BN ALLEMAGNE ET PARTICULIEREMENT EN PRUSSE
hésiter : « Sur la méthode d'instruction inventée et proposée par Henri Pestalozzi, et dont l'application s*est déjà faite avec succès sous ses yeux. » Pourquoi? Estce peut-être à cause de la nouveauté des procédés de cette éducation? Nullement : c'est parce que « le but essentiel de Pestalozzi a été d'élever le peuple et d'effa-» cer toute différence entre la classe populaire et la classe cultivée, parce que ce n'est pas seulement l'éducation populaire qui est ainsi réalisée, mais bien Véducation nationale^ et que la doctrine de Pestalozzi a assez de puissance pour aider les peuples et l'espèce humaine tout entière à sortir de l'état misérable dans lequel ils croupissent *. » Et il n'hésite pas à mettre Pestalozzi à côté de Luther.
Ces paroles ne devaient pas être perdues. Dès ce moment, le nom de Pestalozzi fut identifié avec l'idée de la régénération nationale, et ses œuvres furent lues plus avidement que jamais. On raconte que la reine Louise fut si émue par la lecture de Léonard et Gertrude, qu'elle voulait aller voir personnellement Pestalozzi pour le remercier au nom de l'humanité *. C'est à ce moment éminemment favorable que deux des plus fervents disciples de Pestalozzi, Nicolovius et Sûvern ^, entrèrent au ministère de l'intérieur pour y diriger les affaires de l'instruction publique, qui y étaient alors rattachées*. Dès lors, la méthode pestalozzienne ne rencontra plus de résistance, et, à partir de ce moment, elle régna en maîtresse dans les écoles de Prusse. D'autre part, le gouvernement envoyait, comme nous l'avons vu *, des élèves-maîtres à Pestalozzi et décidait la création de deux écoles normales.
Voici en quels termes le ministre Stein, par ordre de