SERVICE D'EAU
L'approvisionnement d’eau, fourni aux municipalités organisées par des corporations de service public et par des autorités municipales, est un service établi en Europe depuis longtemps, mais son introduction est de date relativement récente sur le continent américain.* En iS50, il n'y avait que 83 services de distribution d'eau pour le public au Canada et aux Etats-Unis; en 1880, le nombre était de 600, et en 1915 il atteignait presque 6,000. On a construit plus de 98 pour cent de tous les services de distribution d'eau depuis un demi-siècle. Il est rare de trouver maintenant une ville de plus de 2,000 de population qui ne soit pas pourvue d'une forme quelconque de service d’eau; on en dote même les plus petites villes et les villages t
A part l'importance d'une provision d'eau publique, au point de vue domestique, sanitaire et industriel, sa valeur économique en fournissant un moyen efficace de combattre les feux est incontestable. Nous en avons la preuve dans la diminution des pertes causées par le feu et dans la réduction des primes d'assurance. Sous les conditions ordinaires, une dépense per capita de 830 à $40 est nécessaire pour établir un bon systime de service d'eau. Les conditions climatériques et topographiq es contribuent à la variation des frais, et lorsqu'il faut faire de grands déboursés pour se procurer de l'eau, ou qu'il est nécessaire de vaincre les obstacles des inégalités du terrain, les dépenses premières peuvent être deux fois plus onéreuses que celles susmentionnées. Le tableau No. 5, page 48, donne les déboursés moyens pour les cités et les villes du Canada. La moyenne en 56 cités, d’une population supérieure à 10,000, est de $33 per capita: en 49 villes, à populations de 5,000 à 10,000, $41
*Des descriptions succinctes des Premiers systèmes d'approvisionnement d'eau sont contenues dans Public Walter Supplies, par F. E. Turneaure et H. L. Russell (2ème éd. New York, 1913); The Ruins and Excavations of Ancient Reme, par Rodolpho Lanciani, (Boston, 1897) et London Wuter Supply, Old and New, par W. J. Fisher dans Westminster Review, janvier 1915.
iVoir Services de distribution d'eau et systèmes d'égouts, Commission de la Conservation, 1916.
per capita; en 297 villes et villages, à populations de 1,000 à 5,000, $39 per capita. En outre des commodités domestiques que procure un bon service d’eau, une contribution si modérée, pour obtenir une protection permanente contre le feu, est certainement plus économi: que que la distribution, par l'entremise de l'assurance, de lourdes pertes causées par le feu parmi les habitants des diverses communautés.
Il serait bon de dire, dès maintenant, que la difficulté de se procurer les fonds nécessaires, pour exécuter les travaux, avant leur entière mise en service, est l’un des principaux obstacles qui s'opposent au prolongement et à l'amélioration des services d'eau. Faute de saisir son importance et par suite de mauvaise volonté de la part des autorités municipales, une partie de la population de plusieurs villes canadiennes se trouve privée des avantages de ces services d'eau, que l'on ne complète qu'à la suite de nombreuses et pressantes plaintes et réclamations. Depuis 1913, plus de quatre-vingttrois rapports d'ingénieurs versés dans la connaissance des systèmes de services d’eau, ont attiré l'attention des autorités sur la nécessité de les compléter.* Jusqu'à présent, seize seulement de ces autorités ont fait quelques rfforts pour donner suite aux recommandations de ces ingénieurs. Inutile d'insister sur le fait que c'est mal calculer que de vouloir économiser, en retardant l'extension ou l'amélioration du service, car un tel délai nécessite presque toujours la constructicn de travaux temporaires, qui sont inutiles, lorsque les travaux de développement régulier sont exécutés. D'un autre côté, beaucoup de citoyens sont souvent soumis à des inconvénients considérables et toute la population est exposée aux dangers d'une épidémie ou d'une conflagration.
Avantages de la Pendant la période des premières installations des ee services d’eau au Canada, l’entreprise était laissée à municipalités des compagnies particulières, moyennant grands avantages. Cependant, leur possession et entretien par les municipalités ont progressé depuis quelques années; aujourd'hui 396, soit plus de 79 pour cent, appartiennent au public. La possession municipale de ces services, dès l'origine, offre de grands avantages. En théorie, une corporation honnête peut fournir une provision d’eau par contrat, avec l'entente que la municipalité fera un jour l'acquisition du système, mais de tels arrangements n'ont pas été
*S'il survient un sinistre, pendant une période de sécheresse, il faut souvent recourir à une eau contaminée, condamnée par les officiers de santé publique.
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un succès. La corporation s'appuie souvent sur le crédit de la ville pour garantir ses obligations et ses actions et il s'ensuit une surcapitalisation. Une municipalité est plus à même d'administrer son propre crédit et de négocier ses obligations, dès le commencement, que de servir de garant, de payer des dividendes et de solder plus tard les obligations de la Corporation particulière à un prix exagéré. Par contre, l'entreprise privée est tentée de spéculer sur la qualité inférieure et le bas prix des matériaux, de négliger même les réparations, quand apnroche l'expiration du contrat. Vu ces considérations et d'autres, il est préférable que les municipalités se rendent propriétaires de leurs services d'eau.
Sous notre administration municipale plus ou moins Administration primitive, le service d'eau d'une ville est habituel-
lement dirigé par un comité spécial du conseil, composé, la plupart du temps, d'hommes d'affaires qui n'ont qu’une notion tout à fait rudimentaire de ce que nécessite un système de service d'eau. La direction est loin d'être satisfaisante, si un ingénieur permanent n'y est pas employé. Comme le comité est réélu chaque année, ses membres changent toujours; la position est cependant convoitée, dans le but d'obtenir des avantages spéciaux pour certains voisinages particuliers. On se plaint tant du système de comité, tel que appliqué ou service d’eau, que l’on cherche à s'en débarrasser pour le remplacer par des commissaires. Tout demande l'administration de cette utilité par une commission, car le travail est non seulement d'une nature technique, mais la partisannerie et les intrigues des politiciens locaux ne devraient pas avoir sa raison d'être. Dans les petites villes, où les contribuables ne peuvent pas subvenir aux dépenses d'entretien d'une commission, un bureau permanent non salarié aurait de grands avantages sur le système de comité.
On compte au Canada 105 systèmes de service en ex d'eau qui alimentent les cités et les villes d’une
population excédant 5,000; 395, ou presque quatre fois plus, qui desservent des villes d'une population inférieure à 5,000. On peut dire que 80 pour cent des 105 grands systèmes ont été construits en partie avant que la ville comptât 5,000 habitants; leur extension actuelle a été atteinte pièce par pièce. Comme le manque de prévision est l1 cause des difficultés que présentent les
services d'eau, il faut y porter remède, pendant que le système est à son origine.
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Tous les systèmes de service d'eau devraient être projetés et tracés en prévision des développements futurs. 1! faudrait n'entreprendre au commencement que ce qui est absolument indispensable, sauf les cas où les prolongements futurs coûteraient plus que les installations primitives. Ce serait le comble de la folie que de construire longtemps d'avance des travaux en comptant sur le développement de la ville, car il est impossible de prédire ce que deviendra une ville dix années plus tard. Mais le plan des travaux futurs coûte peu et prévient une multitude de difficultés.
La question d'une provision d'eau suffisante est principalement un problème de géographie. Certains endroits ont d'abondantes sources de bonne eau, que leur fournit la nature, mais d'autres éprouvent de grandes difficultés, parce qu'ils en sont privés. Au point de vue du service municipal, les sources d'approvisionnement peuvent être rudimen tairement classées comme suit:
Sources de provisions d'eau
(a) Eaux de surface 1. Rivières 2. Lacs naturels 8. Eau recueillie en réservoirs
(b) Eaux souterraine