‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 121 sur 152 · Ibid., IV, S · texte numérisé non relu

Ibid., IV, S

l'éducation morale et religieuse 191

pour elle un présent sacré, divin. Pour Tamener à Dieu, elle n'a pas besoin de s'appuyer sur une conception, ni sur une preuve, ni sur une explication. Elle fait plutôt passer son opinion et son sentiment, sa sainte croyance en Dieu qui est son bien suprême et un bien immédiatement certain, directement dans l'âme de l'enfant, comme par un souffle divin.

La mère donne à tout une signification religieuse ; elle rapporte tout à Dieu : elle dit son nom à l'enfant à propos de la grandeur et de la puissance de la nature, de la beauté et de l'ordre qui y régnent, des merveilles qui y abondent. Ainsi se forme peu à peu pour lui, grâce à elle, sa mère, une nouvelle image de Dieu. Mais la mère reste toujours la médiatrice, et c'est en elle qu'apparaît à l'enfant le Père invisible, sous les traits les plus aimables et les plus bienfaisants.

Encore une fois, c'est par sa mère que l'enfant apprend à connaître Dieu : elle le lui montre dans tout ce qu'elle lui enseigne. Peu à peu l'amour et la reconnaissance qu'il a envers elle s'élèvent jusqu'à Dieu *.

Le père agit dans le même esprit avec l'enfant. Et de même que ce dernier aime ses parents, leur est reconnaissant et leur témoigne de la confiance, de même il apprend à concevoir et à vénérer le Père Céleste, et à s'abandonner à lui. Quelle conception ou quelle image l'enfant se fait-il de Dieu? La mère ne s'en inquiète pas, et elle n'a pas besoin de s'en inquiéter : car il avance toujours, conduit par elle, dans l'unité de sa nature. La direction de sa mère le préserve des contradictions avec lui-même et par là du seul écueil qui pourrait faire surgir l'esprit irréligieux. Précisément parce qu'elle lui montre Dieu dans tout, il sent lui-même qu'il ne fait qu'un avec le tout, il est donc content de tout et tranquillisé sur tout. Dieu lui est présent en toutes choses, il avance dans la piété. Instinctivement et nécessairement, il se fait une personnification de Dieu. Et au fur et à mesure que son

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