‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 20 sur 152 · Lettre datée de Vienne, le 26 ayril · texte numérisé non relu

Lettre datée de Vienne, le 26 ayril

NEUHOF - 13

une correspondance intéressante avec le comte de Hohenwart, ministre du grand-duc Léopold de Toscane, qui lui fit entrevoir la possibilité d'obtenir dans ses^ Etats un poste où il pourrait appliquer ses idées. Malheureusement, lorsque Léopold eut succédé, en 1790, à son frère Joseph sur le trône impérial d'Allemagne, il ne donna aucune suite à ces avances et laissa même sans réponse un mémoire que Pestalozzi lui avait envoyé.

C'est aussi pendant cette période que Pestalozzi s'affilia à Tordre allemand des Illuminés, sorte de francmaçonnerie dont il faisait sûrement encore partie en 1782, et qui disparut en 1784.

En 1791, Pestalozzi fit à Zurich la connaissance de Nicolovius, qui devint plus tard conseiller d'Etat prussien, chargé de la direction de l'instruction publique *, et avec lequel il entretint longtemps une correspondance intime. Dans le courant de l'été de 1792, s'étant rendu à Leipzig pour voir sa sœur, il y fit aussi la connaissance de Klopstock, de Wieland, de Goethe, de Herder et de Jacobi. Enfin, en 1793, il reçut à Richtersweil, où il était venu passer quelques mois chez son oncle Hotzer, la visite de Fichte, alors fixé à Zurich, et dont la femme , était liée d'amitié avec la sienne. Cette visite acheva dej' sceller leur amitié, car Fichte avait déjà conçu une grande estime j^our Pestalozzi, dont il appréciait beaucoup les idées sur l'éducation populaire, et il lui promit de l'aider de tout son pouvoir à les réaliser, hes Discours à la nation allemande prouvent que le philosophe allemand n'oublia pas sa promesse '.

La notoriété de l'auteur de Léonard et Gertrude s'était étendue même jusqu'en France. Par son décret du 26 août 1792, l'Assemblée législative lui décernait, en même temps qu'à Washington, Schiller, Klopstock et quelques autres étrangers illustres, le titre de citoyen français.

Page 1