‹ PestalozziChapitre 36 sur 50 · Frayssinous, Conférences · texte numérisé non relu

Frayssinous, Conférences

Europe si l'esprit de parti n'était venu malheureusement embarrasser sa propagation, peut aussi bien être regardé comme l'invention de Pestalozzi1 que comme celle de Bell ou de Lancaster, ou du chevalier Paulet. Il n'appartient à aucun d'eux et il appartient à tous. C'est à leur époque, c'est par leur action, que cette méthode fut connue et pénétra dans l'enseignement public ; mais combien de fois une mère intelligente n'avait-elle pas confié aux aînés de ses enfants le soin de répéter à leur plus petit frère les leçons qu'ils avaient eux-mêmes reçues d'elle? Image de la famille, image aussi de la société, cette méthode2 avait été la découverte naturelle de plus d'un obscur instituteur chargé d'enseigner un grand nombre d'enfants, différents d'âgés et de progrès. Les Frères ont aussi depuis longtemps appliqué la méthode mutuelle. Lorsque, dans un règlement curieux, composé en 1657 pour les novices de Port-Royal, Jacqueline Pascal écrit simplement : « Les plus grandes montrent l'arithmétique aux plus petites, » c'est déjà l'enseignement mutuel que réalise sans orgueil la digne sœur du grand génie qui ne dédaigna pas lui-même de composer la Méthode de Lecture connue sous le nom de Méthode de Port-Royal3.

La propagation des procédés d'enseignement mutuel a été assurément un grand bienfait pour les classes qui ont peu de temps à consacrer à leur instruction pri-

1. Je m'en servis à Stanz, dit-il, à une époque où on ne parlait ni de Bell, ni de Lancaster. (Wie Gertr.)

2. Il ne faut pas se flatter de se passer d'ailleurs de la méthode simultanée, seule convenable pour plusieurs enseignements ; on les allie généralement ensemble.

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