‹ Pertes par le feu au Canada [microforme]Chapitre 53 sur 87 · FER · texte numérisé non relu

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ouvert de tous côtés à chaque étage; le plancher était tout en bois et les ajustages aussi en bois; l'édifice lui-même était garni de solives. Vous savez comme moi qu'une telle construction n'est qu'une amorce pour le feu et la mort. Vous voyez que si un feu éclatait en ce bâtiment les personnes se trouvant aux étages supérieurs seront dévorées par les flammes. Donc, le maintien d'un tel état de choses est une invitation au désastre. Comme vous le savez, on ne tolérerait pas une telle construction dans aucune capitale de l’autre côté de l'océan; nulle ville Européenne ne la souffrirait pendant quarante-huit heures. Et cependant il y en a des milliers de ce genre ici.”

Bien œue les remarques de Mr. Redfield s'appliquent directement aux Etats-Unis, elles décrivent avec autant de justesse ce qui existe «u Canada. La plupart de nos édifices sont mal bâtis, et les règlements régissant la construction dans nos grandes villes sont même impuissants à y apporter aucune amélioration notable. Ainsi un examen général des conditions de la construction, dans une de nos principales cités de l'Est du Canada, nous montre que la partie centrale des affaires, qui compte approximativement 29 blocs ou carrés de maisons, renferme 186 bâtiments en bois, 223 revêtus de brique et 9 incombustibles. Les ouvertures verticales de la majorité des prétendus édifices incombustibles, ayant de trois à sept étages de hauteur, et des boiseries à l’intérieur, ne sont pas protégées contre le feu. Un seul de ces édifices est pourvu de tuyaux d'eau auxquels sont reliés des boyaux à incendie. Les maisons à charpente de bois revêtue de brique, qui ont de trois à six étages de hauteur, n'ont aucune protection pour les parties de communication; 38 seulement des 223 maisons ont les ouvertures verticales protégées, mais les fenêtres ne sont nullement sauvegardées contre les feux extérieurs. Le nombre des édifices pourvus de moyens de sauvetage du genre échelle n'atteint même pas 12 pour cent. Sept sont munis l'arroseurs automatiques et deux de rideaux aquifères; mais 9 seulement ont des tuyaux d'eau d’un faible diamètre, auxquels sont attachés des boyaux sur l'efficacité desquels il est permis de douter. Dix-huit édifices seulement sont pourvus d’extincteurs chimiques et de seaux d’eau. Les maisons en bois forment 44 pour cent du nombre total, non compris les hangars, et couvrent 33 pour cent le l'enceinte de la ville. La hauteur des étages varie de deux à cinq; 96 pour cent des maisons ont trois étages, et 37 pour cent quatre étages et plus. Dix-huit pour cent des maisons sont couvertes en bardeaux. Quelques édifices, tels que les hôtels, les entrepôts et les magasins, sont de grandes dimensions. En dehors du centre des affaires, 97

pour cent des constructions, la plupart des habitations, sont en bois.

Inefficacité Un simple examen des méthodes actuelles de condes méthodes struction au Canada prouve que nous manquons de ontrion plus élémentaire prévoyance qui devrait être appliquée dans la construction d'édifices qui exige un tel déboursé d'argent. Notre précipitation injustifiable et la négligence fatale qui en est la conséquence; notre sans-souci de la surveillance, et notre système d'entreprise qui fait de la date de l'achèvement des travaux le facteur le plus important, tout s'oppose à l'efficacité et à la durabilité des constructions. Il est certain que la majorité des édifices dans les villes est solidement construite, mais les faits sont suffisamment nombreux pour montrer que peu soient conditionnés pour résister à une attaque soudaine par le feu. La cause d'un tel état de choses peut être divisée également entre les propriétaires, les architectes, les entrepreneurs et les autorités publiques. La spéculation et la sordide passion de l'usure chez les propriétaires ont été la cause de la plupart des bâtiments de qualité inférieure au Canada. La construction d'une bonne maison demande du temps. L'entreprise ‘à l'épouvante’ fait que les travaux sont mal conditionnés, que l'architecte n'y exerce qu'une demi-surveillance. Aiguillonné par le temps spécifié, l'architecte accepte des travaux médiocres plutôt que de causer un retard, et l'entrepreneur en fait trop souvent son profit. A la suite de récents incendies, on a trouvé que dans des édifices, que l'on supposait être des constructions de première classe, des vides dans la maçonnerie des murs, qui avaient été remplis de morceaux de brique, des arches de planchers coupés pour y appliquer un fini de plafond, des murs de division manquant de mortier et de: enduits de colonnes en tuile fracturés pour le passage de tuyaux et de fils électriques.

La plupart des propriétaires de bâtiments ignorent non seulement la qualité des matériaux et leur usage dans les constructions, mais se montrent parfaitement indifférents à leur sujet.* Ils comptent sur les assurances pour se compenser des pertes qu'ils peuvent

‘Lorsqu'un propriétaire, comme c'est généralement le cas, ne possède aucune connaissance de la construction des maisons, et qu'il est incapable de juger du mérite des diverses méthodes et de la valeur des matériaux, il accepte invariablement les plus bas prix, ou donne ordre à ses représentants d'agir ainsi. Ce qui ‘tonne le plus, c'est que la plupart des propriétaires pensent qu'ils remplissent toute obligation morale et commerciale en suivant ce principe. Pourvu que le bas prix d'une construction ne viole pas les règlements de la ville, qui gouvernent la construction, et qu'ils soient observés quant à la solidité, le proprittaire se déclare satisfait et se garde bien de dépenser plus d'argent pour de meiileures méthodes ou matériaux. C'est la même vieille histoire de substitution du ‘tout aussi bon. —

. - A. Himmelwright, M. Am Soc. C.E., dans Trans. Am. Soc. CE. Vol. LIX., p. 309.

éprouver par le feu, et ainsi le fardeau est jeté sur les citoyens. Les Canadiens dépensent chaque année des millions de dollars pour l'entretien des services d'incendie, et versent d'autres millions à des compagnies d'assurance, qui seront employés à indemniser des pertes, dont la plupart étaient évitables. Si la moitié de l'argent, qui a été ainsi dépensée, pendant le dernier quart de siècle, eût été appliquée à perfectionner la construction des maisons de nos cités et de mos villes, les pertes dues aux incendies ne seraient qu'une faible fraction de ce qu'elles sont aujourd'hui.

Phones Le prix de revient est l'une des plus importantes de fonds en questions à considérer, lorsqu'il s'agit de construire CPE des maisons. La première des considérations devrait être la sécurité, la seconde les revenus qui en dériveront, et la troisième la continuation de ces rapports.

Ces principes étant mis de côté, l'engagement de fonds en constructions n'est que de la pure spéculation. On étudie souvent pendant des mois les titres et les valeurs des terrains qu'on se propose d'acheter, pour y construire des édifices; mais on dépense deux fois plus d'argent pour les constructions elles-mêmes, sans autres recherches que leur arrangement, leurs avantages et leur apparence. On ne s'arrête guère à leur protection contre le feu ni à la détérioration par le temps.

Le propriétaire particulier ne saurait douter que les constructions de première classe sont une meilleure garantie. Le déboursé est naturellement plus élevé, mais après un certain nombre d'années, ces immeubles auront autant de valeur qu'au temps de leur érection. Par contre, les constructions de qualité inférieure ont peut-être moins coûté à l'origine, mais il leur faut de constantes réparations qui n’ajoutent rien à leur valeur actuelle.

Mañons en On s’est fréquemment opposé à l'adoption de brique et maisons règlements, qui exigeaient la construction des

maisons en brique, sous prétexte que les dépenses

eussent été trop lourdes pour les propriétaires. Après un examen attentif du mérite d’une telle oppositirn, on a trouvé que le surplus nécessaire à cette fin était si léger, que l'interdiction des maisons en bois dans les cités et les villes ne créerait pas de grandes difficultés. On peut dire, en général, que le coût d'une maison en brique n'excède que de 10 à 15 pour cent celui d'une maison ordinaire en bois. Il y a quelques années, Mr. J. Parker B. Fiske a fait des recherches sur le coût de la construction des maisons en Amérique, pour en faire rapport au Boston Chamber of Commerce Crrarnittee on Fire Prevention, et bien que les recherches ne comprissent que les

habitations, les chiffres et les conclusions qui en résultent ne sont pas moins précieux. Mr. Fiske a écrit ce qui suit en son rapport:

“Le public se rend graduellement compte de l'énorme perte qu'il subit par le feu et les réparations excessives des maisons en bois d'été et d'hiver. Comment se fait-il alors que nous ayons continué si longtemps à bâtir en bois, lorsque les autres pays de l'Europe ont abandonné ce genre de construction depuis tant de générations? On répond que le prix élevé d'une maison de brique en a été la cause. Quelque bien fondé que cette objection ait pu avoir dans le passé, elle n'a plus sa raison d'être aujourd'hui, Les conditions sont changées. e prix du bois est maintenant très élevé; il s'ensuit que les maisons construites avec ces matériaux coûtent presque autant que celles bâties en brique. Si on fait entrer en ligne de compte les frais de réparation, les dépenses de la construction en bois sont plus fortes. Cependant, la majorité des gens se privent des avantages d'une construction avec matériaux supérieurs, parce qu'ils sont encore sous l'impression que la brique coûte plus que le bois. Il est donc grand temps que le public soit écla’"é sous ce rapport, afin qu'il en bénéfice.

“Pour préparer un état précis du coût relatif des divers genres de maisons, on a fait une investigation minutieuse, dont on a éliminé toutes les quantités variables et l'on a demandé des soumissions de bonne foi pour la construction, dans une localité donnée, d'une série de maisons, semblables en tout, excepté en ce qui concerne les murs extérieurs dont des matériaux font le sujet de la comparaison. On choisit à cette fin une maison composée de huit pièces, comme il s'est construit des milliers dernièrement. Les architectes avaient préparé des plans et devis nécessaires pour obtenir les prix de revient de ces maisons, lorsqu'elles auraient été construites avec les genres de murs extérieurs suivants, tous les autres détails étant communs:

Type 1—En bois, fini en planche sur papier à construction: surface intérieure doublée, lattée et plâtrée.

Type 2—En bois, fini en bardeaux sur papier à construction; surface intérieure doublée, lattée et plâtrée.

Type 3—Mur en brique de dix pouces, c'est-à-dire, deux rangs de brique de quatre pouces, reliés avec des ligatures métaliques et séparés par un vide de deux pouces : surface intérieure plâtrée directement sur la brique,

Type 4—Mur en brique plein de douze pouces; surface intérieure doublée, lattée et plâtrée.

Type 5—Blocs de terra cotta creux de huit pouces, revêtus à l'extérieur en brique de quatre pouces, et plâtrés directement à l'intérieur.

Type 6—Blocs de terra cotta creux de six pouces, revêtus à l'extérieur en brique de quatre pouces, et plâtrés directement à l'intérieur.

Type 7—En bois doublé et couvert de stuc sur treillage métallique par-dessus le papier à construction, surface intérieure doublée, lattée et plâtrée.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and 1$O TEST CHART No. 2)

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