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exister à cet égard. L'art d'étendre et de raviver par des procédés naturels les impressions intuitives comprendra donc tous les moyens qui ont pour but l'étude de la langue maternelle. La partie extérieure de la langue, les ipots, tant qu'ils sont sans lien vivant avec les impressions qui leur donnent une signification, sont des sons vains et vides. Ce n'est que par la conscience de leur rapport intime avec les impressions des objets de V intuition qu'ils deviennent de vrais mots humains. Cela demande un travail de préparation qui se fait par tout ce que l'enfant en bas âge entend dans son entourage, et qui longtemps reste purement mécanique; mais cette préparation mécanique du langage exige toute l'attention des personnes qui peuvent avoir de l'influence sur le langage de l'enfant. Les mots que l'enfant en bas âge entend dans son entourage ne forment son esprit que peu à peu. Longtemps ils ne font, comme le son des cloches, le coup de marteau, les cris des animaux, et tous les autres sons naturels, qu'une impression sensible sur son oreille. Mais cette impression est importante pour l'étude du langage. Peu à peu elle se perfectionne dans l'oreille . Dès qu'elle est parfaite dans l'oreille, elle tend peu à peu à passer par la bouche, qui veut la répéter. L'enfant apprend à cet âge à prononcer une foule de mots dont il ne connaît pas le sens, mais il est ainsi préparé à saisir ce sens avec infiniment plus de facilité et de force que s'ils ne lui étaient déjà pas familiers à l'oreille et à la bouche.
Cependant V éducation élémentaire ne se contente pas d'utiliser purement et simplement les impressions que la nature présente aux sens de l'enfant, au hasard et sans ordre,' pour développer sa faculté de langage; elle s'efforce encore de les ordonner vraiment suivant les besoins de la nature humaine et d'en faire concorder l'usage avec ces besoins. Et il faut qu'elle le fasse. Car, de même qu'il est bon et indispensable pour le développement de la faculté d'intuition de l'enfant que le cercle des objets de V intuition, dans son entourage, soit étendu
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et suffisant pour le développement de toutes les connaissances qui lui sont essentielles et nécessaires, sans toutefois dépasser les besoins de sa condition et les ressources de ses facultés, de même il est nécessaire que la somme des notions de langage dans les limites de laquelle il doit apprendre à parler soit suffisante et conforme aux besoins de sa situation et aux ressources de ses facultés, mais non au delà : sinon, dans un cas comme dans Tautre, l'acquisition des notions nécessaires et essentielles est ralentie, affaiblie, désordonnée et confuse. Ce principe est également vrai et valable pour tous les procédés qui contribuent à développer les facultés humaines. Même chez Tenfant le plus pauvre et dans la situation la plus bornée, on ne peut jamais pousser trop loin le développement réel et solide des facultés essentielles, par les procédés naturels et élémentaires : il ne peut jamais, par Temploi de ces procédés, devenir trop bon, ni trop intelligent, ni trop actif, ni trop laborieux.
L'étude du langage en soi n'est pas au début une affaire d'éducation intellectuelle, mais consiste simplement à parler et à entendre parler.
Rôle de la grammaire. Critique des méthodes EMPLOYÉES POUR l'étude DES LANGUES. — La conuaissance des règles de grammaire n'est pas autre chose qu'une pierre de touche servant à vérifier si les procédés naturels employés pour parler et pour entendre parler ont atteint leur but. Ces règles doivent être la fin de l'étude du langage bien ordonnée, et non le commencement.
Mais depuis longtemps on a eu le tort, dans l'étude des langues, de séparer l'étude du langage parlé de l'étude de la langue proprement dite, dont la partie intellectuelle doit être préparée et facilitée à l'enfant par les procédés mécaniques du langage parlé ordinaire, et de manière à la lui faire pressentir, avant d'être portée par l'étude des règles au degré d'une connaissance précise. On le reconnaît bien çà et là en ce qui concerne les
langues vivantes, et il faut bien qu'on le reconnaisse; mais on le conteste en ce qui concerne les langues mortes, en alléguant que leur enseignement, malgré les lacunes et les imperfections des procédés routiniers de ses débuts, a pourtant été porté de nos jours à un haut degré d'avancement et que, à ses degrés les plus élevés, il repose réellement sur des basés profondes et vraiment psychologiques. Mais si vrai que cela soit, il n'est pas moins évident qu'en général, à ses degrés inférieurs, l'enseignement des langues anciennes, tel qu'il existe de nos jours, ne peut être considéré comme naturel, ni comme satisfaisant au point de vue psychologique ni au point de vue mnémonique. En d'autres termes, la marche routinière suivie actuellement pour l'étude des éléments des langues anciennes est anti-naturelle tant au point de vue psychologique qu'au point de vue mnémonique.
Rapports du langage avec l'intuition et le JUGEMENT. — L'étude du langage constitue le lien intermédiaire essentiel entre la faculté à' intuition et celle du jugement. Sans elle, les doctrines du nombre et de la forme sont impuissantes.
Les trois facultés réunies [intuition, langage et Juge" ment) constituent donc l'ensemble des procédés de l'éducation intellectuelle *.
Il est de toute nécessité que l'enfant, par la façon dont il apprend à parler, ne soit pas habitué au verbiage, mais qu'il apprenne au contraire à ne pas parler à la légère et sans réflexion, que par conséquent les exercices par lesquels il apprend à parler soient rattachés solidement, fortement et d'une façon vivante aux exercices de sa faculté de penser et de réfléchir '.
Or, c'est un fait indéniable, que l'enfant élevé suivant la méthode élémentaire ne connaît pas le verbiage : il ne parle pas avant de connaître, et il ne parle pas de