‹ PestalozziChapitre 23 sur 50 · Genèse, cbap. xr, v · texte numérisé non relu

Genèse, cbap. xr, v

bois, l'autre d'or; leur nom est le même, boule; leur forme, la même, sphérique; leur nombre, le même, un; comment l'enfant les distinguera-t-il, si l'on ajoute que l'une est d'or, l'autre de bois? Mais tous les objets n'ont pas la même matière... Ont-ils donc le même nom, la même forme, le même nombre? 11 y a là une confusion délicate à saisir. Vous réunissez les objets sous les rapports du nom, de la forme, du nombre, non parce qu'ils ont tous la même forme, le même nom, le même nombre, mais parce que tous ils ont une forme, un nom, un nombre ; semblablement tous les objets n'ont pas tous une matière, une couleur, etc., communes, mais ils ont cela de commun, d'avoir tous une matière, une couleur, etc. ; et tous ces caractères sont nécessaires pour connaître et distinguer les objets. Pourquoi n'en point tenir compte?

Ajoutons que si le nombre, la forme, sont des qualités, des éléments de l'objet, le nom ne peut être ainsi considéré, à moins de confondre le signe et l'objet signifié. Nous aurons lieu de remarquer que cette méprise n'est que trop réelle.

Quoi qu'il en soit, il est temps d'aborder, dans leurs détails, les méthodes pratiques de Pestalozzi pour enseigner la science des noms, des formes, des nombres,

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Méthode.

Nous n'apprenons pas plus ù parler par les lois de la grammaire, que nous n'apprenons à marcher par les lois de l'équilibre.

(Bernardin de Saint-Pierre.;

Il est assez malaisé de préciser la méthode de Pestalozzi iour renseignement du langage, à cause des modificaions qu'il y apporta si souvent. La méthode pratiquée . Burgdorf et celle pratiquée à Yverdun diffèrent sensiilement; que faire? les exposer toutes deux.

L'une et l'autre ont pour premier degré l'enseignenent de la mère. C'est elle qui est la première maîtresse le son enfant; elle commence par lui apprendre le langage, et, pour qu'elle le fasse avec profit, avec suite, ^stalozzi lui donne pour guide le Livre des Mères, dont 1 a déjà été question.

La mère ! il semble doux de prononcer ce nom d'amour, orsque, dans un écrit sur l'éducation des enfants, il m à peine intervenu encore ; mais nous réservons îi dessein, pour le mieux exposer à part, le rôle que

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Pestalozzi donne aux mères; cette partie de ses idées est

sa gloire Qu'on veuille bien poursuivre, et se borner

ici à savoir en quoi la mère doit contribuer à l'instruction de son enfant, pour l'initier au plus difficile des arts, celui d'apprendre à parler.

La mère, suivant pas à pas le Livre des Mères, préparera son enfant aux trois degrés de l'étude du langage, que Pestalozzi divise ainsi :

1° Étude des tons, Tonlehre: il vaut mieux dire en français, étude des sons.

Sans s'occuper des mots que l'enfant nouveau-né ne peut comprendre, ou des lettres qui ne répondent à rien dans son esprit, la mère habituera l'oreille de l'enfant à entendre, et sa bouche à articuler, par imitation, des sons: ba, ba, da, da, co, co, etc. Ce seront les chants dont elle charmera, en le berçant, le nouveau-venu dans la vie. « On ne saurait croire, dit Pestalozzi, combien » cela ade charme pour les enfants. » « N'y aura-t-ilpas » plutôt, dit M. de Raumer, de quoi faire fuir son ange »• gardien ? »

Remarquons ici que c'est par ce premier degré, les sons, que Pestalozzi rattache à l'intuition l'étude du langage, qui débute ainsi parla pure perception de l'ouïe.

Dès que l'enfant saura articuler, la mère commencera avec lui le second degré :

2° Étude des mois] ou mieux des Noms, Worllehrc, ocler vielmehr Namenlehere.

Cette étude consiste dans une série d'exercices par lesquels la mère fait connaître à son enfant, d'abord, comme nous l'avons vu, les diverses parties de son corps, puis les autres objets qui frappent ses sens.

Pestalozzi a préparé une suite de dix exercices sur la

connaissance du corps '. îl y avait joint des tableaux d'intuition, auxquels il parait avoir renoncé ensuite2.

Dans le premier exercice, l'enfant apprend à indiquer, à nommer les diverses parties de son corps, dans toutes les subdivisions les plus minutieuses;

Dans le deuxième, l'enfant indique leur situation respective ;

Dans le troisième, leurs relations : la tête est une partie du corps, le visage de la tète, les yeux du visage, les paupières des yeux, etc. ;

Dans le quatrième, on lui montre quelles sont les parties qui sont doubles, simples, triples, etc.;

Dans le cinquième on lui apprend à nommer les particularités de chacune: les yeux sont mobiles, humides, etc. ;

Dans le sixième, il rapproche celles qui ont des particularités communes ;

Dans le septième, l'enfant apprend à remarquer les fonctions de chaque partie ;

Dans le huitième, les précautions qu'il faut prendre pour les conserver ;

Dans le neuvième, les diverses utilités que présentent les différentes propriétés des parties de son corps qui lui sont connues ;

Dans le dixième, l'enfant rassemble et décrit tout ce qu'il a appris.

Plus tard Pestalozzi ajoute à ces exercices d'autres exercices sur les autres objets que les parties du corps. Leur ensemble forme un vocabulaire abrégé de toutes

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