Ibid., S
ce qu'il n*a pas reconnu d'une façon quelconque par V intuition.
On a tort de faire lire les enfants avant qu'ils sachent parler. On veut leur apprendre à parler par les livres, les arrachant ainsi artificiellement et malgré eux à l'observation intuitive, cette base naturelle et fondamentale du langage, et l'on fait de la lettre morte, contrairement à la nature, le point de départ de la connaissance des choses... Il faut que l'enfant ait déjà appris depuis longtemps à parler d'une façon juste et précise avant d'être mûr pour lire d'une façon raisonnable un livre quelconque*.
La faculté d'intuition n'est suffisamment développée par la pratique de Vintuition que lorsqu'elle a atteint le degré nécessaire pour que l'individu puisse utiliser librement et sûrement, avec une pleine et claire conscience, les impressions intuitives qu'il reçoit de tous les objets qui l'entourent comme les bases fondamentales sûres de sa pensée et de son jugement sur ces objets mêmes. Mais ce degré ne peut être atteint qu'autant qu'il ne reste pas de lacune entre la faculté à'intui-tion et la faculté de Jugement, c'est-à-dire lorsque l'enfant est en état de s'exprimer par le langage sur les impressions intuitives reçues des objets environnants avec autant de netteté et de précision que les procédés d'intuition les lui ont rendus clairs et précis. Tant que l'enfant n'a pas atteint ce degré dans le langage, il subsiste entre sa faculté d'intuition et' sa faculté de jugement, une solution de continuité que peut seule faire disparaître la faculté du langage suffisamment développée.
Tel doit être le rôle intime d'un enseignement du langage conçu et fondé psychologiquement ^.
ËTUDE DES LANGUES ETRANGERES. — La marche
naturelle de l'étude de toute langue étrangère doit être