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sentir en bien des endroits de ces recherches. La chimère de celte sauvagerie primitive de l'homme dépravé par la civilisation s'y trouve souvent reproduite. Ailleurs, on entend comme les premiers retentissements de cette philosophie, dont Fichte devait être l'oracle. Peut-on, par exemple, excuser une phrase semblable : « La mo- » ralité est toute individuelle, elle n'existe pas dans le's » rapports de deux êtres; aucun homme ne peut sentir ». pour moi que je suis; aucun homme ne peut sentir
» pour moi que je suis moral » Ailleurs, les pensées
et les paroles sont chrétiennes. De belles pages se rencontrent même, comme des diamants perdus, et, par exemple, celle que cite M. deRaumer, où, avec une sagesse supérieure, il condamne également la violence lamentable des révolutions, et la honte intolérable de l'asservissement. Mais, le plus souvent, la lecture de ces recherches est fatigante, lourde, comme leur style, la pensée tourmentée, s'exprimant en déclamations obscures, pleines d'une philosophie artificielle, sans consistance. C'est que l'écrivain ne met dans son œuvre autre chose que lui-même; on l'a dit, le style est l'homme; et l'embarras, l'hésitation, l'obscurité du langage, trahit le doute, le tâtonnement, les images de la pensée. Tel était l'état d'esprit de Pestalozzi au moment où il écrivait ses Recherches, et il va plus loin que je n'aurais osé, lorsqu'il dit: « J'avais perdu la vérité intérieure, et j'étais » abaissé jusqu'à honorer chaque jour davantage les )> airs de trompette et les recettes de charlatan avec » lesquels le temps moderne prétend sauver l'huma- » nité1.- » Or, le doute combattu, la lutte intérieure, l'effort vers la vérité, sont un grand, un noble spectacle, hon-