‹ PestalozziChapitre 20 sur 50 · Geschichte der Pœdagogick · texte numérisé non relu

Geschichte der Pœdagogick

3. Zum Gedœehtniss Heinrich Pestalozzi, p. 57, 1815. 1. Expose de la Méthode de Pestalozzi, 1805.

que l'intelligence qui connaît; seulement, en tant qu'elle connaît directement, par une vue claire, distincte, et autrement que par la complaisance d'une mémoire exercée.

Comme résultat, c'est la connaissance claire des rapports généraux des choses et des idées.

Comme procédé, et tous les exercices de Pestalozzi ont ce fondement, c'est la sensation. ,

. De ces trois acceptions, les deux premières sont sans danger comme sans nouveauté. La dernière n'échappe pas à la critique.

La sensation est sans doute le moyen le plus élémentaire de connaître, pour l'enfant surtout; il voit, il distingue , il nomme. Ce procédé est bien celui qu'il emploie. Longtemps il n'en a pas d'autre; il reçoit, il retient des mots, des connaissances, sans que son esprit réagisse à peine sur ce qui lui est confié; mais ce n'est pas ainsi qu'il acquiert des idées; la sensation lui sert plutôt, dirai-je, à vérifier qu'à connaître.

La vue des objets, les exercices intuitifs du calcul, ne lui donneront pas l'idée d'unité, de quantité, l'idée de triangularilè, l'idée de forme ou de nombre, encore bien moins des idées plus immatérielles, si son esprit ne les renferme déjà. Sa connaissance sera celle de l'animal ; il connaîtra des objets vivants ou sensibles, il n'aura pas une idée. Or, qu'a pour but premier l'instruction, selon Pestalozzi lui-même ? de dégager, d'augmenter les forces de l'esprit, en telle sorte qu'ayant conscience de lui-même, il pense. Penser, qu'est-ce donc? peser, pensare; peser, c'est-à-dire comparer; comparer, c'est-àdire rapprocher d'un type, d'une mesure ; ce type, cette mesure, ce sont nos idées générales qui ont elles-mêmes

leur type dans l'intelligence divine, ce ne sont pas les objets perçus par les sens. Voulez-vous que l'enfant connaisse par leur nom et leur forme beaucoup de choses? servez-vous de ce que vous appelez l'intuition; ce procédé est utile, légitime, que dis-je? il n'y en a pas d'autre. Youlez-vous qu'il pense, quand il en sera devenu bientôt capable ? ne craignez pas d'exercer son esprit en le laissant opérer sur des idées ou sur des signes purement intellectuels, comme des quantités; Vainement d'ailleurs prétendrez-vous arriver successivement à une instruction complète sans autre mode que l'intuition; dès le second pas vous l'abandonnez. Avec des barres (et l'on remarquera que je ne prends pour exemple que des idées sensibles), avec des barres, votre élève a compris les combinaisons des nombres, de manière à effectuer d'une façon remarquable les calculs les plus compliqués. Au moment où il les fait de mémoire, a-t-il présentes, devant son esprit qui opère, vos barres? J'en doute; il se livre à une opération purement intellectuelle. Votre élève voit un arbre, il entend le mot arbre; quand le saura-t-ii bien? quand il n'aura plus besoin de la vue d'un arbre pour se rappeler l'objet en prononçant le nom, c'est-à-dire quand l'intuition lui sera inutile. Je ne prétends pas pour cela qu'elle ne lui aura pas servi pour apprendre, et voici mes conclusions : La méthode de l'intuition est-elle bonne ? oui ; nécessaire? oui; suffisante? non. L'emploi en est-il une découverte? Non, car on ne peut s'en passer et on ne s'en passe pas. Qu'y a-t-il de nouveau et de louable? d'avoir facilité les premiers pas de l'esprit, en mieux montrant le* rôle de l'intuition; quoi de curieux? d'en avoir ingénieusement, comme nous allons le voir, multiplié les

moyens et les usages ; quoi de mauvais? d'avoir prétendu en faire un principe exclusif; d'avoir voulu l'appliquer dans tout le cours de l'instruction.

III. Ce point fondamental étant suffisamment défini, nous pouvons continuer l'exposition critique de la méthode.

Étant admis au point de vue de Pestalozzi , /que l'intuition est le procédé primitif, élémentaire, d'acquisition de nos connaissances, quels sont les objets qui se présentent les premiers à l'intuition, quels sont ceux par lesquels il faut commencer l'instruction de l'enfant, sitôt que l'heure est venue où sa raison grandie devient digne et capable de la vérité?

L'intuition n'étant que la perception des sens, et la perception par les sens étant d'autant plus parfaite que les objets qui les frappent sont plus rapprochés d'eux, c'est par la connaissance des objets les plus voisins de lui qu'il faut inaugurer l'entendement de l'enfant. Or, quel est l'objet le plus à sa portée, et, pour ainsi parler, à son point ? c'est son propre corps. Il faut que la mère apprenne d'abord à l'enfant à connaître les différentes parties de son corps. C'est, à cette question, la réponse de Pestalozzi1. Elle n'est pas extrêmement heureuse. Disons simplement que notre corps n'est assurément pas, de tous les objets de la nature, celui que nous connaissons le mieux. L'étude sera donc très difficile, ou très incomplète. Est-il besoin d'ajouter qu'il pourra être très embarrassant pour la mère, sous plus d'un rapport, de guider son enfant dans cette étude ?

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