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LES OEUVRES DE PESTALOZZI C)i
des sentiments, que la femme découvre et sait par intuition; c'est la divination du bon sens.
Est-ce cette intuition qui peut être la source générale de nos connaissances? Pestalozzi ne le prétend assurément pas, et ce sens est d'ailleurs peu philosophique.
« L'intuition, dit M. Blochmann1, ce n'est pas seule- » ment la perception de l'image extérieure, mais l'image » intérieure qui lui correspond, comme représentation » intellectuelle, et en même temps, substratum de la » notion, Substrat des Begriffs. » En d'autres termes, ce n'est pas seulement la perception externe, c'est l'acte de l'intelligence qui connaît l'objet de la perception et l'intelligence elle-même. En sorte que dire : On connaît au moyen de l'intuition, c'est dire : On connaît au moyen de l'intelligence. Je ne le nie pas; mais ce que je nie, c'est que ce soit une découverte.
Telle, n'est d'ailleurs assurément pas la signification unique que Pestalozzi attache au mot intuition, dont il fait un si fréquent emploi,
Locke a dit : L'intuition est la connaissance et la science claire des rapports généraux qui unissent deux choses ou deux idées.
Cette définition est très acceptable; elle convient, je crois, très souvent à ce qu'entend notre célèbre maître par intuition. Mais, qu'on veuille bien le remarquer, l'intuition n'est plus dès lors une méthode, c'est un résultat.
Combien plus fréquemment dans ses écrits Pestalozzi 'emploie ce mot pour désigner la perception externe,
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l'impression sensible. C'est au pluriel qu'il l'écrit sans cesse : « Il faut s'élever des intuitions sensibles à des » notions claires..., les intuitions des sens..., l'intui- » tion de l'a b c. » Qu'on lise tous les exercices si ingénieux fondés sur l'intuition, ce ne sont autre chose que des exercices des sens. Ajoutez cette phrase bien démonstrative : « L'intuition n'est autre chose que la » simple présence des objets extérieurs devant les sens, » et la simple régularisation de la conscience de leur » influence »... « devant les sens, c'est-à-dire princi- » paiement devant les yeux, » eontinue-t-il plus loin... et « aussi Fouie1. »
« L'intuition serait donc bien ainsi, écrit M. de Rau- » mer2, tout ce que l'homme saisit par la vue et l'ouïe. »
« Intuition, dit M. Diesterweg 3, immédiate intelli- » gence par les sens. »
Et M. Chavannes4 définit plus nettement : « L'instruc- » tion intuitive est celle qui fait toucher à l'enfant au » doigt et à l'œil ce qu'on lui enseigne... ; » puis, caractérisant l'effet de ce procédé intellectuel, il ajoute : « Par les exercices intuitifs du calcul (exempli gratta), » l'enfant en viendra à s'élever à l'idée abstraite de » quantité. »
En résumé, ce mot d'intuition, ce principe « renommé » par tout le monde », a, dans les écrits de Pestalozzi, une signification complexe* C'est une faculté, un résultat, un procédé.
Comme faculté, il ne faut y chercher rien autre chose