Emile, p. 300. - 2. Ibid. — 3. Ibid. p
la divinité qu'une idée reçue d'un autre. « Le grand mal » des images difformes de la divinité qu'on trace dans » l'esprit des enfants est qu'elles y restent toute leur vie, » et qu'ils ne conçoivent plus, étant hommes, d'autre » Dieu que celui des enfants \ » De là ne peut-on conclure que si les enfants ne reçoivent aucune notion, aucune image de Dieu, ils n'en auront aucune étant hommes? ou plutôt tout sera Dieu pour eux, excepté Dieu lui-même. Car l'illustre écrivain de Genève a beau vouloir écarter de toute société son élève, afin qu'il n'entende pas prononcer le nom de Dieu, il ne saurait l'isoler de la nature, empêcher que ses yeux ne contemplent ce grand nom que la cime des monts inscrit au front des cieux, et leur ombre au fond des vallées, que son âme n'entende l'éternel cantique que toute la création adresse au Créateur2. Pût-il le réléguer loin de la nature comme de la société, il ne le séparerait pas de lui-même : or l'homme porte en son fond l'idée de Dieu, « sceau de l'ouvrier empreint sur son ouvrage, »