‹ PestalozziChapitre 43 sur 50 · M* Frayssinous, Conférences · texte numérisé non relu

M* Frayssinous, Conférences

pure, la providence divine et le libre-arbitre humain, plus difficile même, puisque sa solution est indispensable.

On veut produire l'ordre ; qui le fera ! la loi extérieure ; mais elle n'atteint que les actes et non ce qui produit les actes, à savoir : les volontés, les cœurs; et où est toute la force de la loi? dans la conscience de ceux qui, s'y soumettent; et la garantie de sa bonté? dans la conscience de ceux qui la font; qui rendra ces consciences bonnes? la loi extérieure, encore une fois. Non, elle les suppose; qui donc? la loi intérieure, la religion. À mesure qu'il y aura plus de libertés, la loi civile aura moins d'action. Qui donc évitera le désordre sans la religion? « Moins la religion est réprimante, a dit Montes- » quieu1, plus les lois civiles doivent réprimer ; » et il convient que la religion se trouve au cœur de ceux qui gouvernent aussi bien que dans celui des gouvernés, si l'homme, tour à tour fauteur d'anarchie ou jouet du despotisme, ne veut pas se jeter sans cesse des excès de la licence, qui le déshonore, dans les contraintes que lui préparent des maîtres toujours prêts à profiter de ses mauvaises mœurs, éternelles complices de l'asservissement. La religion est la condition nécessaire de l'ordre; aimez-vous mieux la force brutale et la police?

Vous voulez aussi la liberté; vous demandez, et le Christianisme avant vous, avec vous, demande que le droit de l'homme n'ait d'autre limite que le droit de l'homme ; car une liberté partielle, cela n'est autre chose qu'un privilège. En réclamant la liberté générale, on ne réclame pas tant la liberté de chaque homme que la

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