € esure, mais il faut reconnaître que les flammes cherchent piutôt à se répandre dans le sens vertical plutôt que dans une direction horizontale. Nous devrions appliquer le règlement des murs coupe-feu aux planchers, et exiger qu’il n’y ait aucune communication d’un étage à l'autre dans un établissement de commerce, afin que, en cas de feu, les flammes soient circonscrites à la pièce où elles ont pris naissance Quand un te! arrangement aura été fait, nos pompiers auront plus de facilité pour empêcher les feux de se propager et d'atteindre les proportivns d’une conflagration.
“Pour arriver à ce résultat, on devra altérer les édifices actuels, mais il faudra qu’un changement s'opère chez la plupart des citoyens. Plusieurs municipalités ont des règlements qui gouvernent l'érection des nouveaux édifices; mais, si l'on veut éliminer les dangers d'une conflagration, on devra aller plus loin et insister sur le remodèlement des édifices actuels. Personne n'hésite à mettre ce principe en vigueur, quand il s'agit du traitement ou de l'élimination des maladies. On oblige un propriétaire d'une maison insalubre à l'assainir, et un manufacturier, qui emploie un certain nombre d'employés, est tenu par la Loi des manufactures de leur fournir des moyens de protection et de sauvetage.”
bre Les considérations qui précèdent montrent qu'il des quartiers est désirable de réduire tous les espaces excessifs
non divisés dans les édifices, en fixant le maximum de la
surperficie où un service d'incendie peut agir efficacement, On a suggéré comme unité d'action une superficie de 5,000 pieds carrés, avec longueur extrême de 100 pieds en une direction quelconque (ou un rectangle de 50 x 100 pieds), qui est le plus grand espace sans séparation où peut agir efficacement le meilleur service d'incendie. La possibilité d'une telle subdivision de grandes étendues horizontales dépend beaucoup de l'usage auquel est destinée la Construction. On trouve que les grands espaces sont nécessaires dans les établissements de détail et de gros, les entrepôts et les manufactures-—dans les magasins, parce que l'impression d'un grand espace sur le client est supposée être en raison directe de
l'étendue—dans les entrepôts et les manufactures, parce que l'installation des machines ou la manipulation des effets est considérée plus importante que la division des murs coupe-feu. L'opportunité d'autoriser l'existence de grands espaces dans les magasins à rayons, protégés par des arroseurs, est matière à discussion, mais la chose à moins d'importance quand un établissement est pourvu d'arroseurs automatiques. On doute si les règlements qui interdiraient les espaces de plus de 10,000 pieds carrés seraient considérés comme non avenus, lorsqu'il s'agit de manufactures et d'entrepôts, dont les pièces sont sans séparation, les parquets huileux, et remplis de matières inflammables. Dans les constructions ouvertes et spacieuses, remises, églises, salles d'armes, et même théâtres, les murs de division ou les coupe-feu pour restreindre les espaces horizontaux, sont ordinairement impossibles.
L'introduction des murs coupe-feu en certaines classes de constructions est un problème acrimonieux; cependant on obtiendrait de bons résultats, si la chose était bien réglementée. Les marchands et les manufacturiers du Canada ont déclaré que leurs affaires ne peuvent être conduites d’une manière satisfaisante, si l'espace est restreint. On peut cependant rappeler à ce sujet que les marchands et hommes d'affaires de Londres, Angleterre, gèrent leurs affaires, tout en se soumettant aux règlements qui restreignent l'espace cubique de tous les établissements à 250,000 pieds cubes, ou à des dimensions de 50 x 100 x 50 pieds. Les articles 17, 18 et 19 de la loi intitulée ‘General Powers Act” de 1908 portent que, sauf sur consentement du conseil, nul établissement ‘‘utilisé pour le commerce ou la fabrication” ne devra contenir un espace suptrieur à 250,000 pieds cubes, s'il n’est pas séparé par des murs de division, de façon à ce que nulle division n'excède 250,000 pieds cubes. L'expression ‘espace cubique” est l’espace compris entre la surface extérieure des murs et du toit d’un édifice et la surface supérieure de l'étage inférieur.
Le professeur Ira H. Woolson, ingénieur consultant du National Board of Underwriters, dans un article lu devant la ‘American Society of Mechanical Engineers,” 1914, donne les résultats d'une investigation entreprise, en vue d'obtenir une expression d'opinions sur la restriction de la hauteur et de l’espace des édifices dans les grandes villes. Il énonce en partie ce qui suit:
“Les compagnies d'assurance ont reconnu, depuis longtemps, que les manufactures, d'une superficie excessive, sont d'un grand danger pour la vie et la propriété, vu la difficulté d'y éteindre le feu. Elles ont demandé depuis longtemps des restrictions d'espace que des architectes et des propriétaires de manufactures ambitieux ont ignorées, parce qu'ils ont cru que c'étaient des mesures trop
rigoureuses. Les hommes qui ont travaillé toure leur vie à éteindre les incendies, malgré toutes sortes de temps et de dangers, sont logiquement ceux qui savent le mieux quelles sont les restrictions d'espace à imposer. Partant de cette idée, nous avons communiqué avec tous les commissaires des incendies et les chefs des pompiers des villes de l'Amérique d’une population de 20,000 âmes et plus. Nous avons adressé à chacun une circulaire contenant huit questions et accompagnée d'une lettre d'explication. Cent dix sept ont répondu. Les conditions locales, telles que l'efficacité des services d'incendie, la pression de l'eau, la combustibilité des effets manufacturés, les systèmes d’arroseurs et le degré d’accumulation des maisons, ont naturellement été mentionnés. Cependant, toutes les conditions étaient représentées, et le résumé d'un si grand nombre d'opinions devrait indiquer assez justement la moyenne des opinions par tout le pays. Les réponses ont été résumées ainsi qu'il suit:
——————___ Type d'édifices D de ps
| 27,100 om “Ce sont les grandes ui ont recommandé les plus rigoureuses restrictions. Comme . nstructions ininflammables et les systèmes d’arroseurs sont com 18 dans les plus grandes villes, il est raisonnable de supposer que :.… pompiers de ces villes connaissent ces moyens de protection, et sont en lieu de définir quelle augmentation d'espace de tels édifices peuvent recevoir, quand ils ont une telles protection. 11 est naturel de penser que leurs chiffres sont plus approximativement exacts que ceux de leurs collègues moins expérimentés des peiites villes. Tout en tenant compte de ce point de vue, on a modifié les chiffres du tableau, pour représenter plus exactement l'opinion prédominante parmi les chefs du pays les mieux qualifiés, en ce qui regarde la bonne restriction dans les
plus grandes villes.
ST — —— Type d'édifices geo rie
“Il serait possible d'augmenter ces chiffres sous l'influence de conditions locales favorables, mais l’auteur est sous l'impression qu'ils représentent le résumé de l'opinion sensée d’un tel nombre d'hommes, bien qualifiés pour définir le danger, qu'ils devraient être sérieusement médités et accrus avec la plus grande précaution.”
TL TE ET eee prepee peer ner merereneemenereereeereerenmemnen
On entend par ‘danger du voisinage” la probabilité er qu'un feu, ayant éclaté dans une maison, se com-
munique à une construction contiguë ou adjacente. Un tel danger est mutuel ou réciproque, c'est-à-dire que chaque maison constitue un danger pour sa voisine qui, à son tour, expose l'autre. En outre, le danger du voisinage est commun ou translatif. Un édifice exposé d'un côté peut transmettre le danger à un autre du côté opposé. La mesure du danger se trouve dans les facteurs ou conditions qui favorisent ou obstruent le passage du feu. Les principaux sont l'espace et la construction. Il y a le danger du voisinage disjoint ou adjacent, comme dans le cas des maisons détachées, ou le danger contigu, lorsqu'il y a un mur commun entre deux maisons. Le premier diminue la probabilité de communication du feu en raison de l'étendue de l'espace libre intervenant: mais la construction modifie le facteur de la distance.
Les murs en brique pleins, sans ouvertures, constituent une barrière qui nullifie le danger du voisinage, quelle que soit la distance. L'inefficacité de tout mur extérieur, soumis à l’action du feu, varie en raison inverse de la dimension et des ouvertures qui y sont pratiquées. Cependant, les murs sans ouvertures sont généralement latéraux ou autres qui donnent sur constructions adjacentes, dans lesquels on ne peut pas percer de fenêtres. Les exigences modernes demandent autant de lumière et d'air que possible, et même dans les cloisons ou les murs latéraux, en cas où une construction est plus élevée qu'une autre adjacente. Le danger auquel sont exposées ces ouvertures peut être modifié en les protégeant par des vitres renforcées d'un treillis métallique des volets ignifuges, des rideaux aquifères, ou en dotant l'édifice d’un système d'arroseurs automatiques.
Dans plusieurs petites villes et cités du Canada, de vieilles maisons de rapport sont transformées en magasins et divisées par des cloisons en lattes recouvertes de plâtre, et de légers murs en brique sont percés de nombreuses ouvertures. Il est extrêmement difficile d'éteindre un incendie en pareils édifices. Quand à ces défectuosités de construction s'ajoute le danger dû au dépôt de marchandises inflammables et à la négligence caractéristique de locataires de passage, ces pâtés de maisons constituent un des plus graves dangers d'incendie.
Due Les corniches en bois réunissent souvent tout un corniches carré de maisons à façade en brique, qui, par ailleurs, en Los semblent être détachées les unes des autres. Advenant un feu dans un tel carré, les corniches cachent la marche des flammes vers le toit; il s'ensuit que tout le toit est en feu avant
que les pompiers s'en aperçoivent. On se demande si les corniches en bois ne sont pas plus dangereuses que les toits en bardeaux, puisque ceux-ci ne cachent pas le feu qui les atteint extérieurement. Les corniches en bois ne sont certainement p'* un ornement; elles ravalent le bon goût et violent les règles de la sûreté; les compagnies d'assurance les taxent lourdement.
Un édifice constitue un danger anormal, lorsqu'il est de grande hauteur, d'excessive étendue, ou occupé de manière à produire des feux intenses. Les cours à bois, les ateliers À planeurs, les depôts d'huile, les raffineries et les écuries de louage sont de grands dangers. On trouve des écuries de louage dans plusieurs villes canadiennes ; elles sont souvent situées à l'arrière d’un carré de maisons en brique, et, faute de facilité d'accès, constituent l’une des plus dures tâches des pompiers, quand un feu y éclate. Les maisons en bois sont tellement dangereuses que si deux d'entre elles sont à une dizaine de pieds l’une de l'autre, on peut les considérer comme n’en formant qu'une seule. Ce danger des maisons en bois existe dans la plupart des cités et des villes du Canada. On trouve, dans les nouvelles municipalités de l'Ouest des rues et des quartiers formées de maisons en bois d'un ou de deux étages et couvertes en bardeaux, entassées et accolées les unes aux autres, bien que de tous côtés s'étendent des centaines de milles de prairies ouvertes. La situation est encore pire dans les villes minières du Nord de l'Ontario, car le danger y est aggravé par les feux de forêts qui ravagent souvent les environs. Dans les cités et les villes de l'Est du Canada, des sections entières de maisons en bois n'existent pas jusqu’à un tel degré, mais des constructions délabrées en bois alternent avec des maisons solides et menacent la sécurité de chaque maison adjacente.
Prévenir les conflagrations par le contrôle local Contrôle local consiste à assurer la sécurité d’un certain nombre
d'édifices adjacents, n leur appliquant les principes du contrôle de l'unité. La différence consiste à tâcher de confiner le feu à une seule maison d’un groupe, au lieu du plus petit espace possible dans une seule maison.
Les méthodes destinées spécialement à cette fin sont la protection de toutes les ouvertures extérieures, et l'installation d’un système d’arroseurs automatiques, dans les plus dangereuses constructions des quartiers encombrés. Tous les feux de voisinage se Propagent surtout par l'entremise de fenêtres et de portes non protégées. Le rapport de la “National Fire Protection Association” sur l'incendie de Baltimore déclare que:
“L'absence générale de protection des ouvertures, pratiquées dans les murs, a plus contribué que toute autre cause à répandre cet incendie. On peut même attribuer à cette cause l'extension de ce feu au point de rendre impuissants les efforts du service d'incendie." sdodts:de Les types de protection des fenêtres se divisent en protection trois classes, savoir: jets d’eau ou arroseurs ouverts, dns contrevents métalliques, châssis métalliques ou recouverts de métal avec vitres en treillis Les arroseurs ouverts, ou ‘rideaux aquifères’ n'ont pas été soumis à des épreuves très rigoureuses, et cependent on les recommande de préférence aux contrevents. Cette dépendance ne semble pus être justifiée, car l’eau est diathermane et permet à la chaleur radiante de la pénétrer facilement. Un rapport du ‘New York Board of Fire Underwriters, sur la question des arroseurs, comme protection des fenêtres, résume son usage de la manière suivante:
“Nous sommes sous l'impression que le système “es arroseurs ouverts alimentés par des conduites d'eau sous forte pression, ne saurait apposer une barrière sûre en cas de grand incendie. On ne devrait pas l'installer à l'exclusion des vitres à treillis et des contrevents. Nous croyons que l'on devrait faire usage de ces derniers sur toutes les ouvertures de façades, dans les quartiers exposés.”
La plus grande valeur des arroseurs ouverts repose dans le renfort qu'ils pourvoient à d'autres mesures de protection des fenêtres, telles que les contrevents et les vitres à treillis.
Les contrevents ont fait preuve de résistance en maintes occasions, mais leur apparence n’est pas attrayante. Leur emploi a sa raisons d'être dans les ouvertures pratiquées à l'arrière des entrepôts et des manufactures, toute méthode systématique de fermeture, dans une maison occupée par des locataires, ne serait guère pratique. Un autre inconvénient serait qu’un feu, qui éclaterait à l’intérieur pendant la nuit, pourrait atteindre de grandes proportions, avant d'être découvert de l'extérieur, si ces contrevents étaient fermés. Les stores qui s’enroulent automatiquement n'ont pas ce désavantage, mais leur installation est dispendieuse. Les contrevents de toute sorte devraient posséder les qualités suivantes: (a) la résistance au feu. Cette propriété dépend des matériaux dont ils sont faits et de leur mode d'installation; (b) la propriété de résister à la radiation de la chaleur; (c) la facilité d’être ouverts de l'extérieur. Cette dernière qualité est essentielle, afin que les pompiers puissent avoir accès à l’intérieur, ou que les personnes de l’intérieur aient issue en dehors de la maison.
Lorsque le danger du voisinage ne justifie pas l'usage des contrevents, ou si leur apparence déplait, des vitses à treillis, montés
dans des châssis métalliques ou couverts en métal, plaisent davantage, mais n'ont pas le même degré de résistance; cependant de telles vitres ne sont pas une protection contre la radiation de la chaleur; on ne saurait les recommander en cas de dangers graves, À moins qu'elles ne soient renforcées par des contrevents ou des arroseurs extérieurs.
En général, si une construction est de première classe et séparée . de toute autre d'au moins 75 pieds, les arroseurs ouverts devraient suffire, sauf les cas de dangers très graves. Si le danger extérieur est ordinaire et à 40 ou 50 pieds de distance, et que la construction elle-même n'est pas de matières très inflammables, les vitres à treillis seraient préférables. S'il y a danger grave et que la distance est de 25 à 40 pieds, il est nécessaire de couvrir les contrevents de fer blanc, lorsque l'apparence n'est pas un obstacle. Et si la distance d’un danger grave est inférieure à 25 pieds, il faut non seulement, couvrir les contrevents d'une enveloppe métallique, mais recourir en outre aux vitres à treillis ou aux arroseurs ouverts. Ces recommandations sont purement des mesures de précaution, car chaque construction est en soi un problème, suivant la nature des matériaux, des occupants et du danger de son voisinage. Les
principaux désavantages des fenêtres protégées, en outre de leur laideur, est que l'économie réalisée sur les primes d'assurance est trop minime pour couvrir les frais de protection: d’un autre côté, elles sont impuissantes contre les feux qui éclatent à l'intérieur.
Vilour dé L'arroseur automatique est peut-être la meilleure arroseurs protection contre la propagation d'un feu. Un rés édifice bien pourvu d'arroseurs et d'une bonne quantité d’eau sous forte pression est virtuellement en sûreté. Le contenu d’un édifice combustible muni d'arroseurs est généralement supposé être plus à l'abri que celui d’une construction à matériaux ignifuges, mais dépourvue d'arroseurs. Au cours de l'incendie de Toronto, l'édifice Kilgour a fourni une preuve irrécusable de la valeur de cette forme de protection. E. V. French dit ce qui suit dans son rapport sur ce feu:
“L'édifice en brique à quatre étages de Kilgour Brothers, servant de manufacture de sacs et boîtes de papier, situé sur la rue Wellington et pourvu d'arroseurs, arrêta le feu en cet endroit. Cette manufacture avait un réservoir d'une contenance de 15,000 gallons et la pression était constante sur les arroseurs. Il y avait aussi des arroseurs extérieurs sur les côtés sud et ouest d’où se propageait le feu. Une partie du toit d'environ 40 pieds, sur le côté exposé, portait un dessin d'ornement avec tourelle et pignons construits en grandes planches sur solives, et le feu l'ayant, atteint, y fit du dégât. Bien que l'établissement fût endommagé par la
destruction du toit et des fenêtres, la plus grande partie fut sauvée par les moyens de protection, et la propagation du feu fut arrêtée en cette direction.”
Les arroseurs automatiques, bien qu'ils puissent empêcher la plupart des feux de se propager d'une maison à l'autre, et protègent les constructions le mieux possible contre les feux du voisinage, ne sont installés à présent que dans les édifices d'une haute valeur dans les grandes villes. Mais, leur i.stallation ne réduit pas suffisamment les tarifs d'assurance, pour qu'elle puisse être recommandée, excepté dans les édifices où la valeur assurable totale n'est pas inférieure à environ $8100,000. Même en pareils cas, les motifs d'intérêt personnels ne sont pas toujours suffisants. On trouve toujours des propriétaires négligent , qui ne protègent pas leurs établissements et préfèrent dépendre d'une indemnité d'assurance complète en cas de perte.
On a fait ressortir la valeur des fenêtres protégées Contrôle
des quartiers et des édifices arrosés pour empêcher la diffusion
des feux. Si toutes les constructions d'un quartier étaient ainsi protégées, nul feu ayant éclaté en cet endroit ne pourrait atteindre les proportions d'un grand incendie, et un sinistre, qui
aurait commencé dans un quartier extérieur, ne pourrait pas atteindre la partie centrale d'une cité ou d'une ville. Ce moyen de protéger les quartiers opulents des villes a été recommandé par plusieurs autorités compétentes. Franklin H. Wentworth, secrétaire de la “National Fire Protection Association,"’ a dit ce qui suit dans une allocution prononcée devant la ‘Nova Scotia Union of Municipalities. :”
“Il existe un moyen relatif, sinon absolu de résou : 1° problème des sinistres. On trouve dans le cœur de presque ‘‘1tes les villes des rues qui se coupent à angles droits, le long des elles s’alignent plusieurs constructions de brique, pierre ou ciment. En les regardant sur une carte, on voit qu'elles forment une croix de Malte plus ou moins régulière; ces constructions divisent les quartiers de maisons de bois en sections; elles écarteraient le feu d’une de ces sections, si elles étaient munies des moyens destinés à cette fin.
“Mais ces édifices de brique &t de pierre n'ont généralement aucune valeur pour ar:‘ter les feux, parce que leurs fenêtres sont en vitres minces et les châssis en bois. Les sinistres de Baltimore et de San Francisco attaquèrent facilement de tels édifices, brisant les vitres, :'lant les châssis et convertissant chaque étage de ces constructions de brique en cheminées remplies de matières combustibles. Les maisons en brique et en pierre sont les coupe-feu logiques, si le feu est empêché d'y pénétrer. La petite ville qui formera une croix de Malte avec de tels édifices, et les pourvoira de fenêtres avec . hâssis métalliques et vitres à treillis, aura immédiatement l'équivalent de murs coupe-feu qui se croisent à angles droits
en son centre, qui sera divisé en quatre sections. Grâce à ce procédé simple, peu coûteux mais stratégique, plusieurs villes se sauveront de la destruction qui n'attend que le feu voulu et la nuit favorable,
“Ilest évident que cette forme de protection est aussi nécessaire dans les quartiers des constructions de brique, pierre et ciment des grandes villes, où de grandes valeurs sont logées à proximité les unes des autres. Nous devrons arriver un jour à pourvoir tous les établissements commerciaux, les manufactures et les édifices à bureaux, de fenêtres à châssis métalli ues, avec vitres à treillis. Une telle mesure aura pour effet l'abolition du danger des sinistres en nos villes. Les feux seront alors confinés en un seul édifice où ils seront facilement éteints par un service d'incendie compétent; en effet, la protection des ouvertures empêche non seulement le feu extérieur de pénétrer dans les maisons, mais ne laisse par le feu intérieur passer en dehors Il se peut qu'un incendie d'une grande intensité brise les défenses d'un édifice adjacent, mais il est évident qu'il ne pourra Pas se propager parmi des constructions de matériaux ignifuges, lorsque les ouvertures seront convenablement protégées.
“On éliminera le feu des quartiers d'affaires, lorsque les fenêtres seront protégées. Il ne restera plus alors qu'à protéger nos grands quartiers d'habitation où les maisons qui entourent les établissements commerciaux sont presque totalement en bois, comme des fagots autour d'un bûcher funéraire."
Empêchement Mr. Albert Beauvelt, gérant de la “Western Factory des sinistres Insurance Association," Chicago, a discuté à fond
he M moyen de prévenir les grands incendies d'une
ville, dans un article lu devant l'American Society of Mechanical Engineers;" il a dit en cette circonstance:
“Les sinistres peuvent être maîtrisés par déflexion et absorption. Premièrement, tout le monde admet que, si les quatre murs de chaque édifice n'avaient aucune ouverture, un feu ne saurait se répandre à l'extérieur, même en l'absence des pompiers. Il s'ensuit que si toutes les portes et fenêtres étaient protégées par des vitres à treillis, des contrevents et des rideaux à incendie, les murs seraient de veritables coupe-feu. Tout pompier en chef expérimenté avouera que, dans une ruelle, bordée de constructions à contrevents, les flammes seront obligées de s'élancer en l'air.
“Cependant, l'expérience a démontré que lorsque les flammes atteignent un édifice, dont les fenêtres et les portes sont arrangées de manière à les faire dévier, elles réussissent parfois à triompher de ces obstacles. Ceci est dû au fait que la chaleur pénètre à travers les vitres à treillis ou s'infiltre par les contrevents et se communique au contenu de l'édifice. Quoiqu'il en soit, l'effet du feu est retardé, et si les édifices de gauche ou de droite sont pourvus de pareils moyens de protection, ils sont moins exposés, et l’action latérale des flammes diminue. La chaleur est réduite à monter: elle perd en intensité horizontale et traverse plus difficilement la
rue ou la rueli: suivante, étant donné que les fenêtres sont partout protégées.
“On ne saurait déterminer exactement le nombre de murs défléchis et les e:p'ces d'air qu'un grand incendie peut franchir; c'est une que: : :: ‘1 iugement basée sur observation, tout comme la puissarre lesiinc ion d'un boyau à incendie se définit après expérimen Ù aiteur est d'opinion que si toutes les fenûtres, donnant su: : utile, étaient protégées, ainsi que toutes les fenêtres du : (1. ge, faisant face à la rue, et celles des étages supérieurs, 1: icui avançant de l'extérieur vers le centre ne pourrait pas an! vuatre murs défléchis et trois espaces d'air ce qui veut li irrés e: trois rues, dont une serait peut-êti une ruelle.
“Cela : ni ““ le feu sera maîtrisé, ni qu'il ne faudra pas 0 iii le «ux étincelles: mais les flammes seront forcées d'exté:: r leu. 1 n dans une direction verticale, et ainsi les pompiers auront | :v1. age d'attaquer de front le brasier, tout comme lorsqu'il s'agit «l'u1:: eu ordinaire.
“Il ne reste ensuite qu'un seul autre moyen de maîtriser un incendie, celui d'absorber la chaleur par une installation de tuyaux d'eau à l'intérieur des édifices. On sait par expérience qu'un brasier peut être éiouffé par un système d'arroseurs, dont l’action s'étend assez loin, tout comme un feu est éteint par une installation d'arroseurs en plein fonctionnement, dans une construction dont les fenêtres ont été brûlées.
“L'édifice de Brown-Durell, à Boston, est un des plus notables exemples qu'on puisse citer à ce sujet. Etant donné que cet établissement fut converti en une vaste cage arrosée, qui absorba la majeure partie d’un incendie qui dévorait la ville basse, il est certain qu'une rangée de pareilles cages arrostes, doublée ou triplée, aura toujours le même effet et sans l'aide de fenêtres protégées.
“L'auteur croit que si les édifices de trois à quatre étages ou plus, dans toutes les parties d'une ville, étaient pourvus de tuyaux arroseurs, et qu’une provision spéciale d’eau fft installée au moins sur toute la largeur d'un carré, un incendie se propageant de l'extérieur ne traverserait pas une rue en passant par un carré tout arrosé et n’atteindrait pas la rue voisine. Le feu ne sera sans doute pas éteint, et les étincelles devront être surveillées; mais il n’existera pas de ramifications de feu dans les parties arrosées et le service d'incendie sera mis en lieu de le combattre efficacement.”
L'hon. Herman L. Ekern, ancien commissaire d'assurance du Wisconsin, recommanda dans un rapport, adressé au Gouverneur de l'Etat, l'installation d’arroseurs comme le seul moyen de protéger les quartiers riches et encombrés.
“On pourrait rendre immédiatement ignifuges les parties dangereuses de nos cités. Une installation complète d'arroseurs fonctionnerait pour toute une ville à la manière de celle d'un établissement commercial actuel. Les primes d'assurance contre ie feu, versées annuellement par la ville de Milwaukee, excèdent $2,000,000. La plus grande partie est fournie par le quartier
dangereux, dont une partie est déjà pourvue d'arroseurs. D'autres installations se feront sans doute bientôt, Ce ne serait pas une entreprise extraordinaire que d'arroser tout le reste. L'économie réalisée en primes d'assurance suffirait À payer le coût des installaations en peu d'années."
Quartiers des Mr. Albert Blauvelt, dans l'article déjà mentionné, propriétés de est sous l'impression que la protection obligatoire mon des quartiers, où les propriétés possèdent une haute valeur, serait un bénéfice pour toutes les villes. 11 déclare que les feux ont causé dans la ville de Boston et autres des dégats évalués à plus de $500,000,000 par mille carré, et que la concentration des valeurs s'accroît rapidement,
‘On n'exagère pas en disant que le feu détruit une valeur moyenne de propriétés de 8250,000,000 par mille carré, dans les quartiers commerciaux de nos grandes villes, Des arroseurs automatiques (y — la maçonnerie) coûteraient environ quatre pour cent des valeurs inflammables, soit $10,000,000, avec frais fixes d'environ 16 pour cent par année,
“Les arroseurs vides, ou les fenêtres protégées, coûteraient chacun environ la moitié de cette somme, soit $5,000,000 par mille carré, et chaque système de protection entraînerait des frais fixes (environ les mêmes que ceux des édifices), c'est-à-dire, 9 pour cent.
“L'économie réalisée par mille carré et par $100 de valeur brûlable par année serait ainsi qu’il suit:
FRAIS FIXES, ÉCONOMIE ET PROFIT NET RÉALISÉS SUR UNE BASE DE $8250,000,000 PAR MILLE CARRÉ
| Arroseurs types Pour contrevents, | automatiques (rideaux pare-feu, Base annuelle avec double | ou vitres à treil!s provision d'eau | appliqués tel que dit ci-dessus
em ee <a . $10,006,000 $85,000,000 k | 450,000 des 825,000 175,000
nominale 550,000
“En examinant un mille carré actuel. on conclut qu'une seule méthode conviendrait le mieux à la protection d'un édifice quelconque, elle entraînerait une dépense d'environ trois pour cent des valeurs brûlables.”
L'hon. Rufus M. Potts, surintendant d'assurance de l'Illinois croit que l’on devrait adopter des mesures obligatoires pour protéger les propriétés dans les cités et les villes. Il a déclaré ce qui suit, dans une allocution devant la ‘National Convention of Insurance Commissioners.”’ en 1915:
“Je suis persuadé qu'il est temps de protéger toutes les ouvertures et d'installer des systèmes d'arrosage dans tous les quartiers encombrés de nos cités. L'économie qui résultera de la réduction des primes d'assurance sera telle que les frais d'installation seront remboursés après quelques années; la conservation de vies et de propriétés, et la prévention de pertes par l'interruption des affaires seront bien au-dessus de ce que l'assurance remplacer.
“Une loi qui prescrirait la protection complète de toutes les ouvertures et une installation d’arroseurs pourvus d’une quantité d'eau abondante avec attachement extérieur ‘siamois’ éliminerait les dangers d'incendie de tout quartier composé d'édifices bien construits.
Délimitation Bien que l'on admette que des mesures obligatoires, des zones pour obtenir un maximum de protection en certains —. quartiers spécifiés des grandes villes, soient indispensables, en vue de prévenir la destruction de grandes valeurs, on obtiendrait des conditions plus désirables, si de telles mesures pouvaient être formulées pour procéder graduellement à la protection de toute l'étendue des villes. Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, de tels arrêtés devront aussi réglementer la construction et l'occupation des édifices dans les quartiers clairement définis. En d’autres mots, toutes les villes devraient être divisées en deux sections ou zones, dans lesquelles des règlements restreignant raisonnablement la présence, la forme et l'usage de la propriété, pourront être légalement imposés, tout en tenant compte des développements futurs de pareilles sections et de leur relation avec l'ensemble de la ville.*
La réglementation actuelle de la construction et de la protection contre le feu au Canada est appliquée presque exclusivement aux cités et aux villes. Le contrôle est exercé au moyen d'arrêtés municipaux, qui définissent fes mesures restrictives lesquelles, en
*Je pense qu'il est absolument impossible de formuler des lois qui gouvernment l'érection des édifices dans une cité, sans avoir, au préalable, déterminé un plan général de son futur développement, basé sur le principe de la ségrégation des activités ou sur un système de zones.
Nous devrions régler la construction des édifices dans la grande section en dehors des quartiers encombrés, conformément à un système de zones où les lois, gouvernant chaque zone, devraient tenir compte de l’usage et de l'occupation de cette classe d'édifices désirée dans une zone particulière. C'est la seule manière de maintenir la permanence des valeurs et les édifices d’une vilie érigés d'une manière permanente.—Déclaration de Frederick L. Ackerman, devant la Heights of Buildings Commission, de la ville de New York, décembre 1913.
certains cas, embrassent une grande étendue, en d'autres ne comprennent que la rue principale et son voisinage immédiat. Dans ces sections, les constructions en bois sont habituellement prohibées, et les arrêtés régissent l'entreposage des explosifs, de la gazoline, de la benzine et d'autres substances. Dans les grandes villes, des conditions spéciales sont exigées, lorsqu'il s'agit d'ériger de nouvelles maisons, de remodeler les anciennes, et quelquefois de restreindre l'usage et l'occupation. Les dispositions qui concernent la construction varient suivant les différentes villes, mais les mesures restrictives sont toujours des limites arbitraires, et l'on ne donne que peu d'attention aux zones et aux quartiers spécialement dangereux. On a déjà mentionné que ce genre de règlements présente plusieurs points défectueux et a compris dans les mesures restrictives des sections qui n'auraient pas dû y entrer.
Une division en deux sections, une à l'intérieur et l'autre à l'extérieur du périmètre des mesures restricdes constructions tives ne suffit pas. Il faut classer tout l'espace contenant des constructions en catégories basées sur les dangers du feu qui y existent, par suite de l'agglomération des maisons, des matériaux de constructions et de la hauteur, des usages auxquels ces édifices sont affectés et de la densité relative de la population. Ce dernier point de vue est important, car les mesures préventives contre le feu ont pour but d'éviter les pertes de vies et la destruction de la propriété.
Chacun des états de choses suivants peut constituer des sections dangereuses, au point de vue des mesures préventives:
(1) L'évaluation élevée de la propriété, créée par une nombreuse population par acre, comme dans les quartiers commerciaux et industriels du centre.
(2) L'évaluation modérée avec population plus éparse, comme dans les quartiers des habitations.
(3) L'évaluation minime avec nombreuse population, comme les quartiers des classes pauvres et des magasins de détail.
(4) L'évaluation minime avec petite population, comme dans les banlieues et les campagnes.
Chaque centre de population se divise en quartiers plus ou moins distincts. Le caractère des édifices construits en chacun dépend de leur occupation et de l'usage d’un quartier quelconque. I semble qu'un degré de concentration comparativement élevé soit désirable, pour faciliter la transaction des affaires dans les quartiers