INFLUENCE DE PESTALOZZI EN ALLEMAGNE ET PARTICULIÈREMENT EN PRUSSE
Intérêt des gouTernements allemands pour la méthode de Pestalozzi. — Organisation de l'enseignement primaire, préparée par Frédéric II. — L^éducation populaire et le relèvement de la Prusse — Les Discours de Fichte à la nation allemande. — Action de Nicolovius et de Stlvern. — Elèyes prussiens envoyés à l'institut de Pestalozzi. — Influence de Pestalozzi sur Herbart et sur Péducation allemande moderne.
C'est en Allemagne que les idées de Pestalozzi eurent l'influence la plus rapide et la plus étendue, et qu'elles furent le niieu;^ appliquées; on peut même dire que c'est surtout par là qu'elles^ pénétrèrent dans les autres pays. 11 est donc indispensable de connaître exactement cette influence^ et c'est à celle-là seulement qu'il nous paraît nécessaire de consacrer une étude un peu détaillée.
Les nombreux visiteurs venus dé l'Allemagne pour voir l'institut de Pestalozzi furent naturellement les premiers propagateurs de la 'méthode dans leur pays. L'un d'entre eux, Gruner, dont nous avons parlé précédemment *, prit à Francfort, en 1805, la direction d'une école pestalozzienne, et la conserva jusqu'en 1810 : c'est
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dans celte école que débuta Frœbel. A partir de ce moment, Francfort devint un des centres les plus importants du mouvement pestalozzien. A leur tour, les gouvernements allemands ne tardèrent {^s à s'ihtéresser aussi à la nouvelle méthode : c'est ainsi que le gouvernement bavarois, entre autres, avait envoyé àBurgdorf, en 1803, un jeune maître. Millier, qui ouvrit une école pestalozzienne à Mayence. Mais de tous les états allemands, ce fut la Prusse qui sumt avec I j plu s d'intérêt l'œuvre de Pestalozzi et qui ÎTevait en tirer le plus grand profit, comme elle avait déjà tiré le plus gr^nd profit du mouvement philanthropiniste.
Nous insisterons donc plus longuement sur l'influence des doctrines dé Pestalozzi en Prusse, qui fut énorme, et nous en exposerons les raisons historiques. ^ Comme pour l'enseignement secondaire, c'est/ à Frédéric II et à son ministre Zedlîtz que revient la gloire d'avoir prépai^é l'organisation de l'enseignement primaire en Prusse. Nous avons rappelé, dans Vlntroduciion, les services rendus par le philanthropiniste Rochow à la cause de l'instruction populaire ^ Il est intéressant de voir avec quelle sympathie, avec quelle passion même Zedlitz, frappé de la justesse des idées de Rochow, en suivit et en encouragea l'application, pour entrer dans les vues dé son maître, qui ne rêvait rien moins que d'enlever à l'Eglise la. direction des écoles. Dans une lettre ou le ministre félicitait Rochow d'avoir écrit des livres inr structifs pour les enfants de paysans, on lit notamment ce passage : « Permettez-moi de vous considérer coilime un homme qui, pour seconder les grandes vues du meilleur des rois, cât capable de m'aider puissamment dans la réforme de l'instruction de la jeunesse des campagnes, et qui a assez de patriotisme pour vouloir bien me prêter son concours. » Bien mieux, ce représentant d'une monarchie absolue ne craignait pas de reconnaître le principe de la gratuité et de l'dbli'gatiori clans les termes suivants :