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LES OEUVRES DE PESTALOZZI Ifi
peines infinies, il crut avoir trouvé une solution nouvelle complète, en proclamant cette loi :
Le nom, la forme, le nombre, sont les trois éléments nécessaires de tout objet; les caractères, par lesquels ils se différencient ou se rapprochent, les attributs saillants que l'esprit saisit tout d'abord en eux.
Le langage ou la science des noms, la géométrie ou la science des formes, l'arithmétique ou la science d,es nombres, sont donc les connaissances primordiales de l'homme. À la géométrie, divisée en science dçs formes et science de l'espace, se rattache le dessin ; l'imitation des lignes et des figures suit immédiatement leur vue. Du dessin dépend Vècriture, qui n'en est qu'une forme et la copie de figures particulières.
L'arithmétique est l'instrument particulièrement destiné à augmenter les forces de l'esprit, dont le développement doit être proportionnel comme simultané à l'acquisition des connaissances qu'on lui présente.
Le langage étant nécessaire pour tout le reste, son étude est le début de toute instruction ; sa connaissance est la première pierre de l'édifice des connaissances.
Au langage viennent se rattacher toutes les sciences qui ne peuvent être rangées sous le chef de l'arithmétique ou de la géométrie.
Nous pénétrons dans la pratique même de la méthode; quelques mots avant de continuer.
Assurément, il y a, dans la manière dont Pestalozzi subordonne aux principes qu'il a une fois admis, tous les ordres de connaissances ; il y a, dans l'enchaînement qu'il établit entre elles, quelque chose très ingénieux; mais toute la solidité dépend de la fixité des premiers
anneaux, et cette fixité n'existe pas entièrement; les principes sont incomplets.
Voir, distinguer, appeler, ce sont bien là, en quelque sorte, les trois premiers pas de l'esprit de l'enfant; montrer, nommer, c'est bien le rôle du maître. Et qu'on le remarque, avec Pestalozzi lui-même (Wie Gertrud, 210), les traditions sacrées de la Genèse nous font voir cette première leçon donnée à l'homme par le Maître souverain, Dieu même, montrant et nommant à Adam les les objets et les animaux \ Mais ce n'est pas à cette première leçon élémentaire que peut se relier toute la série des connaissances humaines; les détails un peu arides qui vont suivre, le prouveront.
Cette grande loi de l'intuition, qu'est-elle devenue? Elle domine sans doute la science, des formes; mais les nombres, mais les mots, est-ce par l'intuition que nous les connaissons?
Nous verrons tous les efforts habiles que fait Pestalozzi pour se sauver de cette inconséquence. Admettons que l'intuition reste le principe des sciences des noms, des formes et des nombres, pourquoi choisir ces trois éléments, à l'exclusion de tous autres, comme caractères distinctifs, essentiels des objets? « C'est, répondit-il, » que tous les objets indistinctement possèdent ces » caractères; pour toutes les autres qualités que les » sens peuvent percevoir, elles ne sont pas communes à » tous les objets; les uns possèdent celles-ci, les autres » celles-là. » Eh quoi ! h'est-ilpas d'autres qualités essentielles des objets, la couleur, ou l'odeur, ou la saveur, mais surtout la matière ? Voici deux boules, l'une de